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L'action publique face au changement climatique

Public Action to Address Climate Change

Expertise, jeux d'échelles et comparaison internationale

Expertise, Interplay of Scales and International Comparison

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Publié le vendredi 14 octobre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Le Centre Émile Durkheim organise à Sciences Po Bordeaux, les 15 et 16 mars prochains, un colloque sur le thème de « l’action publique face au changement climatique ». Le changement climatique constitue un enjeu environnemental planétaire, qui s’est traduit au cours de ces vingt dernières années par une multiplication des dispositifs de régulation étatiques. Ces dispositifs ont aujourd’hui des effets importants sur la définition et la conduite des politiques publiques. Face à ces évolutions, que peut dire et faire la recherche en sciences humaines et sociales ? Appelant à un dialogue pluridisciplinaire (entre politistes, juristes, sociologues, économistes et géographes), les axes de recherche proposés dans le cadre de ce colloque invitent à éclairer, sous un regard à la fois distancié et comparatif, certains des enjeux majeurs liés au traitement public de la menace du changement climatique à travers le monde.

Annonce

[English version below]

Argumentaire

Les sociétés contemporaines ont-elles réellement la capacité à faire face aux défis du changement climatique, en particulier si l’on prend en compte leur fonctionnement politique ? La lutte contre le réchauffement climatique renvoie à différents types de rationalités (scientifiques et techniques, mais aussi économiques, juridiques, éthiques, voire philosophiques) qui sont incompatibles avec des logiques électorales de court terme. Ainsi, la politique nationale en matière d’énergies renouvelables avance très rapidement en Chine, malgré un régime qui reste autoritaire. Ceci interroge directement la capacité des régimes politiques démocratiques à traiter des changements environnementaux planétaires (a contrario, l’Allemagne se montrerait plus performante que d’autres démocraties).

Jusqu’à présent, tout s’est polarisé sur la constitution d’un régime international, reposant sur des accords contraignants, soit une technologie politique de négociation multilatérale[1]. Mais ce type de technologie est-il encore adapté ? Car la globalité du phénomène n’est pas sans poser problème : elle se traduit aujourd’hui par une structure internationale fortement hybride, hétérogène et fragmentée[2]. À cet égard, la diffusion de modèles d’action publique pour lutter contre le changement climatique pose la question de leur efficacité propre, mais aussi de leur compatibilité entre eux. De la convergence éventuelle des politiques publiques dans ce domaine peut naître après-coup un accord contraignant. L’action publique peine cependant à assumer la dimension multi-scalaire de la lutte contre le réchauffement climatique[3]. De fait, les politiques concernées impliquent de très nombreux acteurs et secteurs d’activités, qui appellent à articuler la prise en compte de cadres d’action globaux avec des cadres d’action nationaux, voire localisés, de formulation des problèmes et de leur résolution[4].

Comment appréhender la définition et la conduite de ces politiques et les transformations réelles et symboliques qu’elles suscitent ? Telle est l’autre question de fond que se propose de traiter ce colloque. Dans la plupart des pays industrialisés, ainsi que dans certains pays en développement, la prise en compte des enjeux liés au réchauffement climatique a conduit à formuler de nouvelles priorités politiques, encore plus transversales aux programmes sectoriels que ne l’était jusque-là la référence classique à l’environnement, allant des modes de consommation aux questions énergétiques en passant par les problèmes sanitaires et sociaux. Dans ce contexte, la traduction politique des enjeux scientifiques et techniques qui lui sont liés s’avère de plus en plus incertaine[5]. Sur ce point, le raffinement des modèles climatiques conduit à intégrer un nombre croissant de données, ayant pour conséquence d’accroître la complexité des politiques à mettre en œuvre et de la prise de décision.

Si le changement climatique ne s’aligne pas (ou plus) sur les orientations d’une opposition droite-gauche traditionnelle[6], quelles valeurs et « visions du monde » lui associer ? Cette question, inséparable des deux premières, interroge directement la relation policy/politics à l’œuvre dans la lutte contre le réchauffement climatique. Après avoir rapidement gagné en extension, la problématique du climat apparaît ainsi confrontée à la nécessité de trouver une nouvelle consistance politique, qui appelle la constitution de nouveaux axes d’argumentation[7]. Loin de décrire un retour en arrière, cette tendance à la « repolitisation » du problème suppose, au contraire, la concrétisation d’objectifs restés jusque-là en grande partie abstraits, ou ce que l’on pourrait également convenir de nommer une « montée en singularité »[8]. Décrivant l’une des dimensions du travail de création artistique, l’expression renvoie alors aussi à un « art de gouverner », qui implique l’élaboration et la mise en œuvre de « nouvelles » politiques publiques ou leur recyclage.

Axes de réflexion

À partir de ces éléments de réflexion, trois axes de recherche, à la fois transversaux et complémentaires, sont envisagés pour ce colloque :

Expertise et politique

Le régime climatique procède d’une longue série d’interactions entre science et politique. À ce titre, la coopération internationale sur le changement climatique est d’abord une coopération scientifique et technique, où l’expertise joue un rôle central[9]. Aujourd’hui, modèles et scénarios conditionnent très fortement la perception du changement climatique, en termes de prédictions numériques, mais aussi de savoirs quantitatifs[10]. Les programmes publics se fondent sur ces données, mais ils doivent également les traduire dans une langue intelligible par tous, adaptée aux situations nationales, locales et notamment urbaines. Cette nécessité et la complexité croissante liée à ces activités placent savants et politiques face à de nouveaux défis[11].

À ce titre, la prise en compte des dimensions régionales de la menace du changement climatique appelle à élaborer des projections de plus en plus fines. Les derniers modèles utilisés par le GIEC, en s’efforçant de prendre en compte les ruptures d’équilibre et d’explorer la possibilité de non-linéarités fortes à l’intérieur des échelles climatiques, vont dans ce sens[12]. Mais ces gains de précisions rencontrent également des obstacles : car les modèles climatiques sont, d’une manière générale, mieux adaptés aux échelles synoptiques d’ensemble. La prise en compte de l’échelle locale encourage, de ce fait, les approches pluridisciplinaires et la mobilisation d’autres sciences, notamment humaines et sociales (anthropologie, géographie, psychologie, sociologie, science politique…).

D’autres acteurs, privés ou non-étatiques (cabinets de conseil, firmes multinationales, ONG, think tanks, etc.), moins souvent étudiés[13], jouent également un rôle croissant dans la production d’expertises et de contre-expertises liées au problème du réchauffement climatique. Quelle(s) influence(s) ces savoirs, encastrés dans d’autres réalités sociales et économiques, exercent-ils en retour sur l’orientation des programmes politiques et de la prise de décision publique ? Au-delà de l’évolution des techniques d’évaluation de la menace du changement climatique, la cartographie des acteurs producteurs de connaissances pratiques dans ce domaine constitue un autre aspect de la réflexion auquel ce colloque entend contribuer.

Jeux d’échelles et action publique

Le traitement public de la menace du changement climatique conduit à formuler l’hypothèse plus générale d’une extension des activités sociales, économiques et juridiques qui caractérisent l’État moderne, à travers une grande diversité de discours, de normes, de pratiques et de technologies[14]. La portée politique de ces évolutions apparaît d’autant plus importante si l’on considère que les techniques utilisées (régulations juridiques, économiques, modèles et scénarios, plans climat, labels incitatifs, kits de communication…) et les nombreux centres de pouvoir impliqués (bureaucraties nationales et internationales, laboratoires de recherche, think tanks, bureaux d’études, associations de défense de l’environnement…) visent à orienter les relations entre la société politique (via l’exécutif administratif) et la société civile (via ses sujets administrés), mais aussi les sujets eux-mêmes[15].

Dans cette perspective, le concept de jeu d’échelle, en prêtant attention à la « structure feuilletée du social »[16], invite à recentrer l’analyse sur les mécanismes de traduction et d’hybridation qui sont au coeur de ces transformations : de l’échelle individuelle à l’échelle collective, de l’échelle scientifique à l’échelle politique, de l’échelle locale à l’échelle globale, et réciproquement. En quoi l’attention prêtée à ces dynamiques permet-elle de mieux appréhender et saisir les enjeux spécifiques liés au traitement public de la menace du changement climatique et éclairent-ils la compréhension de certains phénomènes de « boucles étranges » ou « hiérarchies enchevêtrées » [17] que l’on peut y associer ? Considérant le changement climatique comme un cas exemplaire pour aborder ces questions, ce colloque se propose également de réfléchir aux outils et concepts dont disposent actuellement les sciences sociales, afin de mieux appréhender la complexité croissante des changements environnementaux planétaires.

Comparaison internationale et convergence des politiques publiques

Face à des menaces globales et aux incitations internationales en matière de « développement durable », la plupart des pays industrialisés s’interrogent sur la capacité de leur organisation politique et administrative à mettre en place des réponses adaptées. Le caractère transnational de la menace du changement climatique invite ici à remettre au premier plan de l’analyse l’hypothèse d’une convergence des politiques publiques.

Dans cette perspective, la comparaison internationale constitue une méthode privilégiée. À condition toutefois de réellement confronter les cas étudiés, et non pas seulement de les juxtaposer, mais aussi de préciser à quel(s) niveau(x) a lieu la convergence (objectif, contenu, instrument, mode d’adoption, ressortissant, effet ou acteur dominant) et à travers quel(s) processus elle opère (harmonisation transnationale, convergence « en douceur », mimétisme ou dépendance)[18]. Si certaines recherches mettent en avant le rôle de l’Union européenne et des pays industrialisés dans ces processus[19], peu de travaux insistent, en revanche, sur l’action (ou l’absence d’action) observable dans certains pays en développement, mais aussi des pays émergents à forte croissance, face à la menace du changement climatique[20]. Là encore, la comparaison peut constituer un précieux outil d’analyse, afin de mieux appréhender la façon dont certains acteurs se saisissent de cette question, la discutent, se l’approprient ou la rejettent, dans des contextes sociopolitiques et des territoires réputés non seulement distincts, mais aussi distants les uns des autres.

Sans négliger l’apport d’études monographiques, que nous apprend le regard comparé sur le traitement public de la menace du changement climatique ? L’hypothèse d’une convergence des politiques publiques dans ce domaine suppose également de s’interroger sur leur « divergence », en prenant acte des formes d’extraversion et d’appropriation de certains modèles ou instruments prônés par les pouvoirs publics. En mettant en symétrie pays industrialisés et pays en développement, ce colloque se veut enfin l’occasion d’élargir la réflexion sur l’action publique en direction de territoires et de continents encore relativement peu étudiés (Afrique, Asie, Inde, Chine).

Le changement climatique constitue un enjeu environnemental planétaire, qui s’est traduit au cours de ces vingt dernières années par une multiplication des dispositifs de régulation étatiques. Ces dispositifs ont aujourd’hui des effets importants sur la définition et la conduite des politiques publiques. Tout comme la « peur de l’enfer » avait pu, en son temps, faire davantage pour les religions que la « promesse du paradis », la menace du changement climatique contribue désormais sans doute davantage à l’engagement dans des politiques de « durabilité » que le seul souci véritable de protection de l’environnement – ce qui n’est pas sans contribuer à complexifier le débat éthique[21].

Face à ces évolutions, que peut dire et faire la recherche en sciences humaines et sociales ? Si les travaux sur le sujet ne manquent pas, ceux-ci apparaissent encore peu réflexifs quant à leur propre rôle[22]. Appelant à un dialogue pluridisciplinaire (entre politistes, juristes, sociologues, économistes et géographes), les axes de recherche proposés dans le cadre de ce colloque invitent à éclairer, sous un regard à la fois distancié et comparatif, certains des enjeux majeurs liés au traitement public de la menace du changement climatique à travers le monde.

Modalités de participation

Les propositions de communications (en français ou en anglais) seront à envoyer par courrier électronique à expertclim2012@gmail.com,

au plus tard, le 15 décembre 2011.

Elles devront s’intégrer dans au moins l’un des trois axes de réflexion envisagés et ne pas excéder 500 mots – merci également de préciser vos coordonnées et institution de rattachement.

  • La sélection des propositions se fera début janvier 2012.
  • Les textes, d’environ 6 000 mots (rédigés en français ou en anglais), seront à transmettre, au plus tard, le 8 mars 2012.
  • Pour de plus amples informations sur les modalités de votre participation à cet événement, n’hésitez pas à contacter les organisateurs à l’adresse de messagerie ci-dessus.

Comité scientifique

Amy Dahan (Centre Alexandre Koyré/EHESS), Patrick Hassenteufel (CEE/Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Jean-Claude Hinnewinkel (ADES/Université Michel de Montaigne Bordeaux III), Philippe Le Prestre (Institut EDS/Université Laval), Pieter Leroy (Radboud University Nijmegen), Sandrine Maljean-Dubois (CERIC/Université Paul Cézanne Aix-Marseille III), Jean-Christophe Pereau (GREThA/Université Montesquieu Bordeaux IV), Pascal Ragouet (Centre Émile Durkheim/Université Bordeaux Segalen), Antoine Roger (Centre Émile Durkheim/Sciences Po Bordeaux).

NB : Il est envisagé la publication d’une sélection de contributions issues de ce colloque dans un ouvrage collectif ou une revue scientifique internationale. 

Argument - English version

Do contemporary societies have really the ability to address issues of climate change, especially if one takes into account their political systems? The struggle against global warming refers to different types of rationality (science and technology, but also economic, legal, ethical or philosophical) that are incompatible with the logic of short term electoral politics. On the contrary, despite its authoritarian regime, China’s national policy on renewable energy is making rapid progress. This directly questions the capacity of democratic political systems to deal with global environmental change (see the German counter-example).

To date, efforts have focused on the establishment of an international regime, based on binding agreements, that is to say, a political technology of multilateral negotiation[23]. But is this technology still appropriate? Indeed, the global nature of the phenomenon brings its own problems: it is now resulting in a strong hybrid, heterogeneous and fragmented international structure[24]. Dissemination of public action models in the fight against global warming poses the question of their own effectiveness, but also their compatibility. Convergence of public policy in this area may eventually result in a binding agreement. Public action, however, still remains uncomfortable with the multi-scalar dimensions of the struggle against climate change[25]. The formulation of a comprehensive policy framework requires, indeed, the involvement of many actors and sectors of activities, not only at the global scale, but also at the national and local scales[26].

How should one understand the formulation and implementation of these policies and the real and symbolic transformations they generate? This is another basic question that this conference wants to address. In most industrialized countries, and in some developing countries, taking into account issues related to global warming has led to the formulation of new policy priorities, whose cross-cutting programmes go far beyond the usual reference to the environment, ranging from consumption patterns to energy questions, through social problems and public health. In this context, the political translation of scientific and technical issues related to global warming is becoming more uncertain[27]. In fact, refinement of climate models has led to the integration of more and more data, resulting in an increasing complexity of policy implementation and decision-making.

Then again, if climate change debates can no longer be understood along a spectrum of a traditional left-right opposition[28], which values and ‘world views’ could make sense of it? This question, difficult to separate from the previous ones, is more specifically related to the relations between policy/politics at work in the fight against global warming. Despite the extension of climate change issues, its public treatment still needs to gain political consistency, which calls for the creation of new lines of argument[29]. Far from describing a step backwards, the tendency to ‘re-politicize’ the problem requires, however, the realization of goals that remained largely abstract so far – or what we might also call a “rise in singularity”[30]. Describing the dimensions at work in artistic creation, this expression then returns as a ‘statecraft’, which involves the development and implementation of ‘new’ policies or the recycling of existing ones.

Areas of Research

On this basis, three research areas, both cross-cutting and complementary, are targeted for this conference:

Expertise and Politics

The climate regime is the result of a long series of interactions between science and politics. As such, international cooperation on climate change is primarily a scientific and technical cooperation, where expertise is central[31]. Today, models and scenarios have strong influence on perceptions of climate change, in terms of both numerical predictions and quantitative knowledge[32]. Public programs are based on these datasets, but they must also be translated into a language intelligible to all, appropriate to national circumstances, including local and urban scales. Today, this need and the increasing complexity associated with these activities confront politicians and scientists with new challenges[33].

The need to take into account the regional dimensions of the climate change issue calls for the making of increasingly fine projections. The latest models used by the IPCC, that try to address instabilities and explore the possibility of strong non-linearities in climate scales, are a step in this direction[34]. Yet these gains in details also face obstacles: indeed, climate models are generally better suited to synoptic scales. Taking into account the local encourages, therefore, multidisciplinary approaches and the mobilization of other sciences – including humanities and social science (anthropology, geography, psychology, sociology, political science...).

Other private or non-state actors (consulting firms, multinationals, think tanks, NGOs, etc.), though less often studied[35], also play an increasing role in the production of expertise and counter-expertise on global warming. What influence(s) does this knowledge, embedded in other social and economic realities, exert, in turn, on the direction of political programs and public decision-making? Beyond the development of techniques for evaluating the threat of climate change, this conference also aims at mapping the actors producing practical knowledge in this area.

Interplay of Scales and Public Action

The public treatment of the climate change issue leads to the formulation of a more general hypothesis on the extension of economic, legal and social activities characterizing a modern state, via a great diversity of discourses, norms, practices and technologies[36]. The political scope of the operations of translation to be considered appears all the more important if one bears in mind that the techniques mobilized (economical and legal regulations, models and scenarios, local plans, dashboards, incentive labels, communication kits...) and the many power-knowledge centres involved (national and international bureaucracies, research laboratories, public agencies, think tanks, consulting firms, environmental protection associations...) aim at orientating relations between political society (via modern administration) and civil society (via its citizens), as well as between individuals or the subjects themselves[37].

In this regard, the concept of interplay of scale, by drawing attention to the “interleaved nature of social structure”[38], invites analysis to be re-centred on the mechanisms of translation and hybridization which lie at the very heart of these multiple relations: from individual to collective, from scientific to political, from local to global, and vice-versa. How does the attention paid to these dynamics allow us to better understand and grasp the specific issues related to public treatment of climate change and illuminate the understanding of certain phenomena of “strange loops” or “tangled hierarchies”[39] that we can associate to it? Recognizing climate change as an exemplary case to address these issues, this conference is intended to reflect on concepts and tools currently available to social scientists to better understand the increasing complexity of global environmental change.

International Comparison and the Convergence of Public Policies

Faced with global threats and international incentives for ‘sustainable development’, most countries are questioning the ability of their political and administrative organization to implement appropriate responses. The transnational nature of the climate change issue calls here to return to the forefront of the analysis the hypothesis of a convergence of public policies.

From this perspective, international comparison is a necessity. On one condition, however: that the cases are not simply juxtaposed, but confronted to show at what level(s) convergence takes place (objective, content, tool, mode of adoption, beneficiary, effect or dominant actor) and through what process(es) it operates (transnational harmonization, ‘soft’ convergence, mimetism or dependence)[40]. Whereas there are some studies that highlight the role of the European Union and other industrialized countries in these processes[41], little has been done on the action (or inaction) observed in some developing countries, but also in high-growth emerging states, to face the threat of climate change[42]. Again, comparison can be a valuable analytical tool to improve understanding of how those actors confront this issue, discuss, own or reject it, in socio-political contexts and territories deemed not only distinct, but also distant from one another.

Without neglecting the contribution of case studies, what does comparison tell us about the public treatment of climate change? The hypothesis of a convergence of public policy in this area is also assumed to reflect on their 'difference', noting the forms of extraversion and appropriation of certain models or instruments promoted by the government. By confronting analysis on industrialized and developing countries, this conference is intended as an opportunity to broaden the debate on public policy towards hitherto understudied territories and continents (Africa, Asia, India, China).

Climate change is a global environmental issue, which has resulted in a proliferation of state control devices in the last twenty years. These devices now have a significant impact on the formulation and conduct of public policy. Just as, in its time, the ‘fear of hell’ did more for religion than the ‘promise of paradise’, today the threat of climate change probably contributes more to political involvement in ‘sustainability’ than a genuine concern for environmental protection – which consequently further complicates the ethical debate[43].

In the face of these developments, what role for social science research? Even as works on the topic abound, it still appears somewhat reflective about its own role[44]. Calling for an interdisciplinary dialogue (among political scientists, lawyers, sociologists, economists and geographers), the research areas proposed for this conference invite researchers, through critical and comparative lenses, to grapple with major issues related to the public treatment of climate change around the world.

Modalities of Participation

Proposals for papers (in English or French) should be sent by e-mail to expertclim2012@gmail.com,

no later than December 15, 2011.

They should fit into, at least, one of the three lines of thought considered, and not exceed 500 words. Please include your contact details and institutional affiliation.

  • The selection of proposals will be announced in early January 2012.
  • Final texts – of about 6 000 words (written in French or English) – should be submitted no later than March 8, 2012.
  • If you want more information or if you wish to discuss other ways of contributing to this event, feel free to contact the organizers at the e-mail address above.

Scientific Committee

Amy Dahan (Centre Alexandre Koyré/EHESS), Patrick Hassenteufel (CEE/Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Jean-Claude Hinnewinkel (ADES/Université Michel de Montaigne Bordeaux III), Philippe Le Prestre (Institut EDS/Université Laval), Pieter Leroy (Radboud University Nijmegen), Sandrine Maljean-Dubois (CERIC/Université Paul Cézanne Aix-Marseille III), Jean-Christophe Pereau (GREThA/Université Montesquieu Bordeaux IV), Pascal Ragouet (Centre Émile Durkheim/Université Bordeaux Segalen), Antoine Roger (Centre Émile Durkheim/Sciences Po Bordeaux).

NB: There will be a publication of a selection of papers from this conference either as an edited volume or in an international academic journal.

Notes

[1] Joseph Aldy, Robert Stavins (eds.), Architectures for Agreement: Addressing Global Climate Change in the Post-Kyoto World, Cambridge, Cambridge University Press, 2007.

[2] Mike Hulme, Why We Disagree about Climate Change: Understanding Controversy, Inaction and Opportunity, Cambridge, Cambridge University Press, 2009.

[3] Sheila Jasanoff, Marybeth Long Martello (eds.), Earthly Politics: Local and Global in Environmental Governance, Cambridge, MIT Press, 2004.

[4] Harriet Bulkeley, “Reconfiguring Environmental Governance: Towards a Politics of Scale and Networks”, Political Geography, vol. 24, n°8, 2005, p. 875-902.

[5] Ulrich Beck, “Climate for Change, or How to Create Green Modernity”, Theory, Culture and Society, vol. 27, n°2-3, 2010, p. 254-266.

[6] Anthony Giddens, The Politics of Climate Change, Cambridge, Polity Press, 2009.

[7] Bronislaw Szerszynski, John Urry (eds.), “Changing Climates”, Theory, Culture and Society, vol. 27, n°2-3, 2010.

[8] Selon l’expression de Nathalie Heinich (cf. La sociologie de l’art, Paris, La Découverte, 2004, p. 73).

[9] Rafael Encinas de Munagorri (dir.), Expertise et gouvernance du changement climatique, Paris, LGDJ, 2009.

[10] Amy Dahan Dalmedico (dir.), Les modèles du futur. Changement climatique et scénarios économiques : enjeux scientifiques et politiques, Paris, La Découverte, 2007.

[11] Peter Driessen, Pieter Leroy, Wim van Vierssen (eds.), From Climate Change to Social Change: Perspectives on Science-Policy Interactions, Utrecht, International Books, 2009.

[12] Hervé Le Treut, Nouveau climat sur la terre : comprendre, prédire, agir, Paris, Flammarion, 2009.

[13] Peter Newell, Climate for Change: Non-state Actors and the Global Politics of the Greenhouse, Cambridge, Cambridge University Press, 2000.

[14] Mary Pettenger (ed.),The Social Construction of Climate Change: Power, Knowledge, Norms, Discourses, Londres, Ashgate, 2007.

[15] Matthew Paterson, Johannes Stripple, “Governing Individuals’ Carbon Emissions: Environment and Planning”, Society and Space, vol. 28, n°2, 2010, p. 341-362.

[16] Jacques Revel (dir.), Jeux d’échelles. Micro-analyse à l’expérience, Paris, Gallimard/Le Seuil, 1996, p. 13.

[17] Douglas Hofstadter, Gödel, Escher, Bach: An Eternal Golden Braid, New York, Basic Books, 1979.

[18] Patrick Hassenteufel, « De la comparaison internationale à la comparaison transnationale. Les déplacements de la construction d’objets comparatifs en matière de politiques publiques », Revue française de science politique, vol. 55, n°1, 2005, p. 113-132.

[19] Rudiger Wurzel, James Connelly (eds.), The European Union as a Leader in International Climate Change Politics, Londres, Routledge, 2011.

[20] Timmons Roberts, Bradley Parks, A Climate of Injustice: Global Inequality, North-South Politics, and Climate Policy, Cambridge, MIT Press, 2007.

[21] Stefan Skrimshire (ed.), Future Ethics: Climate Change and Apocalyptic Imagination, Londres, Continuum Press, 2010.

[22] Steven Yearley, “Sociology and Climate Change after Kyoto: What Roles for Social Science in Understanding Climate Change?”, Current Sociology, vol. 57, n°3, 2009, p. 389-405.

[23] Joseph Aldy, Robert Stavins, eds., 2007, Architectures for Agreement: Addressing Global Climate Change in the Post-Kyoto World, Cambridge, Cambridge University Press.

[24] Mike Hulme, 2009, Why We Disagree about Climate Change: Understanding Controversy, Inaction and Opportunity, Cambridge, Cambridge University Press.

[25] Sheila Jasanoff, Marybeth Long Martello, eds., 2004, Earthly Politics: Local and Global in Environmental Governance, Cambridge, MIT Press.

[26] Harriet Bulkeley, 2005, “Reconfiguring Environmental Governance: Towards a Politics of Scale and Networks”, Political Geography, 24 (8), p. 875-902.

[27] Ulrich Beck, 2010, “Climate for Change, or How to Create Green Modernity”, Theory, Culture and Society, 27 (2-3), p. 254-266.

[28] Anthony Giddens, 2009, The Politics of Climate Change, Cambridge, Polity Press.

[29] Bronislaw Szerszynski, John Urry, eds., 2010, “Changing Climates”, Theory, Culture and Society, 27 (2-3).

[30] In the words of Nathalie Heinich (cf. 2004, La sociologie de l’art, Paris, La Découverte, p. 73).

[31] Rafael Encinas de Munagorri, dir., 2009, Expertise et gouvernance du changement climatique, Paris, LGDJ.

[32] Amy Dahan Dalmedico, dir., 2007, Les modèles du futur. Changement climatique et scénarios économiques : enjeux scientifiques et politiques., Paris, La Découverte

[33] Peter Driessen, Pieter Leroy, Wim van Vierssen, eds., 2009, From Climate Change to Social Change: Perspectives on Science-Policy Interactions, Utrecht, International Books.

[34] Hervé Le Treut, 2009, Nouveau climat sur la terre : comprendre, prédire, agir, Paris, Flammarion.

[35] Peter Newell, 2000, Climate for Change: Non-state Actors and the Global Politics of the Greenhouse, Cambridge, Cambridge University Press.

[36] Mary Pettenger, ed., 2007, The Social Construction of Climate Change: Power, Knowledge, Norms, Discourses, London, Ashgate.

[37] Matthew Paterson, Johannes Stripple, 2010, “Governing Individuals’ Carbon Emissions: Environment and Planning”, Society and Space, 28 (2), p. 341-362.

[38] Jacques Revel, dir., 1996, Jeux d’échelles. Micro-analyse à l’expérience, Paris, Gallimard/Le Seuil, p. 13.

[39] Douglas Hofstadter, 1979, Gödel, Escher, Bach: An Eternal Golden Braid, New York, Basic Books.

[40] Patrick Hassenteufel, 2005, « De la comparaison internationale à la comparaison transnationale. Les déplacements de la construction d’objets comparatifs en matière de politiques publiques », Revue française de science politique, 55 (1), p. 113-132.

[41] Rudiger Wurzel, James Connelly, eds., 2011, The European Union as a Leader in International Climate Change Politics, London, Routledge.

[42] Timmons Roberts, Bradley Parks, 2007, A Climate of Injustice: Global Inequality, North-South Politics, and Climate Policy, Cambridge, MIT Press.

[43] Stefan Skrimshire, ed., 2010, Future Ethics: Climate Change and Apocalyptic Imagination, London, Continuum Press.

[44] Steven Yearley, 2009, “Sociology and Climate Change after Kyoto: What Roles for Social Science in Understanding Climate Change?”, Current Sociology, 57 (3), p. 389-405.

Lieux

  • 11 allée Ausone (Sciences Po Bordeaux - Domaine universitaire)
    Pessac, France

Dates

  • jeudi 15 décembre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Action publique, changement climatique, comparaison internationale, expertise, jeu d'échelle

Contacts

  • Expert Clim2012 ~
    courriel : expertclim2012 [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Yann Bérard
    courriel : yberard [at] martinique [dot] univ-ag [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'action publique face au changement climatique », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 14 octobre 2011, http://calenda.org/205671