AccueilPaysage en partage

Paysage en partage

Sharing landscapes

Sensibilités et mobilisations paysagères dans la conduite de projet urbain

The sensibility and mobilisation of the landscape in the management of urban projects

*  *  *

Publié le mardi 27 septembre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Appel à communication pour le colloque « Paysage en partage. Sensibilités et mobilisations paysagères dans la conduite de projet urbain » qui se déroulera à Genève le 25 avril 2012. Délai d'envoi des propositions : 15 novembre 2011.

Annonce

Argumentaire

En dépit de sa mort annoncée, le paysage opère depuis une dizaine d’années un retour dans la pratique aménagiste. Il existe en effet un relatif consensus pour faire du paysage un objet pertinent de la conduite de projet urbain, notamment en ce qu’il est un élément susceptible d’en assurer la cohérence en l’inscrivant dans la grande échelle aménagiste (trame verte, trame bleue…) et un élément de médiation entre les différents ordres qui instituent l’urbain (nature, organisation, systèmes techniques, etc.).

De fait, cet intérêt pour le paysage tient pour beaucoup à son caractère flou. En matière d’aménagement, la logique du paysage relève en effet de ce que la sociologie des sciences et techniques a appelé des “objets frontières” : objets aux contours incertains qui permettent la rencontre de différents mondes sociaux. Le paysage est un espace où des savoirs disciplinaires multiples, des rationalités hétérogènes et des intérêts divers se rencontrent et parfois s’affrontent dans un processus de définition de ce qu’est le lieu de l’intervention et donc de la réponse spatiale qu’on y développe.

Dans des cas plus rares, il peut aussi être une instance de dernier recours qu’on mobilise pour produire une cohérence a posteriori, dans un processus de naturalisation : le site a ses intouchables et c’est ainsi qu’il convenait de l’aménager.

Ainsi, le paysage est tout autant une méthode d’analyse qu’une médiation et une modalité d’argumentation. “Faire du paysage” et “faire le paysage”, c’est aussi enrôler des ressources (de l’eau, du temps, de la culture, des identités…) pour fonder l’évidence d’une réponse spatiale. De sorte que ce flou fonde le paysage comme un analogue de l’espace public, un espace qui organise la rencontre de ce qui est distant (dans le temps, dans l’espace) pour faire société.

C’est précisément l’efficace de cette indécision du paysage que souhaite appréhender ce colloque. Pour ce faire, on empruntera trois chemins :

Le premier cible les sensibilités paysagères. Le paysage se pose en effet comme lieu où les interventions sur un cadre de vie deviennent perceptibles car visibles. C’est en ce sens que l’on parlera de sensibilités paysagères. Lieu de manifestation et d’aperception de “ce qui change”, le paysage sensible est, par suite, un lieu de mobilisations (au sens où l’on se mobilise pour une chose ou un cause). On s’intéressera ici aux conflits de rationalités et d’usages ouverts à l’occasion de projets de paysage. On cherchera également à comprendre à quel titre le paysage est mobilisé par les différents acteurs des controverses paysagères. Est-il, par exemple, mobilisé parce qu'il participe à ce qui fait le beau, le juste et l'adéquat ? Dans le prolongement, ce sont les mobilisations collectives consécutives à la mise en tension de ces sensibilités paysagères qui peuvent être analysées. On sera donc également attentif à la dimension identitaire des paysages de projet. La problématisation par les sensibilités paysagères peut être élargie à la question patrimoniale des ancrages à valoriser dans les projets de paysage, ces “intouchables” à partir desquels faire paysage.

Le deuxième chemin approfondira la capacité du paysage à fonctionner comme un point de rencontre de savoirs hétérogènes et d’intérêts différents sinon divergents. Les propositions de communication rassemblées ici seront notamment attentives à l’identification — dans une perspective réflexive et critique — des outils de participation dans les projets de paysage. On s’intéressera également aux temporalités des séquences paysagères : à quel moment recourt-on, construit-on le paysage dans le projet ? En phase de diagnostic (ce qui compte) ou en phase de projet (ce qui va compter).

Enfin, le troisième chemin, traitera la question des mobilisations paysagères de manière plus littérale : il s’agira de documenter le manière dont les faiseurs de villes et de territoires usent du paysage ; de décrire les modalités d’action qui instituent le paysage. Il s’agit ici de développer une saisie des opérations pratiques et des médiations qui permettent de “faire parler” l’espace pour le plier au service du projet aménagiste, de décrire le paysage en train de se faire dans la mobilisation de documents d’urbanisme, d’outils de planification et de mise au service d’une stratégie d’argumentation (question de l'intégration dans un contexte, rôle micro de structuration du périmètre…). De même, il serait intéressant d’interroger ici les variations historiques des “lois de la composition” paysagère en matière de projet territorialisé.

Par l’intermédiaire de ces trois focales, on cherchera à comprendre si – et comment – le paysage peut être un élément rassembleur dans la conduite de projet urbain.

Le propositions de communications peuvent être tout autant des restitutions de recherche (selon la forme canonique des communications à un colloque académique) que des retours de pratique.

Soumettre une proposition

Les propositions de communication en anglais ou en français se font via le formulaire électronique disponible à l’adresse (copier-coller le lien dans la barre URL de votre navigateur) : https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dHRZYmVubDJ1WnVJOHhYNUp4WnYxSXc6MQ

Les champs suivants seront à renseigner : titre, résumé de 600 mots (maximum), 3 mots-clés, nom, prénom, institution, adresse électronique du ou des auteurs.

Le résumé comprendra l’évocation d’un référentiel théorique et l’esquisse d’une problématique ; la mention d’un cadre méthodologique, d’un “terrain” et des résultats (escomptés) est souhaitée.

Le délai de soumission est porté au

15 novembre 2011.

Après une évaluation effectuée par le comité scientifique, les auteurs seront informés de l’acceptation ou du refus de leur proposition à partir du 15 décembre 2011.

Les personnes retenues devront livrer — 30 mars 2012 —, un résumé étendu de 3 000 mots environ, rédigés selon les normes orthotypographiques qui seront communiquées à la mi-décembre.

Comité scientifique

  • Jean-Marc Besse, Centre national de la recherche scientifique, Unité mixte de recherche 8504 Géographie-cités.
  • Yves Bonard, Observatoire universitaire de la ville et du développement durable.
  • Catherine Chomarat-Ruiz, Laboratoire de recherches de l'École du paysage, École nationale supérieure du paysage de Versailles.
  • Elena Cogato Lanza, Laboratoire de construction et construction, École polytechnique fédérale de Lausanne. Antonio Da Cunha, Institut de géographie de l’Université de Lausanne.
  • Bernard Debarbieux, Département de géographie de l’Université de Genève.
  • Bernard Declève, École d'aménagement du territoire et d'urbanisme de l’Université catholique de Louvain.
  • Roselyne de Lestrange, École d'aménagement du territoire et d'urbanisme de l’Université catholique de Louvain.
  • Michael Jakob, Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève. Nicolas Pham, Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève.
  • Frédéric Pousin, Laboratoire de recherches de l'École du paysage, École nationale supérieure du paysage de Versailles.

Organisation scientifique

Fondée en 1987, la Fondation Braillard Architectes (FBA) est active dans les domaines de la recherche en études urbaines et sciences de la ville, de la valorisation et de la conservation du patrimoine architectural du XXe siècle et la promotion de l’architecture et de l’urbanisme.

Comité d'organisation

  • David Gaillard, Fondation Braillard Architectes.
  • Hélène Gallezot, Fondation Braillard Architectes.
  • Laurent Matthey, Fondation Braillard Architectes.
  • Tearanel Te, Fondation Braillard Architectes.

Coût

La finance d’inscription est portée à 85 francs suisses ou 80 euros (étudiants et doctorants : 45 francs suisses ou 40 euros) ; elle couvre les frais de repas et la documentation du colloque. Elle doit être payée avant le colloque.

Contact

Fondation Braillard Architectes, 16 rue Saint-Léger, 1205 Genève, info@braillard.ch, www.braillard.ch

Lieux

  • Rue Saint-Léger 16, CH
    Genève, Confédération Suisse

Dates

  • mardi 15 novembre 2011

Mots-clés

  • paysage, projet urbain, mobilisation, sensibilité

Contacts

  • Laurent Matthey
    courriel : laurent [dot] matthey [at] braillard [dot] ch
  • David Gaillard
    courriel : david [dot] gaillard [at] braillard [dot] ch

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurent Matthey
    courriel : laurent [dot] matthey [at] braillard [dot] ch

Pour citer cette annonce

« Paysage en partage », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 septembre 2011, http://calenda.org/205392