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Espaces familiers, mobilités entravées et lien social autour de la Jordanie

Familiar spaces, hindered mobilities and social relations around Jordan

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Publié le jeudi 27 octobre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Le colloque international « Au(x) pays : espaces familiers, mobilités entravées et lien social autour de la Jordanie » réunira anthropologues, historiens, géographes et socioloques, les 4 et 5 novembre 2011 à Lyon, pour interroger la situation de « plaque tournante » régionale qui est celle du royaume hachémite ; et par là, les effets d'un morcellement territorial, celui du Proche-Orient, sur les mobilités des populations qui l'habitent. Les modes d'appropriation des espaces de la Jordanie par les diverses populations de la région qui le traversent et le fréquentent constituent un prisme révélateur d'un registre du transnational proche, souvent dilué dans l'espace fluide, sans échelles, que tendent à construire les études sur le transationalisme.

Annonce

COLLOQUE INTERNATIONAL

« Au(x) pays » : espaces familiers, mobilités entravées et lien social autour de la Jordanie

(4-5 novembre 2011)

Responsables scientifiques : Veronique BONTEMPS (IRD) et Philippe BOURMAUD (Universite Lyon 3 - LARHRA).

ARGUMENTAIRE

L'expression "Proche-Orient" résume un sentiment d'appartenance régionale, qui se manifeste par des mobilités de personnes et la construction d'espaces de relations imaginés. Partant de ce constant, l'objective de ce colloque est, dans une perspective pluridisciplinaire, de nous concentrer sur un pays au centre du dispositif étatique régional, la Jordanie ; et d'y étudier spécifiquement le maintien et la recomposition de liens sociaux transfrontaliers, qui contribuent à construire ce que nous appelons des « espaces familiers ».

Les frontières du Proche-Orient constituent des dispositifs imposants de contrôle, d'exclusion, mais aussi de sélection des populations. Un facteur central d'explication du renforcement des systèmes frontaliers proche-orientaux tient au caractère récent des États et de la démarcation de leurs territoires. Couplé à une succession de guerres régionales accompagnées de flux de réfugiés, ce processus conduit à une inflation des dispositifs de séparation territoriale et des affirmations de souveraineté. Pour autant, un tel espace ne saurait être cloisonné de façon étanche, et ce pour au moins deux raisons. D'une part, il est traversé de flux de marchandises et de main-d’œuvre à longue distance. D'autre part, le tracé des frontières régionales a scindé des espaces naguère intégrés socio-économiquement ou par des liens familiaux. Cette intégration n'a pas entièrement disparu mais se trouve actuellement lourdement entravée. Même lorsque de tels liens ont cessé, le tracé des frontières est vécu comme illégitime par une partie non négligeable des populations du Proche-Orient, à commencer par les réfugiés qui l'habitent.

En remettant le passage des frontières et les obstacles à la mobilité au centre de notre interrogation, nous aimerions prévenir une dérive possible des études sur le transnationalisme. A savoir, de masquer la tendance à la clôture des frontières et ses effets immobilisants pour les populations proche-orientales, en attirant l'attention sur ceux qui, eux, réussissent à être mobiles.

Nous proposons de partir de l'hypothèse que les populations les plus directement et fréquemment confrontées aux frontières construisent dans leur pratique et dans leurs discours des registres distincts de spatialité : un registre de l'institutionnel, qui est peu ou prou intériorisé, qui tourne autour de la séparation des États ; et un registre du familier, de l'espace que l'on continue à s'approprier, au quotidien ou par l'imagination, à rebours des frontières institutionnelles.

Ces registres intimes de spatialité ne sont pas constitués sur la base de liens transnationaux, en ce qu'ils relieraient des individus ancrés dans des Etats déjà constitués, des « traditions » ou « identités nationales » distinctes ; mais de liens, au contraire, qui en deçà de la définition des frontières nationales contribuent à la construction de « pays » réels ou imaginaires, lieux de destins partagés.

En vue du colloque, nous suggérons d'étudier en particulier trois dimensions :

  • Les liens transfrontaliers entre Cisjordanie et Jordanie
  • Les mobilités du religieux
  • Les horizons du familier.

PROGRAMME

4 novembre 2011

(Rotonde, 6e étage, Université Lyon 3, 18 rue Chevreul - Lyon 7e) :

9h-9h30 : Accueil – café

9h30-9h45 : Présentation du colloque et remerciements, par Philippe BOURMAUD

9h45-10h15 : Introduction

  • Véronique BONTEMPS (IRD, Université de Birzeit) : « Mobilités entravées et transnationalisme »
  • Eric VERDEIL (EVS / Pôle « Travail – Espace - Mondialisation ») : « Nourrir la comparaison : la Jordanie dans l'étude du travail, des espaces et de la mondialisation »

Session 1 : Jordanie-Cisjordanie, une familiarité institutionnelle et anti-institutionnelle

Discutant : Stéphanie LATTE-ABDALLAH

10h15-10h45 :

  • Jalal HUSSEINI (IHEID, Genève) : « La mémoire de 'l'Union des deux rives' : l'influence administrative de la Jordanie en Cisjordanie à travers l'action de l'UNRWA » (Annulé)

10h45-11h00 : pause-café

11h00-11h30 :

  • Philippe BOURMAUD (LARHRA) : « Porosité aux frontières : histoire(s) des trafics de drogue aux frontières de la Syrie et la Jordanie à l'époque mandataire »

11h30-12h30 : discussion

12h30-14h00 : déjeuner

Session 2 : La Jordanie des réfugiés et des migrants. Mobilités entravées et modes d'habiter le pays

Discutant : Eric VERDEIL (EVS – Pôle « Travail – Espace - Mondialisation »)

14h00-14h30 :

  • Lucas OESCH (Université de Genève) : « L'aménagement urbain des camps de réfugiés palestiniens et des quartiers informels à Amman »

14h30-15h00 :

  • Luigi ACHILLI (SOAS, Londres) : « Is a refugee camp a closed space? Spatial and political dynamics in Wihdat refugee camp in Jordan »

15h00-16h00 : discussion

16h00-16h15 : pause-café

Session 3 : Tropismes jordaniens. Autre 'Terre sainte', autre terre d'attache ?

Discutant(e) : Karine BENNAFLA (GREMMO)

16h15-16h45 :

  • Norig NEVEU (EHESS) : « Mobilités religieuses dans « l'autre Terre sainte ». Les confréries soufies entre l'ouest et l'est du Jourdain »

16h45-17h15 :

  • Hala ABOU-ZAKI (CEMAM, Université Saint-Joseph de Beyrouth) : « Trajectoires familiales au Proche-Orient. Suivre une famille de réfugiés de Chatila jusqu'en Jordanie – et au-delà »

5 novembre 2011

(salle Elise Rivet, Institut des Sciences de l'Homme, 4e étage, 14, avenue Berthelot - Lyon 7e) :

9h30-11h00 :

Table ronde 1 : « La Jordanie comme étranger proche : esquisse d'un inventaire des registres de familiarité »

(Véronique BONTEMPS, Philippe BOURMAUD, Stéphanie LATTE, Norig NEVEU)

DISCUTANT : Julien BRET

11h00-13h00 :

Table ronde 2 : « Pays d'accueil et finistère face à la frontière : la Jordanie des réfugiés »

(Hala ABOU-ZAKI, Luigi ACHILLI, Jalal HUSSEINI, Lucas OESCH)

14h00-15h00 :

Recherches à venir et conclusions.

15h00 : Fin du colloque

Lieux

  • 18, rue Chevreul et 14, avenue Berthelot
    Lyon, France

Dates

  • vendredi 04 novembre 2011
  • samedi 05 novembre 2011

Mots-clés

  • mobilités, Jordanie, conflits du Proche-Orient, migrations, réfugiés

Contacts

  • Philippe Bourmaud
    courriel : phlippe [dot] bourmaud [at] univ-lyon3 [dot] fr
  • Véronique Bontemps
    courriel : v [dot] bontemps [at] ifporient [dot] org

Source de l'information

  • Philippe Bourmaud
    courriel : phlippe [dot] bourmaud [at] univ-lyon3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Au(x) pays », Colloque, Calenda, Publié le jeudi 27 octobre 2011, http://calenda.org/205893