AccueilLe développement durable : une notion polysémique pour renouveler l’analyse de l’action publique ?

Le développement durable : une notion polysémique pour renouveler l’analyse de l’action publique ?

Sustainable development: a polysemic notion to renew the analysis of public policy?

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Publié le mardi 18 octobre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

En vue du prochain Congrès annuel, de la Société québécoise de science politique, Guy Chiasson (Université du Québec en Outaouais), Amandine Montagut (doctorante Centre Emile Durkheim / IEP Bordeaux), Yves Montouroy (doctorant Centre Emile Durkheim / IEP Bordeaux) et Arnaud Sergent (doctorant Centre Emile Durkheim / IEP Bordeaux-Ingénieur Cemagref) animeront un atelier mettant en question la notion de développement durable au prisme de la science politique. Trois panels envisagent tour à tour trois angles de questionnements quant à l’impact de la notion sur la gestion des ressources naturelles, sur l’entreprise et enfin sur la science politique elle-même.

Annonce

Le développement durable : une notion polysémique pour renouveler l’analyse de l’action publique ?

Atelier dirigé par :

  • Guy Chiasson, Université du Québec en Outaouais, 283, Boulevard Alexandre Tâché, Gatineau, Québec, J8X 3X1 Email : guy.chiasson@uqo.ca
  • Amandine Montagut, Centre Emile Durkheim, Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux, 11 Allée Ausone, Domaine universitaire, 33607 Pessac Cedex. Email : a.montagut@hotmail.fr
  • Yves Montouroy, doctorant Centre Emile Durkheim, Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux, 11 Allée Ausone, Domaine universitaire, 33607 Pessac Cedex. Email : yves.montouroy@scpobx.fr
  • Arnaud Sergent, Cemagref de Bordeaux, 50 avenue de Verdun, 33612 Cestas Cedex. Email : arnaud.sergent@cemagref.fr

Résumé :

Depuis la fin des années 1980, le développement durable est activé par de nombreux acteurs comme support d’une dynamique collective à laquelle tous contribueraient. Néanmoins, promue et saisie comme une voie de compromis, la notion s’inscrit sur un mode consensuel, répondant à un « consensus mou » (Jobert, 1992), dont le « contenu est à élaborer à chaque fois qu’on s’y réfère » (Lascoumes, 2001). Le bien commun que projette la notion apparait polysémique et mouvant, c’est-à-dire qu’il recouvrerait des visions différentes selon les acteurs qui s’en prévalent. Pour autant, l’heure n’est plus au doute sur la seule fonction rhétorique de la notion, mais bien plus à ce qu’elle propose de changements dans nos modes de gouvernement, dans l’élaboration des politiques d’aménagement et de développement des territoires. Notre atelier souhaite alors appréhender les changements que propose la diffusion de la notion. Nous proposons d’envisager deux volets de questionnements. Le premier s’intéressera aux changements dans la régulation des secteurs de l’environnement, d’une part, et économique et social, d’autre part. Le second volet s’intéressera à l’impact de la généralisation de la notion sur notre discipline. Cet objet demande-t-il de réinterroger nos cadres théoriques, nos grilles d’analyse, et nos outils méthodologiques ?

Panel 1 : Le développement durable, renouveau ou recyclage de la gestion des ressources naturelles ?

Discutants :

  • Guy Chiasson, Université du Québec en Outaouais, 283, Boulevard Alexandre Tâché, Gatineau, Québec, J8X 3X1 Email : guy.chiasson@uqo.ca
  • Arnaud Sergent, Cemagref de Bordeaux, 50 avenue de Verdun, 33612 Cestas Cedex. Email : arnaud.sergent@cemagref.fr

Résumé : La consécration de la thématique de développement durable a-t-elle entraîné un renouveau dans la politisation des enjeux de protection de l’environnement, et ce, à plusieurs échelles ? Si, a priori, la gestion des ressources naturelles semble plus présente grâce à la diffusion du développement durable, il nous parait néanmoins indispensable d’ouvrir la question de l’impact de celle-ci sur la redynamisation des débats en matière de gestion des ressources naturelles. D’une part, l’invocation du développement durable permet-elle de rendre plus prégnante la prise la compte de la protection des ressources naturelles ? D’autre part, la diffusion du développement durable produit-elle du changement dans les modalités de gestion des ressources naturelles ?

Ce panel sera l’occasion d’ouvrir plusieurs pistes de réflexion partant d’une triple entrée acteurs-instruments-jeux d’échelle. Autant de questions que nous proposons de poser : Comment s’interpénètrent les initiatives publiques et privées et leurs instrumentations ? Comment sont impactées les relations locales-globales ? Dès lors, il s’agit d’envisager les continuums, les synergies et angles morts des processus en cours. Cet atelier a pour objectif de porter la focale sur la participation des acteurs à la problématisation et à la politisation du contenu, des effets des instruments de régulation, pour envisager l’impact du développement durable sur ces processus mouvants.

Panel 2 : Traduire le développement durable dans l’organisation et l’industrie : stratégie industrielle, problématisation, politisation, instrumentation et mesure des effets.

Discutant :

  • Yves Montouroy, doctorant Centre Emile Durkheim, Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux, 11 Allée Ausone, Domaine universitaire, 33607 Pessac Cedex. Email : yves.montouroy@scpobx.fr

Résumé : Quel est l’impact de la thématique du développement durable sur la firme ? Mais le politiste peut-il se contenter d’envisager le développement durable en termes d’impact sur l’entreprise ? Il peut en revanche questionner la réception de la thématique de développement durable. Ainsi fait-il sens de se demander comment la firme traduit le développement durable en termes de régulation. Le développement durable peut en effet peser sur de nombreux pans de son activité : processus industriel, ressources humaines, externalités, rapports avec ses parties-prenantes. Comment s’insère-t-elle alors dans les diverses problématisations des enjeux de développement durable ? Subit-elle le changement ou bien le développement durable ne devient-il pas une ressource politique pour la firme ? L’objectif du panel est de rapprocher différents travaux envisageant les manières dont la firme s’empare de la thématique de développement durable face aux politiques publiques et aux demandes sociétales cherchant à impacter la régulation du secteur et activant elles-mêmes le développement durable comme référentiel. Il s’agit à chaque fois d’envisager la capacité de la firme à problématiser et politiser ses propres intérêts face à la redéfinition de la régulation de son secteur et de son organisation.

Panel 3 : Les projets collectifs de changement de la notion de développement durable : un défi pour la science politique ?

Discutants :

  • Amandine Montagut, Centre Emile Durkheim, Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux, 11 Allée Ausone, Domaine universitaire, 33607 Pessac Cedex. Email : a.montagut@hotmail.fr
  • Maya Jengen, Professeure, Département de Science politique, Université de Québec à Montréal Email : jegen.maya@uqam.ca

Résumé : Notion polysémique, répondant à un « consensus mou » (Jobert, 1992), dont le « contenu est à élaborer à chaque fois qu’on s’y réfère » (Lascoumes, 2001), le développement durable est repris dans nombre de discours et pratiques politiques, économiques, administratifs. Reprise par tous, la notion n’en conserve pas moins « des bases plurielles, liées à des valeurs, des intérêts et des perceptions hétérogènes » (Rumpala, 2009). Plastique, la notion semble promettre un projet collectif de changement, transversal, intertemporel, établissant des liens de causalité entre sphères et acteurs non habitués à négocier entre eux. En tant que ressource politique, la notion peut légitimer des positionnements d’acteurs, leur problématisation, leur politisation des enjeux, et renforcer les jeux multiscalaires. De nombreux terrains illustrent un tel constat mais quelle est la portée analytique de la notion ? Comment le politiste peut-il s’emparer de la notion ? Peut-elle contribuer à redéfinir des cadres d’analyse des politiques publiques et de la participation ? La notion nous apparait comme une occasion de réinterroger tout un nombre de catégories analytiques travaillées par notre discipline, comme par exemple, les notions de réseau, de système, de gouvernement, de référentiel, d’instruments, de jeux d’échelle, de problématisation. Autant de pistes de réflexion que notre atelier souhaite ouvrir à la discussion.

Consignes :

Les propositions de communication doivent intégrer les coordonnées du ou des auteurs, faire au maximum 200 mots et nous parvenir

avant le 15 novembre 2011.

L’avis des discutants sera rendu le 30 novembre.

Lieux

  • Ottawa (Canada)
    Ottawa, Canada

Dates

  • mardi 15 novembre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • science politique, développement durable, environnement, firmes, théorie

Contacts

  • Yves Montouroy
    courriel : montouroy_y [at] hotmail [dot] com
  • Amandine Montagut
    courriel : a [dot] montagut [at] hotmail [dot] fr
  • Arnaud Sergent
    courriel : arnaud [dot] sergent [at] cemagref [dot] fr

Source de l'information

  • Yves Montouroy
    courriel : montouroy_y [at] hotmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le développement durable : une notion polysémique pour renouveler l’analyse de l’action publique ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 octobre 2011, http://calenda.org/205726