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Arnold van Gennep : terrains, oppositions, réseaux

Arnold van Gennep: terrains, oppositions, networks

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Publié le mercredi 12 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Ce colloque consacré à Arnold van Gennep (1873-1957) ambitionne de restaurer toute sa complexité, tout son relief à une personnalité-clé du paysage anthropologique français de la première moitié du vingtième siècle. Il s’agit aussi de mettre en évidence, de façon critique et circonstanciée, le champ des oppositions dans lequel évolua van Gennep, afin de mieux comprendre les différents rapports de force – disciplinaires, idéologiques, institutionnels, personnels – qui rendent raison de son parcours scientifique. Ce faisant, on verra s’esquisser une histoire de la discipline qui prendra cette fois pour point focal un « dissident structurel » (Emmanuelle Sibeud), un franc-tireur qui n’a cessé, par ses initiatives institutionnelles et scientifiques, de questionner, de défier voire de stimuler les remaniements méthodologiques, théoriques, muséologiques, à l’œuvre dans l’institutionnalisation de l’ethnologie française tout au long des années 1910-1930.

Annonce

Ce colloque consacré à Arnold Van Gennep (1873-1957) est organisé dans le cadre du programme ANR Bérose (IIAC- équipe LAHIC), encyclopédie numérique sur l’histoire de l’anthropologie (XIXe siècle - années 1940).
Il bénéficie du soutien financier et institutionnel du CNRS, de l’EHESS, de l’EPHE et du LAHIC.
Il est organisé par Christine Laurière et Christelle Ventura (IIAC-Equipe LAHIC)

Argumentaire

Le propos n’est pas de revenir à nouveau sur la notion séminale de rites de passage et de montrer la vigueur de sa fécondité heuristique pour les anthropologues actuels – le colloque organisé à Neuchâtel en 1981 Naître, vivre et mourir : actualité de Van Gennep, et le séminaire international Rites de passage 1909-2009 De la Grèce d’Homère à notre XXIe siècle, accueilli à Grenoble en septembre 2008, l’ont amplement démontré.

Mettant à profit la réédition, ces vingt dernières années, de plusieurs ouvrages et textes inédits de Van Gennep (Manuel de folklore français, Traité comparatif des Nationalités, Le Folklore, En Algérie, Chroniques dans le Mercure de France, etc.), ainsi que les travaux de recherche sur son œuvre et son activité scientifique menés par les anthropologues et les historiens, ces journées ambitionnent de faire un sort définitif à l’image erronée d’un van Gennep « ermite », et de restaurer toute sa complexité, tout son relief – en creux mais aussi en plein – à une personnalité-clé du paysage anthropologique français de la première moitié du vingtième siècle. Il s’agit aussi de mettre en évidence, de façon critique et circonstanciée, le champ des oppositions dans lequel évolua van Gennep, afin de mieux comprendre les différents rapports de force – disciplinaires, idéologiques, institutionnels, personnels – qui rendent raison de son parcours scientifique. Ce faisant, on verra s’esquisser une histoire de la discipline qui prendra cette fois pour point focal un « dissident structurel » (Emmanuelle Sibeud), un franc-tireur qui n’a cessé, par ses initiatives institutionnelles et scientifiques, de questionner, de défier voire de stimuler les remaniements méthodologiques, théoriques, muséologiques, à l’œuvre dans l’institutionnalisation de l’ethnologie française tout au long des années 1910-1930.

Sa dissidence n’a pourtant pas nui à la postérité de van Gennep, tant l’œuvre publiée est gigantesque et fut, in fine, pour le Manuel de Folklore en tout cas, subventionnée officiellement par le CNRS et récupérée par les ATP, où sont déposées ses volumineuses archives. Hasardons une autre hypothèse qui mérite débat : paradoxalement, si, dans les années 1960-1970, pour des raisons de légitimation disciplinaire face au prestige de l’anthropologie exotique, les anthropologues européanistes purent ériger Arnold van Gennep en « créateur de l’ethnographie française », voire en structuraliste avant la lettre, ce fut peut-être tout autant grâce aux mérites scientifiques de ses travaux que parce qu’il n’y avait pas lieu de s’interroger au préalable sur son activité pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la mesure où sa conception du folklore excluait toute compromission politique, toute ambigüité vichyste, tout traditionalisme qui aurait enfermé le folklore dans une définition archaïque et nostalgique.

Programme

Mercredi 19 octobre 2011

13h30 - Accueil des participants à l’EHESS, 105 Bd Raspail, Paris 6e. Salles 7-8, au 2ème étage.

14H30-17H30 – LE DISSIDENT STRUCTUREL

Session présidée par Martine Segalen (Paris-Ouest Nanterre)

  • 14h30-15h15 - EMMANUELLE SIBEUD (IUF, Paris 8) : Arnold van Gennep, ethnographe officiel des colonies ? Entre terrain et politique, les voies étroites du réformisme colonial avant 1914
  • 15h30- 16h15 - SERGE REUBI (Université de Neuchâtel) : Un homme pressé. Arnold van Gennep, l’indépendance de l’ethnographie et le Congrès de Neuchâtel
  • 16H45-17h30 - CHRISTINE LAURIERE (EHESS, IIAC-LAHIC) : Van Gennep, Mauss, Rivet. L’amitié sans concession

Jeudi 20 octobre 2011

10H-13H    AUTOUR DU FOLKLORE : ENJEUX ET DEBATS

Session présidée par FRANÇOISE ZONABEND (EHESS, LAS)

  • 10h-10h45     - ARNAULD CHANDIVERT (Université Paul-Valéry Montpellier III) : Luttes de définition autour de la notion de folklore dans l’entre-deux-guerres : Van Gennep, Saintyves, Varagnac
  • 11h-11h45 - SYLVIE SAGNES (CNRS, IIAC-LAHIC) : Arnold van Gennep en pays de dissidences
  • 12h15-13h - DANIEL FABRE (EHESS, IIAC-LAHIC) : La question de l’art populaire

14H30-18H15    DES COMPLICITES SCIENTIFIQUES

Session présidée par NICOLE BELMONT (EHESS, LAS)

  • 14h30-15h15 - CHRISTELLE VENTURA (IIAC-LAHIC) : Réseaux et Revues
  • 15h30-16h15 - NOËL BARBE (MCC, IIAC-LAHIC) : Correspondre avec van Gennep, la constitution d’un laboratoire ?
  • 16h30-17h15 - JEAN-PAUL MOREL : Henry Poulaille, Pour un folklore non folklorique aux racines du Peuple
  • 17h30-18h15 - NICOLAS ADELL (Université Toulouse-Le Mirail, LISST-Centre d’anthropologie sociale) : Un homme sur les lieux. Roger Lecotté (1899-1991)

Vendredi 21 octobre 2011

10H30-12H30    THEORIES ANTHROPOLOGIQUES : LA VOIX DE VAN GENNEP (I)

Session présidée par PIERRE CENTLIVRES (NEUCHATEL)

  • 10h30-11h15 - THIERRY WENDLING (CNRS, IIAC-LAHIC) : Choix théoriques et ethnographiques à l’œuvre dans les Rites de Passage
  • 11h30-12h15 - JEAN-FRANÇOIS BERT (ENSSIB) : Van Gennep, un ethnographe face aux techniques. Etudier les arts et les industries

14H-17H30    THEORIES ANTHROPOLOGIQUES : LA VOIX DE VAN GENNEP (II)

Session présidée par JEAN-FRANÇOIS GOSSIAUX (EHESS)

  • 14h-14h45     - GIORDANA CHARUTY (EPHE, IIAC-LAHIC) : Van Gennep, historien des religions et ethnographe
  • 15h-15h45 - FREDERICO ROSA (Universidade Nova do Lisboa) :  « Lucina sine concubitu » : ethnographie et théorie de l’immaculée conception chez van Gennep

16h30-17h30 - Conclusion du colloque par DANIEL FABRE et discussion générale

Lieux

  • 105 Boulevard Raspail (salles 7-8)
    Paris, France

Dates

  • mercredi 19 octobre 2011
  • jeudi 20 octobre 2011
  • vendredi 21 octobre 2011

Mots-clés

  • Arnold van Gennep, histoire de l'anthropologie, histoire des religions, anthropologie des religions, biographie savante, histoire des sciences

Contacts

  • Christine Laurière
    courriel : christine [dot] lauriere [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Christine Laurière
    courriel : christine [dot] lauriere [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Arnold van Gennep : terrains, oppositions, réseaux », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 12 octobre 2011, http://calenda.org/205628