AccueilLe discours de la nation dans la littérature italienne

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Publié le lundi 03 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Cent cinquantième anniversaire de l'Unité italienne (1861-2011). La littérature italienne a-t-elle été le vecteur du projet de construction d’une conscience nationale collective ? A-t-elle alimenté l’idée de nation comme mythe, comme utopie, ou au contraire comme une réalité, mais n’ayant qu’une nature temporaire ?

Annonce

Argumentaire

Depuis le milieu des années  90, l’identité de la nation italienne fait l’objet de réflexions que vient encore relancer la perspective de l’année 2011, cent cinquantième anniversaire de son unification, réalisée en 1861.Dans l’un de ses récents ouvrages, l’historien Emilio Gentile formule le vœu que cette commémoration ne se solde pas par un simulacre de l’unité du pays et par l’oubli de la nation, comme cela fut le cas lors du jubilé de 1961, mais qu’elle soit au contraire « un événement miraculeux qui évite à l’Italie d’être démembrée » et qui permette aux Italiens d’être moins soumis à une forme de pirandellisme en matière d’identité nationale.

Il est vrai que le Bel paese, à la fois berceau d’une très vieille civilisation et un des États les plus jeunes d’Europe occidentale, ne possède pas vraiment une conscience nationale fondée sur une histoire commune et des valeurs culturelles, civiques et morales en lesquelles ses habitants se reconnaissent.

Partant du constat que la nation a néanmoins fait l’objet d’un mythe idéologisé par les forces politiques tout au long de l’histoire du pays, et que paradoxalement la Constitution de la République n’y fait référence que de manière elliptique, ce colloque international a pour finalité d’explorer l’ambiguïté et la polysémie que revêt, avec une force particulière, le terme « nation » dans le cas italien. La définition de la nation comme principe et famille spirituels, soumis à un plébiscite quotidien, telle que la propose Ernest Renan, est-elle applicable à l’Italie ?

La littérature italienne a-t-elle été le vecteur du projet de construction d’une conscience nationale collective ? A-t-elle alimenté l’idée de nation comme mythe, comme utopie, ou au contraire comme une réalité, mais n’ayant qu’une nature temporaire ?                                                                                

Pendant le Risorgimento, des intellectuels tels que Vincenzo Gioberti et Giuseppe Mazzini se sont faits les chantres du primat universel de la nation italienne, fondant cette dernière sur un héritage historique, théologique et culturel qui conférait à l’Italie une mission civilisatrice allant bien au-delà de son espace géographique, et faisant d’elle le berceau d’une patrie universelle.

Mais comment alors interpréter le fervent écho que donne Giacomo Leopardi au jugement de Massimo d’Azeglio selon lequel « Les principaux ennemis des Italiens sont les Italiens eux-mêmes », lorsqu’il s’en prend au caractère du « popolaccio italiano », cynique et manquant de mœurs proprement italiennes, confiné dans des us et coutumes essentiellement provinciaux ?

Dans quelle mesure peut-on adhérer à la position de Francesco De Sanctis en vertu de laquelle l’absence d’une conscience nationale est imputable à l’homme italien de la Renaissance, à « l’uomo del Guicciardini », encore présent dans l’Italien contemporain, prêt à sacrifier la patrie, la religion, la liberté et l’honneur, pour satisfaire son intérêt personnel, au moyen de la simulation et de la duplicité ?

La littérature italienne est-elle représentative de cet égoïsme et de ce localisme qui détrônent l’idée de nation ? Certaines voix littéraires, dont celle de Giuseppe Prezzolini, ont soutenu que le régionalisme est au contraire l’essence même de l’identité nationale. Dans un pays qui compte douze langues minoritaires officielles et sur lequel il souffle, depuis le début des années 90, un fort vent sécessionniste qui ne contribue pas peu à raviver la flamme du sentiment national, quelle éthique nationale la littérature offre-t-elle ? Fait-elle l’apologie de la nation comme union idéale, consolidée par un héritage historique et culturel commun, et conciliable avec son cosmopolitisme naturel, selon la pensée gramscienne ? 

Dans ses expressions les plus récentes, le cosmopolitisme de l’Italie se conjugue-t-il  avec le multiculturalisme consécutif à la présence d’une importante population immigrée ? Lorsque celle-ci vient bousculer l’italianità, par une production littéraire à succès fortement empreinte d’hybridité, mettant ainsi en cause, comme l’affirme Francesco Fistetti, le besoin de sécurité auquel répondent l’identité et l’homogénéité de la culture nationale, peut-on encore considérer qu’il existe une littérature nationale italienne ?

Dans le cadre d’une démarche herméneutique de type diachronique accordant la priorité à des œuvres encore peu étudiées, de la Renaissance jusqu’à nos jours, et quel que soit le genre littéraire auquel elles appartiennent, ce colloque - situé dans le prolongement de la journée d’études consacrée en 2009 à la relation établie dans la littérature italienne entre enfance et identité nationale - devrait permettre de mettre en exergue le discours de la nation italienne dans ses expressions littéraires, d’aller à la recherche d’un « sentimento nazionale genuino » des Italiens, et de statuer sur l’existence d’une nation italienne, ou au contraire d’en conclure qu’elle constitue une réalité virtuelle, en raison d’une conceptualisation imposée.

Programme

COLLOQUE INTERNATIONAL

LE DISCOURS DE LA NATION DANS LA LITTÉRATURE ITALIENNE

CENTRE DE RECHERCHE «ÉCRITURES»  (E.A. 3943)

UNIVERSITE PAUL VERLAINE-METZ

20 octobre. Université Paul Verlaine- Metz. UFR Lettres et langues. Salle A 208

MATIN

9.00, Accueil des participants

  • 9.15, Inauguration du colloque: J.-M. WITTMANN (Centre «Écritures»)
  • 9.30, Conférence d'introduction : R. IOUNES-VONAD. COMBERIATI
  • 10.00, Matteo PALUMBO (Université de Naples), L'Italia di Francesco Guicciardini.
  • 10.30, Roberto FEDI (Université de Pérouse), L'unità linguistica e un'idea di Italia nella lirica del Rinascimento

11.00, Pause

  • 11.20, Rosaria IOUNES-VONA (UPV-M), Da Straparola a Giovambattista Basile:  la fiaba    racconta il popolo italiano ?

11.50, Discussion

12.30  Pause déjeuner

APRES-MIDI

  • 14.30, Giorgio PATRIZI (Università del Molise),  Il Risorgimento nella modernità. Identità italiana tra miti patriottici e memoria storica
  • 15.00, Daria PEROCCO (Université Ca’ Foscari de Venise), Aspettando l'Unità (1861-1866) : Venezia e la letteratura

15.30 Pause

  • 16.00 Ilaria DE SETA (Université de Liège), Tra restauri e conversioni: storia e politica negli spazi  de I vicerè
  • 16.30 Claudio GIGANTE (Université Libre de Bruxelles), «Magenta e Solferino». L’eredità  risorgimentale nel giovane Gadda.

17.00, Discussion et conclusion de la première partie des travaux

19.30 Dîner

21 octobre. Scy-Chazelles. Maison Robert Schuman. Auditorium

MATIN

  • 9.00, Martino MARAZZI (Université de Milan),  Narrare un quarantotto: gli Entusiasmi di Roberto Sacchetti.
  • 9.30 Guido PANVINI (Université La Sapienza, Rome), L'abuso della categoria "guerra civile" nel dibattito scientifico e in quello pubblico, per definire il carattere nazionale italiano. Dall’ Unità ai nostri giorni.

10.00    Pause

  • 10.30 Flaviano PISANELLI (Université de Montpellier), Pasolini et les ‘sables mouvants’ de la nation   italienne: La lunga strada di sabbia (1959).
  • 11.00, Nicolas BONNET ( Université de Bourgogne), Erri de Luca, senza la parola patria
  • 11.30, Daniele COMBERIATI (Université Libre de Bruxelles), La "colonizzazione interna" del Mezzogiorno:di un equivoco concettuale

12.00, Discussion et clôture des travaux

12.45 Buffet froid

APRES-MIDI

14.00, Visite de la Maison et de l’Exposition R. Schuman.

15.30, Visite de la ville de Metz

Modalités pratiques

Dates

Jeudi 20 et vendredi 21 octobre 2011

Lieux 

20 octobre : METZ (57), Université Paul Verlaine-Metz, UFR Lettres et langues

21 octobre : SCY-CHAZELLES (57, à 15 mn de l’Université), Auditorium de la Maison Robert Schuman

Contact

rosaria.iounes@univ-metz.fr

UrL de référence

http://www.univ-metz.fr/recherche/labos/ecritures/

Pour s’inscrire, voir le site du Centre de recherche organisateur, rubrique « Actualités », à cette adresse Internet : http://www.univ-metz.fr/recherche/labos/ecritures/

Les actes du colloque seront publiés.

Lieux

  • ïÎe du Saulcy (Université Paul Verlaine-METZ, UFR Lettres et langues)
    Metz, France
  • ïÎe du Saulcy (Université Paul Verlaine-METZ, UFR Lettres et langues)
    Scy-Chazelles, France

Dates

  • jeudi 20 octobre 2011
  • vendredi 21 octobre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Italie, nation, littérature

Contacts

  • Rosaria IOUNES-VONA
    courriel : rosaria [dot] iounes [at] univ-metz [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Rosaria IOUNES-VONA
    courriel : rosaria [dot] iounes [at] univ-metz [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le discours de la nation dans la littérature italienne », Colloque, Calenda, Publié le lundi 03 octobre 2011, http://calenda.org/205417