AccueilHistoires de l'oubli dans les mondes francophones et anglophone, XIXe-XXIe siècle

Histoires de l'oubli dans les mondes francophones et anglophone, XIXe-XXIe siècle

Histories of Forgetting in the French- and English-speaking Worlds, 19th-21st centuries

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Publié le vendredi 24 juin 2011 par Karim Hammou

Résumé

Ce colloque propose d'examiner le rapport paradoxal entre l’histoire et l'oubli pour explorer, dans une perspective civilisationniste et comparatiste, les lacunes dans la mémoire collective et les épisodes occultés, perdus ou écartés du récit historique : ces « histoires oubliées » susceptibles de définir la communauté nationale, locale ou diasporique tout autant que l'histoire officielle ou les hauts lieux de mémoire. Comment rendre compte de la persistance de certains souvenirs collectifs et des silences qui entourent d'autres ? L’objectif est d’analyser les processus et mécanismes qui conduisent vers la perte du passé, la non-inscription ou transmission de la mémoire communicative, voire sa suppression, et d'étudier les formes de l'oubli afin de sonder leurs enjeux historiographiques et politiques.

Annonce

Histoires de l’oubli dans les mondes francophones et anglophones, 19e-21e siècles  

Faculté de Lettres et Sciences Humaines, Université de Provence (Aix-Marseille I)

29, avenue Robert Schuman

Aix-en-Provence,

8-10 décembre 2011. 

Colloque international organisé par :

  • LERMA (Laboratoire d’études sur le monde anglophone), Université de Provence (Aix-Marseille Université)
  • CRIDAF (Centre de recherches interculturelles sur les domaines anglophones et francophones, Université de Paris-Villetaneuse, Paris XIII) 

Le colloque "Histoires de l'oubli / Histories of Forgetting" est le troisième et dernier volet d'une série de conférences internationales sur les thématiques de la politique mémorielle et des guerres de l'Histoire “sans frontières” en partenariat  avec deux universités australiennes – l’Université de Sydney et l’Université de Technologie Sydney – et l’Université de Paris-Villetaneuse (Paris XIII). Deux rencontres ont déjà eu lieu autour de ces thématiques : une journée d'étude “Histories of Forgetting and Remembering: Cultural Memory, History and the Nation” à l’Université de Sydney en  octobre 2009 et un premier colloque "Mémoires fluctuantes, histoires fondatrices dans les mondes francophones et anglophones, 19-21e siècles" à Paris-Villetaneuse en octobre 2010. La journée d'étude de Sydney a fait l'objet d'un numéro spécial de la revue Portal - Journal of Multidisciplinary International Studies (UTS, Sydney) intitulé "Fields of Remembrance", paru en 2010, qui ouvre le champ d’investigation : http://epress.lib.uts.edu.au/ojs/index.php/portal/issue/view/67 Ce colloque international évoquera le rapport paradoxal entre l’histoire et l'oubli pour explorer, dans une perspective civilisationniste et comparatiste, les lacunes dans la mémoire collective et les épisodes occultés, perdus ou écartés du récit historique : ces histoires oubliées susceptibles de définir la communauté nationale, locale ou diasporique tout autant que l'histoire officielle ou le paysage mémoriel. Comment rendre compte de la persistance de certains souvenirs collectifs et des silences qui entourent d'autres ? Si nous acceptons avec Renan que c'est la capacité d'oublier qui rend la nation possible, qu'en est-il de la mémoire retrouvée ?

L’oubli et le souvenir ne sont point des forces abstraites opérant dans et sur l’histoire. Toutefois, si la redécouverte d’épisodes oubliés du passé est susceptible de mettre en scène les auteurs et entremetteurs de l’histoire, des agences gouvernementales jusqu’aux minorités écartées et autres acteurs de la vie civile, l’oubli est habituellement attribué aux forces de l’inertie et de la décomposition, ce qui a pour effet de dissimuler la diversité et la complexité de ses acteurs et les expédients politiques dans sa construction. Nous reconnaissons, pourtant, que des états et des communautés politiques ont pu être fondés sur l’oubli volontaire de ces “histoires qui dérangent”, qui sont systématiquement réprimées ou effacées du récit officiel.

Comment réconcilier alors l’idée sociocognitive que l’oubli est le pendant nécessaire de la mémoire, avec le concept moderne et légaliste de devoir de mémoire selon lequel l’oubli serait une injustice, une faute morale qu’il convient de réparer, et qui impose à l’historien de déterrer des épisodes enfouis dans la mémoire collective afin de réactualiser le récit national et de le valoriser ? A quel moment ces objets et événements oubliés méritent-ils leur propre histoire ? A l’heure de l’hyper-mémoire, de l’histoire instantanée et de la portée encyclopédique des archives virtuelles, peut-on concevoir de l’oubli dans l’absolu ? L’histoire « oubliée » peut être activement recherchée et reconstituée, mais dans quelle mesure est-il possible d’écrire une histoire de l’oubli ? L’objectif de ce colloque est d’analyser les processus et mécanismes qui conduisent vers la perte du passé, la non-inscription ou transmission de la mémoire communicative, et de retracer la frontière mouvante entre souvenir et oubli afin de mieux comprendre ses enjeux historiographiques et politiques.

Les actes des colloques paraîtront séparément dans la revue électronique du LERMA, E-rea, répertoriée sur revues.org, qui suite à un numéro spécial consacré à  la conférence de Paris XIII en juin 2011, publiera un nouveau numéro de la revue pour la seconde conférence, à Aix-Marseille, en mai 2012. Les actes seront suivis d'une publication papier en langue anglaise qui regroupera une sélection des trois volets du cycle de recherche sous forme de mélanges en hommage à notre collègue et ami François Poirier, fondateur et ancien directeur du CRIDAF, disparu en mars 2010.   Le colloque se déroulera à la la Faculté de Lettres et Sciences Humaines (Université de Provence) à Aix-en-Provence des 8 au 10 décembre 2011.

Les propositions de communication, portant sur l’histoire du monde anglophone ou francophone des 19e-21e siècles, sont à envoyer aux organisateurs, Matthew Graves et Valérie André (Aix-Marseille Université), matthew.graves@univ-provence.fr ; valerie.andre@univ-provence.fr

pour le 8 juillet 2011.

Histories of Forgetting in the French and English-speaking Worlds, 19th-21st Centuries

University of Provence (Aix-Marseille I)

Faculty of Humanities and Social Sciences

29, avenue Robert Schuman

Aix-en-Provence,

8-10 December 2011.

Organised by

  • LERMA (Laboratoire d’études sur le monde anglophone), Université de Provence (Aix-Marseille Université)
  • CRIDAF (Centre de recherches interculturelles sur les domaines anglophones et francophones, Université de Paris-Villetaneuse, Paris XIII)

  “Histories of Forgetting/Histoires de l’oubli” will be the third and last conference in an international series on the themes of the politics of memory and the History wars ‘without frontiers’ in partnership with two Australian universities – the University of Sydney and the University of Technology Sydney – and the University of Paris-Villetaneuse (Paris XIII), and in collaboration with Queen Mary University London. The first two encounters were a joint workshop at the University of Sydney entitled “Histories of Forgetting and Remembering: Cultural Memory, History and the Nation” and a conference at the University of Paris-Villetaneuse in October 2010: "Fluctuating Memories and Founding Histories in the English and French-speaking worlds, 19th-21st centuries." The contributions to the day session at the University of Sydney have since been published as special edition of the revue Portal - Journal of Multidisciplinary International Studies (UTS, Sydney) entitled "Fields of Remembrance" (vol I, 2010) which opens the field of investigation:http://epress.lib.uts.edu.au/ojs/index.php/portal/issue/view/67

This international conference will evoke the paradoxical relation between history and forgetting to explore – from a comparative, social sciences perspective – the lacunae in collective memory, the hidden, lost or forbidden episodes of the historical record; those forgotten histories which define the national, local or diasporic community as much as the official histories or landscapes of memory. How do we account for the persistence of certain collective memories and the silences which surround others? If we accept, with Renan, that it is the capacity to forget which makes the nation possible, what of memories recollected? Forgetting and remembering are not abstract forces that operate in and on history.  Nonetheless, while the rediscovery of aspects of the past exposes the role of agency, from government to the actors of civil society to long-ignored minorities, forgetting is all too readily attributed to the natural forces of inertia and decay, concealing the diversity and complexity of its agents and the political expediency of its construction. Yet we know that states and polities have been founded on the forgetting of inconvenient histories which are systematically repressed or air-brushed from the public record.

How then do we reconcile the sociocognitive idea that forgetting is the necessary corollary of remembering, with the modern, statutory concept of the duty of remembrance according to which forgetting is a source of injustice, a moral fault which requires redress, and one which invests the historian with the responsiblity for uncovering and retrieving episodes buried deep in the collective memory in order to renew and revitalise national narratives? At what stage do these forgotten objects and events merit their own histories? Indeed, in an era of hyper-memory, of instant history and of the encyclopedic scope of virtual archives, is forgetting conceivable in the absolute?

If forgotten histories may be retrieved and reconstituted, to what extent is it possible to write a history of forgetting? This conference sets out to examine the processes and mechanisms which lead to the loss of the past, the non-inscription or transmission of communicative memory, and by tracing the shifting frontier between remembrance and forgetting, to gain a clearer understanding of the attendant political and historiographical issues.

Conference papers will be published in the electronic journal E-rea (LERMA, Aix-Marseille University), a revues.org listed publication. A special issue of the papers of the Paris XIII conference will appear in June 2011, followed by a further issue drawn from the Aix-Marseille conference in May 2012. An English-language print edition combining selected essays will be published subsequently in memory of our friend and colleague François Poirier, founder and former director of the CRIDAF, who died in March 2010. The conference will take place at the Faculté de Lettres et Sciences Humaines (University of Provence) in Aix-en-Provence, from 8-10 December 2011. Propositions for papers are invited in the domain of 19th-21st century Anglophone and Francophone Studies. Abstracts are to be sent to the organisers, Matthew Graves and Valérie André (Aix-Marseille University), by 8th July 2011. matthew.graves@univ-provence.fr ; valerie.andre@univ-provence.fr

Conference committee :

  • Valérie André & Matthew Graves (Université de Provence)
  • Elizabeth Rechniewski, Judith Keene & Robert Aldrich (University of Sydney)
  • Devleena Ghosh (University of Technology Sydney)
  • Claire Parfait, Rose-May Pham Dinh, Karine Bigand (Université de Paris XIII)
  • Viviane Fayaud (CNRS, MSH Paris)
  • Catherine Delmas (Université de Grenoble)

Lieux

  • 29 avenue Robert Schuman (Université de Provence (Aix-Marseille I), Faculté de lettres et sciences humaines)
    Aix-en-Provence, France

Dates

  • vendredi 08 juillet 2011

Mots-clés

  • histoires oubliées, mémoire collective, effacement du souvenir, guerre des mémoires

Contacts

  • Matthew Graves
    courriel : Matthew [dot] Graves [at] univ-provence [dot] fr
  • Valérie André
    courriel : Valerie [dot] Andre [at] univ-provence [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Matthew Graves
    courriel : Matthew [dot] Graves [at] univ-provence [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Histoires de l'oubli dans les mondes francophones et anglophone, XIXe-XXIe siècle », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 24 juin 2011, http://calenda.org/204857