AccueilÊtre une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse de 1945 à 1970

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Publié le jeudi 21 juillet 2011 par Karim Hammou

Résumé

Dans le cadre du programme interdisciplinaire – histoire, sociologie, sciences politiques, lettres – mis en œuvre par la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, « La construction des jeunes générations en Europe XIXe-XXIe siècle. Formes d’organisation et mobilités. Modélisation(s) et perspectives comparées (GENERATIO) », la journée d’études du 13 octobre 2011 ouvre un cycle qui se déroulera de 2011 à 2014. Elle s’inscrit dans le quatrième axe du programme qui s’attache à la construction des jeunes générations par l’adhésion aux codes culturels, symboliques et matériels et / ou le rejet de ces codes. La littérature de jeunesse apparaît comme un observatoire privilégié de la construction de la jeunesse dans la mesure où, selon les fonctions qu’elle se donne et les valeurs qu’elle cherche à transmettre, selon les croisements ou les clivages qu’elle établit entre culture de masse et culture des élites, elle reflète l’évolution de cette jeunesse et / ou en propose des représentations modélisantes.

Annonce

}Les intervenants proposent de s'attacher aux représentations liées au genre pour étudier ce que signifie "Être une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse" en Europe, du XIXe siècle, où prend naissance l'édition pour la jeunesse, jusqu'à nos jours. En étudiant les constructions sociales du masculin et du féminin dans cette jeune littérature, ils ciblent un champ où, depuis l'origine, l'éditeur, l'auteur, le prescripteur, le médiateur, sont rarement dépourvus d'arrière-pensée éducative. Les deux premières journées (en 2011 et 2012) s'attacheront à la littérature de jeunesse en France, de l'après-guerre à 1970, puis de cette date à nos jours.
La littérature de jeunesse, dans sa double dimension éditoriale et créative, s'est considérablement renouvelée autour ds années 1970, en littérature miroir qui présente à son jeune lecteur le monde qui l'entoure. Longtemps tenue pour une paralittérature, elle a peu à peu conquis une légitimité, retenu l'objet de l'attention universitaire, puis intégré en France les programmes de l'enseignement secondaire et primaire. Cette "scolarisation" de la littérature de jeunesse invite à interroger la transmission des modèles opérée dans le contexte contemporain de scolarisation massive et de longue durée des jeunes. Cependant, il serait naïf de postuler a priori qu'en se renouvelant la littérature de jeunesse a totalement fait évoluer la question du genre et de l'identité sexuée pour les nouvelles générations de lecteurs. Olivier Galland rappelle que l renouvellement de la société ne s'effectue pas "entièrement avec l'arrivée de chaque nouvelle cohorte ; au-delà du flux des membres qui la composent, elle se perpétue à travers des institutions, des valeurs, des normes." Tradition et/ou ruptures ? Reproduction et/ou remise en question des modèles ? Telles sont les questions qui ne manqueront pas de se poser.
De l'après-guerre aux années du baby boom, dans un contexte historique, économique et social en constante évolution, la première période abordée (1945-1970) se caractérise par la massification de l'éducation, la modernisation technologique, l'influence de l'american way of life, les prémices de l'émancipation féminine. Située à l'intersection d'enjeux économiques, idéologiques, pédagogiques et esthétiques, la littérature de jeunesse résonne des échos de ce contexte pour s'adresser aux jeunes générations et éclairer leur route vers l'âge adulte.

Programme

9h: Accueil

9h30: Introduction par Gilles Béhotéguy et Christiane Connan-Pintado (TELEM EA 4195, Université Bordeaux 3)

  • 10h: Filles et garçons dans l'édition pour la jeunesse de 1945 à 1970: une approche historique par Michèle Piquard (Chargée de recherche au CNRS, Institut interdisciplinaire d'Anthropologie du Contemporain, EHESS, Paris, équipe LAHIC)
  • 10h30: Courage et ménage: les enfants de la Libération par Francis Marcoin (Université d'Artois, Centre Robinson, Textes et cultures)

11h: Discussion

11h15: Pause

  • 11h30: Un couple en littérature de jeunesse: Paul. Berna et Saint-Marcoux, un homme et une femme au coeur de la collection Rouge et or par Françoise Demougin (Université de Montpellier, Dipralang-Didaxis (EA 739))
  •  12h: La fille au cabriolet. Image d'émancipation pour adolescentes des années 50 ? par Lise Chapuis (Université Bordeaux IV-Médiaquitaine, TELEM EA 4195 Université Bordeaux 3)

12h30: Discussion

13h: Déjeuner

  • 14h30: La BD de 1945 à 1970 par Olivier Piffault (Bibliothèque nationale de France)
  • 15h: Femmes et filles du Père Castor (1945-1970) par Florence Gaiotti (Université d'Artois, Textes et cultures)
  • 15h30: Sociologie du lecteur supposé par les albums: socialisation masculine et socialisation lectorale selon les classes par Stéphane Bonnery (Université Paris 8, ESCOL-CIRCEFT)

16h: Discussion

16h30: Conclusion: regards croisés des grands témoins en lettres et histoire par Brigitte Louichon (Bordeaux IV-IUFM d'Aquitaine, TELEM EA 4195, Bordeaux 3) et Christine Bouneau (Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, Université Bordeaux 3)

Lieux

  • 49 rue de l’École Normale (IUFM d’Aquitaine, Amphithéâtre Averroès)
    Bordeaux, France

Dates

  • jeudi 13 octobre 2011

Mots-clés

  • fille, garçon, littérature, jeunesse, féminin, masculin, génération, édition, modèle, fiction

Contacts

  • Christiane Connan-Pintado
    courriel : christiane [dot] connan-pintado [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Marion Daubanes
    courriel : Marion [dot] Daubanes [at] msha [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Être une fille, un garçon dans la littérature de jeunesse de 1945 à 1970 », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 21 juillet 2011, http://calenda.org/205005