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L'animation socioculturelle professionnelle, quels rapports au politique ?

Professional social and cultural activities: what is their relationship to politics?

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Publié le mercredi 06 juillet 2011 par Marie Pellen

Résumé

L’animation socioculturelle est sollicitée par un ensemble de problématiques sociales, culturelles et politiques, auxquelles des acteurs individuels et collectifs, populations, élus, animateurs, sont confrontés. Comment l’animation socioculturelle s’inscrit-elle dans ces enjeux sociaux entre politiques publiques et demandes sociales ? Comment l’animation investit-elle l’espace public démocratique ? Comment se situe-t-elle entre les rapports sociaux que le néolibéralisme alimente et les rapports de pouvoir qui la traversent ? Ce sont de telles questions que des chercheurs d’origine pluridisciplinaire rattachés à l’ISIAT/IUT Michel de Montaigne et au laboratoire ADES proposent aborder lors de ce colloque international. A partir de recherches d’enseignants-chercheurs, de travaux de doctorants, d’expériences de terrain de praticiens chercheurs, de recherches-actions et d’expériences d’animateurs socioculturels, ces deux journées permettront de contextualiser l’animation, de souligner des enjeux politiques et des pratiques d’animateurs socioculturels professionnels et d’acteurs avec lesquels ils travaillent, ainsi que de faire ressortir les capacités d’agir des populations auprès desquelles ils interviennent, leur permettant ainsi de se faire entendre.

Annonce

Le Pôle Carrières sociales ISIAT-IUT Michel de Montaigne et l’UMR ADES/CNRS, Université de Bordeaux 3 en partenariat avec l’IEPSA Université de Saragosse, l’UQAM Université du Québec à Montréal, l’Ecole Polytechnique de Lisbonne et le CRAJEP Aquitaine organisent les lundi 23 et mardi 24 janvier 2012 un colloque sur le thème : L’animation socioculturelle professionnelle, quels rapports au politique ?

L’animation socioculturelle est sollicitée par un ensemble de problématiques sociales,  culturelles et politiques, auxquelles des acteurs individuels et collectifs, populations, élus,  animateurs, sont confrontés. Comment l’animation socioculturelle s’inscrit-elle dans ces enjeux sociaux entre politiques publiques et demandes sociales ? Comment l’animation investit-elle l’espace public démocratique ? Comment se situe-t-elle entre les rapports sociaux que le néolibéralisme alimente et les rapports de pouvoir qui la traversent ? Ce sont de telles questions que des chercheurs d’origine pluridisciplinaire rattachés à l’ISIAT/IUT Michel de Montaigne et au laboratoire ADES proposent aborder lors de ce colloque international. A partir de recherches d’enseignants-chercheurs, de travaux de doctorants, d’expériences de terrain de praticiens chercheurs, de recherches-actions et d’expériences d’animateurs socioculturels, ces deux journées permettront de contextualiser l’animation, de souligner des enjeux politiques et des pratiques d’animateurs socioculturels professionnels et d’acteurs avec lesquels ils travaillent, ainsi que de faire ressortir les capacités d’agir des populations auprès desquelles ils interviennent, leur permettant ainsi de se faire entendre.

C’est dans la continuité des colloques annuels organisés par le Pôle Carrières sociales ISIAT de l’IUT Michel de Montaigne, que les organisateurs proposent une mise en tension de la question des rapports de l’animation socioculturelle au politique. La construction d’un secteur professionnel de l’animation en France s’étend dans le temps au départ avec la création d’équipements socioculturels spécifiques aux jeunes, puis une ouverture à une dimension d’animation de quartiers. Nous retenons l’énoncé selon lequel : « L’animation socioculturelle s’impose depuis les années 1960 comme un système d’action jouant sur le triple registre de la régulation, de la promotion et de la contestation sociales dans des situations où les enjeux sont à la fois culturels, sociaux, économiques et politiques. Inscrite dans une historicité, elle se présente comme une praxis liée aux formes d’action du passé tout en demeurant ouverte sur l’avenir. En marge des marchés de la globalisation, ce système est un mode d’intervention valorisant un tiers secteur fondé sur des associations, des groupes communautaires, des organismes non gouvernementaux (ONG), et plus généralement sur l’économie sociale et solidaire. Ce tiers secteur offre des perspectives d’innovation et de résistance que l’on doit valoriser dans des synergies internationales » (J.-M. Lafortune, J.-P. Augustin, P. Bélanger, J.-C. Gillet, 2009). Des politiques de la jeunesse et des loisirs sous-tendent la mise en œuvre de formations et la création de diplômes qui vont progressivement élargir l’exercice professionnel à différents secteurs (culturel, social, touristique, artistique, médico-social…). Différentes périodes accentuent la dimension socio spatiale de l’animation dans les territoires urbains et ruraux. La politique de la ville et ses multiples dispositifs contribuent à l’apparition de nouvelles interventions associées à des pratiques d’animation et à l’irruption de nouveaux acteurs. Il en résulte une lecture plus complexe pour les populations soumises à des injonctions de responsabilisation relevant à la fois d’une « politique du sujet » et d’une « promotion du vivre ensemble » que les animateurs accompagnent selon une méthodologie de conduite de projets.

Le développement de la vie associative et la montée du local comme territoire d’émergence d’une démocratie participative, accentués par la décentralisation et les politiques volontaristes des collectivités, ont induit de nouveaux rapports entre les pouvoirs locaux et l’animation. Entre la commande politique et la demande sociale, l’animation professionnelle peut être sollicitée pour neutraliser les expressions turbulentes et garantir une paix sociale comme elle peut être envisagée au service des populations pour mobiliser l’action collective afin de susciter un espace public démocratique. Dans les deux cas l’intérêt général peut être invoqué comme principe d’action, mais il peut conduire en même temps à réaliser des missions sous la forme de prestations de service. Aux mutations sociétales constatées au début de ce siècle, correspondent un développement des politiques publiques d’intervention, spécialisées et ciblées, mais aussi transversales, et une diversification de l’animation socioculturelle. L’intérêt premier de la mise en tension des expérimentations avec des analyses et pratiques croisées de chercheurs et de praticiens est de renouveler les concepts opératoires du champ et d’inspirer des pratiques novatrices dans l’animation.

Comment l’animation socioculturelle, historiquement issue de l’éducation populaire, mais qui s’est inspirée au cours des années de principes issus d’autres courants de pensée et d’autres champs (dont le travail social, le développement local, la pédagogie de l’autonomie, les idées autogestionnaires, les nouveaux mouvements sociaux, etc.), fait-elle face aux changements sociaux et politiques : en s’y adaptant ou en s’y confrontant ? Les années récentes ont été marquées par différentes initiatives politiques en matière d’exclusion sociale, d’éducation, de sécurité, d’immigration… auxquelles répondent quelques mouvements de résistance voire de désobéissance, à la marge des institutions représentatives. La présence d’animateurs au sein d’équipements socioculturels, d’associations et d’organismes qui accueillent des personnes sans domicile, des demandeurs d’asile, des jeunes sans emploi, etc. les met en prise avec les effets de l’actualité nationale et internationale.

En résumé, l’animation est-elle marquée par une tendance à la dépolitisation de ses références idéologiques ? Se demande-t-on encore à quoi peuvent servir l’animation et les animateurs en ne voyant dans leurs actions que celles d’acteurs contraints, sans se poser la question des dispositifs stratégiques dans lesquels ils agissent et qu’ils contribuent à générer ? A contrario, la majorité des animateurs affirment travailler à la dynamisation des relations sociales dans un cadre collectif. Ils disent produire du lien social, susciter l’organisation collective, la participation et la mobilisation citoyenne au sein d’espaces publics qui peuvent s’avérer conflictuels voire oppositionnels. Nous pouvons penser que leur rapport au politique,  dans les fortes contradictions qui le caractérisent, est un analyseur du sens qu’ils donnent à leur action.

 

 

Quatre axes de réflexions permettront d’interroger les rapports de l’animation et du politique :

1.  La fabrique de l’animation socioculturelle professionnelle.

Quels fondements et quels discours idéologiques fondent ses pratiques ? Avec quels supports et selon quelles représentations ? Comment les discours et pratiques de création de l’animation sociale, culturelle et socioculturelle se diffusent-ils à la fois dans la culture politique nationale et locale et dans le champ professionnel ?

2. L’animation socioculturelle est-elle soluble dans les discours politiques sur le vivre ensemble et la cohésion sociale ?

Quelles contradictions ou similarités entre les objectifs assignés aux animateurs dans le cadre des politiques publiques et les leurs, construits dans des formations, des expériences et des engagements ? Dans quelle mesure les pratiques d’animation visent-elles encore une émancipation sociale ou se contentent-elles de renforcer une adaptation sociale aux normes dominantes néolibérales ?

3.  La construction des politiques publiques par l’animation.

La compétence sociale des animateurs, leur expertise et leur posture, y contribuent-elles et au service de quels intérêts ? Quelles stratégies d’alliance et de confrontation se révèlent dans le jeu des interactions entre les acteurs en présence ? Comment se situent les animateurs dans les jeux politiques, de pouvoir et de gouvernance dans lesquels ils sont engagés ? La posture du marginal sécant est-elle un alibi des responsables ou élus politiques, un relais des populations ou un réel acteur d’influence ?

4.   Les utopies de l’animation socioculturelle et le sens de la place des populations.

L’animation socioculturelle ne peut prétendre être une action politique sans être mise en actes et partagée. Comment l’implication de terrain peut-elle révéler des enjeux sociopolitiques ? Comment les animateurs conçoivent-ils leur action et l’action collective par rapport aux notions de capacitation, de démocratie participative, d’empowerment ?

Ces quelques questions orienteront la démarche scientifique de ce colloque pour lequel des chercheurs d’universités d’Espagne, du Portugal et du Québec ont été associés afin d’apporter des expériences issues de leur contexte national et de partager leurs recherches et analyses, dans la continuité des relations établies lors des précédents colloques internationaux de l’animation.

Comité scientifique :

  • Jean-Luc RICHELLE (IUT Bordeaux3 - ADES),
  • Stéphanie RUBI (IUT Bordeaux3 - LACES EA 4140),
  • Jean-Marc ZIEGELMEYER (IUT Bordeaux3 - ADES),
  • Jean-Pierre AUGUSTIN (Bordeaux 3 - ADES),
  • Luc GREFFIER (IUT Bordeaux3 - ADES),
  • Pascal TOZZI (IUT Bordeaux3 - ADES),
  • Denis RETAILLE (Bordeaux3 - ADES),
  • Jean-Marie LAFORTUNE (UQAM, Université du Québec à Montréal, Canada - LARC),
  • Fernando CURTO (IEPSA - Université de Saragosse),
  • Laurence VOLGEMUTH (Ecole Polytechnique de Lisbonne),
  • Benjamin MOIGNARD (IUT Sénart-Fontainebleau, Paris10 – CIRCEFT-REV),
  • Gilles MONCEAU (Cergy- Pontoise - EMA),
  • Véronique BORDES (Toulouse 2 – UMR EFTS),
  • Sandrine RUI (Bordeaux 2 - UMR 5116),
  • Christophe ARPAILLANGE (Chargé de Mission Développement Local GPV Hauts de Garonne),
  • Geneviève RANDO (Centre Social et Familial Bordeaux Nord),
  • Claudette ROUSSELLI (CRAJEP Aquitaine)
  • Conférence de clôture:
  • Jean-Claude GILLET Professeur honoraire des Universités

Communications et dates à retenir :

Attentes par rapport aux communications. Les propositions resteront dans le cadre de
l’animation socioculturelle professionnelle comme objet d’étude. Elles prendront en compte
autant que possible des données empiriques (éléments de terrain, situations localisées,
données d’enquêtes etc.) et les mettront en tension avec une analyse théorique pour émettre
des questionnements ou apporter des éclairages, chaque communicant précisant quel axe il
privilégie parmi les 4 axes proposés précédemment.

Envoi des propositions de communications : jusqu’au 30 septembre 2011 à l’adresse
suivante :
carrières-sociales-isiat@iut.u-bordeaux3.fr.

Elles seront adressées en traitement de texte, avec un titre, l’axe de réflexion privilégié, un exposé synthétique en une page du déroulé de la communication avec la problématique générale et les données ou le terrain explorés. Les coordonnées du communicant, statut, organisme, seront indiqués.

Retour des avis du Comité scientifique : début novembre 2011

Edition de la programmation définitive : fin novembre 2011

Réception des textes complets définitifs : 5 janvier 2012

Colloque : lundi 23 et mardi 24 janvier 2012, IUT Michel de Montaigne, Bordeaux.

Lieux

  • 1 rue Jacques Ellul (IUT Michel de Montaigne)
    Bordeaux, France

Dates

  • vendredi 30 septembre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Animation socioculturelle, Politique, Jeunesse, Démocratie

Contacts

  • Jean-Luc Richelle
    courriel : jeanlucrichelle [at] aol [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Greffier Luc
    courriel : luc [dot] greffier [at] iut [dot] u-bordeaux3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'animation socioculturelle professionnelle, quels rapports au politique ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 06 juillet 2011, http://calenda.org/204923