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Incertitude et inquiétude

Uncertainty and Disquiet

Appel à panels et à contributions pour la conférence biennale de l'association des anthropologues sociaux

Call for workshops and papers for EASA Biennial Conference

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Publié le jeudi 15 septembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Cette biennale est une importante manifestation, réunissant près de 1 500 chercheurs. C’est la première fois que la France en prend l’organisation (2010 Irlande, 2008 Slovénie, 2006 Grande-Bretagne, 2004 Autriche, 2002 Danemark, 2000 Pologne, etc.). La manifestation accueillera des anthropologues venus d’Europe et d'ailleurs. Ils présenteront leurs travaux dans le cadre de workshops durant quatre jours complets. La conférence est organisée par l’EASA et, pour le comité local, par le Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC – université Paris Ouest Nanterre La Défense / CNRS), localisé à la Maison René-Ginouvès, archéologie et ethnologie (MAE – CNRS / universités Paris 1 et Paris-Ouest Nanterre La Défense).

Annonce

Argumentaire

L’inquiétude est une caractéristique fondamentale de la nature humaine. Si l’ensemble du vivant partage des dispositifs biologiques permettant de faire face à une situation de danger (fuite, agression, dissimulation, etc.) qui sont prises en compte par les sciences sociales dans l’étude des formes de stress, les êtres humains se singularisent par une dimension réflexive propre qui introduit une incertitude radicale dont ne peuvent rendre compte les seules propriétés perceptives. L’image biblique d’Adam et Eve chassés de l’Eden pour avoir croqué la pomme de la connaissance exprime avec une grande force symbolique l’inquiétude née de cette incertitude que l’homme n’a de cesse de vouloir nier ou maîtriser et qui se manifeste dans une double tension. La première s’inscrit dans les formes de perception temporelles et les représentations de la finalité et du devenir. La seconde porte sur l’incertitude quant à la réalité de ce qui est.

Les ethnographies de l’attente rendent particulièrement compte de l’incertitude quant au devenir. Il n’est pas surprenant que Mauss avait identifié l’attente comme un phénomène permettant la prise en considération de l’homme dans sa totalité – son corps, ses instincts, ses émotions, sa volonté, ses perceptions, son intellection. Les hommes peuvent aménager leur vie dans l’attente, pour l’attente (tension ascétique vers l’au-delà, parousie, mouvements apocalyptique, mais aussi, attente révolutionnaire du grand soir) ou au contraire l’organiser contre l’attente (organisation post-fordiste du travail avec le just-in time, consommation immédiate, information en temps réel).  Dans des formes plus concrètes, on invitera à ethnographier l’incertitude radicale dans des contextes de catastrophe, de violence extrême, la perte d’une dimension définissant l’identité individuelle. L’étude des manifestations du chaos ouvrent un champ d’investigation dans le domaine de l’incertitude radicale, quand tous les repères, les appuis cognitifs et normatifs sur lesquels se fondent la possibilité de la vie humaine se dissolvent.

 Le doute radical rendrait cependant toute vie sociale impossible. Toute interaction sociale suppose énormément d’implicites, de non-dits, d’appuis que la linguistique et l’anthropologie pragmatique se sont attachés à décrire. Ce sens commun ou sens pratique, qu’il se décline comme habitus, techniques du corps, équilibres émergents des interactions (selon le modèle économique de la main invisible), routines peut être analysé comme une manière de circonvenir l’incertitude quant à ce qui est en train de se passer dans une situation précise et quant au sens à assigner à l’action en général. En situation en effet, la capacité à maîtriser l’action en cours, à faire « selon les règles », tout en jouant habilement de l’incertitude est reconnue comme compétence sociale. L’inquiétude peut alors entraîner un retrait de la vie sociale, des stratégies d’évitement, de marginalisation.

Les situations concrètes sur lesquelles repose l’expérience de la réalité sont cependant toujours marquée par une dimension d’incertitude que l’on mesure dans l’ensemble des discours et des mises en perspective au sujet de « ce qui se passe » et dont une bonne part consiste à décrypter des intentions et assigner un statut au êtres et aux choses. Cette capacité réflexive des acteurs et la production dialogique d’une critique interne constituent la possibilité pratique de la plupart des enquêtes ethnographique. Proposer une manière de voir, de comprendre, d’expliciter ce qui se passe, c’est instituer la réalité. Autrement dit, il s’agit un enjeu majeur des politiques de la connaissance, prises dans un sens large, qu’il s’agisse des tentatives de naturaliser la réalité (de la question du genre à celle du système capitalisme comme système le plus « naturel »), de statuer sur les OGM, l’embryon humain ou de constituer la nature dans une perspective écologique, etc. Plus largement, il s’agit de maîtriser l’incertitude par le déploiement de dispositifs ayant pour vocation de la transformer en calculs de probabilités. Que nous apprennent, dans cette optique, les ethnographies d’instituts de gestion des risques (prévision des risques sismiques, cellules de gestion de crises, de pandémie), et plus largement l’ensemble des dispositifs de contrôle ?

Car paradoxalement, il semble que l’être humain cherche autant à maîtriser l’incertitude et l’inquiétude qui en découle qu’il refuse de l’abolir. Sinon comment comprendre la place que de nombreuses sociétés accordent au hasard, au coup de dé, au pari ? Ne s’agirait-il pas d’institutionnaliser l’incertitude pour la rendre moins incertaine ? Ou à tout le moins, n’est-ce pas là un jeu avec / sur les potentialités offertes par l’incertitude qui sont au fondement des arts et des sciences et le lieu de la créativité et des découvertes aléatoires.

Appel à panels / Call for workshops

before 30th of september

The 12th biennial conference will be hosted by Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (LESC) at the Université Paris Ouest Nanterre La Défense. The conference is likely to attract over 1,100 academics to discuss work based around the theme. The keynote address will be given by Professor Caroline Humphrey of the University of Cambridge - see the abstract.

Along with the keynote, plenaries, workshops, poster sessions and a film stream, there will be the usual additional attractions of network meetings, book launches, an opening reception and a closing banquet. Funding will be made available to assist participation of some conference delegates facing tough economic circumstances.

Appels à communications / call for papers

Please browse the full list of workshops (http://www.nomadit.co.uk/easa/easa2012/panels.php5?View=All Workshops) and decide where to propose your paper. All proposals must be made via the online form. Proposals should consist of a paper title, a (very) short abstract of <300 characters, and an abstract of 250 words. On submission of the proposal, the proposing author (but not any co-authors listed) will receive an automated email confirming receipt. If you do not receive this email, please first check the login environment (click login on the left) to see if your proposal is there. If it is, it simply means your confirmation email got spammed/lost; and if it is not, it means you need to re-submit, as the process went wrong somewhere!

Before 28th of november

Proposals will be marked as pending until the end of the Call for papers (28/11/2011). Convenors will then be asked to make their decisions over the papers proposed to their workshop by 9th December and to communicate those to the proposers, marking them up within the login environement (Cocoa). Papers which are neither accepted nor rejected, but marked for 'transfer', will then be considered by the Scientific Committee to see where else they might fit in the conference programme. There is no guarantee that such papers can be re-housed. We aim to resolve all transfers by 1st Feb 2012.

The University is a two-minute walk from the RER station Nanterre Université, which is two stops from La Défense and about 15 minutes by RER and metro from the centre of Paris. This will be a very easy location for delegates to travel to and from.

Local committee

Baptiste Buob, LESC; Sophie Chevalier, IIAC; Myriam Danon, MAE; Jean-Luc Guinot, Université of Paris Ouest Nanterre La Défense; Monica Heintz, Université Paris Ouest Nanterre La Défense; Christine Jungen, IIAC; Dimitri Karadimas, Deputy Directeur LAS; Anna Laban, Administrator of Dept for Research, MQB; Gilles de Rapper, MMSH; Isabelle Rivoal, LESC; Anne de Sales, LESC; Gilles Tarabout, Directeur LESC.

Scientific committee

Maria Couroucli, Jeanette Edwards, Abdullahi El-Tom, Thomas Fillitz, Mark Maguire, Susana Narotzky, Noel Salazar, David Shankland, Baptiste Buob, Sophie Chevalier, Monica Heintz, Christine Jungen, Dimitri Karadimas, Anna Laban, Gilles de Rapper, Isabelle Rivoal, Anne de Sales, Gilles Tarabout.

All conference correspondence should be addressed to conference@easaonline.org 

Lieux

  • Université de Paris Ouest Nanterre La Défense
    Nanterre, France

Dates

  • vendredi 30 septembre 2011
  • lundi 28 novembre 2011

Contacts

  • Constans Carine
    courriel : carine [dot] constans [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr
  • Danon-Szmydt Myriam
    courriel : myriam [dot] danon [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Constans Carine
    courriel : carine [dot] constans [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Incertitude et inquiétude », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 15 septembre 2011, http://calenda.org/205247