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Mythologies du superhéros

Physiologie, géographie et histoire du superhéros

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Publié le mardi 18 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Les superhéros, demi-dieux d’un monde sans Dieu, constituent collectivement une mythologie laïque qui se diffracte en sous-ensembles de mythologies au sens où l’entendait Roland Barthes. Mais qu’est-ce qui fait le superhéros? Son incapacité à rester tranquille quand les forces du mal se manifestent? Partant de l’affirmation d’Ernst Cassirer selon laquelle le mythe est « l’objectivation de l’expérience sociale de l’humanité », on pourra s’interroger sur la socialité de ces êtres d’irréalisme pur : comment, à quelles conditions et pourquoi est-il permis au lecteur ou au spectateur de s’identifier à un personnage dont les caractéristiques transcendent celle de l’humanité ordinaire ? Cet ouvrage collectif se fixe comme premier objectif de répondre à ces questions à la lumière tant de l’histoire culturelle que de la sociocritique et de l’analyse du discours social.

Annonce

MYTHOLOGIES DU SUPERHÉROS : PHYSIOLOGIE, GÉOGRAPHIE, HISTOIRE

Appel à contribution

Ouvrage collectif dirigé par François Emmanuël BOUCHER (Collège militaire royal du Canada), Pascal BRISSETTE (Université McGill), Sylvain DAVID (Université Concordia) et Maxime PRÉVOST (Université d’Ottawa).

Date limite : 1er décembre 2011

Argumentaire

Les superhéros, demi-dieux d’un monde sans Dieu, constituent collectivement une mythologie laïque qui se diffracte en sous-ensembles de mythologies au sens où l’entendait Roland Barthes. Mais qu’est-ce qui fait le superhéros? Son incapacité à rester tranquille quand les forces du mal se manifestent? Son costume qu’on voudrait parfois plus discret et moins moulant, et qui fait systématiquement converger les regards vers lui (ou vers elle)? En quoi le superhéros se signale-t-il comme tel et qu’est-ce qui le distingue du simple héros? Partant de l’affirmation d’Ernst Cassirer selon laquelle le mythe est «l’objectivation de l’expérience sociale de l’humanité», on pourra s’interroger sur la socialité de ces êtres d’irréalisme pur : comment, à quelles conditions et pourquoi est-il permis au lecteur ou au spectateur de s’identifier à un personnage dont les caractéristiques transcendent celle de l’humanité ordinaire? Cet ouvrage collectif se fixe comme premier objectif de répondre à ces questions à la lumière tant de l’histoire culturelle que de la sociocritique et de l’analyse du discours social.

Le superhéros est né dans une Amérique triomphante à la veille de la Seconde Guerre mondiale et, même s’il est largement associé au corpus bédéesque des maisons DC (Superman, Batman, Wonder Woman, Green Lantern, Flash) et Marvel (Spiderman, Fantastic Four, Hulk, X-Men), il a infiltré massivement les productions télévisuelles et cinématographiques des cinquante dernières années, et a su, en dépit (peut-être en raison) de l’apparente fixité de ses traits sémiotiques et de la minceur des scénarios auxquels il a souvent été intégré, se maintenir dans la faveur publique. Ce livre consacré à la mythologie du superhéros ne cherchera évidemment pas à pourfendre — ni d’ailleurs à défendre —, les productions culturelles de grande diffusion qui ont servi de véhicule au type du superhéros, mais à contribuer à une meilleure compréhension de ces personnages, de leurs conditions d’apparition et modes de diffusion.

Trois axes de recherche :

Physiologie du superhéros.

On sait que, au cours du premier XIXe siècle, les physiologies, ces petits livres illustrés qui s’attachaient à décrire un phénomène du monde extérieur, se voulaient une méthode positive d’analyse des faits sociaux. Par sa survie durable dans l’imaginaire collectif, la mythologie du superhéros s’impose bien comme un phénomène social, quoique non référentiel, dont il sera pertinent de mettre en lumière la topique et les principales caractéristiques. Puisque tout superhéros qui s’implante dans l’imaginaire collectif atteint «une fixité emblématique qui le ren[d] facilement reconnaissable» (Umberto Eco), les contributions à ce collectif pourront aussi s’attacher à un seul personnage afin d’isoler les signes par lesquels il demeure le même au gré de ses divers avatars (littéraires, graphiques, télévisuels, cinématographiques).

Géographie du superhéros.

On imagine sans peine le héros à la campagne, un peu ennuyé parfois, certes, et lorgnant souvent le chemin de la ville, mais on peut l’y situer et le forcer à y rester, le temps d’un roman, du moins. Peut-on faire de même avec le superhéros? Que ferait Spiderman sans les gratte-ciels de New York ou Batman en banlieue de Gotham City, loin du bruit, des journalistes et des foules? Le phénomène est-il généralisé? Clark Kent grandit à Smallville, au Kensas, mais c’est à Metropolis qu’il passe sa vie adulte. Un certain Actarus et son robot Goldarak, issus des Mangas japonais, cherchent à se faire oublier à la campagne, mais ils doivent systématiquement en sortir lorsque les forces de Vega envoient depuis l’espace les puissants Golgoth tuer les citadins et faire sauter les puits de pétrole (ou, encore, découvrir des super-métaux). Qu’indique ce rapport à l’espace (sans jeu de mot) du superhéros? En outre, comment les superhéros s’imposent-ils comme des héros «nationaux», qui condensent et amplifient les qualités présumées de leur nation d’appartenance (Wolverine, l’homme sauvage du Nord canadien; Captain America, protégé par un bouclier à l’effigie du drapeau américain)? Existe-t-il au contraire des superhéros internationaux, dont l’essence aurait partie liée à la citoyenneté du monde?

Histoire du superhéroïsme.

On connaissait le héros épique, qui se livra sur les champs de bataille de Troie ou de Roncevaux à des carnages mémorables sous le regard approbateur des dieux; on connaissait également le héros romanesque évoluant dans un monde opaque, déserté par la transcendance (Lukács). Qu’est-ce qui laissait présager l’émergence du superhéros? L’un des axes de réflexion sera ce passage historique du personnage humain, quelquefois doué, voire intellectuellement surdoué (Sherlock Holmes, Rouletabille), parfois pourvu d’une force physique extraordinaire (Porthos, Jean Valjean), mais appartenant résolument à l’humanité, à un personnage de surhomme, transformé, transfiguré ou génétiquement modifié par la science et la technologie. Comment et à quel moment s’effectue cette transition? Quels en sont les moments clés? Sur quels facteurs historiques, culturels, discursifs, économiques, politiques ou sociologiques s’est-elle appuyée?

La publication de ce collectif se fera aux Presses Universitaires de Liège – Sciences humaines (PULg), dans la collection ACME.

Modalités de soumission et de sélection

Les contributions soumises feront l’objet d’une évaluation par les pairs (« peer review »). La parution du recueil est prévue pour l’automne 2012.

Les propositions de textes, en français, doivent inclure un résumé de 400 mots, un titre, l’axe de recherche privilégié et les coordonnées de l’université et du département d’attache. Elles doivent parvenir

avant le 1er décembre 2011  

à l’adresse suivante : boucher-f@rmc.ca

Ouvrage collectif dirigé par :

  • François Emmanuël BOUCHER (Collège militaire royal du Canada),
  • Pascal BRISSETTE (Université McGill),
  • Sylvain DAVID (Université Concordia) et
  • Maxime PRÉVOST (Université d’Ottawa)

Dates

  • jeudi 01 décembre 2011

Mots-clés

  • superhéros, mythologie, physiologie, géographie, histoire

Contacts

  • François-Emmanuël Boucher
    courriel : Francois-Emmanuel [dot] Boucher [at] rmc [dot] ca

Source de l'information

  • Sylvain David
    courriel : sdavid [at] alcor [dot] concordia [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Mythologies du superhéros », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 octobre 2011, http://calenda.org/205732