AccueilTrajectoires de recherche, cheminements théoriques. Quand le genre et le travail viennent aux chercheur-e-s (2011-2012)

Trajectoires de recherche, cheminements théoriques. Quand le genre et le travail viennent aux chercheur-e-s (2011-2012)

Research trajectories, theoretical developments. When gender and work come to researchers (2011-2012)

Séminaire public de l'équipe GTM

GTM team public seminar

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Publié le mardi 11 octobre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Les trente dernières années ont vu se développer et s'institutionnaliser les objets de recherche qui sont au cœur des activités de l'équipe « genre, travail, mobilités » issue de l'association des laboratoires GEDISST (créé en 1979) et d'une partie du GST (créé en 1970), auxquels s'est adjoint, plus récemment, le Centre d'Études féminines de Paris 8 (créé en 1978). Sociologie du travail et étude du genre font la matière de ces objets de recherche : indépendamment l'une de l'autre ou au contraire construites comme inévitablement liées l'une à l'autre. Le séminaire public de GTM pour l'année 2011-2012 sera consacré aux parcours de chercheur-e-s qui ont marqué ces objets, en les invitant à revenir sur les années écoulées.

Annonce

Présentation

Séminaire public de l’équipe GTM 2011-2012, « Genre, Travail, Mobilités » fait partie du Cresppa (UMR 2717, CNRS, Paris 8)

http://www.gtm.cnrs.fr

Les trente dernières années ont vu se développer et s'institutionnaliser les objets de recherche qui sont au cœur des activités de l'équipe « Genre, Travail, Mobilités » issue de l'association des laboratoires GEDISST* (créé en 1979) et d'une partie du GST** (créé en 1970), auxquels s'est adjoint, plus récemment, le Centre d'Études féminines de Paris 8 (créé en 1978). Sociologie du travail et étude du genre font la matière de ces objets de recherche : indépendamment l'une de l'autre ou au contraire construites comme inévitablement liées l'une à l'autre. Le séminaire public de GTM pour l'année 2011-2012 sera consacré aux parcours de chercheur·e·s qui ont marqué ces objets, en les invitant à revenir sur les années écoulées. Discours réflexif et explicitation des cadres institutionnels et intellectuels dans lesquels il et elles ont travaillé permettront de faire le point sur les catégories mobilisées au cours de leurs recherches, en fonction des époques et des rencontres au long des années. De telles généalogies seront l'occasion de dessiner des pistes de réflexion pour l'avenir des concepts, et de leurs enquêtes.

  • GEDISST : Groupe d'Études sur la Division Sociale et Sexuelle du Travail, devenu GERS (Genre et Rapports Sociaux) en 2001.
  • GST : Groupe de Sociologie du Travail, dont une partie des membres a fondé ensuite T&M (Travail et Mobilités) en 1988.

Coordination : Isabelle Clair, Aurélie Jeantet, Eleni Varikas

Pour tout renseignement : sandra.nicolas@gtm.cnrs.fr

Site CNRS Pouchet, 59 rue Pouchet, Paris 17ème [métro « Guy Môquet » ou « Brochant » (ligne 13) ; bus n°66 arrêt « La Jonquière »]

Programme

Lundi 31 octobre 2011  [14h-17h, salle des conférences]

Ann Stoler, Willy Brandt Distinguished University Professor of Anthropology and Historical Studies.

Ann Laura Stoler parlera de son travail actuel, et notamment de son ouvrage à paraître : Imperial Debris: On Ruins and Ruination (Duke University Press).

Ce travail appelle à prendre ses distances avec le substantif placide "ruine" et la nostalgie qu'il engendre, au profit du verbe, violent et politique, "ruiner". Ann L. Stoler cherche à défaire les distinctions, habituelles et commodes, entre histoire politique et formes poétiques, insistant sur la nécessité de penser autrement le langage que nous utilisons pour parler de la  ténacité des effets coloniaux et de leurs aspects tangibles quoique parfois invisibles et fuyants.

Ce  projet vise  deux  types de rapports: 1) le rapport entre les passés coloniaux et les manières dont on appréhende leurs formes et leur contenu dans les présents postcoloniaux. Et 2) le rapport entre les nouvelles méthodologies "tactiles" et un vocabulaire conceptuel plus incisif, attentif aux sites occultés où des formations impériales antérieures ont laissé des traces durables grâce auxquelles des inégalités contemporaines sont renouvelées et assurées.

La séance se déroulera en français.

Discutant : Sébastien Roux, sociologue, chargé de recherche au CNRS, laboratoire CESSP-CSE.

Lundi 12 décembre 2011 [14h-17h, salle 159]

Au cours de cette séance, Lucie Tanguy reviendra sur sa trajectoire intellectuelle en lien avec l’histoire de son domaine de recherche, à partir de son dernier ouvrage : La Sociologie du travail en France. Enquête sur le travail des sociologues, 1950-1990, La Découverte, 2011.

Dans cet ouvrage, Lucie Tanguy mobilise un vaste corpus d’archives pour replacer l’histoire, en France, de la sociologie du travail dans son contexte social et intellectuel, évoquer ses déterminants et les luttes de courants qui l’ont traversée. Elle retrace les actions des chercheur·e·s pour définir un modèle scientifique, le faire reconnaître, s’organiser en communauté, débattre des perspectives érigées en théorie et faire admettre des normes de scientificité à destination des générations suivantes.

Elle analyse les politiques et programmes de recherches impulsés par la gauche dans les années 1980, les inflexions de style et d’orientations de recherches, ainsi que la conception même du métier de sociologue, qui en ont découlé : les sociologues peuvent-ils conjuguer autonomie de la pensée et engagement dans la société de leur temps ? Comment concilier pluralité d’approches, déplacements d’objets et cumulativité des connaissances ? Le métier de sociologue, et plus largement celui de chercheur scientifique, peut-il encore se définir au singulier ?

La communication de Lucie Tanguy sera discutée par Cédric Lomba, sociologue, chargé de recherche au CNRS, laboratoire CRESPPA, équipe CSU.

Lundi 5 mars 2012 [14h-17h, salle des conférences]

Patrick Cingolani, sociologue, professeur à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense, laboratoire IDHE : « Intégration ou émancipation ? La traversée du concept de précarité »

Discutant : François Brun, sociologue, ingénieur de recherche au CNRS, laboratoire Cresppa, équipe GTM.

Lundi 11 juin 2012, 14h

Helena Hirata, « Du travail domestique au travail du care : un cheminement dans la sociologie du genre »

« Mes recherches depuis 1980 ont porté sur le travail et les rapports sociaux de sexe dans une perspective de comparaison internationale Brésil-France-Japon. Mes objets ont varié : les aspects sociotechniques et culturels des firmes multinationales, les institutions et les acteurs du chômage et, depuis 2010, le travail du care dans les établissements hébergeant des personnes âgées et à domicile.

Dans ce séminaire je voudrais discuter les points suivants : 1) l’importance des recherches sur le care pour la sociologie du travail et pour la sociologie du genre ; 2) les raisons de la discontinuité entre les recherches sociologiques sur le travail domestique qui se sont développés depuis 1985 en France et les recherches sur le care qui se sont développées notamment depuis 2005 ; 3) les principales controverses actuelles sur le care et leurs implications sur la sociologie du travail et du genre.

En effet, la critique du concept de travail par l’introduction de la dimension sexuée dans les analyses du travail a abouti à un élargissement de ce concept par l’inclusion du sexe social et du travail domestique. L’analyse du travail domestique en tant que rapport social a pu ainsi enrichir la sociologie du travail. Les recherches sur le care aujourd’hui poursuivent, sans le revendiquer nécessairement, l’analyse du travail domestique en tant qu’attention portée à l’autre et en tant qu’ensemble de pratiques. En même temps la professionnalisation du care a sorti de l’invisibilité ce travail gratuit effectué par les femmes dans la sphère dite privée.

Pour qui s’intéresse au travail, professionnel et domestique, le care, qui se présente souvent tiraillé entre les deux est un objet de recherche privilégié. Pour qui s’intéresse à l’activité féminine, le développement de l’emploi des femmes dans les services à la personne ne peut laisser indifférente. Pour la sociologue du travail que je suis, la professionnalisation du care permet d’éclairer des problèmes traités dans l’univers industriel : qualification et compétence, formation et diplômes, rémunération, recrutement et promotion, conditions de travail et santé. Une perspective comparative internationale permet de saisir les différences sociétales qui ont à voir avec les configurations familiales et le régime de genre. Elle permet de reconnaître la variabilité, dans l’espace, de la division sexuelle du travail du care. Elle permet aussi de comparer le rapport subjectif au travail et la définition du care qu’en donnent les acteurs.

Pour illustrer et nourrir mon propos, je présenterai quelques résultats de ma recherche ‘Pratiques et théories du care dans une perspective comparative : Brésil, France, Japon’, dont le travail de terrain a été réalisé entre décembre 2009 et décembre 2011. Je mentionnerai en particulier deux aspects : la question de la division sexuelle du travail et celle des conditions de travail et de santé. »

La communication de Helena Hirata sera discutée par Patricia Paperman, sociologue, professeure des universités, Paris 8, équipe « Théories du politique, pouvoir et relations sociales » (EA 229, Paris 8).

Lieux

  • 59 rue Pouchet (Site CNRS Pouchet)
    Paris, France

Dates

  • lundi 31 octobre 2011
  • lundi 12 décembre 2011
  • lundi 05 mars 2012
  • lundi 11 juin 2012

Mots-clés

  • genre, travail, mobilités, trajectoires de recherche

Contacts

  • Sandra Nicolas
    courriel : sandra [dot] nicolas [at] gtm [dot] cnrs [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Isabelle Clair
    courriel : isabelle [dot] clair [at] yaho [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Trajectoires de recherche, cheminements théoriques. Quand le genre et le travail viennent aux chercheur-e-s (2011-2012) », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 11 octobre 2011, http://calenda.org/205584