AccueilReprésentation des dangers, prévention des risques sanitaires et construction des territoires

Représentation des dangers, prévention des risques sanitaires et construction des territoires

Les pratiques de lutte antivectorielle à l’épreuve de la construction sociale des nuisances et des risques sanitaires

*  *  *

Publié le mercredi 31 août 2011 par Karim Hammou

Résumé

Le thème du colloque concerne les nuisances et les risques sanitaires posés par la présence d'animaux (moustiques, tiques …), vecteurs ou d’agents infectieux (virus, parasites, bactéries) potentiellement dangereux pour les hommes ou les animaux. Deux grandes logiques d’action prévalent : le rôle des connaissances scientifiques et sur la définition plus ou moins négociée de risques dans une perspective coûts-bénéfices ; l’estimation de nuisances et/ou de dangers relève d’une expérience vécue et symbolisée par une population locale occupant un espace physique culturellement construit. Le point de vue des acteurs participe à la fois d’une vision culturelle, politique et sociale des nuisances ou des risques qui s’intègre à une vision partagée d’un monde vécu. Cette vision définit un territoire à travers différentes pratiques qui prévalent à la mise en œuvre de politiques sanitaires.

Annonce

Colloque ESTUAE

Appel à communications

Titre : Représentation des dangers, prévention des risques sanitaires et construction des territoires

Sous-titre : Les pratiques de lutte antivectorielles à l'épreuve de la construction sociale des nuisances et des risques sanitaires

Comité scientifique

  • Daniel Bley (ESPACE, CNRS,/Université Aix-Marseille 2)
  • Marie-Jo Menozzi (Consultante en sciences humaines, Rennes)
  • Michel Marjolet (UFR Médecine, université de Nantes)
  • Marc Mormont, (Université de Liège)
  • Dominique Pécaud (Université de Nantes)

Date et lieu

13-14 octobre 2011 à Nantes (France)

Institut de l’Homme et de la Technologie, école polytechnique de l’université de Nantes

Organisation et renseignements

Michel Marjolet, UFR Médecine, Université de Nantes, 1 rue Gaston Veil 44035 Nantes cédex1 France. michel.marjolet@univ-nantes.fr ; téléphone : +33(0)240412847

Dominique Pécaud, Institut de l’Homme et de la Technologie/POLYTECH, Rue Christian Pauc, BP 50609, 44306 Nantes cedex 3 France. dominique.pecaud@univ-nantes.fr ; téléphone : +33(0)251857406 ; fax : +33(0)251857447

Argumentaire

Le programme ESTUAE (Entente des Sciences et des Techniques Utiles à l’Aménagement de l’Estuaire de la Loire et à la prévention des nuisances et des risques), financée par la Région des Pays-de-la-Loire a pour objectif de susciter la création de nouveaux réseaux de collaboration en matière de recherche régionale ou inter-régionale et leur fédération autour d’une thématique soit partagée soit interdisciplinaire. Pendant trois ans, ce programme a cherché à explorer les manières dont les politiques de prévention des nuisances et des risques sanitaires dus à la présence d’arthropodes (moustiques, tiques...) mobilisaient les acteurs sociaux dans un espace géographique défini, l’estuaire de la Loire.

Afin de clore ce programme et de développer des perspectives de recherche, un colloque est organisé à Nantes les 13 et 14 octobre 2011 un colloque. Son but est d’élargir les travaux de recherche menés à d’autres espaces géographiques nationaux ou internationaux et, surtout de confronter les connaissances que le programme a produites à d’autres résultats et perspectives de recherche.

Si le programme ESTUAE s’est centré sur deux espèces d’arthropodes, les moustiques et les tiques, des travaux portant sur d’autres espèces désignées comme nuisances sont les bienvenus.

Comment sont désignés, évalués et pris en compte les risques sanitaires posés par la présence de différents arthropodes (moustiques, tiques …) ,vecteurs déjà connus d’agents infectieux (virus, parasites, bactéries) ou potentiellement vecteurs d’agents infectieux émergents pour les hommes ou les animaux ?

Les travaux de recherche menés dans ESTUAE ont jusqu’à présent dégagé deux grandes logiques d’action. D’un côté, les politiques de prévention des risques sanitaires s’appuient sur des connaissances scientifiques et sur la définition plus ou moins négociée de risques dans une perspective coûts-bénéfices. D’un autre, l’estimation de nuisances et/ou de dangers relève d’une expérience vécue et symbolisée par une population locale occupant un espace physique culturellement construit. Le point de vue des acteurs participe d’une vision culturelle, politique et sociale des nuisances ou des risques qui s’intègre à une vision partagée d’un monde vécu. Cette construction concerne la définition du territoire concerné.

Dans cette perspective, la désignation des dangers, l’estimation des nuisances ou l’élaboration des politiques de prévention peuvent être décrites comme fait social total (Mauss). Ces trois pratiques relèvent aussi bien de logiques sociales d’action, de tendances historiques que de dimensions physio-psychologiques notamment en ce qui concerne l’interaction homme-animal.

Leur description prendrait donc en compte soit globalement, soit séparément ces dimensions :

la dimension diachronique se centrerait sur des communications se centrant sur l’existence d’événements ou d’évolutions tels que l’apparition et/ou la recrudescence constatée d’espèces vivantes dans un espace donné, la contamination virale de ces espèces, l’évolution des implantations humaines, des habitats (ex : “rurbanisation” des zones humides, rapports entre l’extérieur et l’intérieur, modes de consommation de la « nature » par les humains)... ;

la dimension synchronique s’intéresserait aux différentes techniques destinées à réguler les interactions homme-animal, aux politiques de prévention menées, aux règles juridiques les encadrant et à leur application. Des communications traitant de pratiques culturelles permettant de construire un monde vécu et d’agir sur lui en développant des justifications partagées pour maintenir ou modifier la réalité de l’espace physique auquel ce monde vécu renvoie seraient particulièrement bienvenues ;

la dimension physio-psychologique traiterait de la manière dont les animaux et les hommes manifestent leur présence sur un territoire donné et « règlent » leurs interactions Elle s’inscrit dans une dimension écologique dans laquelle se pose la question de la préservation des milieux et dans une dimension culturelle à travers les représentations et les échanges symboliques que génèrent ces interactions

Nos attentes

Le colloque se donne pour objectif de rassembler des chercheurs de différentes disciplines (sciences de la nature, sciences humaines, sciences appliquées) travaillant ou ayant travaillé sur des expériences de lutte contre les nuisances ou de prévention des risques entraînés par la présence d’animaux en général, d’arthropodes en particulier dans un espace défini. Les communications recherchées devront renvoyer à des terrains de recherche prenant en compte les différentes dimensions des espaces physique social et culturel du monde vécu. Elles devront permettre de mieux comprendre la construction culturelle, sociale et politique de l’émergence des dangers, des pratiques de lutte contre les nuisances et de la conception des politiques de prévention des risques.

Il s’agit de rendre compte de la complexité des situations analysées et/ou des problèmes posés, de la manière dont ces situations ou problèmes ont été ou pris en compte ou résolus. Il s’agit aussi de repérer le rôle des acteurs humains ou non dans ces situations. Il s’agit enfin de recenser les pratiques de recherche mise en œuvre afin de mettre à la discussion la valeur heuristique et sociale des modèles et pratiques de recherche et de leurs effets à travers l’élaboration éventuelle de préconisations.

Nous attendons des communications dans les quatre thèmes suivants

1 - Contextes et décisions en matière de politique de prévention: quelles dimensions du contexte culturel et sociétal sont mobilisées pour concevoir, réaliser et évaluer les politiques de prévention destinées à lutter contre les nuisances ou réduire les risques ? Quelles sont les différentes rationalités en œuvre convoquées : scientifique, technique, juridique, administrative... Quelles formes de collaboration ou de conflits entraînent ces mobilisations ? Comment s’articulent prévention et préservation des milieux ?

2 - Espaces physiques et dynamique de luttes sociales : la notion de territoire est polysémique. Comment les histoires liées aux nuisances ou les récits d’épidémies se constituent-ils à travers des dynamiques de territorialisation, de conflits d’intérêts, de solidarités ? Comment construisent-elles des raisons d’être ensemble pouvant aller jusqu’à la définition ou la redéfinition de frontières territoriales ? Comment ces histoires participent-elles à la construction de pratiques de préservation ?

3 - Pluridisciplinarité, politiques de recherche : quelle est la place des pratiques de recherches pluridisciplinaires dans la compréhension des phénomènes de nuisances et de risques ? Comment ces pratiques se mettent-elles concrètement en place au sein des programmes de recherche ? Quelles sont leurs formes : équipes pluridisciplinaires instituées ou constituées autour de projets ponctuels, réseaux collaboratifs ? Quels problèmes rencontrent-elles pour produire des connaissances ? Quelle place est accordée à la connaissance savante et au sens commun des acteurs ? Quels résultats obtiennent-elles ? Quelles préconisations offrent-elles ?

4 - Politiques de prévention et rôle des populations : comment émergent les pratiques de délibération ou de négociation dans le cadre des pratiques de lutte contre les nuisances et de la mise en œuvre des politiques de de réduction des risques ?Les populations concernées sont-elles garantes ou actrices des politiques de prévention décidées ? Quelle place est attribuée dans les pratiques de prévention à l’éducation, à l’information Dans cette perspective, seront plus précisément analysées les formes de porosité et d’hybridation entre connaissances savantes et connaissances populaires, programmes, mimétisme et appropriation, notamment à travers des scénarios de recherche-action.

Les propositions comprendront un résumé de 500 mots et un CV d’une page maximum. Elles seront envoyées à : dominique.pecaud@univ-nantes.fr avant le 12 septembre 2011.

1« Dans son acception la plus large, la lutte antivectorielle comprend la lutte et la protection contre les arthropodes hématophages, vecteurs d’agents pathogènes à l’homme et aux vertébrés, et leur surveillance. Elle inclut la lutte contre les insectes vivants quand ces derniers sont des vecteurs potentiels ou quand la nuisance devient un problème de santé publique ou vétérinaire » (Fontenille et al. (2009), La lutte antivectorielle en France, Marseille, IRD éditions)

Lieux

  • Rue Christian Pauc (Institut de l'Homme et de la Technologie, Ecole polytechnique de l'université de Nantes, site de la Chantrerie)
    Nantes, France

Dates

  • lundi 12 septembre 2011

Mots-clés

  • espaces physiques, politiques de prévention, influences collectives, dynamique des luttes sociales

Contacts

  • Dominique PECAUD
    courriel : dominique [dot] pecaud [at] univ-nantes [dot] fr

Source de l'information

  • Dominique PECAUD
    courriel : dominique [dot] pecaud [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Représentation des dangers, prévention des risques sanitaires et construction des territoires », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 31 août 2011, http://calenda.org/205172