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Féminisme(s) e(s)t politique(s)

Feminism and politics

Journée d'études EFiGiES

EFiGiES study day

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Publié le lundi 27 juin 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

« Féminisme(s) e(s)t politique(s) ». Journée d'étude organisée par l'association EFiGiES (association de jeunes chercheur·e·s en études féministes, genre et sexualités, http://www.efigies.org), cette journée d'étude se tiendra en janvier 2012 à Paris à l'EHESS. Elle propose de donner la parole à de jeunes chercheur·e·s (étudiant·e·s en masters, doctorant·e·s, post-doctorant·e·s) et à des militant·e·s pour esquisser un aperçu des recherches et des interrogations actuelles sur la question des articulations, évidentes et paradoxales, entre féminisme(s) et politique(s).

Annonce

« Féminisme(s) e(s)t politique(s) » – Appel à communications – Journée d’études – janvier 2012

Présentation

Organisée par l'association EFiGiES (association de jeunes chercheur·e·s en études féministes, genre et sexualités, http://www.efigies.org), cette journée d'étude se tiendra en janvier 2012 à Paris à l'EHESS.

Elle propose de donner la parole à de jeunes chercheur·e·s (étudiant·e·s en masters, doctorant·e·s, post-doctorant·e·s) et à des militant·e·s pour esquisser un aperçu des recherches et des interrogations actuelles sur la question des articulations, évidentes et paradoxales, entre féminisme(s) et politique(s).

Argumentaire

Ces dernières années, en particulier l’année 2010, ont été riches en événements ayant mis au jour les tensions entre féminisme(s) et politique(s). Cette journée d'études sera l'occasion de les présenter et de les mettre en débat dans des perspectives interdisciplinaires et internationales, scientifiques et/ou militantes.

Historiquement, la naissance du féminisme en tant que mouvement coïncide avec les bouleversements politiques et sociaux de la fin du 18e siècle : la nature politique du féminisme apparaît ainsi comme une évidence ; son rôle, son impact, et sa vocation sociopolitiques semblent indiscutables. Pourtant, les termes politiques mêmes de son émergence ont été pointés du doigt, ses modalités sociopolitiques font débat, et le sujet du féminisme s’est trouvé ébranlé par les mutations géopolitiques contemporaines. Uni, pluriel, fragmenté, mutant : il s’agira de penser les rencontres, imbrications et tensions entre féminisme(s) et politique(s) ; leurs définitions mutuelles, la matérialisation de leurs rapports dans les sujets et l’espace social, les enjeux individuels et collectifs de leur mutation.

La journée d’études se déclinera autour de trois axes :

Les divergences, les continuités et les mutations du féminisme.

Les 40 ans du MLF en 2010 ont été l’occasion de revenir sur les évolutions et les trajectoires du féminisme jusqu’à aujourd’hui. Si cela a permis de mettre en lumière l’importance et l’influence de ces mouvements, tant dans les sphères institutionnelles et académiques, que dans la société, cette commémoration a également été l’occasion de réaliser que les jeunes générations féministes entretiennent des rapports ambivalents, voire conflictuels avec les générations précédentes. Ainsi, certaines féministes dites « de la deuxième vague » refusent de voir dans les mouvements actuels l’héritage de leurs propres combats, quand certaines féministes de la « quatrième génération » semblent ignorer l’histoire de leur mouvement et tout reprendre du début (cf. l’entretien entre des membres d’Osez le féminisme et Françoise Picq, dans le documentaire Encore elles !). Si l’on parle depuis un certain temps déjà de « troisième vague » du féminisme, dans quelle mesure est-ce une question de « génération » ? Ou pour le dire autrement, vagues du féminisme et générations de féministes sont-elles équivalentes ? Comment comprendre plus spécifiquement les nœuds de tension à l’œuvre entre les mouvements dits queer, post-féministes etc. et les féminismes desquels ils découlent et se démarquent ?

L’analyse des unions mais aussi des tensions, voire des divergences entre les différents courants du féminisme, devront tenir compte ou se poser la question des continuités, des mutations et des oublis de l’histoire, tout comme des utopies et des espoirs d’avenir. Il sera aussi possible de s’interroger sur les capacités à se renforcer mutuellement ou au contraire à s’affaiblir dont témoignent les théories et agendas des mouvements féministes. Comment le féminisme peut-il concevoir pluralité et unité ?

Il ne s’agit pas de dresser un bilan, mais de mettre en évidence les postulats politiques du féminisme, leur historicité, leur mise à l’épreuve par les évènements sociaux et politiques. A cette occasion, la réflexion pourra aussi porter sur les rapports entre théorie et militance, sur les liens entre actualité politique et actualité académique. Quel rôle a pu jouer et joue encore la visibilité et l’institutionnalisation des études féministes et des études de genre, dans ces rapports à la militance et à l’actualité politiques ? Dans quelle mesure les mouvements militants participent-ils de la vie théorique du féminisme, et inversement ?

Mouvements féministes, partis et courants politiques.

Si les groupes féministes n’ont pas donné naissance en France à un parti politique particulier, certaines de leurs revendications se sont vues reprises et mises en œuvre par d’autres déjà en exercice. On s’intéressera alors aux apports féministes dont les politiques se sont accaparés, comme à ceux qu’ils n’ont pas voulu entendre, et si les usages qu’ils en ont fait ont été à la hauteur des attentes originelles. On pourra alors s’intéresser à l'utilisation des féminismes dans les choix d’alliances entre partis politiques ou dans une gestion stratégique de l’agenda politique (« La lutte contre les violences faites aux femmes : grande cause nationale 2010 »). En ce sens, on pourra également interroger la légitimité de se référer au genre ou au fait d’être femme politique sans revendiquer une posture féministe (ou seulement a posteriori), voire s’en distinguer.

Certaines relations qu’entretiennent les associations féministes avec les partis politiques sont de notoriété publique, Ni Putes Ni Soumises et l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) ou Osez le féminisme et le Parti Socialiste (PS). Dans quelle mesure, à l’aube de l’élection présidentielle de 2012, peut-on voir s’esquisser un féminisme d’État ? On pourra s’intéresser à l’histoire de ces relations, et notamment aux oscillations entre apaisements et tumultes, qu’elles ont connues, soit aux points de tension relatifs aux problématiques consubstantielles au genre (race, classe, nationalité, sexualité), ou finalement sur les négociations entre offres et demandes politiques dans lesquelles s’engagent nécessairement ces deux acteurs. De façon plus générale, nous nous intéresserons à l’influence du lobby ou militantisme féministe dans la sphère politique.

Finalement, les féminismes créant des liens avec d’autres courants politiques tels que le marxisme, l’anarchisme, l’écologie voire la droite conservatrice, ces relations pourront interroger la définition d’être féministe à l’aune d’une posture politique intersectionnelle, voire la légitimité des un·e·s et des autres à se dire tel·le·s.

L’engagement féministe dans les pratiques quotidiennes et les « pratiques de soi ».

Depuis les mouvements féministes des années 1970, penser que « le personnel est politique », c’est réinterroger la naturalisation des femmes à la sphère privée en dénonçant, par ce précepte, les rapports de pouvoir, de domination, d’oppression, inhérents à toutes les sphères de la société, dont celle du privé. Cette contestation remarquable dans l’histoire des idées a permis de repenser les rapports sociaux et plus spécifiquement les rapports de genres, au-delà de la frontière entre le privé et le politique.

Par cette remise en cause de cette frontière, c’est le rapport entre l’individu·e et le collectif qui se voit interrogé. C’est pourquoi, dans cet axe, nous aimerions questionner les pratiques quotidiennes et les « pratiques de soi » « féministes », examiner les alternatives individuelles et collectives à l’ordre social nées de cette contestation du « privé est politique ». De quelles manières l’engagement féministe cherche-t-il aujourd’hui à subvertir le partage des rôles sociaux ? Ou comment l’engagement féministe ébranle-il les catégories instituées de genre ?

Oppositions à un ordre, expérimentations, résistances, utopies, les alternatives ont le mérite d’ouvrir des brèches dans la normativité sociale et politique et en même temps, si elles entendent s’affranchir de l’ordre existant et si elles sont porteuses d’innovation, en laissant entrevoir les lignes d’un nouvel ordre, d’une autre logique, elles ne peuvent qu’être porteuses d’un ordre latent, nécessaire à sa propre cohésion sociale.

Ici, peuvent être interrogés : les modes d’organisation de la vie privée selon des idéaux féministes à travers, par exemple, les nouvelles formes alternatives de partenariat sentimental (polyamour, non cohabitation des partenaires), de parentalité (homoparentalié, pluriparentalité) jusqu’aux formes actuelles du « vivre-ensemble » (non-mixité, non-mixité choisie). Jusqu’où le politique, et ici l’engagement féministe, peuvent-ils réorganiser la sphère privée et la sphère intime ? Quelle peut être la marge de manœuvre des individu·e·s dans les processus de subversion sociale, à l’échelle des pratiques quotidiennes, des « pratiques de soi » ? Les critiques féministes ont-elles permis l’émergence de nouvelles formes créatives et de nouvelles formes artistiques de résistances ?

En suivant ces trois axes, on tentera de déterminer dans quelle mesure les regards portés par la jeune génération de chercheur·e·s et de militant·e·s sur les rapports entre féminisme(s) et politique(s) contribuent, entre autres, à reconfigurer la pensée féministe et l’action publique et individuelle.

S’inscrivant au croisement de la recherche et du militantisme, cette journée se veut également pluridisciplinaire : sont attendues des contributions dans l’ensemble des sciences humaines et sociales (philosophie, sociologie, histoire des idées, sciences politiques, anthropologie...)

Modalités de soumission

Les propositions de communication (1 page maximum, bibliographie non comprise, format .rtf ou .doc) doivent être adressées à : efigiesje2012@gmail.com

au plus tard le 15 septembre 2011

Merci de mentionner, dans le document joint, vos nom, prénom, statut, institution ou non de rattachement et rappeler votre adresse électronique.

Les réponses d’acceptation ou de refus seront envoyées à la mi-octobre 2011.

Les versions définitives des communications devront être rendues avant le 31 décembre 2011.

Comité d’organisation :

Emmanuelle Beaubatie, Solenn Carof, Aurélie Chrestian, Edith Gaillard, Gabriell Galli, Lola Gonzalez-Quijano, Marie Quévreux, Guillaume Roucoux.

Journée organisée grâce au soutien de l'IEC et de l'EHESS

Dates

  • jeudi 15 septembre 2011

Mots-clés

  • Féminisme, politique, genre, mouvements féministes, rapports sociaux de sexe

Contacts

  • Lola Gonzalez-Quijano
    courriel : lolagonzalez [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Association EFiGiES
    courriel : efigiesje2013 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Féminisme(s) e(s)t politique(s) », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 juin 2011, http://calenda.org/204871