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L'Europe et ses opposants

Vingt ans de militantisme souverainiste et alter-européens, 1992-2012

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Publié le mercredi 05 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

La difficile ratification du traité de Maastricht en France, avec environ 51% des suffrages exprimés, et l’intense campagne militante à laquelle donne lieu le référendum du 20 septembre 1992 ont révélé que l’intégration européenne est redevenue un sujet de division alors qu’un relatif consensus semblait établi depuis la crise de la Communauté européenne de Défense. Les résistances à l’idée d’Europe incarnée par le traité de Maastricht ont revêtu des formes originales par rapport aux précédentes crises européennes (débats sur la CED, débats sur l'opportunité de l'adhésion britannique). Ces résistances se sont manifestées par l’émergence de groupements et d’associations dits « eurosceptiques », tant dans l’espace partisan que dans la société civile.

Annonce

L'Europe et ses opposants Vingt ans d’engagement souverainiste et alter-européen en France  (1992-2012) Paris, 31 mai-1er juin 2012

Date limite des propositions : 15 décembre 2011

Journées d’études Histoire & Science politique
31 mai & 1er juin 2012 - Paris

Argumentaire

La difficile ratification du traité de Maastricht en France, avec environ 51% des suffrages exprimés, et l’intense campagne militante à laquelle donne lieu le référendum du 20 septembre 1992 ont révélé que l’intégration européenne est redevenue un sujet de division alors qu’un relatif consensus semblait établi depuis la crise de la Communauté européenne de Défense.

Les résistances à l’idée d’Europe incarnée par le traité de Maastricht ont revêtu des formes originales par rapport aux précédentes crises européennes (débats sur la CED, débats sur l'opportunité de l'adhésion britannique). Ces résistances se sont manifestées par l’émergence de groupements et d’associations dits « eurosceptiques », tant dans l’espace partisan que dans la société civile. On a assisté au développement d'un militantisme souverainiste et alter-européiste autonome quand auparavant la contestation de l'Europe était l'apanage des gouvernements ou des partis politiques. Des mobilisations
réunissant divers types d’acteurs et de répertoires ont été entreprises face aux politiques publiques de l’Union Européenne nouvellement créée, et l’enjeu européen s’est  progressivement inséré dans les préoccupations des mouvements sociaux.
L’intégration européenne a également produit des effets –souvent indirects - au
sein des formations partisanes, des diverses organisations et de l’espace politique. Des pratiques et usages spécifiques ont été développés par leurs acteurs. On s’intéressera donc également aux dimensions et à l’évolution de l’européanisation  des organisations, des partis politiques et des clivages au sein des familles politiques nationales, ainsi qu’à celle des pratiques politiques, des référentiels et des discours des militants, de leurs dirigeants ou des eurodéputés.

D'un point de vue historiographique et socio-politique, l'importance acquise par la contestation de l'Europe communautaire a rappelé que les « anti-européens », « eurosceptiques », « souverainistes », « alter-européens » et leurs entreprises de résistance font également partie de l'histoire de la construction européenne et contribuent à sa compréhension. En croisant les recherches d’historiens et de politistes, ces journées d’études ambitionnent d’approfondir l’exploration de ces phénomènes d’opposition.

Modalités de soumission et de sélection

Comité d'organisation

  • Christophe Le Dréau
  • Emmanuelle Reungoat

Comité Scientifique

  • B. Bruneteau (Pr Histoire Grenoble-II),
  • R. Frank (Pr Histoire Paris-I, à confirmer),
  • J.M. Guieu (MCF Histoire Paris-I),
  • Céline Belot (CNRS Sc. Politique Pacte IEP Grenoble),
  • Laure Neumayer (MCF Sc. Politique, Paris-I),
  • Antonin Cohen (MCF Sc.Politique Paris-Ouest Nanterre)

Les propositions de communication, composées d'une description synthétique du sujet et de la méthode adoptée (2 pages max.) ainsi que d’une courte présentation de l’auteur devront être adressées

avant le 15 décembre 2011 à :

Les candidatures sont ouvertes aux historiens ainsi qu'aux politistes (une parité sera respectée dans le choix des propositions). Elles devront s'insérer dans l'un des quatre axes de ces journées d'études.

Quatre axes

Axe 1: Les "moments": traité de Maastricht, traité d'Amsterdam, adoption de l'euro, constitution européenne, élections européennes…

La contestation de l'Europe s'est incarnée à l'occasion de divers "moments" ou actes fondateurs: l'opposition à Maastricht, l'opposition à l'euro, l'opposition au TCE ainsi qu’à certaines directives et politiques publiques. Les structurations du militantisme souverainiste et alter-européen à ces occasions pourront être présentées dans une perspective chronologique et temporelle. On pourra également s’interroger sur les conditions qui créent ou non le « moment » de mobilisation sur les thématiques européennes. (Cf. Les faibles mobilisations contre le traité de Lisbonne.)

Axe 2: Les mouvements et militants souverainistes, les mobilisations pour une autre Europe.

Cette période s'est illustrée par l'émergence de nombreuses associations (Alliance pour la Souveraineté de la France, Comité Francilien pour la Défense du Franc, etc....) et mouvements politiques dont il s'agit de retracer la genèse, l'histoire et les pratiques. Des portraits retraçant les trajectoires, dessinant les profils sociaux ou les carrières des militants souverainistes et alter-européens peuvent être proposés. On s’interrogera également sur les caractéristiques du militantisme anti-UE : y a-t-il une singularité de ces
organisations et de leurs pratiques (structure, mode de fonctionnement, réseaux) ? Comment ces mouvements se mobilisent-ils, avec quels répertoires d’action : rôle d’internet (site d’E. Chouard et d’autres), soutiens et rédaction de tribunes dans la presse, manifestations annuelles ritualisées…etc. On s’intéressera enfin aux mobilisations d’opposition à l’UE dans des associations et mouvements existants et/ou non centralement anti-UE et aux effets qu’elles produisent.

Axe 3: Les résistances à l’Union Européenne au sein des partis politiques

Il s’agit de etracer la structuration de tendances souverainistes ou alter-européistes au sein des partis à vocation gouvernementale (Parti socialiste, formations centristes ou gaullistes) ainsi que celle de la critique de l’intégration au sein des autres formations, de droite comme de gauche (FN, MRC, partisans d’un « non de gauche » en 1992 ou 2005, etc). On attachera un intérêt particulier à la naissance de partis politiques (notamment
souverainistes tels que le RPF de C. Pasqua, le MPF villiériste ou DLR de N.Dupont-Aignan).
On s’intéresse également aux effets produits par l’intégration au sein des formations partisanes, ainsi qu’aux usages se créant à partir de cet enjeu et des élections européennes. Comment l’enjeu européen s’insère-t-il dans le jeu politique, les luttes de pouvoir ou les réorganisations internes ?
L’intégration a-t-elle contribué à remodeler les clivages au sein des formations et de l’espace politique ? Quels ont été ses effets sur les doctrines partisanes et sur les mutations structurelles des formations ?

Axe 4: Le discours européen des « anti-européens »

Comment les opposants à l’UE se définissent-ils et depuis quand? Comment caractérisent-ils leur attitude à l’égard de l’Europe ? L'étude des discours sera ici prise en considération en s’intéressant à leur contenu, à leur construction et ainsi qu’aux évolutions repérables au sein de ceux-ci. Des perspectives comparatives diachroniques et synchroniques sont notamment attendues.
Comment dire son opposition ? On s’interrogera sur les contraintes pesant sur la
présentation d’une posture de résistance à l’UE. Les opposants à l’UE défendent-ils une identité européenne propre? Comment refusent-ils ou assument-ils les qualificatifs d’« eurosceptiques », d' « anti-européens » (1992) ou de "nonistes" (2005)? Quelles stratégies langagières développent-ils? Europe des Patries du Front National, alter-européisme de l'extrême-gauche, euroconstructivisme mis en avant par R. Hue, appel aux « Etats-Unis socialistes d'Europe » de Lutte Ouvrière et de la Ligue communiste révolutionnaire et
aujourd’hui à l’« autre Europe » du NPA… Il s’agit également d’observer comment
les opposants à l’UE présentent leurs projets pour l’Europe et d’analyser les conditions de construction de leur discours. On s’intéresse donc ici à l’origine des termes utilisés pour dire l’opposition à l’intégration, à la lutte pour leur imposition ainsi qu’aux fonctions qui leurs sont dévolues dans l’espace politique.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • jeudi 15 décembre 2011

Mots-clés

  • Europe, souverainisme, construction européenne

Contacts

  • Christophe Le Dréau
    courriel : ledreauchristophe [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Christophe Le Dréau
    courriel : ledreauchristophe [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'Europe et ses opposants », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 05 octobre 2011, http://calenda.org/205495