AccueilLa place de l’État dans l’Est de la Gaule durant l’Antiquité tardive, 250-450 ap. J.-C.

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Publié le vendredi 21 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Dans l’historiographie de la fin de l’Empire romain, l’État impérial – et souvent de manière réductrice la seule armée – occupe traditionnellement une place importante dans l’étude des transformations sociale et économique de la période. L’État apparaît souvent comme acteur essentiel, tant en raison de son rôle de consommateur de produits agricoles et manufacturés, que d’aménageur du territoire (routes, fortifications…) et d’encadrement des institutions locales. De cette approche traditionnelle ont découlé deux paradigmes essentiels, mais discutables : la « bureaucratisation » et « la militarisation » de la société de la fin de l’Antiquité. L’objectif de ce colloque est de questionner ces théories et de réexaminer cette problématique pour l’Est de la Gaule (régions Champagne-Ardenne, Bourgogne, Lorraine, Alsace, Franche-Comté, nord de Rhône-Alpes, Suisse occidentale, Sarre, Rhénanie-Palatinat et régions mitoyennes), en développant une démarche pluridisciplinaire (croisant sources archéologiques et historiques) et une approche multiscalaire.

Annonce

Présentation du colloque

Faisant suite aux premières rencontres consacrées à l’Antiquité tardive dans l’Est de la Gaule, organisées à Strasbourg en novembre 2008 (La Vallée du Rhin supérieur et les régions limitrophes durant l’Antiquité tardive : actualité de la recherche) puis à Châlons-en-Champagne en septembre 2010 (Sépultures, nécropoles et pratiques funéraires dans l’Est de la Gaule durant l’Antiquité tardive), ce troisième colloque se tiendra à Dijon en novembre 2012.

Il aura pour thème La Place de l’État dans l’Est de la Gaule durant l’Antiquité tardive (250-450 ap. J.-C.). Il comprendra par ailleurs un volet d’actualité de la recherche sur l’Antiquité tardive dans l’Est de la Gaule.

L’intitulé même du colloque –la place de l’État dans l’Est de la Gaule durant l’Antiquité tardive- s’inscrit volontairement dans un débat actuel : la notion d’État est-elle pertinente pour appréhender la documentation archéologique et historique ? Comment envisager l’insertion de l’État dans la société et son impact dans la vie économique ?

Thème 1 : La place de l’Etat dans l’Est de la Gaule durant l’Antiquité tardive

Dans l’historiographie de la fin de l’Empire romain, l’État impérial – et souvent de manière réductrice la seule armée – occupe traditionnellement une place importante dans l’étude des transformations sociale et économique de la période. L’État apparait souvent comme acteur essentiel, tant en raison de son rôle de consommateur de produits agricoles et manufacturés, que d’aménageur du territoire (routes, fortifications…) et d’encadrement des institutions locales. De cette approche traditionnelle ont découlé deux paradigmes essentiels, mais discutables : la « bureaucratisation » et « la militarisation » de la société de la fin de l’Antiquité.

L’objectif de ce colloque est de questionner ces théories et de réexaminer cette problématique pour l’Est de la Gaule (régions Champagne-Ardenne, Bourgogne, Lorraine, Alsace, Franche-Comté, nord de Rhône-Alpes, Suisse occidentale, Sarre, Rhénanie-Palatinat et régions mitoyennes), en développant une démarche pluridisciplinaire (croisant sources archéologiques et historiques) et une approche multiscalaire.

La documentation archéologique propose des cas d’étude extrêmement précis à l’échelle des sites ou au niveau régional, alors que les sources historiques offrent des témoignages plus larges mais rarement ancrés dans des contextes précis. Un premier objectif de cette rencontre est de croiser et de faire dialoguer ces données, quand les dossiers le permettent.

A l’échelle micro-régionale ou régionale, du site au territoire de la cité, on peut s’interroger sur les attestations de la puissance publique :

  • Où et comment reconnaît-on la présence d’agents de l’État ? Peut-on déterminer le statut de ces agents (qu’ils soient civils ou militaires) ?
  • Le mobilier découvert dans les nécropoles permet-il d’identifier les agents de l’État au sein des populations locales ? Autrement dit, les nécropoles peuvent-elles être des marqueurs de la présence de l’État ?
  • Y-a-t-il des sites ou des régions où la présence de l’État est plus visible ? Quelles peuvent être les structures et aménagements architecturaux reflétant la présence de l’État ?
  • Perçoit-on une logique d’implantation de la présence publique, une répartition homogène ou non de ses agents ?
  • Quand la présence de l’État est attestée sur un site ou un secteur géographique donné, occupe-t-elle une place significative ? Sur des sites d’apparence fortement militarisée comme les agglomérations fortifiées de Mandeure (Doubs) ou de Biesheim (Haut-Rhin), quelle est la place laissée à une occupation civile ?

À une échelle plus large, se pose la question du rôle de l’État dans l’administration et dans la gestion des territoires provinciaux. Partant de cette thématique générale, plusieurs pistes de réflexions peuvent être envisagées :

  • Quelles formes prennent les interventions édilitaires de l’État, tant pour les monuments civils que les fortifications militaires ? Peut-on lire ou déterminer une logique à ces interventions ? Existe-t-il ainsi des schémas régionaux de défense militaire ? Concernant les villes, peut-on envisager une action volontariste de l’État dans les politiques d’urbanisme ?
  • Quel est l’impact de la présence de l’État sur l’économie ? S’observe-t-elle dans la circulation monétaire ? La présence de l’État induit-elle des ruptures dans les schémas locaux de consommation ? Peut-on établir un lien entre habitat rural de fort statut et présence d’agents de l’État ?
  • Comment s’exprime l’emprise de l’État sur les sociétés provinciales, notamment au travers des questions de maintien de l’ordre, de déplacement des populations ?

Le sujet nécessite une approche diachronique de manière à mettre en évidence des évolutions sur le long terme et peut-être une transformation de la place même de l’État entre l’Empire des Gaules (fin du IIIe s.) et le délitement de l’administration romaine dans l’espace considéré (milieu du Ve s.).

Le colloque se déclinera en trois parties, précédées d’une introduction historiographique et d’un volet introductif qui présentera la situation à la fin du Haut-Empire dans l’Est de la Gaule.

Les documentations : inventaires (IIIe-Ve s.)

Le premier volet du colloque intitulé « inventaires », fera le bilan des connaissances tant archéologiques qu’historiques sur la présence de l’État au niveau régional dans l’Est de la Gaule entre la fin du IIIe et le milieu du Ve s. Il sera abordé par des intervenants invités, et éventuellement ouvert à des synthèses régionales sur des régions limitrophes à l’espace considéré.

À l’échelle du site : la part du public et du privé, la coexistence de l'État et des populations locales

Le deuxième volet du colloque abordera la coexistence des agents de l’État et des populations civiles à l’échelle des sites, tant d’un point de vue spatial que culturel : quelle place pour les civils dans les agglomérations ou sites fortement militarisés ? Quel rôle de l’État dans les agglomérations fortifiées ? Quelles attestations de l’État dans les campagnes ?

Cette réflexion fera une large place aux propositions de communications.

L’impact de la présence de l’État sur les territoires et les hommes

Le dernier volet du colloque abordera l’impact de la présence de l’État sur les territoires et les hommes. Il s’agira d’étudier les aménagements caractéristiques de la présence de l’État, mais aussi d’évaluer son impact sur l’économie locale (diffusion monétaire, présence de produits d’importation, etc.). Encore une fois, cette réflexion fera une large place aux propositions de communications.

Thème 2 : l'Antiquité tardive dans l'Est de la Gaule, actualité de la recherche

Cette deuxième partie du colloque est destinée à rendre compte des travaux récents sur l'Antiquité tardive dans l'Est de la Gaule (Alsace, Bourgogne, Champagne -Ardenne, Lorraine, Franche-Comté, nord de la région Rhône-Alpes, Suisse occidentale et sud-ouest de l'Allemagne et éventuellement régions limitrophes).

Elle est ouverte à tout type de présentation (synthèse ou présentation de données ponctuelles dans tous les domaines possibles : découvertes archéologiques en milieu urbain et rural, instrumentum, céramique, numismatique, travaux historiques, travaux universitaires récents, présentation d’enquêtes en cours, etc.). Les communications peuvent être orales ou sous forme de posters.

Modalités de soumission et de sélection

Les propositions de communication sont à transmettre à

berangere.fort@inrap.fr

avant le 15 février 2012,

Elles prendront la forme d'un texte d'une demi-page à une page. Elles seront examinées par le comité scientifique du colloque. 

Lieux

  • Dijon (21000)
    Dijon, France

Dates

  • mercredi 15 février 2012

Mots-clés

  • Antiquité tardive, État, Gaule de l'Est

Contacts

  • berangere fort
    courriel : berangere [dot] fort [at] inrap [dot] fr

Source de l'information

  • michel kasprzyk
    courriel : michel [dot] kasprzyk [at] inrap [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La place de l’État dans l’Est de la Gaule durant l’Antiquité tardive, 250-450 ap. J.-C. », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 21 octobre 2011, http://calenda.org/205792