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Mobilité des activités et recomposition des territoires en Méditerranée

The mobililty of economic activities and the re-composition of territories in the Mediterranean basin

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Publié le jeudi 29 septembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

La revue Méditerranée va consacrer un numéro sur les mobilités des activités et recomposition des territoires en Méditerranée. Trois entrées principales seront privilégiées : la mobilité des capitaux et les flux d’investissement ; la mobilité des opérateurs économiques (commerçants, cadres et chefs d’entreprises) ; la mobilité des modèles de développement (complexes touristiques, zones franches, technopôles ou pôles de compétitivité…).

Annonce

Version française

Argument

En étudiant la mobilité des activités, ce numéro de la revue Méditerranée s’inscrit dans une réflexion sur l’une des transformations majeures de ces trente dernières années : l’essor considérable de l’internationalisation des entreprises, sous l’effet de la libéralisation des mouvements de capitaux et de l’ouverture des marchés.  Ayant favorisé un redéploiement significatif de la géographie des activités, cette dynamique s’incarne, selon le lieu, dans les phénomènes de délocalisations - facteurs de crise territoriale -, ou dans l’émergence de nouveaux territoires porteurs de croissance et d’attractivité. Ces transformations sont notables en Méditerranée qui, depuis le processus de Barcelone, se trouve au cœur d’un projet de zone de libre-échange.  

Les enjeux sont multiples. Ils interrogent le devenir des sociétés dans un contexte où l’adoption de la stratégie universelle de libéralisation signifie la mise en place de conditions macroéconomiques et institutionnelles spécifiques. Cette stratégie nécessite en outre une légitimation sociale, car les réformes doivent être admises pour être efficaces. Au nord comme au sud de la Méditerranée, cela constitue une rupture par rapport à la régulation passée et au contrat social dans lequel l’Etat jouait un rôle d’encadrement de la cohésion sociale. Aujourd’hui, cette logique se trouve interpellée par le « printemps arabe » dont l’étincelle est partie de la Tunisie intérieure, posant de façon emblématique des questions géographiques. Comment éviter les effets d’enclave et stimuler les effets d’entrainement des IDE[1] sur l’ensemble des territoires ? Quelles synergies trouver entre développement local et international ? Comment évaluer les transferts de technologies et de savoir-faire ? Les bénéfices pour l’emploi ? Ces questions se posent aux pays du sud et de l’est méditerranéen, tandis que les régions de la rive nord cherchent à lutter contre la désindustrialisation.

Nous abordons la mobilité des activités comme un processus multiforme, en privilégiant trois entrées principales: la mobilité des capitaux et les flux d’investissement ; la mobilité des opérateurs économiques (commerçants, cadres et chefs d’entreprises) ; la mobilité des modèles de développement (complexes touristiques, zones franches, technopôles ou pôles de compétitivité…). Les territoires se recomposent autour de ces activités en mouvement, en posant un ensemble de questions empiriques et théoriques :

  1. La question des facteurs, des contextes institutionnels et politiques d’encouragement ou de maîtrise de ces flux
  2. La question des impacts, en termes de transformations paysagères, de disparités socio-spatiales, d’équilibres régionaux, d’intégration macro-régionale
  3. La question des conditions sociales du développement économique et territorial est essentielle au regard  des problématiques de travail posées par les mobilités, tensions et recompositions de l’économie mondiale.
  4. La question des échelles: échelle mondiale (avec l’arrivée des investissements chinois par exemple) ; échelle macro régionale (avec les flux internes au bassin méditerranéen) ; échelle nationale (de redistribution des activités)
  5. La question des enjeux théoriques mérite une attention particulière, alors que l’étude des entreprises et des activités économiques a longtemps été marquée en géographie par les théories de la localisation, puis de l’ancrage territorial.

Ce numéro espère donc recueillir un panel de contributions issues de la communauté scientifique internationale, représentatives de l’ensemble du bassin méditerranéen, jouant sur des échelles et des secteurs différents, s’ouvrant à la réflexion théorique comme aux études de cas. Nous aurons à cœur de confronter les travaux de géographes aux autres sciences économiques et sociales, pourvu que la dimension spatiale soit présente (la cartographie des phénomènes étudiés reste un enjeu pour la revue).

Les articles seront publiés dans le numéro 2 de l’année 2013 et devront être soumis entre juin et septembre 2012 pour expertise.

Les auteurs ayant un projet d'article adresseront dès janvier 2012 une proposition d'une page aux responsables du numéro

Le comité éditorial sera composé de Sylvie Daviet (Professeur de géographie, Aix-Marseille Univ), Zino Khelfaoui (Professeur d’économie, Université de Montpellier3), Pascale Froment (MCF en géographie, Aix-Marseille Univ), Omar Belkheiri (Professeur d’économie, Université de Tanger-Tétouan).

Contact :

  • daviet@mmsh.univ-aix.fr
  • zino.khelfaoui@univ-montp3.fr

[1] Investissements Directs Etrangers

English version

Taking as its theme the geographical mobility of economic activities, this issue of Méditerranée focuses on one of the major changes the last thirty years, namely, the substantial increase in the rate of corporate internationalisation in the wake of the liberalization of the market and of the movement of capital. This new dynamic, which has encouraged a significant redeployment in terms of the geography of economic activities, is manifested, depending on the territory in question, in offshoring – a factor in local crises – and in the emergence of new spaces which are both attractive to business and motors for growth. These transformations are notable in the Mediterranean area which, since the Barcelona Process, has been at the heart of a projected free trade zone.

The many issues at stake in this regard call into question the future of various societies in a context in which the adoption of the universal strategy of liberalization implies the creation of specific macroeconomic and institutional conditions. Moreover, the strategy is dependent on a certain degree of social legitimacy in that reforms must be accepted in order to be effective. On the Mediterranean’s northern and southern shores alike, this represents a break with past legislation and with the social contract in which the State provided a framework for social cohesion. Today, this approach has been called into question by the “Arab Spring”, sparked by events in central Tunisia, a fact which poses, in the starkest of ways, a number of geographical questions. How can enclave effects be avoided and Foreign Direct Investment stimulated throughout the region? What synergies can be found between local and international development? How can the transfer of technologies and expertise be evaluated? How can the benefits in terms of employment be assessed? These questions are valid for the countries of the south and east of the Mediterranean. Meanwhile, the countries of the north of the region continue to fight against the effects of deindustrialisation.

We address the issue of the mobility of economic activities as a multi-facetted process by focusing on three main areas: the mobility of capital and investment flows; the mobility of economic operators (trades people, middle management and company directors); and the mobility of development models (tourist complexes, free trade zones, science parks and clusters, etc.). The region’s countries are attempting to accommodate these evolving activities by posing a number of empirical and theoretical questions:

  1. The question of institutional factors and contexts, and the kind of policies designed to encourage or control geographical change in economic activities.
  2. The question of impacts, in terms of the transformation of the landscape, socio-spatial disparities, regional balances, and macro-regional integration.
  3. The question of the social conditions of economic and regional development is of central importance with regards to labour problems generated by mobility, economic and social tensions and changes in the world economy.
  4. The question of scales: the global scale (with, for example, the emergence of Chinese investment); the macro-regional scale (with flows internal to the Mediterranean Basin); the national scale (the redistribution of economic activities).
  5. The question of theoretical issues is particularly important because the study of  companies and economic activities has long been dominated in geography by location theories and territorial anchoring.

The aim of this issue is to draw a range of contributions from the international scientific community, covering the Mediterranean basin as a whole, focusing on different scales and sectors and applying theoretical approaches as well as methodologies based on case studies. It is our ambition to compare and contrast the work of geographers and scholars in the economic and social sciences, with the proviso that the spatial aspect is taken into account (mapping of the phenomena under study is an issue of major importance for the journal).

The articles, which will be published in Issue 2, 2013, must be submitted between June and September 2012 in order to be reviewed.

The authors having a project of article will address to the editors a one page proposal in January 2012.

The editorial committee will comprise Sylvie Daviet (Professor of Geography, Aix-Marseille University), Zino Khelfaoui (Professor of Economics, University of Montpellier 3), Pascale Froment (MCF in Geography, Aix-Marseille University) and Omar Belkheiri (Professor of Economics, University of Tangiers- Tétouan). 

Contact :

  • daviet@mmsh.univ-aix.fr
  • zino.khelfaoui@univ-montp3.fr

Dates

  • samedi 01 septembre 2012

Mots-clés

  • territoire, mobilité, entreprises, économie, social, politique

Contacts

  • Sylvie Daviet
    courriel : daviet [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr
  • Zino Khelfaoui
    courriel : zino [dot] khelfaoui [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Laurence Lablache
    courriel : lablache [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mobilité des activités et recomposition des territoires en Méditerranée », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 29 septembre 2011, http://calenda.org/205377