AccueilEnsemble ou côte-à-côte ? La coexistence des religions dans la société impériale, IIe-Ve siècle

Ensemble ou côte-à-côte ? La coexistence des religions dans la société impériale, IIe-Ve siècle

Together or side-by-side? The co-existaence of religions in imperial society, 2nd-5th centuries

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Publié le mercredi 28 septembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Le christianisme est issu du judaïsme et a d’abord recruté en son sein. Pour les sociétés de l’Empire romain du Ier siècle, les chrétiens appartenaient donc à un mouvement qui était d’une manière ou d’une autre une branche de la communauté juive. Ce n’est que dans un second temps que le christianisme a rompu avec le judaïsme pour ne plus s’adresser, quasiment, qu’à des non-juifs.

Annonce

Présentation

Le christianisme est issu du judaïsme et a d’abord recruté en son sein. Pour les sociétés de l’Empire romain du Ier siècle, les chrétiens appartenaient donc à un mouvement qui était d’une manière ou d’une autre une branche de la communauté juive. Ce n’est que dans un second temps que le christianisme a rompu avec le judaïsme pour ne plus s’adresser, quasiment, qu’à des non-juifs. Avant le IIe siècle, les chrétiens ne sont donc guère visibles et restent très marginaux, mais dès le IIe siècle, en revanche, le nombre de ces chrétiens est devenu plus significatif. Sans y être obligées, les communautés qui formaient la société traditionnelle ont alors plus ou moins intégré ces chrétiens, qui n’étaient pourtant plus assimilables du fait de leur relative intransigeance, mais qui n’étaient pas non plus totalement étrangers puisque une communauté chrétienne était toujours issue directement des communautés locales à partir desquelles elle se développait : comme le rappelle le mot célèbre de Tertullien, on naissait alors moins chrétien qu’on ne le devenait. Or l’essor de ces Églises locales en vraie rupture sur de nombreux points avec les traditions et cultes les plus essentiels des communautés traditionnelles représentaient un vrai défi pour ces dernières qui se voyaient sapées de l’intérieur.

Nécessairement il leur a fallu réagir, mais les « persécutions », mode de réaction auquel on pense le plus naturellement aujourd’hui encore, occultent probablement des réactions beaucoup plus nuancées et sans doute plus répandues, même si plus discrêtes dans nos sources : notre postulat est que, quoi qu’on en pense, si l’opprobre avait été aussi général et vindicatif qu’on le dit parfois, les quelques chrétiens des deux ou trois premiers siècles auraient été anéantis et le christianisme éradiqués sur le sol romain. Cette constatation ne doit toutefois pas conduire à minorer un niveau sans doute très élevé et très précoce de conflictualité entre les premiers chrétiens et leurs concitoyens, niveau de conflictualité finalement attesté dès la lapidation d’Etienne ou les expulsions de Claude.

Dans quels lieux, dans le cadre de quelles institutions, chrétiens et non-chrétiens étaient-ils confrontés les uns aux autres ? Comment et quand les communautés traditionnelles ont-elles lentement pris conscience du danger qui les menaçait ? Comment les chrétiens eux-mêmes vivaient-ils cette dynamique toujours fragile qui était la leur ? Cela a-t-il eu en contrecoup des conséquence sur la vie des autres groupes religieux marginaux dans l’Empire ?

À partir de l’Édit de Galère, en 311, puis surtout à partir du règne de Constantin, la situation a radicalement changé. Les chrétiens étaient toujours minoritaires, mais une minorité en expansion rapide et une minorité qui arriva à occuper assez rapidement mais aussi durablement la plupart des principaux leviers de l’État romain. Très rapidement, donc cet Etat romain s’est christianisé, ce qui a renforcé la position des chrétiens dans l’Empire et favorisé les conversions.

De marginaux, ils devenaient les principaux bénéficiaires des institutions et se retrouvaient en position de force. Comment, en particulier au plan local, les communautés chrétiennes ont-elle vécu cela ? Comment ont-elles été transformées par ce succès, en particulier dans leur rapport aux « autres », ceux qui persistaient envers et contre tout à s’accrocher aux vieilles pratiques et croyances ? Parallèlement aussi, comment les communautés traditionnelles ont-elles vécu ce retournement ? Comment, en perte de vitesse, ont-elles vécu à leur tour leur changement de statut, puisqu’elles se sont rapidement retrouvées dans une situation de marginalisation croissante entre les époques de Constantin et de Théodose Ier ?

Tout cela avec un nouveau front qui s’est très vite ouvert au IVe s. au sein même du monde chrétien : si les querelles théologiques existaient déjà depuis longtemps, celles du IVe siècle ont pris une ampleur inédite du fait de la nouvelle proximité de l’appareil d’État, générant des luttes et des exclusions particulièrements violentes.

Programme

Ensemble ou côte-à-côte ? La coexistence des religions dans la société impériale (IIe-Ve s.), Université de Bourgogne, 5-6 octobre 2011, Pôle AAFE, Amphithéatre Eicher

Mercredi 5 octobre

15h00  Accueil

15h30  Présentation de la rencontre

  • 15h45h  Chr. Stein (Dijon) : L’expansion du christianisme : remarques sur le coût social de la conversion
  • 16h15  E. Wirbelauer (Strasbourg) : La visibilité des chrétiens à Rome avant l’Édit de Galère
  • 16h45  L. Guichard (Chambéry) : Péchés et persécutions : la discipline et les violences religieuses, révélateurs des cohabitations pacifiques entre paëns et chrétiens (IIes.-début IVe s.)

17h15 Discussion

Jeudi 6 octobre

9h00  Accueil

  • 9h00  Br. Bleckmann (Düsseldorf) : Constantin et la religiosité néoplatonicienne : une troisième voie entre christianisme et paganisme ?
  • 9h30  St. Ratti (Dijon) : Le malaise païen

10h00 Discussion et pause

  • 10h30  J. Guyon (CNRS, Aix) : Entre « société civile » et communautés chrétiennes, un lent apprivoisement ?  L’exemple de la Provence.
  • 11h00  M. Kasprzyc (INRAP) : La coexistence des païens et chrétiens de la civitas Aedurorum durant l’Antiquité tardive :  approches archéologiques et historiques.

11h30 Discussion puis déjeuner

  • 14h00  Cl. Fabian (Dijon) : Les Juifs et le judaïsme dans l’Histoire Auguste.
  • 14h30h  C. Nemo-Pekelman (Nantes) : Le tribunal impérial, lieu de conflits interreligieux ? L’exemple du contentieux sur les synagogues (fin IVe-début Ve s.).
  • 15h00  O. Huck (Strasbourg) : Aux marges de la familia épiscopale : païens et Juifs en audience.

15h30 Discussion et pause

Conclusion : J.-M. Carrié (EHESS, Paris)

Catégories

Lieux

  • Esplanade Érasme (Université de Bourgogne, Pôle AAFE, Amphithéatre Eicher)
    Dijon, France

Dates

  • mercredi 05 octobre 2011
  • jeudi 06 octobre 2011

Contacts

  • Christian Stein
    courriel : christian [dot] stein [at] u-bourgogne [dot] fr

Source de l'information

  • Brigitte Colas
    courriel : brigitte [dot] colas [at] u-bourgogne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Ensemble ou côte-à-côte ? La coexistence des religions dans la société impériale, IIe-Ve siècle », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 28 septembre 2011, http://calenda.org/205354