AccueilLa culture matérielle enfantine : un nouvel horizon de recherche

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Publié le mardi 05 juillet 2011 par Marie Pellen

Résumé

La revue en ligne Strenæ. Recherches sur les livres et objets culturels de l'enfance consacrera son n°4 à la culture matérielle enfantine. Ce dossier thématique sera dirigé par Annie Renonciat (Professeur des universités, Responsable du Pôle scientifique Histoire et Patrimoine de l’Éducation, CNDP Rouen. Membre du CERILAC (Centre d’étude et de recherche interdisciplinaire Lettres, Arts Cinéma), université Paris 7- Denis Diderot) et Michel Manson (Professeur à l’Université Paris Nord 13, laboratoire EXPERICE).

Annonce

Le statut traditionnellement dévalorisé de l’objet, en tant que source et/ou propos de la connaissance,  dans la culture occidentale (à la différence de l’Extrême-Orient) et tout particulièrement en France (à la différence des pays anglo-saxons), a conduit les sciences humaines à privilégier sur les objets qui nous entourent un point de vue logocentrique : les artefacts de notre société ont été regardés comme un ensemble cohérents de signes, un « système des objets » (J. Baudrillard)  ou comme autant de « mythologies », fruits de représentations collectives (R. Barthes).

Cependant, envisagés dans leur matérialité, les objets sont aussi des témoins privilégiés, à la fois des savoir-faire, techniques et innovations d’une époque ou d’une société, mais également des attitudes et pratiques, individuelles et sociales, auxquelles ils sont associés. La notion de « culture matérielle », les réflexions théoriques et les travaux scientifiques féconds qu’elle a suscités, non seulement chez les archéologues, anthropologues et ethnologues pour lesquels les objets constituent une source privilégiée de connaissance, mais également chez les sociologues et les historiens (Pesez, 1978, dans Jacques Le Goff (direct.), La Nouvelle Histoire), dépasse de beaucoup la description des objets, l’étude de leur fabrication et de leur consommation, pour envisager le processus général qui produit de tels biens et leur donne une signification, les relations et pratiques dans lesquelles de tels objets et processus sont imbriqués.

Appliquée à l’enfance, la notion de « culture matérielle » s’est développée dans les pays anglo-saxons au cours des dernières décennies. Elle nourrit des recherches archéologiques et anthropologiques (Derevenski, Children and Material Culture, 2000), historiques et sociologiques. Ces dernières envisagent tout autant l’éducation scolaire (Lawn & Grosvenor, Materialities of Schooling : design, technology, routines, 2005), la production pour l’enfance et la consommation enfantine (Miller, Home Possessions, 2001 ; Gutman et Coninck-Smith, Designing Modern Chilhoods : History, Space and the Material Culture of children, 2008).

En France, l’étude des objets de l’enfance reste encore assez largement cantonnée au sein des musées, dans une optique descriptive et documentaire, et les travaux qui envisagent la matérialité de l’éducation s’attachent prioritairement à l’univers scolaire et institutionnel (Le Patrimoine de l’Education nationale, coll., Flohic, 1999). La réalisation d’un dossier sur ce champ de recherche offre donc l’occasion d’explorer les pistes ouvertes et d’en proposer de nouvelles. Comment la société produit-elle une culture matérielle destinée à l’enfant ? Que nous dit-elle de l’enfant ? Comment s’inscrit-elle dans un mouvement historique ?

Nous suggérons donc les axes suivants :

  • Étudier les objets de l’enfance (jouets, costumes, images, mobilier, matériel scolaire et de loisirs, etc.) en dépassant les approches anecdotiques ou descriptives pour s’attacher à reconstituer le monde de l’enfance, passé et présent. Il s’agit d’articuler les objets avec des espaces (la chambre d’enfant, les espaces de loisirs, etc.), des contextes familiaux, des sociabilités, etc.
  • Comprendre la production et la diffusion, l’appropriation et la consommation de ces objets.
  • Mettre au jour ce que révèlent ces objets des représentations de l’enfant que la société élabore ou a élaborées.
  • Étudier les livres pour enfants dans leur matérialité, leur valeur économique, etc. Des études de contenus pourraient cependant s’attacher aux représentations iconographiques et à la mise en scène de la culture matérielle de l’enfance. La question de la subjectivation des objets peut aussi être étudiée à travers autobiographies et récits d’enfance.
  • Réfléchir à la notion de « culture matérielle enfantine », à ses implications théoriques et ses applications disciplinaires.
  • Explorer les méthodologies spécifiques que l’étude de la culture matérielle enfantine implique, tant pour la recherche historique que dans les recherches de sociologie de l’enfance, en particulier celles qui s’intéressent à la culture enfantine de masse actuelle.

Les propositions (d’une page environ), sont à envoyer avant le 15 janvier 2012 à strenae@revues.org. Les textes définitifs devront être remis le 15 avril.

Dates

  • dimanche 15 janvier 2012

Mots-clés

  • enfance, culture matérielle, littérature pour la jeunesse, jeux, jouets, chambre d'enfant

Contacts

  • Rédaction de la revue Strenae
    courriel : strenae [at] revues [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Cécile Boulaire
    courriel : cecile [dot] boulaire [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La culture matérielle enfantine : un nouvel horizon de recherche », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 05 juillet 2011, http://calenda.org/204916