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Corporéité

Corporealism

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Publié le lundi 18 juillet 2011 par Karim Hammou

Résumé

Les historiens du genre et de la sexualité savent combien la question du corps compte dans leur discipline. Mais dans quelle mesure ? Comment la chair peut-elle s’incarner dans l’écriture de l’histoire ? Assiste-t-on actuellement au retour d’une approche essentialiste, anhistorique, naturaliste dans le champ de l’histoire du genre ? Nous aborderons ces questions au cours de trois master-classes et d’une journée d’études organisées en Belgique (automne 2011 - printemps 2012).

Annonce

Le Forum pour la recherche belge en histoire des femmes, du genre et de la sexualité présente:

Corporealism / Corporéité: 3 master-classes & une journée d’études (Belgique, automne 2011-printemps 2012)

Un quart de siècle après la parution de The Making of the Modern Body, dirigé par Thomas Laqueur et Catherine Gallagher, les historiens du genre et de la sexualité savent bien que la question du corps compte dans leur discipline. Mais dans quelle mesure ? Les historiens ont écrit sur « la fabrique » des corps, leur disciplinarisation, sur « l’invention » du sexe et de la race, sur la « normalisation » médicale des corps sains, sur le corps fasciste, ou encore le corps « queer » qui refuse de s’assujettir aux discours normatifs. Cependant, une critique récurrente souligne le fait que les études sur le corps occultent la dimension sensorielle, tangible, matérielle de l’expérience corporelle, au profit d’une analyse vaporeuse des discours et du langage corporels. Dans cette critique d’une histoire culturaliste du corps, l’influence de Foucault et des intellectuels postmodernes est souvent pointée du doigt. On stigmatise avec facilité le « tournant linguistique », le poids de l’analyse des représentations dans l’historiographie et la domination des théories culturelles dans l’approche du genre. Cet appel à une histoire plus somatique du corps, à une approche de la corporéité concrète trahit-il un désir de dépasser le tournant linguistique, au risque d’en nier les apports ? Finalement, assiste-t-on au retour d’une approche essentialiste, anhistorique, naturaliste dans le champ de l’histoire du genre ? Comment la chair peut-elle s’incarner dans l’écriture de l’histoire ?

Nous aborderons ces questions au cours de trois master-classes et d'une journée d'études:

  • Master-class #1 ‘Gender & expertise’ – Université catholique de Louvain, 3 octobre 2011

Conférencière invitée : Ludivine Bantigny (Université de Rouen)

Organisé par David Niget et Aurore François (CHDK-UCL), Kaat Wils (Cultural History-KULeuven), Wannes Dupont (Political History-UA) et le Groupe de contact FNRS

  • Master-class #2 ‘Politics of embodiment’ – Universiteit Gent, 22 novembre 2011

Conférencière invitée : Mieke Aerts (Universiteit van Amsterdam)

Organisé par Julie Carlier (Ugent), Henk de Smaele (UA), Mathieu Vanhaelewyn (UA)

  • Master-class #3 ‘History of emotions’ – Katholieke Universiteit Leuven, Mars 2012 (date à confirmer)

Conférencière invitée : Monique Scheer (Research centre for ‘The History of Emotions’, Max Planck Institute for Human Development, Berlin)

Organisé par Tine Van Osselaer, Josephine Hoegaerts, Jan Bleyen (KULeuven)

  • Journée d’études : AVG-Carhif (Bruxelles), printemps 2012

Appel à communication Master-class #1 ‘Gender & expertise’ (UCL, 3/10/2011)

Conférencière invitée: Ludivine Bantigny (Université de Rouen)

Langues : Français et Anglais

Organisé par David Niget (CHDJ-UCL), Aurore François (CHDK-UCL), Kaat Wils (Cultural History-KULeuven), Wannes Dupont (Political History-UA) et le Groupe de contact FNRS “Sources et méthodes pour l'histoire du contrôle social du Moyen-Age à nos jours : déviance, maintien de l'ordre et régulation sociale” (resp. Xavier Rousseaux)

Programme: conférence par Ludivine Bantigny, suivie des réflexions des organisateurs de la session et d’une discussion (AM); présentation des papers (15 à 20 min./paper) et discussion (PM).

A la jonction entre l’expérience corporelle et les représentations du corps, l’expertise organise un savoir, dont la légitimité relève de l’articulation entre observation du corps et étiologie des symptômes corporels. Historiquement, l’expert est d’abord à l’affut des traces corporelles, comme médecin légiste. Il est hygiéniste au XIXe siècle, artisan de la fabrique des corps vigoureux. Il est aussi l’arpenteur des corps, dans la grande entreprise de biométrie à laquelle se livrent les Etats modernes. Psychiatre, l’expert devient celui qui relie corps et psychisme, où les stigmates trahissent les perversions. Comme psychologue, il reste attaché à la corporéité, et notamment aux représentations de soi. Dans le répertoire de la sexualité, l’expertise oppose le corps reproducteur et le corps jouisseur et opère une réification du corps genré. Enfin, de l’individu à la population, l’expert, démographe, sociologue ou économiste, contribue à la fabrique d’un corps collectif, corps social, corps national, corps de travailleurs ou de consommateurs. La catégorie de « jeunesse », notamment, est tributaire du discours expert, et le corps juvénile devient accessible à une science des populations, qu’il s’agisse de le concevoir à travers des politiques hygiénistes ou eugénistes, de le classer selon un agencement des âges, d’en réguler la sexualité, de dépister ses handicaps, d’exploiter son potentiel industriel ou guerrier. Ainsi, De nombreuses voies peuvent être explorées sous cette entrée : de l’histoire de la médecine (inspections médicales scolaires, infirmières visiteuses…), à l’histoire de l’invalidité (invalides de guerre, histoire de la vieillesse…), de la rationalisation du travail (accidents industriels, ergonomie, ‘science du bureau’…) à l’histoire des sports et loisirs. Aux assignations de l’expertise, les individus opposent des stratégies dont le corps est un enjeu, un terrain de lutte biopolitique, un organe de subversion des codes et des normes, mais aussi, un site de négociation et de coopération produisant un « effet de boucle » (I. Hacking) sur les catégories de l’expertise. Finalement, comment s’articulent expérience sensible du corps et processus d’incorporation d’habitus sociaux, à travers l’action de l’expertise ? Peut-on percevoir, dans les archives, cette « microphysique du pouvoir » (Foucault) ? Et comment, pour l’historien, accéder à cette archive du corps produite par l’expert ?

Les communications pourraient également aborder des questions comme : la variété des experts, de leurs champs et leurs compétences singulières; les analyses concrètes des processus de subjectivation; des exemples, tirés des archives, des conditions de mise en pratique des discours experts ; des exemples de pratiques et procédures particulières qui nourrissent, en retour, les savoirs experts; les échanges asymétriques dans des formes d'expertise; ou des formes moins asymétriques et plus collaboratives d’interactions.

Informations pratiques

Les propositions de communication (FR ou EN) doivent contenir les informations suivantes : nom et prénom, université, fonction, court CV avec e-mail, titre du paper, résumé de 250 à 500 mots. Adresse de contact pour propositions de communication et informations : avg.carhif@amazone.be. Site web: www.avg-carhif.be

Deadline: 9 septembre 2011.

Session organisée en collaboration avec le Centre d'Archives pour l'Histoire des Femmes (Carhif) - Bruxelles

Lieux

  • Université Catholique de Louvain
    Louvain-la-Neuve, Belgique

Dates

  • vendredi 09 septembre 2011

Mots-clés

  • histoire du corps, experts, représentations, débats sur les méthodes

Contacts

  • Forum pour la Recherche belge en Histoire des Femmes, du Genre et de la Sexualité (c/o Carhif) ~
    courriel : avg [dot] carhif [at] amazone [dot] be

Source de l'information

  • Forum pour la recherche belge en histoire des femmes, du genre et de la sexualité ~
    courriel : avg [dot] carhif [at] amazone [dot] be

Pour citer cette annonce

« Corporéité », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 18 juillet 2011, http://calenda.org/204989