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Circulation internationale des connaissances : enjeux académiques et scientifiques aux Suds

International Circulation of Knowledge : Academic & Scientific Issues for Developing Countries

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Publié le vendredi 21 octobre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Colloque international organisé par l’IRD (Institut de recherche pour le développement, Marseille, Mexico), le CINVESTAV (Centro de Investigación y de Estudios Avanzados del Instituto Politécnico Nacional / Departamento de Investigaciones Educativas, Mexico), UNAM-IISUE (Universidad Nacional Autónoma de México / Instituto de Investigaciones Sobre la Universidad y la Educación, Mexico), et l’Université de Panama, avec l’appui du programme OBSMAC de IESALC / UNESCO. THÉMATIQUES - Perspective historique de la circulation internationale des savoirs disciplinaires, entre continents et pays - Les mobilités de personnels hautement qualifiés et la recomposition de la profession de scientifique - Les mobilités virtuelles et leurs incidences sur le travail de recherche scientifique : collaborations en ligne, partage des connaissances au sein des équipes et laboratoires virtuels Lieu : Mexico, dates : 9-10 octobre 2012 Langues de travail : espagnol, français, anglais. Les communications doivent être présentées dans une des trois langues de travail. CALENDRIER - Date limite de réception des résumés : 31 décembre 2011 - Date de la réponse du CS sur l’acceptation des résumés : 31 janvier 2012 - Date limite de réception du texte final de la communication : 30 avril 2012 - Décision d’acceptation : 15 juin 2012 - Date limite d’inscription des participants : 15 septembre 2012 - Date du colloque : 9-10 octobre 2012

Annonce

Enjeux académiques et scientifiques aux Suds. Colloque international, Mexico, 910 octobre 2012

Organisé par : l'IRD, le CINVESTAV, la UNAM et l'Université de Panama

Appel à communication / Call for paper / Convocatoria de ponencias (pdf):

  • en français : http://www.ur105.ird.fr/aac.pdf
  • in English: http://www.ur105.ird.fr/cfp.pdf
  • en español: http://www.ur105.ird.fr/cdp.pdf

Présentation

Ce colloque international souhaite réunir, à Mexico, lieu emblématique des rencontres d’idées, situé au croisement des Amériques, des chercheurs de toutes disciplines et les invite à présenter des travaux sur la circulation internationale des savoirs entre les pays du Nord (industrialisés) et ceux du Sud (en développement). Il s’agit notamment d’ouvrir un espace de dialogue pour rendre compte de la façon dont les collaborations internationales se nouent entre des lieux éloignés par leur position géographique, leur langue, leur histoire et leur situation dans l’univers de production scientifique mondialisé. Nous nous intéresserons notamment à la manière dont les collaborations s´inscrivent dans des traditions de coopération disciplinaire, consolidées depuis parfois plus d´un siècle ou au contraire, en rupture avec cellesci. De même, nous souhaitons mettre en évidence comment les priorités de la coopération internationale en matière de recherche scientifique ont été affectées depuis quinze à vingt ans par les procédures d´assurancequalité et l’homogénéisation croissante des critères d’évaluation retenus par les organismes académiques nationaux. Dans cette perspective, nous analyserons les continuités et les ruptures qui, dans divers champs disciplinaires, ont caractérisé les coopérations intellectuelles dont les modes d´exercice oscillent de la réciprocité à la dépendance.

Nous nous intéresserons au fonctionnement des schémas de collaborations classique tout autant qu’aux formes émergentes, et tout particulièrement à leurs incidences sur les modèles de légitimation de la science, de l’organisation des systèmes de reconnaissance des chercheurs et de reproduction des élites intellectuelles. De même, nous cherchons à identifier les expériences d’échanges mutuels de savoirs entre écoles de pensée du Nord vers le Sud tout autant que du Sud vers le Nord. Nous nous pencherons sur les « effets secondaires » ou « pervers » des échanges internationaux tels que la fuite des cerveaux et ses conséquences, l’acquisition réciproque de savoirs et de savoirfaire ou l’érosion des capacités de développement scientifique indépendant. Nous tenterons, non seulement de suivre les effets produits par les migrations provisoires et définitives des ressources humaines hautement qualifiées mais aussi d’en mettre à jour la logique, en termes de renforcement des disciplines et des domaines de recherche, de renouvellement des thématiques, de consolidation comme de clivage des champs disciplinaires, de processus d’internationalisation et d’hybridation des connaissances. Finalement, nous analyserons les résultats de ces phénomènes, en les interprétant à partir d’approximations conceptuelles en concurrence pour rendre compte, soit de l´obtention de gains partagés (scientifiques, politiques, sociaux, symboliques…), soit de la reconfiguration des hiérarchies entre pays et équipes scientifiques, sur la base d´inégalités moins visibles mais tout aussi criantes que celles de l´aprèsguerre que traduit trop bien la métaphore « fuite des cerveaux ».

On ignore encore très largement les impacts de ces nouvelles mobilités, physiques ou virtuelles, sur la constitution des champs disciplinaires, sur l’émergence de réseaux, sur la formation des élites académiques et scientifiques mexicaines. Nous ne savons pas dans quelle mesure la mondialisation de la science peut justifier la mise en œuvre de réformes dans l’organisation de la recherche même si les experts font trop souvent de « l'économie du savoir » le scénario de référence. Nous ne savons pas plus comment s’effectue l’échange de connaissances et quels sont les modèles de coproduction et de diffusion des savoirs entre le Mexique et les divers pays étrangers. Nous ignorons également le rôle des transferts de connaissances dans l’émergence de nouveaux instruments, dans l’évolution de l’organisation du travail de même que son incidence sur les priorités gouvernementales ou institutionnelles.

On ignore pour l’essentiel, l´impact des politiques d´accueil et d´attraction des migrants qualifiés tant dans les pays récepteurs que dans ceux d´origine, les répercussions des mesures visant au retour des scientifiques installés à l´étranger ou leur mise en liaison avec leurs collègues restés au pays, autour de projets d´intérêt mutuel.

À ce propos, il conviendrait de réfléchir sur les contenus de programmes de constitution de réseaux et de rapatriement ou migration inverse ; de s’interroger sur des notions comme celle de diasporas ; et de réfléchir sur la circulations des hommes et des idées dans un monde marqué par un nomadisme croissant et par de fortes tentations de développement endogène, légitimées par les résultats des politiques de renforcement des capacités scientifiques dans les pays à niveau de développement intermédiaire.

Ainsi les questions suivantes pourront constituer l’épine dorsale de ce colloque : quel est le poids de ces mobilités dans la configuration de « générations d’intellectuels » et celle de groupes de recherche ? Quelles en sont les conséquences sur la construction du savoir scientifique et de la reproduction des élites ? Quelle est la part de la composante internationale de la mobilité dans les trajectoires considérées généralement, par les pairs, comme prestigieuses ? Quelle est la place des réseaux scientifiques, sociaux et économiques, dans le fonctionnement et la visibilité des équipes scientifiques les plus reconnues ? Et finalement, dans quelles mesures les politiques publiques et institutionnelles ou les stratégies des chercheurs (collectives et individuelles) participent à la constitution d’un secteur – d’un marché – mondialisé de formation et de recherche ? En particulier, ces politiques s’appuient sur des indicateurs de productivité de la recherche (fondés sur des données bibliométriques) qui tendent à normaliser la production de savoirs à une échelle de plus en plus mondiale. L’emploi de ces indicateurs n’est pas neutre sur l’organisation de la science, sur les disciplines, la concentration de la recherche… Quels en sont les effets et y a til des alternatives possibles ?

Une des pistes pour aborder cette problématique est celle de la perspective historique. Pour mettre en évidence ce processus, nous souhaitons engager des débats avec des spécialistes intéressés par l’historicité des échanges de savoirs, des pratiques, des objets, depuis des approches situées. L’idée est s’interroger sur les politiques, les conditions et les pratiques qui ont rendu possibles les rencontres et les collaborations mais aussi les désaccords et les conflits.

Une seconde perspective est celle de la sociologie des élites et des idées qui permet d’analyser le fonctionnement de groupes scientifiques « de référence », dans leur cadre national et international, avec des substrats chronologiques distincts depuis la tradition des voyages d’étude à l’étranger jusqu’à la situation actuelle caractérisée par de nouvelles divisions internationales du travail scientifique.

Penser la circulation des connaissances selon des approches historiographique et sociologique, notamment à travers l’évaluation des politiques publiques, doit finalement nous permettre d’analyser les contextes dans lesquels les pratiques de communication évoluent et de cerner comment les sites de production de connaissances (laboratoire, terrain d’étude) se transforment. Nous aborderons, sous cet angle, la manière dont l’introduction des outils virtuels affecte les formes de production de connaissances. Nous chercherons à établir en quoi les nouvelles proximités entre chercheurs appartenant à des institutions, des pays et des aires culturelles différents, transforment (renouvellent) les disciplines scientifiques, altèrent les espaces de travail et les règles de production scientifique. Et dans quelles mesures elles induisent une évolution des instruments scientifiques et/ou de la manière de les utiliser. Ce colloque international a donc pour but d´ouvrir un espace d´échange d’idées, d’expériences et de problématiques autour de :

  • L’évolution, le renouvellement des pratiques scientifiques de collaboration internationale et leurs incidences en termes de circulation des connaissances, notamment entre pays dits du Nord (hégémoniques) et du Sud (non hégémoniques) ;
  • Les mobilités académiques et scientifiques entre les mêmes pays, en s’attachant à analyser les programmes associés et leurs résultats en termes de transfert de connaissances ;
  • Le degré de territorialisation des réseaux de recherche et d’innovation en analysant le rôle des différents types de proximité (géographique versus non géographique) dans la formation de ces réseaux et en interrogent la pertinence des politiques publiques visant à soutenir le développement de réseaux locaux ;
  • Les transformations de l’organisation du laboratoire, les modalités de financement et de gestion de la recherche, le positionnement géographique et fonctionnel des équipes dans le cadre de collectifs de recherche interinstitutionnels, internationaux, multilocalisés et/ou virtuels.

Ce colloque se situe dans la continuité des réflexions initiées dans le cadre de deux initiatives scientifiques organisées en 2009 à Mexico : le séminaire international « Fuga de cerebros, movilidad académica y redes científicas » organisé en mars par le CINVESTAV et l’IRD avec l’appui de l’IESALC, de l’UNESCO, de l’Académie mexicaine des sciences de l’Université autonome métropolitaine, du programme PADES de la SEP, de la ANUIES et, le colloque international « De la sociedad de la información a la sociedad del conocimiento » organisé en août de la même année par l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM), l’Université de Strasbourg et la Société française d’information et de communication (SFIC).

COMITÉ SCIENTIFIQUE

  •  Catherine Agulhon, sociologue Univ. Paris descartes France
  •  Rocio Amador, infocom UNAM / IISUE Mexique
  •  Rigas Arvanitis, sociologue IRD Liban
  •  Fernanda Beigel, sociologue Universidad Nacional del Cuyo, Mendoza Argentine
  •  María Carranza Maxera, Anthropologue UNA CostaRica
  •  Yves Charbit, démographe Univ. Paris Descartes France
  •  Laura Chazaro García, historienne CINVESTAV Mexique
  •  Sylvie Didou Aupetit, sociologue CINVESTAV Mexique
  •  Michel Durampart, infocom ISCCUniv. de Toulon, France
  •  Vielka Escobar, Sociologue Universidad de Panama
  •  Jean Foyer, infocom ISCC France
  •  Etienne Gérard, sociologue IRD  CEPED France
  •  Virginia Lethiais, économiste Télécom Bretagne France
  •  Carlos López Beltrán Philisophe UNAM Mexique
  •  León Olivé Morett sociologue IIFUNAM Mexique
  •  Dominique Pestre, historien EHESS France
  •  Alain Rallet, économiste Univ. ParisSud France
  •  Eduardo Remedi Allione, sociologue CINVESTAV Mexique
  •  Pascal Renaud, sociologue IRD  CINVESTAV Mexique
  •  Fabrice Rochelandet, économiste Univ. ParisSud France
  •  Hebe Vessuri, sociologue IVIC Venezuela

COMITÉ D’ORGANISATION

  •  Rocio Amador, infocom UNAM / IISUE Mexique
  •  Laura Chazaro García, historienne CINVESTAV Mexique
  •  Sylvie Didou Aupetit, sociologue CINVESTAV Mexique
  •  Etienne Gérard, sociologue IRD  CEPED France
  •  Pascal Renaud, sociologue IRD / CINVESTAV Mexique

ORGANISATION DU COLLOQUE

  • Session 1: Généalogie des pratiques de coopération scientifique internationale
    Conférencier invité : Dominique Pestre, Directeur de recherche au CNRS, Paris
  • Session 2 : Mobilités académiques internationales : dépendance et transfert de savoirs
    Conférencière invitée : Fernanda Beijel, Universidad Nacional del Cuyo, Mendoza, Argentine
  • Session 3 : Les collectifs virtuels dans la coopération scientifique internationale
    Conférencière invitée : Caroline S. Wagner, SRI International, Arlington (à confirmer)
  • Session 4 : Aspects économiques
    Conférencier invité : Alain Rallet, Université de ParisSud, France

Chaque session sera ouverte par une conférence invitée, de 30 minutes. Afin de garantir la réciprocité des échanges autour de ces thèmes, chaque conférence sera commentée par deux répondants, lors d´une table ronde qui fera suite à chaque conférence. La durée prévue de la table ronde sera de 30 minutes, suivie d´une session de 30 minutes d´échange avec le public.

CALENDRIER

  •  Publication de l’appel de communications : 30 septembre 2011.
  •  Date limite de réception des résumés : 31 janvier 2012
  •  Date de la réponse du CS sur l’acceptation des résumés : 29 février 2012
  •  Date limite de réception du texte final de la communication : 30 avril 2012
  •  Décision d’acceptation : 15 juin 2012
  •  Date limite d’inscription des participants : 15 septembre 2012
  •  Date du colloque : 9-10 octobre 2012
  • Langues de travail : espagnol, français, anglais. Les communications doivent être présentées dans une des trois langues de travail.

LES PROPOSITIONS DE COMMUNICATION COMPRENDRONT :

  •  le titre de la communication
  •  un résumé de 400 mots
  •  des motsclés
  •  une bibliographie provisoire
  •  le nom de l’auteur, son rattachement institutionnel, ses coordonnées professionnelles, et son adresse électronique.

Elles doivent être envoyées avant le 31 janvier 2012

Le texte final de la communication ne dépassera pas 35 000 caractères.

Les règles de présentations des textes seront précisées sur le site Web du colloque. Les communications acceptées seront accessibles aux participants à partir du site. Les auteurs devront autoriser cette publication. L’inclusion des communications dans un ouvrage imprimé dépendra d’un processus de sélection académique en doubleaveugle qui sera organisé à l’issue du colloque.

Information : "cic@cinvestav.mx"

Site web du colloque : http://cic.rio.net

PROGRAMME PROVISOIRE

1er jour

  •  9:00 inscription
  •  9:30 Inauguration par le Directeur Général du CINVESTAV, le représentant de la UNAM et le représentant de l’IRD a Mexico
  •  10:00 Pausa para el café
  •  10:30 Session 1: Généalogie des pratiques de circulation des savoirs
  • conférencier invité: Dominique Pestre, Directeur de recherche au CNRS, Paris  11:00 Table ronde 1
  •  11:30 Discussion
  •  12:00 Pause café
  •  12:30 Session 2: collectifs virtuels dans la coopération scientifique internationale.
  • Conférencier invitée: Caroline S. Wagner, SRI International, Arlington.
  •  13:00 Table ronde 2
  •  13:30 Discussion
  •  14:00 Repas
  •  16:30 Session 3: Mobilités académiques internationales : dépendance et transfert de savoirs.
  • Conférencière invitée : Fernanda Beijel, Universidad Nacional del Cuyo, Mendoza, Argentine (à confirmer)
  •  17:00 Table ronde 3
  •  17:30 Discussion
  •  18:30 Cocktail

2ème jour

  •  9:30 Session 4 : aspects économiques de la circulation des savoirs
  • Conférencier invité : Alain Rallet, Université ParisSud
  •  10:00 Table ronde 3
  •  10:30 Discussion
  •  11:00 Pause café
  •  11:30 Atelier 1
  •  14:00 Repas
  •  16:30 Atelier 2
  •  18:30 Fin du colloque*

* Le colloque pourra être étendu sur trois jours et/ou inclure des sessions parallèles en fonction du nombre de communications retenues.

Lieux

  • Mexico (Mexique)
    Mexico, Mexique

Dates

  • mardi 31 janvier 2012

Mots-clés

  • circulation des connaissances, histoire des sciences, laboratoire virtuel, fuite des cerveaux

Contacts

  • Pascal Renaud
    courriel : prenaud [at] cinvestav [dot] mx

Source de l'information

  • Pascal Renaud
    courriel : prenaud [at] cinvestav [dot] mx

Pour citer cette annonce

« Circulation internationale des connaissances : enjeux académiques et scientifiques aux Suds », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 21 octobre 2011, http://calenda.org/205806