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Peinture murale, enjeux et perspectives

Murals, problems and perspectives

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Publié le vendredi 14 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Le groupe de travail « Peinture murale, enjeux et perspectives» se propose de faire un état des lieux de la recherche actuelle sur le sujet et de lui donner une juste place dans la réflexion scientifique sur les mondes contemporains. Il s’agit d’un lieu d’échange et de réflexion où des chercheurs issus de disciplines différentes (esthétique, géographie, sociologie, anthropologie), auront l’opportunité de présenter l’état d’avancement de leur recherche et de le soumettre à la discussion. Nous pensons que la difficulté à inscrire cet objet dans un champ de recherche précis, ainsi que dans une seule discipline, fait partie des ses richesses. Cependant, fort est l’enjeu de mettre en place un cadre épistémologique, un appareillage théorique et méthodologique permettant d’étudier les pratiques de peinture murale contemporaines en faisant des liens entre nos manières de procéder et d’analyser la question. C’est ainsi le point de départ de comparaisons et de confrontations de démarches disciplinaires.

Annonce

Groupe de travail « Peinture murale, enjeux et perspectives»

Présentation

La mise en place de ce groupe de travail naît suite à la soutenance, en 2010, de deux thèses autour de la peinture murale (A. Epstein, « ¡Arriba los que luchan ! Cultures politiques sur les murs de Montevideo », Framespa/LISST-CAS, Université Toulouse-Le Mirail ; F. Cozzolino, « Les peintures murales d’Orgosolo en Sardaigne. Etude anthropologique », IIAC-EHESS) et de la volonté de prolonger collectivement les questionnements sur cet objet.

Cette initiative est animée par la nécessité d’élaborer un cadre scientifique permettant aux chercheurs en sciences sociales d’appréhender un phénomène, le muralisme contemporain, qui reste encore peu exploré.

La plupart des tentatives de compréhension de cette pratique viennent de l’esthétique et de l’histoire de l’art. Ainsi les études sur le muralisme mexicain, l’antécédent historique de nombreux phénomènes de peinture murale développés dans le monde à partir des années 1970. Certains travaux, publiés entre les années 1980 et 1990, montrent que la peinture murale constitue un objet d’étude pertinent. Il s’agit, pour la plupart, de travaux de sociologues portant sur l’Amérique latine (K. McCarthy Brown, 1995 , D. KUNZLE, 1978 et 1995 ) et quelques publications sur les peintures murales d’Irlande du Nord (N. JARMAN, 1998 , J. SANTINO, 2004 ). Quelques chercheurs latino-américains ont proposé récemment des travaux historiques et esthétiques (Rodríguez-Plaza, 2006  ; Castillo Espinoza, 2006 ) : des analyses et réflexions diverses, centrées sur les pratiques de la peinture murale, qui posent de nouvelles pistes de réflexion. Pourtant depuis 20 ans, alors que le phénomène s’est amplifié, les études sur celui-ci sont devenues de plus en plus rares, d’où l’exigence de voir apparaître un renouveau dans l’étude de cet objet.

Nos travaux nous ont mené à assumer le parti pris que la peinture murale ne peut être décrite exclusivement comme une pratique artistique, et que les objets qu’elle produit ne peuvent être lu seulement dans une dimension esthétique. Les deux thèses soutenues en 2010 ont, en effet, été menées dans une perspective anthropologique. La peinture murale est alors observée dans son rapport au politique, à la patrimonialisation, au tourisme, à la mémoire collective, à l’identité des lieux, à l’ambiance graphique des villes où elle se donne à voir.

Le groupe de travail « Peinture murale, enjeux et perspectives» se propose de faire un état des lieux de la recherche actuelle sur le sujet et de lui donner une juste place dans la réflexion scientifique sur les mondes contemporains. Il s’agit d’un lieu d’échange et de réflexion où des chercheurs issus de disciplines différentes (esthétique, géographie, sociologie, anthropologie), auront l’opportunité de présenter l’état d’avancement de leur recherche et de le soumettre à la discussion. Nous pensons que la difficulté à inscrire cet objet dans un champ de recherche précis, ainsi que dans une seule discipline, fait partie de ses richesses. Cependant, fort est l’enjeu de mettre en place un cadre épistémologique, un appareillage théorique et méthodologique permettant d’étudier les pratiques de peinture murale contemporaines en faisant des liens entre nos manières de procéder et d’analyser la question. C’est ainsi le point de départ de comparaisons et de confrontations de démarches disciplinaires.

Chacune des enquêtes réalisées (ou en cours) par les membres du groupe, a nécessité un travail de terrain ainsi que la construction d’archives visuelles, ce qui soulève en soi des questionnements méthodologiques et des approches différentes de notre objet commun. Le travail de réflexion s’appuyant sur nos travaux, deux axes géographiques ou aires culturelles se dessinent : l’Europe et l’Amérique Latine. Deux continents aux histoires croisées mais certainement spécifiques, qui nous mènent de la Sardaigne à Montevideo, du Pays Basque au Mexique.

Par ailleurs, ces rencontres seront l’occasion d’inviter des chercheurs confirmés travaillant sur d’autres objets mais dont les travaux peuvent nous aider à construire une réflexion théorique sur la peinture murale contemporaine.

Le noyau de doctorants et post-doctorants s’engageant dans cette démarche mènera un travail de lecture et de discussion autour des principales publications sur la peinture murale dans le but de constituer une bibliographie commune. Les séances, de la durée d’une journée, auront lieu un jeudi tous les deux mois, entre octobre 2011 et juin 2012, dans les locaux de l’équipe d’Anthropologie de l’écriture (IIAC-EHESS) à Paris, qui soutient activement cette initiative. Un compte-rendu de chaque journée sera fait par les organisateurs. En parallèle des présentations de travaux et du travail bibliographique, le groupe se propose d’organiser un colloque autour de la peinture murale pour l’automne 2012. Celui-ci sera l’occasion de donner à voir à la communauté scientifique les résultats de cette année de travail et de l’ouvrir à une dimension internationale. Nous souhaitons également que cette initiative aboutisse à une publication collective, sous la forme d’un dossier thématique dans une revue de qualité.

Nous invitons tout chercheur impliqué dans ce domaine et souhaitant participer à ce groupe de travail à envoyer une courte lettre de motivation précisant son terrain de recherche, son institution d’appartenance et la manière dont sa participation aux séances s’inscrit dans son travail.

Références bibliographiques

  • Castillo Espinoza, Eduardo. De puño y letra. Movimiento social y comunicación gráfica en Chile. Santiago: Ocho Libros Editores, 2006.
  • KUNZLE D. , The murals of Revolutionary Nicaragua, University of California Press, Los Angeles, 1995.
  • KUNZLE D., « Art of New Chile : Murals, Posters and Comic Book in a Revolutionary Process » ; in  Henry MILTON et LINDA NOCHLIN, Art and Architecture in the Service of Politics, MIT Press, Boston, 1978.
  • JARMAN N. , Painting Landscape : the place of murals in the symbolic construction of urban space, in A. BUCKLEY, Symbols in Norther Ireland. Belfast, The Institut of Irish Studies, The Queen’s university of Belfast, 1998
  • McCARTHY BROWN K. , « A visual forum: Haiti's political murals, octobre 1994 », in Tracing the spirit: Ethonographic esssay on haitian art ,  Seattle,  Brown University of Washington Press, 1995.
  • Rodríguez-Plaza, Patricio. La peinture baladeuse. Manufacture esthétique et provocation théorique latino-américaine. Paris: L'Harmattan, 2006.
  • SANTINO J., Signs of War and Peace: Social Conflict and the Uses of Symbols in Public in Northern Ireland, London, Palgrave Macmillan, 2004.  

Programme provisoire

13 octobre 2011

Matin :

9h30 : Présentation du programme de travail du groupe.

  • 10 h : Francesca Cozzolino (Equipe Anthropologie de l’écriture, IIAC-EHESS) : « Les murales d’Orgosolo en Sardaigne. De la « fabrication » d’une histoire à la patrimonialisation ».
  • 11h : Ariela Epstein (LISST-Centre d’Anthropologie Sociale, Université Toulouse-Le Mirail) : « La culture des murs peints à Montevideo, ou comment classer des pratiques hybrides ».

Après-midi :

  • 14h : Pascal Pragnère (AHMCO - Approches Historiques des mondes contemporains - EHESS) : « Fonctions politiques de la peinture murale : une approche transnationale de conflits ».
  • 15h : Ana Cecilia Hornedo (CETHA (Centre d’étude des théories de l’art) – EHESS) : « La peinture murale mexicaine comme « énergie synthétique ».

16h : clôture de la séance.

8 décembre  2011

Matin  (9.30 -12.30) “graffiti politiques”

  • Pedro Araya (Equipe Anthropologie de l’écriture, IIAC-EHESS) : « 'Rayar es natural' . Des écritures exposées en situation de rébellion à Santiago de Chile. Une enquête anthropologique ».
  • Néstor García Lázaro (Université de Las Palmas de Gran Canaria): « Graffitis politiques des Canaries 1959-1982. Problèmes méthodologiques et perspectives d’étude ».
  • Anne Puech (3L. AM, Université d’Angers) : "Graffiti et street art espagnols contemporains, une alternative à la pratique institutionnelle de la politique".

Après-midi: (14h- 16.30) :

  • Laura Mac Atackney (Global Irish Institute, University Collège Dublin): « “Painting landscapes”: archeological approaches to contextualising Northern Irish wall Murals».
  • Présentation de l’ouvrage d’Alain Miossec, Murals d’Irlande du Nord. Quel avenir après 100 années de pratique communautaire? CRBC, Rennes, 2011.
  • Première séance de travail bibliographique.

2 février 2012

Matin  (9.30 -12.30h) :

  • Jacques Poloni Simard, (Maître de conférences à l'EHESS – CERMA): “Le muralisme à Buenos Aires et Montevideo des années 1940”.
  • Annick Tréguer, (Spécialiste du monde Latino-Américain, CRICCAL - Paris 3) « La peinture murale des Chicanos aux Etats-Unis ».
  • Claire Bustarret (Ingénieure de recherche, équipe anthropologie de l’écriture IIAC-EHESS/CNRS) : « La question du mur support d'inscriptions : une enquête codicologique au Chili».

Après- midi : (14h-16.30)

  • Deuxième séance de travail bibliographique (chacun expose les résultats sous forme de compte-rendu d’ouvrage, lectures de thèses, ou dépouillage de revues)

5 avril 2012

Matin  (10-12.30h) :

  • Pierre Piazza (maître de conférence en sciences politiques à l'université de Cergy-Pontoise) et Xavier Crettiez (Professeur de sciences politique à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) : « Faire parler les murs en Corse. Retour sur une expérience de terrain et sur une méthode de collecte des données ».
  • Questions de méthodologie en discussion : la collecte de données, l’organisation de corpus, l’analyse et son édition (catalogue –CD)

Après-midi (14h-16.30) :

  • Pierre Bertoncini (docteur en anthropologie de l'Université de Corse – APARMA -Association patrimoine/recherche de Méditerranée et d'ailleurs), "Graffiti bombé, université et Corse. Le point sur  30 ans de relations."
  • Travail bibliographique.

7 juin 2012

La cinquième et dernière séance du groupe de travail «  Peinture murale, enjeux et perspectives », aura lieu le jeudi 7 juin dans les locaux de l'équipe anthropologie de l'écriture (7, rue Huysmans, 75006, interphone EHESS).

Matin (9h30-2.30h) :

  • Jad Salaman (Doctorant, Département des  Arts Plastiques, EPHA/Paris 8) : « Du mur à la toile. Une exploration de l'expression murale palestinienne, au travers d'une expérience picturale personnelle »
  • Amalia Dragani (Post-doctorante, Université de Turin et FMSH/LAS): « Ethnographie du mur à Tamanrasset (Algérie). Peintures murales et représentations des Touaregs dans une ville à l'urbanisation récente »

Après midi (14h‐15.00) : Bilan de l’année.

Contacts:

  • Francesca Cozzolino : francesca.cozzolino@libero.it
  • Ariela Epstein : ariela.epstein@hotmail.fr

Lieux

  • 7 rue Huysmans
    Paris, France

Dates

  • jeudi 07 juin 2012
  • jeudi 13 octobre 2011
  • jeudi 08 décembre 2011
  • jeudi 02 février 2012
  • samedi 05 mai 2012

Mots-clés

  • murales, peinture murale, anthropologie de l'écriture

Contacts

  • Francesca Cozzollino
    courriel : francesca [dot] cozzolino [at] libero [dot] it

Source de l'information

  • Francesca Cozzolino
    courriel : francesca [dot] cozzolino [at] libero [dot] it

Pour citer cette annonce

« Peinture murale, enjeux et perspectives », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 14 octobre 2011, http://calenda.org/205648