AccueilRe-penser l'ordinaire

Re-penser l'ordinaire

Re-thinking the ordinary

L’imaginaire de l’ordinaire dans les sociétés postmodernes

Image of ordinary-ness in postmodern societies

*  *  *

Publié le jeudi 13 octobre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Considéré comme allant de soi, de l’ordre du banal, du commun, ou du courant, l’ordinaire n’est que trop rarement interrogé à l’aune de nos conditions de vie contemporaines. Bien qu’étant un objet ambigu et paradoxal, l’ordinaire, celui qui se dévoile sous le vernis des habitudes et des apparences, celui qui, sous nos gestes les plus anodins, conforme nos chairs, rythmant nos temporalités de ces routines et rituels, est un puissant objet de connaissance et de compréhension. Sa vacuité ne doit pas être considérée comme vide de sens ; elle est le sens même de la réalité. L’ordinaire se vit dans la connivence d’une réalité partagée de tous, mais encore nous faut-il en faciliter son accès : ce colloque croisera les regards féconds de sociologues et d’artistes, afin d’inviter à saisir et re-penser le monde, l’ordinaire en co-naissant le monde.

Annonce

RE-PENSER L'ORDINAIRE

Journées d’étude sur l’imaginaire de l’ordinaire dans les sociétés postmodernes  : Regards croisés de sociologues et d’artistes selon une approche inter et transdisciplinaire.

Le colloque et l’exposition auront lieu les mardi 21 et mercredi 22 mars 2012 au Couvent des Cordeliers, Paris Sorbonne.

Présentation

Dans une large mesure, l’enjeu soulevé par ce colloque est de déterminer les nécessités que tout un chacun nourrit envers la réception des imaginaires sociaux structurant en profondeur nos vies quotidiennes.

Considéré comme allant de soi, de l’ordre du banal, du commun ou du courant, l’ordinaire n’est que trop rarement interrogé à l’aune de nos conditions de vie contemporaines. L’ordinaire est un objet ambigu, paradoxal, il est la plupart du temps de l’ordre du non conscientisable, de l’imperceptible même, pour autant, il est toujours à portée de vue, saturant nos vies de sa présence.

Cette occultation freinerait irrémédiablement toutes tentatives de sa saisie et de son appréciation. Malgré cet obstacle majeur, l’ordinaire, ce qui se dévoile sous le vernis des habitudes et des apparences, ce qui, sous nos gestes les plus anodins, conforme nos chairs, rythmant nos temporalités ces routines et rituels, est un puissant objet de connaissance et de compréhension.

C’est pour cette raison, et bien d’autres encore à expliciter, que notre démarche d’un point de vue sociologique et philosophique se situe dans la droite lignée d’auteurs tels que Friedrich Nietzsche, Max Weber, Georg Simmel, passant par Alfred Schutz, Michel de Certeau, ou bien Ludwig Wittgenstein… Selon un point de vue compréhensif et phénoménal, ces derniers ont ouvert une voie qu’il nous faut à leur suite emprunter. La connaissance ordinaire1 comme le précise si justement Michel Maffesoli est le fondement pour appréhender tous phénomènes sociaux, insistant sur les dimensions du présent, du vécu et de l’empathie.

Ainsi, la vacuité de l’ordinaire ne doit pas être considérée comme vide de sens ; elle est le sens même de la réalité.

Les mots sont des freins à notre expression mettait en garde Martin Heidegger. C’est pourquoi, il est essentiel de prendre en considération tous les langages, quels qu’ils soient, dans la complétude de leurs formes expressives pour approcher l’ordinaire - ou l’extraordinaire. En d’autres termes, re-penser l’ordinaire, apprécier son immédiateté sensible, le quale dirait Merleau-Ponty, discerner ses contours, forcément flous, vagues et incertains, exige de s’émanciper du verbe avant de revenir nécessairement à lui, si ce n’est par jeux de mots et métaphores.

  • Pour exemple, c’est après leur travail de terrain en immersion dans l’environnement étudié que les sociologues ou les anthropologues sont en mesure de se risquer à une interprétation plus générale et distanciée du phénomène observé. Ces derniers auront ainsi à composer leurs résultats à l’aune de leurs postures méthodologiques, leurs protocoles expérimentaux et champ d’investigation, ainsi que leurs intuitions fondatrices.
  • Pour second exemple, les évocations poétiques d’une image, d’une œuvre d’art, peuvent être comprises du point de vue perceptif sans que les mots aient obligatoirement besoin de se former dans l’esprit du regardeur – il en serait de même pour son créateur. Tout en sachant que dans le cadre de leur réception, on assistera à une négociation entre les obstacles cognitifs limitant l’accès à l’intentionnalité de l’artiste et les prédispositions intégrées dans l’écologie visuelle du regardeur. Le Monde des images et de l’art met à jour des codes invisibles. Par leurs immédiatetés sensibles et affectives, les images modifient l’attention à nos réalités quotidiennes, à ce que nous ne sommes pas en mesure de discerner du premier regard. L’image rendue tangible à une extraordinarité transitoire nous invite à re-penser et à saisir le Monde autrement, en co-naissant le Monde.

L’ordinaire se vit dans la connivence d’une réalité partagée de tous, mais encore nous faut-il en faciliter son accès. La vie urbaine, l’esthétique et l’éthique de vie, le vécu corporel ou l’attachement au monde des objets sont les terreaux privilégiés sur lesquels nous souhaitons orienter ces journées d’études. C’est pourquoi en insistant sur le prima de l’expérience de l’ordinaire et sa réflexivité, nous organisons cette rencontre selon les 3 axes de réflexion suivant :

  1. Transdisciplinarité et méthodologie : En tant qu’objet parcellaire, quels sont les agencements disciplinaires propices permettant de toucher au fondement de l’ordinaire ? Autrement dit, quelles sont les postures appropriées afin d’approcher ce que nomme Georges Perec par infra-ordinaire ?
  2. Esthétique : Source d’inspiration non négligeable, de quelle manière les artistes s’approprient-ils l’ordinaire ? Existe-t-il des matériaux, des médiums d’expression privilégiés ? Enfin, comment procèdent-ils pour circuler d’un niveau de langage à un autre afin d’expliciter leur démarche ?
  3. Vie : On sait désormais que la qualité de vie, le bien être, ou bien le souci de soi, sont des dimensions primordiales, et qu’elles font l’objet d’une attention renouvelée. D’un point de vue pragmatique, en quoi l’ordinaire peut-il être amélioré ?

Modalités de participation

Dépôt de la proposition d’intervention :

  • un titre précisé par 1 page.
  • Elle sera accompagnée d’un curriculum vitae succinct.
  • Intervention de 20 mn.

Dépôt du dossier d’artiste :

  • un titre précisé par 1 page.
  • Elle sera accompagnée d’un curriculum vitae succinct et de photographies (.pdf) de l’œuvre présentée (taille maximum : 1 m2).
  • Les artistes désirant présenter leur démarche à l’oral disposeront de 10 mn. 

Texte en Times et format .rtf

À adresser par courrier électronique à Ana Maria Peçanha,  Bernard Troude et Frédéric Lebas à : repenserlordinaire@gmail.com 

avant le 04 janvier 2012

Après soumission des propositions au comité scientifique, une réponse sera envoyée par mail le 1 février 2012. Les interventions et les œuvres feront l’objet d’une publication. Les textes et œuvres acceptées par les comités seront libres de tous droits.

Comité scientifique 

  • Jean Martin Marie Rabot, Sociologue, Université de Bragga (Portugal)
  • Camille Tarot, Sociologue, Université de Caen
  • Bruno Pinchard, Philosophe, Université Lyon-3
  • Christian Hervé, Université Paris Descartes
  • Olivier Saint Jean, Gériatre, HEGP Paris / UniversitéParis Descartes
  • Guy Lecerf, Designer, Université de Toulouse Le Mirail
  • Amos Fergombé, Université d’Artois (Valenciennes)
  • Micheline Girard, Professeur, Galeriste, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Beaux-Arts à Nabeul (Tunisie).

1 Michel Maffesoli, La Connaissance ordinaire, précis de sociologie compréhensive, Librairie des méridiens, Paris, 1985.

Catégories

Lieux

  • 15 Rue de l'Ecole de Médecine (Couvent des cordeliers)
    Paris, France

Dates

  • mercredi 04 janvier 2012

Mots-clés

  • ordinaire, transdisciplinarité, sociologie, imaginaire,

Contacts

  • Ana Maria Peçanha
    courriel : repenserlordinaire [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Frédéric Lebas
    courriel : ceaq [at] ceaq-sorbonne [dot] org

Pour citer cette annonce

« Re-penser l'ordinaire », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 13 octobre 2011, http://calenda.org/205647