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Backpacking. Le tourisme des routards

Backpacking and tourism

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Publié le jeudi 30 juin 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Au delà des pistes mentionnées, cet appel à textes vise tous les éléments de connaissances et les analyses permettant de mieux comprendre le phénomène du routard et des backpackers en ce début de XXIe siècle. Rédacteurs invités : Luc VACHER, CNRS-Université de La Rochelle, Suzanne LALLEMAND, CNRS, Paris, Maité BOULLOSA, Université d’Amiens. Date de soumission des textes : 15 janvier 2012. Date de publication : automne 2012.

Annonce

Argumentaire

Seulement tolérés par les états qu’ils traversaient, ignorés par l’industrie touristique, les routards (ou backpackers) semblent aujourd’hui se définir par une série de paradoxes : voyageurs partant en solitaire ou en duo, on les retrouve se déplaçant en groupes. Disposant de faibles moyens économiques, ils passent souvent pour très aisés chez les populations d’accueil. Jeunes, ils compteraient dans leurs rangs un nombre croissant de retraités. Prêts à subir tous les inconforts, ils disposeraient dans les pays visités, de structures hôtelières pensées pour eux. S’estimant en marge  du tourisme de masse,  ils ne susciteraient pas nécessairement cette opinion dans les nombreux  pays qu’ils parcourent. Ces paradoxes  s’atténuent  si l’on considère leurs capacités de changement et la durée même de leur pratique d’itinérance renouvelée par un peu moins de trois générations, soit presque un demi-siècle.

Qu’en est-il de l’importance de ces formes de voyage au moment où les créateurs des guides  Routard et Lonely Planet sont en âge de prendre leur retraite ? Les nouvelles technologies de l’information et de la communication amènent des évolutions dans la manière dont ces voyageurs conçoivent leur voyage, mais aussi dans celle dont ils le vivent et le valorisent.  D’autre part, le développement de formes de tourisme durable, éthique et solidaire semble renforcer l’importance d’expériences de mobilité très proches de celles des routards dans la forme et dans l’esprit. Parle-t-on de la même chose ? Comment s’articulent ces formes de tourisme ?

On peut donc se demander ce que veut dire être routard ou backpacker au début des années 2011. Comment définir aujourd’hui ces termes ? Le routard est-il encore ce « voyageur qui rejette les formes classiques de tourisme et voyage avec un bagage limité, privilégiant l'hébergement, la nourriture et le transport à faible coût », comme le soutient l’Office québécois de la langue française. Le routard s’inscrit dans l’héritage du voyage aux Indes, des hippies et de l’autostop, est-il à distinguer des backpackers qui eux feraient plus référence au voyage aérien à partir des années 1980 et à une forme de voyage plus conformiste dont la dimension touristique serait mieux assumée (Lachance, 2008 ; Vacher, 2010) alors que tous les dictionnaires bilingues les considèrent aujourd’hui comme
équivalents ?

Qu’en est-il aujourd’hui de ces pratiques de voyage ? Quelles formes prennent-elles ? Quels projets embrassent-elles ? Dans quelles logiques spatiales s’inscrivent ces déplacements ? Prennent–ils toujours la forme d’itinérance et quels sont les circuits qu’ils dessinent ? Sont-ils nécessairement internationaux ? Quelle est la place des tours du monde dans cette forme de voyage ? Ont-ils permis la mise en tourisme d’espaces devenus depuis plus classiquement touristiques ? Quelle est la part de cette forme de voyage dans la touristificaction du monde ? Quel rôle cette forme de tourisme joue-t-elle sur la construction identitaire des voyageurs ?

Sans mettre l’accent uniquement sur les enjeux du tourisme des routards dans l’univers francophone, ce dossier de Téoros s’intéresse d’abord au phénomène proprement dit. Il interroge tant la réalité des occidentaux qui pratiquent le backpacking que de la  place des sociétés non occidentales dans ces formes de tourisme. On pense bien aux Japonais présents depuis longtemps sur les routes du monde, aux Coréens, et aux Chinois. Qu’en est-il des itinérants issus d’Amérique latine et d’autres pays émergents ?

En plus de ces questions, votre texte peut porter sur l’un des sujets suivants :

  • l’évolution des conditions pratiques de l’organisation du voyage ;
  • les nouvelles formes d’hébergement (comme le couch surfing) ;
  • le rôle des réseaux sociaux dans la manière de vivre l’expérience du voyage comme dans celle de structurer l’organisation de l’accueil ;
  • l’importance de ces types de voyage dans les sociétés et les économies des pays émetteurs comme des pays récepteurs ;
  • comment les routards sont-ils considérés sur place (autant par leurs hôtes que par les guides censés les emmener au-delà des sentiers battus) ; 
  • la place, le rôle et les formes que prend le récit du voyage effectué (journaux de voyage, film et livre, blog, etc.) chez les routards ;
  • les distinctions possibles entre le routard au masculin et au féminin ;
  • tout sujet connexe lié au tourisme des routards.

Au delà  des pistes mentionnées, cet appel à textes vise tous les éléments de connaissances et les analyses permettant de mieux comprendre le phénomène du routard et des backpackers en ce début de XXIe siècle.  

Soumissions de proposition

Les auteur(e)s doivent faire parvenir un manuscrit rédigé préférablement en français présenté selon les règles de la revue, disponibles au www.teoros.revue.org/168.

Les textes soumis, en format Word (pas de PDF), doivent compter environ 7000 à 7500 mots et doivent obligatoirement comprendre

  • un objectif (question) de recherche clairement énoncé;
  • un descriptif de la méthodologie de recherche employée, et
  • un volet théorique.

Une étude de cas peut s’ajouter à ces éléments. Chaque article doit inclure les nom et prénom de tous les auteurs (maximum trois par article), leur titre principal et leur affiliation (une seule), leur adresse électronique (courriel) et postale, un résumé de 150 à 200 mots maximum en français, ainsi qu'une une liste des mots clés (maximum de 5). Dès la soumission de leur manuscrit, les auteurs sont invités à fournir 3 ou 4 illustrations, libres de droits et en haute résolution (300 dpi) en indiquant clairement la légende de la photo et le nom du photographe.

Les manuscrits soumis pour la publication dans Téoros doivent être originaux. Les auteurs restent responsables du contenu et des opinions exprimés ainsi que de la correction des données et des références bibliographiques.

La date limite pour soumettre un texte est le 15 janvier 2012. 

Les propositions de textes doivent être adressées à la revue : teoros@uqam.ca. Veuillez inscrire « Routard » dans la ligne de sujet.

Dates

  • dimanche 15 janvier 2012

Mots-clés

  • routard, tourisme, jeunesse, voyage, loisir

Contacts

  • Ari Virtanen
    courriel : teoros [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Ari Virtanen
    courriel : teoros [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Backpacking. Le tourisme des routards », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 30 juin 2011, http://calenda.org/204898