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Géographies critiques

Critical geographies

Quatrième numéro de la revue Carnets de géographes

Fourth issue of the Carnets de géographes journal

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Publié le lundi 27 juin 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Ce numéro des Carnets de géographes se propose de montrer comment les géographes francophones s’approprient et cultivent les approches critiques et participent à leur renouveau, à leur vitalité, et à leur pluralité. Par géographies critiques, il faut comprendre l’ensemble des approches construites autour d’une remise en question des catégories analytiques classiques pour lire le monde, articulées à une volonté de peser sur les évolutions politiques et sociales des sociétés étudiées. Ce numéro thématique vise à donner de la visibilité à des travaux qui se revendiquent d’une démarche critique au sens large. C’est la diversité de ces travaux qui invite à parler de « géographies critiques ».

Annonce

« Géographies critiques » et Varia…

Par géographies critiques, il faut comprendre l’ensemble des approches construites autour d’une remise en question des catégories analytiques classiques pour lire le monde, articulées à une volonté de peser sur les évolutions politiques et sociales des sociétés étudiées. Dans les géographies anglo-saxonnes, les approches critiques sont généralement associées à une posture radicale, critique du capitalisme et du néolibéralisme comme forces de structuration dominantes, et des courants d’oppositions critiques afférents (postcultural studies ou subaltern studies par exemple). Rien de tel dans les géographies francophones où il semble difficile d’identifier un courant ou une école de géographie critique constituée comme telle. Ce numéro thématique vise donc à donner de la visibilité à des travaux qui se revendiquent d’une démarche critique au sens large. C’est la diversité de ces travaux qui invite à parler de « géographies critiques ». se propose de montrer comment les géographes francophones s’approprient et cultivent les approches critiques

Les géographies critiques françaises n’étant pas structurées en un champ théorique unifié, elles engendrent des pensées dispersées qui s’expriment dans différentes revues qui ne se revendiquent pas en tant que telles comme critiques ou radicales et sont de fait peu visibles. Elles sont ancrées aussi bien dans la géographie sociale que dans la géographie politique ou encore environnementale par exemple ; elles peuvent se saisir d’objets d’études très variées (migrations, inégalités intra-urbaines, gestion de l’eau, questions de genre et de domination, minorités, planification régionale…) ; elles peuvent viser des débats en cours dans la société à laquelle appartient le chercheur qui les adopte, aussi bien que des débats animant une société extérieure, au Sud notamment. Du fait de cette pluralité, ces géographies sont parfois éclipsées par la grande cohérence théorique et institutionnelle de l’internationale des chercheurs radicaux anglophones.

Ce numéro vise donc à explorer ces chemins de traverse, qui s’éloignent des approches dominantes en vigueur dans la géographie française. Il vise à mettre en résonance et à faire dialoguer des approches critiques distinctes et parie sur l’intérêt qu’il y a à engager cet échange.

  •  Il invite donc les auteurs qui se revendiquent de ces approches à un exercice analytique et réflexif sur leurs ambitions critiques. Les contributeurs pourront aussi donner une orientation épistémologique à leurs travaux, en réfléchissant à la manière dont s’articulent leurs approches avec des traditions de recherche antérieures  (par exemple la géographie marxiste française, la géographie tiers-mondiste ou encore de la géographie radicale anglophone).
  • Ce numéro a aussi pour ambition d’interroger la manière dont un cheminement scientifique peut nourrir une posture critique. On pourra plus spécifiquement questionner les rapports dialectiques entre l’approche critique et les thèmes, objets, et terrains d’études. Parce que le choix du terrain et le rapport au terrain constituent des enjeux centraux dans la géographie française, les auteurs pourront aborder par exemple les questions suivantes : le terrain peut-il conduire à formuler ou reformuler des questionnements scientifiques en termes critiques et amener à mobiliser des notions, des littératures ou des registres critiques ? Le choix du terrain peut-il à l’inverse être influencé par le choix d’une posture critique - et avec quelles conséquences sur les pratiques de terrain ? La démarche critique peut-elle se briser ou s’effriter au contact du terrain ?
  • Les contributions pourront être aussi bien théoriques qu’empiriques, sans exclusive thématique ou spatiale, du moment qu’elles abordent la question du positionnement critique en géographie. Bien que le numéro ait une forte connotation disciplinaire, les contributions venant d’autres disciplines que la géographie sont les bienvenues à condition qu’elles soient mises en dialogue explicitement avec ces débats. Des contributions rédigées par plusieurs auteurs et qui confronteraient des objets et des approches critiques distinctes, en questionnant leur complémentarité, leur capacité à s’enrichir mutuellement, mais aussi les limites de leur capacité de dialogue, seraient précieuses.

Les textes peuvent être proposés dans plusieurs rubriques de la Revue :

  • Carnets de recherches : les articles (30 à 50 000 signes) porteront sur des positionnements épistémologiques et théoriques, questionnant un ou des courants critiques, ou qui contribuent à un débat scientifique critique avec des études de cas mobilisant une pensée critique.
  • Carnets de terrain : les contributions, plus courtes (5 000 à 20 000 signes), pourront porter sur la place du terrain dans l’évolution des pensées critiques en géographie. Le rapport au terrain (objet, la rencontre avec l’Autre ou l’altérité, etc.) participe-t-il à la construction d’un regard critique sur nos savoirs ? Inversement, comment les approches critiques s’inscrivent-elles dans les pratiques de terrain ? Cette dernière question interroge l’existence de pratiques de terrain critiques, leurs formes comme leurs poids dans l’analyse scientifique.
  • Carnets de lectures : des textes courts (10.000 signes) qui éclaireront aussi bien des travaux pionniers et fondateurs que des approches critiques contemporaines. Toute autre forme de support utile à la pensée critique (romans, films, etc.) pourra être analysée dans une perspective réflexive.
  • Carnets de soutenances : cette rubrique est composée de très courts textes qui exposent des recherches doctorales récentes – ou résumés de thèse - adoptant une approche critique.

Par ailleurs, ce numéro pourra comporter, dans chacune des rubriques, un certain nombre d’articles dans la ligne éditoriale de la revue hors du thème de cet appel à contribution.

Coordinateurs du numéro

  • Yann Calbérac, Université Paris-Sorbonne (IUFM de Paris), UMR 8185 ENeC
  • Marianne MORANGE, Université Paris 7– Denis Diderot, SEDET EA 4534
  • Jean-Fabien STECK, Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, Gecko EA 375

Processus d’évaluation et calendrier

Les articles, accompagnés d’un résumé, de mots-clés et de l’institution de rattachement de l’auteur, sont à envoyer à l’adresse suivante : lescarnetsdegeographes@gmail.com avant le 30 novembre 2011.

Les articles des rubriques Carnets de recherches et Carnets de terrain feront l’objet d’une double évaluation anonyme par le comité de rédaction de la revue et des relecteurs extérieurs. Pour les rubriques Carnets de lectures et de soutenances, les textes seront attentivement examinés par l’équipe de la revue, suivant les exigences de la ligne éditoriale et les qualités scientifiques.

Les articles doivent être rédigés en Times new roman, taille 12, interligne simple, et comportent une bibliographie aux normes suivantes :

  • Pour les articles scientifiques : Levy J. (2008) « La géographie culturelle a-t-elle un sens ? », Annales de géographie, 2008/2, pp. 27-46
  • Pour les ouvrages : Lussault M. (2007) L’homme spatial, Paris, Editions du Seuil, 364p.
  • Les extraits d’ouvrages : Harvey D. (1995) « The Environment of Justice », in Merrifield A., Swyngedouw E. The Urbanization of Injustice, London, Lawrence & Wishart, pp. 65-99

Pour plus d’informations sur le format à respecter, voir : http://www.carnetsdegeographes.org/soumettre_article.php

Comité de rédaction et comité scientifique sont disponibles à cette adresse : http://www.carnetsdegeographes.org/qui_sommes_nous.php

Dates

  • mercredi 30 novembre 2011

Mots-clés

  • critique, géographie, épistémologie, terrain, espace

Contacts

  • l'équipe des Carnets de géographes
    courriel : lescarnetsdegeographes [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • karine Ginisty
    courriel : k [dot] ginisty [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Géographies critiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 juin 2011, http://calenda.org/204866