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Mobilités et changements de catégories : portée et limites des données longitudinales

Social mobility and the change of categories: the reach and limits of longitudinal data

XIXe journées du longitudinal

19th longitudinal study day

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Publié le lundi 17 octobre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

De nombreuses recherches ont déjà démontré l’apport des données longitudinales pour déchiffrer le passage d’un état à un autre, et signaler des états transitoires, précaires ou durables, plus ou moins réversibles, plus ou moins ajustés aux attentes et aux dispositifs, en particulier entre formation et emploi. Des catégories ont été construites à l’appui de réflexions interdisciplinaires, telles que celles de transition, de cheminement long, de parcours, de carrières et bien d’autres. Dans un contexte sociétal où tout semble changer en même temps et où il est difficile de démêler les effets structurels et conjoncturels, ces avancées incitent aujourd’hui à attaquer de front la question complexe de la mobilité, qui a bien sûr été abordée mais n’a jamais fait l’objet central d’un appel à contribution des JDL. Du reste, le pluriel convient mieux. En partant des acquis de spécialistes de la mobilité sociale, peuvent être distinguées les mobilités observées classiquement et d’autres formes plus complexes et plus difficiles à reconstruire.

Annonce

Mobilités et changements de catégories. Portée et limites des données longitudinales, XIXes JDL 2012 à Caen / Centre associé Régional Céreq – ESO

Argumentaire

Mobilités observées classiques

Mobilités sur le marché du travail :

Les changements de statut d’activité et d’emploi  (entre inactivité et activité, entre chômage et emploi ; entre emploi précaire et emploi durable), ne sont pas de même nature et n’ont pas les mêmes effets que les changements de position professionnelle (construction des carrières, réorientations professionnelles, mobilités internes ou mobilités externes au sein d’un groupe, de la fonction publique d’État ou territoriale, ou entre entreprises…). En particulier, les mobilités d’emploi sont-elles devenues plus discriminantes que les mobilités professionnelles ? On accueillera volontiers les travaux portant sur une catégorie ou une profession particulière (par exemple, les intérimaires des grands chantiers de travaux publics, les travailleurs pauvres mais aussi certaines professions libérales …)

Mobilités dans le système de formation

Les parcours dans le système de formation, initiale ou continue, sont de moins en moins linéaires et tendent à s’allonger, surtout si on se réfère aux traductions de la Formation tout au long de la vie. Les points d’orientation se multiplient, les bifurcations et réorientations sont nombreuses aussi bien pour les étudiants et apprentis que pour les actifs (changement de filière, de spécialité, retours en formation, etc.). Ces mobilités enrichissent et complexifient l’analyse des parcours de formation. Ces discontinuités qui ont d’abord affecté les formations professionnelles sont-elles en voie de s’étendre aux formations générales ou de conduire à une restructuration des filières, comme le suggère par exemple la professionnalisation de nombreuses licences ? Ou encore, devront-elles inéluctablement faciliter le retour en formation initiale des adultes ?

Mobilités spatiales :

Elles peuvent être cycliques (pendulaires, saisonnières ou annuelles) ou de rupture ; de portée locale, interrégionale ou internationale. Elles répondent à des registres de motivation très divers : on peut penser aux mobilités « systémiques » ou institutionnelles en cours de formation pour des jeunes éloignés de l’établissement de formation, pour les apprentis se partageant entre CFA et entreprise, pour les jeunes amenés à changer de ville pour poursuivre leurs études ; mais aussi aux mobilités liées à une stratégie de contournement de la carte scolaire ou d’évitement de groupes stigmatisés. Ces registres de motivation interagissent entre eux : ainsi, les mouvements migratoires des étudiants répondent à la fois à des contraintes (par exemple pour poursuivre des études après un BTS ou un DUT) et des choix en raison de critères d’attractivité. On évoquera également les enjeux des mobilités spatiales en phase d’insertion professionnelle ou après les premières années de vie active.

Mobilités complexes 

Mobilités conjointes : les mobilités individuelles ne manquent pas d’avoir un impact sur les autres membres du ménage. On pourra examiner comment se construisent ou se concilient les mobilités à l’intérieur d’un couple ou plus largement entre les différents membres d’une famille, en particulier quand elle est recomposée ou encore lorsqu’elle associe migration et mobilité professionnelle.

Mobilités parallèles

Il est rare que les mobilités qu’un individu accomplit dans une dimension de sa biographie (l’emploi, la conjugalité) soit sans rapport avec les autres sphères de sa vie. Comment rendre compte de la construction en parallèle des trajectoires des individus qui se déploient dans des dimensions différentes de la biographie (travail, famille, résidence…). Comment se jouent les influences réciproques d’une promotion ou d’un licenciement,  de la décohabitation d’avec les parents, de la mise en couple, de l’arrivée d’un enfant, des épisodes de santé, etc. ?

Mobilité intergénérationnelle 

Les mobilités sociales comparées entre parents, enfants et petits enfants posent des problèmes redoutables d’interprétation selon les méthodes et les outils mobilisés. Une attention spécifique au choix des catégories apporterait un éclairage épistémologique utile : citons le degré de finesse des variables d’observation qui peut multiplier mécaniquement les statistiques de flux, citons aussi la tension entre la nécessité d’une stabilité minimale des catégories à des fins de comparaisons longitudinales et internationales et le changement permanent de contenu des groupes désignés.

 Enjeux méthodologiques et épistémologiques

Les questions soulevées sont vastes et redoutables. Aussi, à l’approche du vingtième anniversaire des JDL, les communications seront sollicitées à la fois pour ébaucher un bilan critique de la portée mais aussi des limites des données longitudinales. Seront particulièrement bienvenues les contributions qui engageront

  • une redéfinition ou déconstruction des catégories usuelles,
  • des chevauchements de perspectives et des transgressions de frontières conceptuelles ou disciplinaires,
  • enfin des écarts de définitions de notion telle que celle devenue courante de parcours selon les individus qui les mobilisent.

Ces questions pourront être croisées avec des approches par genre, âge, lieu d’origine ou de destination (avec par exemple une focale sur la France métropolitaine, l’Outre-mer, ou l’étranger ; ou bien une distinction par type de territoire : métropole / urbain / périurbain / rural ; quartier ou  ZUS).

Les travaux présentés pourront alimenter les réflexions des décideurs des politiques publiques, relevant du logement, de l’emploi, de la planification de l’offre de formation ou de l’aménagement du territoire.

Ils relèveront de différents champs scientifiques : anthropologie, histoire, démographie, sociologie ou économie, sciences de l’éducation, sciences politiques, gestion, et, bien sûr, géographie humaine…

Comme d’habitude lors de ces journées, les travaux à caractère « quantitatif » présentés peuvent tout autant reposer sur des enquêtes ad-hoc, à fort investissement méthodologique, que sur l’analyse secondaire de sources de la statistique publique. Les études à caractère « qualitatif » sont tout autant les bienvenues (récits de vie, observations participantes, entretiens,…). Le comité d’organisation sera particulièrement sensible à la proposition de travaux mêlant les deux approches.

Modalités de participation

Les  propositions  de  communication  sont  à  adresser  avant  le  18  novembre  2011 

sous  forme d’un résumé de deux pages minimum (format word). La première page comprendra le titre de  la  communication  proposée,  le(s)   nom(s)  du  (des)  auteur(s)  et  leurs  coordonnées (prénom,  nom,  appartenance,  adresse  postale,  téléphone,  e-mail). 

 La  proposition  devra mentionner une problématique,  la méthodologie retenue ainsi que l’éventuelle originalité des résultats attendus ou leur possible transférabilité/généralisation, sans omettre quelques références bibliographiques.

Le Comité scientifique  communiquera les décisions aux  auteurs avant le  18 novembre 2011.  Les textes  définitifs  des  communications  devront  parvenir  au  plus  tard  le  24  février  2012.  Les propositions sont à envoyer sous format électronique à :

gerard.boudesseul@unicaen.fr

Comité scientifique

  • Gérard Boudesseul (ESO-Caen Centre associé Céreq Basse-Normandie)
  • Patrice Caro (ESO-Caen Centre associé Céreq Basse-Normandie)
  • Yvette Grelet (ESO-Caen Centre associé Céreq Basse-Normandie)
  • Thomas Coupié (Céreq)
  • Jean-François Giret (IREDU Université de Bourgogne)
  • Patrick Werquin (CESPRA-EHESS)

Lieux

  • Université de Caen Basse-Normandie
    Caen, France

Dates

  • vendredi 18 novembre 2011

Mots-clés

  • longitudinal, parcours, mobilité, travail, marché du travail, changement, rupture

Contacts

  • Céline Vivent
    courriel : celine [dot] vivent [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Céline Vivent
    courriel : celine [dot] vivent [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Mobilités et changements de catégories : portée et limites des données longitudinales », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 17 octobre 2011, http://calenda.org/205693