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L'énigme en archéologie et en histoire de l'art

The enigma in archaeology and in art history

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Publié le mercredi 12 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

La table ronde « L’énigme en archéologie et en histoire de l’art », sera organisée les 8 et 9 décembre 2011, à l’Université Paris-Ouest Nanterre, par le MCF Véronique Boucherat. Cette table ronde entend étudier, dans une approche transpériode, les différentes formes d’énigmes dans l’œuvre d’art – quelle que soit la nature de l’œuvre en question (architecture, sculpture, peinture, etc.) -, comme aussi les types d’investigations dont ces énigmes ont fait l’objet. Il s’agira notamment d’étudier ce qui, en archéologie et en histoire de l’art, constitue une énigme, ce qui l’entretient ou, à l’inverse, ce qui la dissimule. On tentera de mieux apprécier le rôle de l’ « enquêteur » (archéologue ou historien d’art) dans la découverte et l’étude de véritables énigmes, comme aussi sa possible influence dans la constitution d’énigmes fictives. On réfléchira aussi aux moyens et méthodes – parfois inédits ou trop peu exploités – grâce auxquels une énigme se révèle ou s’explicite. Merci d’envoyer vos propositions de 500 mots maximum pour une présentation de 25 minutes à veronique.boucherat@orange.fr avant le 18 novembre 2011.

Annonce

Table ronde « L’énigme en Archéologie et en Histoire de l’art »

Argumentaire

En Histoire de l’art comme en Archéologie, nombreux sont ceux qui ont eu la révélation de leur vocation en s’intéressant aux découvreurs des grandes énigmes de ces deux domaines. Chacun a pu rêver, sinon de devenir une sorte de Champollion, en tout cas de vivre des expériences aussi fortes que son déchiffrement des hiéroglyphes ou, dans une moindre mesure, aussi fortes que les expériences antérieures à cette apothéose jouissive (les tâtonnements, le stress d’échéances définitives, la crainte de l’échec, etc.). Souvent, l’évocation par un enseignant pragmatique des points communs entre le « métier » d’historien de l’art (ou de l’archéologue) et celui du détective privé suffit à révéler ou confirmer une vocation en rendant plus tangibles les ressorts et les enjeux – notamment personnels – du premier. 

Résoudre une énigme en Histoire de l’art ou en Archéologie, voilà qui est particulièrement stimulant et gratifiant. C’est en effet par cette voie royale que l’historien s’approprie dans une certaine mesure l’œuvre étudiée, et se donne le sentiment (l’illusion ?) de travailler à sa réhabilitation, à sa préservation, bref à sa quasi rédemption. Cette vertu messianique de l’enquête, de la résolution de l’énigme – ou plutôt, encore une fois, cette illusion d’une vertu messianique – place le chercheur dans une proximité singulière (flatteuse, mais factice) avec l’auteur du corpus ou de l’œuvre étudié(e) – l’illusion d’un lien qui s’élabore par delà la mort, l’artiste « investi » appartenant souvent à d’autres temps, voire à d’autres siècles.

Appelée par nature à souvent friser l’obsession, l’étude de l’énigme en Histoire de l’art fait saisir aux novices, même imparfaitement, la légitimité fondamentale et l’intérêt majeur de cette « science humaine », mais, simultanément, parce qu’elle touche au plus profond du moi, elle peut être à l’origine de polémiques éternelles, de « disputes » rugueuses, d’antagonismes définitifs entre des « écoles » devenues hermétiques les unes aux autres.

La table-ronde L’énigme en Archéologie et en Histoire de l’art sera l’occasion de réfléchir à ce qui constitue une énigme, à ce qui la définit aussi.

  • Dans une œuvre d’art donnée, l’énigme est-elle inchangée, constante au fil du temps ou bien se déplace-t-elle ?
  • Quelles sont les œillères, les méconnaissances qui, dans l’esprit du contemporain, favorisent la survenue d’énigmes fondamentalement étrangères, en tout cas au départ, à l’œuvre envisagée ?
  • Dans l’histoire contemporaine, quels types de bouleversements ou de mutations ont favorisé la révélation d’énigmes portées par des œuvres ou des corpus anciens ?
  • En Histoire de l’art et en Archéologie, le découvreur d’énigmes peut-il « avoir tort d’avoir raison trop tôt » ?
  • De la même façon que nous pouvons créer des énigmes de toutes pièces – des énigmes qui n’existeraient pas sans nos a priori et surinterprétations -, peut-on ignorer des énigmes qui auraient pourtant été, lors du processus créatif, au cœur des réflexions de l’artiste ou du commanditaire ?
  • Quelle est la place, quelle est la valeur du débusquage des générateurs d’énigmes artificielles relativement aux autres catégories d’enquêtes en Histoire de l’art et Archéologie ?
  • Quel sens, quelle importance la résolution d’une énigme significative a-telle dans la carrière d’un chercheur et aux yeux des pairs de celui-ci ?

Dans la table-ronde proposée, nombre de ces questions seront débattues ; les études sélectionnées, qui relèveront des quatre grandes périodes de l’Histoire de l’art, seront autant d’occasions d’aborder ces différentes problématiques et de réfléchir aux moyens et méthodes – parfois inédits ou trop peu exploités – grâce auxquels se dénoue l’écheveau de l’énigme. 

Modalités de soumission et de sélection

Calendrier

Les propositions de contribution (max. 500 mots) doivent parvenir

avant le vendredi 18 novembre

à l’adresse suivante : veronique.boucherat@orange.fr 

Les communications devront, les 8 et 9 décembre, durer 25 minutes au maximum et seront publiées (40.000 signes max.).

Comité scientifique

  • M. Jean-Pierre CAILLET, Professeur d’Histoire de l’art médiéval
  • M. Thierry DUFRÊNE, Professeur d’Histoire de l’art contemporain
  • Mme Ségolène LE MEN, Professeur d’Histoire de l’art contemporain 

Cette table ronde bénéficie du soutien du Département d’Histoire de l’art et d’Archéologie de l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense et de celui du Centre de recherches H.A.R. (Histoire des Arts et Représentations). 

Lieux

  • Université Paris-Ouest Nanterre (Hall du bâtiment B, Salle des conférences)
    Nanterre, France

Dates

  • vendredi 18 novembre 2011

Mots-clés

  • histoire de l’art, archéologie, représentations, iconographie, énigme, sens caché, discours de l’œuvre, niveaux de lecture, élite, initiés, enquête, investigation

Contacts

  • Véronique Boucherat
    courriel : veronique [dot] boucherat [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Véronique Boucherat
    courriel : veronique [dot] boucherat [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'énigme en archéologie et en histoire de l'art », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 12 octobre 2011, http://calenda.org/205600