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Cabinets de curiosités, collections techniques et musées d’arts et métiers

Cabinets of curiosities, technical collections and trade and art museums

Origines, mutations et usages des Lumières à la seconde guerre mondiale

Origins, changes and practices from the Enlightenment to the Second World War

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Publié le lundi 22 août 2011 par Karim Hammou

Résumé

Les journées d'étude « Cabinets de curiosités, collections techniques et musées d’arts et métiers : origines, mutations et usages, des Lumières à la seconde guerre mondiale » se dérouleront à Paris du 29 septembre au 1er octobre 2011 à l'Université Paris Diderot, 105 rue de Tolbiac 75013 Paris (bâtiment Montréal) et au Musée des Arts et Métiers, 60 rue Réaumur 75003 Paris (salle des conférences). Ces journées sont organisées par le musée des Arts et Métiers (Cnam), le Centre Maurice Halbwachs (EHESS) et l’Université d’Evora (CIDEHUS) Organisatrices : Ana Cardoso de Matos, Marie-Sophie Corcy, Christiane Demeulenaere-Douyère et Irina Gouzévitch.

Annonce

Cabinets de curiosités, collections techniques et musées d’arts et métiers : origines, mutations et usages, des Lumières à la Seconde Guerre mondiale

Paris, 29 septembre-1er octobre 2011

Université Paris Diderot, 105 rue de Tolbiac 75013 Paris (bâtiment Montréal)

Musée des Arts et Métiers, 60 rue Réaumur 75003 Paris (salle des conférences)

Journées d’études organisées par le musée des Arts et Métiers (Cnam), le Centre Maurice Halbwachs (EHESS) et l’Université d’Evora (CIDEHUS)

Avec le soutien

  • du Centre d'Histoire des Techniques (CH2ST/EA 127), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
  • du CIUHCT- Lisbonne,
  • du Laboratoire Identités-Cultures-Territoires (ICT) (EA 337),
  • et du Master "Ville, architecture, patrimoine" de l'Université Paris Diderot-Paris VII,
  • du Musée d’État de l’Hermitage (Saint-Pétersbourg)
  • et du Programme doctoral International HERITECHS

Organisatrices : Ana Cardoso de Matos, Marie-Sophie Corcy, Christiane Demeulenaere-Douyère et Irina Gouzévitch

Conseil scientifique : Jean-Louis Bordes, Patrice Bret, Serge Chambaud, Gérard Emptoz, Dominique Ferriot, Robert Fox, Anne-Françoise Garçon, Florence Greffe, André Grelon, Feza Günergun, Liliane Hilaire-Pérez, Marta Lourenço, Antoni Roca Rosell, Hélène Vérin, Georgij Vilinbahov.

Présentation

À l’âge des Lumières, les collections techniques offrent une grande variété de formes d’organisation et de modes de fonctionnement qui ont pour ancêtres communs les teatra machinarum et les cabinets de curiosités (kunstkamera) qui se sont multipliés en Europe à partir du XVIe siècle. Cependant, si, dans les cabinets de curiosités, les objets techniques figurent au même titre que les curiosités naturelles, les antiquités ou les œuvres d’art, on voit, au XVIIIe siècle, et en particulier dans sa seconde moitié, leur statut évoluer. Le phénomène prend de l’ampleur et s’institutionnalise, tandis que les collections techniques se diversifient, se spécialisent, puis se constituent en entités autonomes. Progressivement, elles changent aussi de nature : leur caractère spécifique, fonctionnel, utilitaire et typologique commence à prévaloir sur celui d’artifices curieux.

Dans une grande ville comme Paris, par exemple, il en existe alors pour tous les goûts : les collections des amateurs de la mécanique (Pajot d’Ons-en-Bray) et des salons savants (Musée de Monsieur) y côtoient celles des grands inventeurs (hôtel de Mortagne de Vaucanson) et des institutions d’enseignement (modèles camera, ateliers, cabinets de modèles), sans oublier les collections d’instruments de toutes sortes (physiques, chimiques, astronomiques) et les dépôts d’objets techniques constitués auprès des instances d’expertise (Académie des sciences et sociétés savantes).

Vers la fin du XVIIIe siècle, se dégagent en particulier deux collections qui se réapproprient, synthétisent et appliquent, chacune à sa façon, la somme de ces expériences accumulées. La première, qui résulte de fusions et de saisies révolutionnaires, est créée en 1794, à Paris, pour les besoins de la formation des ouvriers - elle pose les fondements du Conservatoire des arts et métiers. La seconde mobilise le potentiel des collections techniques françaises pour constituer, en 1791 à Madrid, le Real Gabinete de Maquinas qui doit servir les applications manufacturières et la formation des futurs ingénieurs des travaux publics espagnols.

L’ouverture vers le monde industriel (information, publicité, application, formation sur le tas, perfectionnement) et l’investissement actif dans l’univers de l’enseignement professionnel de tous niveaux (supports didactiques, laboratoires d’essais, ateliers de modèles, etc.), constituent donc deux grandes filières de l’évolution des collections techniques au XIXe siècle. Deux autres filières, héritières des époques précédentes mais qui prennent alors un nouvel essor, relèvent, d’une part, du caractère patrimonial des collections et, de l’autre, de leur potentiel « scénique », cognitif et vulgarisateur. En effet, en plus de remplir la fonction d’avant-garde du progrès technique (voie que vont incarner les expositions de l’industrie, toutes échelles confondues) et donc de promouvoir ses avancées les plus performantes, les collections accueillent, stockent et préservent les objets techniquement dépassés mais qui acquièrent alors une valeur patrimoniale. Lieux de mémoire des techniques, les collections sont aussi le cadre de leur mise en scène, et cette fonction civilisatrice qui vise un public large et exploite la nature spectaculaire des techniques, implique le tri, l’organisation et la systématisation des objets de collection, en posant ainsi les bases de leur conservation scientifique. Le modèle français, le Conservatoire des arts et métiers en l’occurrence, devient, au XIXe siècle, une référence dont s’inspirent plusieurs pays d’Europe (Portugal, Espagne, Russie) en mettant en place leurs propres systèmes de formation professionnelle. Ce processus de création institutionnelle s’étire sur plusieurs décennies, les décalages chronologiques entre les pays dépendant de leur niveau respectif de développement économique et industriel.

Cependant, à côté des musées d’arts et métiers, d’autres modes d’institutionnalisation des collections se développent, tels les cabinets/ateliers/laboratoires auprès des établissements d’enseignement ou des musées d’entreprise. Celles-ci peuvent évoluer au même rythme que les organismes qui les accueillent ou en stimuler l’apparition ; elles peuvent aussi naître du besoin de tel ou tel enseignement et être donc stimulées et créées in novo par des institutions préexistantes, en se complétant au gré des achats, des donations, des récupérations…

Les expositions industrielles qui, dès le début du XIXe siècle, fleurissent d’abord à l’échelle locale, puis à l’échelle internationale, insufflent au processus d’institutionnalisation des collections une dynamique nouvelle qui se matérialise, dans la seconde moitié du XIXe siècle, par la création de musées des sciences, des techniques et de l’industrie (Science Museum à Londres, Deutsches Museum à Munich, etc.). Apparaît alors une nouvelle forme de mise en scène des techniques destinée au « grand public », qui cumule l’ensemble des fonctions précitées avec une présentation interactive. Par ailleurs, les expositions industrielles alimentent en objets plus performants les institutions préexistantes : musées d’arts et métiers aussi bien que musées des établissements d’enseignement. Toutes ces institutions se développent, prolifèrent et se diversifient dans la plupart des pays européens, contribuant ainsi à la construction des espaces techniques nationaux, et aussi à l’émergence d’une culture technique spécifique commune à l’ensemble des pays d’Europe. C’est ce processus envahissant que mettent à l’épreuve les grands conflits mondiaux de la première moitié du XXe siècle.

Certaines de ces collections ont été perdues, détruites, dispersées de sorte qu’il n’en reste, à ce jour, que des vestiges épars. Leur rôle transparait toutefois à travers les institutions qu’elles ont inspirées ou influencées. Beaucoup d’autres se trouvent aujourd’hui dans les musées. En revanche, leur rôle dans l’enseignement et dans la culture technique contemporaine, hautement scientifique et informatisée, est remis en question. On s’interroge, notamment, sur la différence de fond entre « l’objet artisanal » et « l’objet industriel » et sur la nécessité de préserver ces derniers. On réfléchit aux problèmes, de plus en plus complexes, de l’encadrement matériel, logistique et intellectuel des collections, ainsi que de leur gestion au quotidien. Enfin, la globalisation de l’information, grâce à Internet, et l’usage croissant de la virtualité qui permet à tous d’accéder des quatre coins du monde aux collections, reproduites en 3D dans leurs moindres détails, où que se trouve leur lieu d’ancrage géographique, remet en cause jusqu’à leur existence matérielle. Autant de sujets, autant de problématiques…

Remettre les uns et les autres dans la perspective historique est l’objectif principal de ces rencontres qui se proposent, notamment, de repenser le rôle des collections techniques à travers l’histoire, et en particulier durant deux siècles et demi de leur existence en tant qu’entités autonomes ayant leur place et leurs fonctions propres dans la culture technique, scientifique et intellectuelle de l’Europe moderne et contemporaine. Cet appel historique se veut également une enquête sur les rapports complexes et multiples que l’univers des objets de collection à vocation controversée, en tension permanente entre le présent et le passé, entretient aux différentes périodes avec les mondes de l’enseignement professionnel, de l’industrie et de l’éducation. Cependant, si les modalités de l’institutionnalisation des collections nous intéressent, nous souhaitons également interroger l’évolution de leurs fonctions durant la période étudiée pour, enfin, réfléchir à leur place dans la société actuelle.

Le colloque se déroulera en six sessions thématiques autour des thèmes suivants :

I – Des origines aux grandes collections du XVIIIe siècle

II – Musées éphémères, musées perdus

III - Un nouveau statut au XIXe siècle

IV – Collections techniques et industrie

V – Collections techniques et enseignement

VI – Collections techniques et muséologie

Contacts : Ana Cardoso de Matos : anacmatos@mail.telepac.pt ; Marie-Sophie Corcy : marie-sophie.corcy@cnam.fr ; Christiane Demeulenaere-Douyère : christiane.demeulenaere@culture.gouv.fr ; Irina Gouzévitch : igouzevitch@ens.fr

Programme PROVISOIRE

Jeudi 29 septembre 2011

Université de Paris Diderot, laboratoire ICT

105 rue de Tolbiac, 75013 Paris, bâtiment Montréal, salle des thèses (2e étage)

Session de la matinée. I – Des origines aux grandes collections du XVIIIe siècle

sous la présidence d’Hélène Vérin et de Liliane Hilaire-Pérez

  1. Benjamin Ravier (Centre d'histoire des techniques (CH2ST/EA 127), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Images et modèles, les machines dans les collections du XVIIe siècle
  2. Dmitri Gouzévitch (CERCEC, Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris) : Du Cabinet de travail de Pierre Ier à la première exposition d’objets techniques en Russie : la Kunstkamera de Saint-Pétersbourg
  3. Camille Frémontier : Les cabinets ou l’acceptation des formes plastiques de raisonnements scientifiques : dilemme pour l’Académie royale des sciences de Paris
  4. Simon Surreaux (Centre Roland Mousnier, Université Paris-Sorbonne) : Mathématiques et astronomie dans les intérieurs domestiques des maréchaux de France au XVIIIe siècle. Le rapport aux sciences d’une élite militaire au temps des Lumières
  5. Alain Mercier (chargé de recherches historiques au Musée des arts et métiers, Paris) : Des naturalia au Conservatoire des arts et métiers. Une typologie des collections scientifiques et techniques à l'Age classique (XVIe-XVIIIe siècles)

 Session de l’après-midi. II – Musées éphémères, musées perdus

sous la présidence de Patrice Bret et de Marta Lourenço

  1. Marie Thébaud-Sorger : Du Repository de la Society of Arts au Musée de Monsieur : les collections éphémères de l'invention technique au XVIIIe siècle
  2. Darina Martykanova (Université de Potzdam) : Les instruments pour l'expédition de Guantánamo de Cuba (1797). À la recherche des traces d'une collection confisquée
  3. Chloé Sauvalle : Le cabinet des machines de la Société d’encouragement à l’industrie nationale (titre provisoire)
  4. Irina Gouzévitch (Centre Maurice Halbwachs, Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris) : Le « Gabinete de maquinas de Madrid » (1791-1808) : la réinvention d’une collection

Vendredi 30 septembre 2011

Musée des arts et métiers, Cnam

60 rue Réaumur 75003 Paris (salle de conférences)

Session de la matinée

III - Un nouveau statut au XIXe siècle

sous la présidence de *** et Marcela Efmertova

  1. Liliane Pérez (Université de Paris VII) et Marie-Sophie Corcy (Musée des arts et métiers, CNAM, Paris) : Le Conservatoire des arts et métiers et les « produits anglais »
  2. Marta Lourenço (Musée de Science de Lisbonne/ CIUHCT) et David Felismino (Musée de Science de Lisbonne) : Royal Cabinets of Physics in Portugal (18th-19th century): dispersal, search and roles
  3. Ana Cardoso de Matos (CIDEHUS-Université d’Evora, Portugal) : Le Conservatoire des arts et métiers du Portugal

IV – Collections techniques et industrie,

sous la présidence de Jean-Louis Bordes et d’Antoni Roca

  1. Marie-Christine Claes (Institut royal du Patrimoine artistique, Bruxelles) : Marcellin Jobard et le Musée royal de l’Industrie de Bruxelles
  2. Christiane Demeulenaere-Douyère (Archives nationales, Paris) : Missions commerciales et musées techniques : le cas d’Isidore Hedde et de la mission de Chine (milieu du XIXe siècle)
  3. Marcela Efmertova (Faculté d’électricite, Université technique de Prague): Les laboratoires de l’Université technique de Prague et ses appareils au XXe siècle

Session de l’après-midi. V – Collections techniques et enseignement,

sous la présidence d’André Grelon et d’Anne-Françoise Garçon

  1. Henri Chamoux (Institut national de la recherche pédagogique, Lyon) : Les cabinets de physique dans les lycées au XIXe siècle
  2. Jan Mikes (Faculté d’électricité, Université technique de Prague) : Klementinum Prague : vers l’enseignement technique dans les écoles secondaires et l’Universite technique, aux XVIII-XXe siècles
  3. Antoni Roca, Jaume Valentines et Carlos Acosta (Universitat Politècnica de Catalunya, Barcelone) : L’héritage de l’ingénierie industrielle à Barcelone. Les collections éducatives : origine, préservation et futur

Samedi 1er octobre 2011

Musée des arts et métiers, Cnam

60 rue Réaumur 75003 Paris (salle de conférences)

Session de la matinée. VI - Collections techniques et muséologie, présentation et mise en contexte,

sous la présidence d’Irina Gouzévitch et d’Ana Cardoso de Matos

  1. Grigorij Jastrebinskij (Musée de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg) : Les collections techniques au musée de l’Hermitage : histoire, typologie, fonctions
  2. Lionel Dufaux (Musée des arts et métiers, CNAM) : Les collections ferroviaires au Musée des arts et métiers
  3. Galina Zakrevskaja (Musée central des transports ferroviaires de Russie, Saint-Pétersbourg) : Le Musée central des transports ferroviaires en Russie (1813-…) et ses collections partrimoniales : hier, aujourd’hui, demain…
  4. Manga Makrada (Programme doctoral International HERITECHS) : Les objets SAO : la mise en contexte des techniques dans une collection ethnographique
  5. Delphine Issenmann et Sébastien Soubiran (Université de Strasbourg) : Le patrimoine technique de l’Université de Strasbourg (UDS) en musées  

Session de l’après-midi. VII - Collections techniques et muséologie : débats, interrogations, préoccupations, solutions

sous la présidence de Dominique Ferriot et de Gérard Emptoz

  1. Michel Atten (Archives et patrimoine historiques du groupe France Télécom / Latts ) : Le patrimoine historique des télécommunications françaises : de l’« archive » matérielle à la profusion immatérielle
  2. Laurent Mannoni (Cinémathèque, Paris) : Les collections techniques de la Cinémathèque
  3. Alain Roux (Cité des Sciences et de l’Industrie, La Villette) : Quelques expériences muséologiques liées aux réserves de la Halle aux cuirs
  4. Feza Gunergun (Faculté de Lettres, Université d’Istanbul) : Instruments for keeping the time and tracking the heavenly bodies: notes on some Istanbul collections
  5. Marie-Sophie Corcy (Musée des arts et métiers, CNAM) : Le Musée du CNAM, réceptacle des collections (titre provisoire) 

Catégories

Lieux

  • 105 rue de Tolbiac (Université Paris Diderot, bâtiment Montréal) et 60 rue Réaumur (Musée des Arts et Métiers, salle des conférences)
    Paris, France
  • 105 rue de Tolbiac (Université Paris Diderot, bâtiment Montréal) et 60 rue Réaumur (Musée des Arts et Métiers, salle des conférences)
    Paris, France

Dates

  • jeudi 29 septembre 2011
  • vendredi 30 septembre 2011
  • samedi 01 octobre 2011

Mots-clés

  • collections techniques, arts et métiers

Contacts

  • Marie-Sophie Corcy
    courriel : corcy [at] cnam [dot] fr
  • Christiane Demeulenaere-Douyère
    courriel : christiane [dot] demeulenaere [at] culture [dot] gouv [dot] fr
  • Irina Gouzevitch
    courriel : gouzevit [at] mnhn [dot] fr
  • Ana Cardoso de Matos
    courriel : anacmatos [at] mail [dot] telepac [dot] pt

Source de l'information

  • Christiane Demeulenaere-Douyère
    courriel : christiane [dot] demeulenaere [at] culture [dot] gouv [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Cabinets de curiosités, collections techniques et musées d’arts et métiers », Colloque, Calenda, Publié le lundi 22 août 2011, http://calenda.org/205078