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De verres et de pierres

La lumière dans l'architecture du Moyen Âge

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Publié le lundi 21 novembre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Du 6 au 8 décembre 2011 se tiendra à l'Université Lumière-Lyon 2 et dans le cadre des travaux de l'Institut Universitaire de France un colloque international sur la lumière et l'architecture, intitulé « De verres et de pierres : la lumière dans l'architecture du Moyen Âge ». La problématique sera considérée selon plusieurs points de vue : l'archéologie et l'archéométrie des verres, l'analyse de la lumière dans l'édifice, la perception de la lumière monumentale au Moyen Âge d'après les sources, lumière et ambiances lumineuses, éclairage naturel et spiritualité, lumière et liturgie. Les communications ne se limiteront pas au seul Moyen Âge. Elles aborderont aussi la question de l'architecture médiévale au présent, c'est-à-dire l'installation de vitraux contemporains dans des églises médiévales, la restitution du traitement de la lumière dans les décors colorés et des édifices disparus grâce à l'informatique, la perception moderne des lumières dans les monuments hérités du Moyen Âge.

Annonce

Le colloque international « De verres et de pierres. La lumière dans l’architecture du Moyen Âge »

(Institut Universitaire de France, avec la collaboration de l’Université Lyon 2, l’Université Lyon 3, de la Ville de Lyon et du Service Archéologique de la Ville de Lyon, et avec le soutien de la Compagnie Saint-Gobain).

se tiendra à Lyon les mardi 6, mercredi 7 et jeudi 8 décembre 2011 dans le contexte de la « fête des lumières ».

Argumentaire

La question de la lumière dans l’architecture religieuse de l’Occident médiéval y sera abordée sous divers aspects. Au Moyen Age, la lumière artificielle (lampes, candélabres, cierges …) relève de la liturgie. Elle est associée aux grandes cérémonies, à la veillée pascale, aux funérailles, aux tombeaux prestigieux, aux reliques ... La lumière naturelle appartient, elle, à l’architecture. Mais en traversant les verrières, en se chargeant des couleurs des décors intérieurs, en créant des espaces éclairés et des zones de pénombre, elle suscite des ambiances lumineuses et colorées adaptées aux pratiques dévotionnelles.

Comment les hommes du Moyen Age percevaient-ils ces lumières ? Les sources écrites renseignent abondamment sur les relations qui unissent la lumière, l’architecture, les pratiques liturgiques, les formes de dévotion et la spiritualité. Ainsi, les rayons du soleil traversant la verrière sans la briser évoquent la virginité de Marie. De même, les saints reposant dans une église manifestent leur puissance par des phénomènes lumineux, parfois des illuminations intenses, comme dans la cathédrale de Nantes au Ve siècle. En ce qui concerne l’esthétique architecturale, les données physiques que fournissent les analyses archéométriques des matériaux de la construction (le verre, la pierre, les couleurs ...) et de la lumière permettent d’en restituer la réalité médiévale. Les colorations de la pierre, les qualités des verres, les longueurs d’onde des couleurs des peintures ou des mosaïques, tout cela entre dans la composition d’une ambiance colorée.

C’est pourquoi une place importante sera donnée à l’étude archéologique et à l’analyse physique des matériaux et de la lumière. Ces approches scientifiques de la lumière sont, pour l’architecture médiévale, une nouveauté qui ouvre un vaste champ de recherches. Grâce aux nouvelles technologies, elles débouchent naturellement sur la restitution des édifices étudiés dans leur état ancien, chargés de vitraux et de décors colorés. La récente reconstitution en 3D de Cluny III et de ses ambiances lumineuses (film Major Ecclesia, Arts et Métiers Paris Tech) offre à l’historien de l’art une très riche matière à observations. Car nous partageons avec les hommes du Moyen Age la même lumière naturelle. Les vitraux carolingiens de Normandie, les verrières gothiques de Chartres, les verres contemporains de Sainte-Foy de Conques ont reçu et reçoivent la même énergie lumineuse qui produit les mêmes effets. Seules changent les émotions et les interprétations : elles sont d’abord culturelles.

English version

The international colloquium Of glasses and stones: lightening in Middle Age architecture will stand up in Lyons from the 6th to the 8th of December, 2011, during the “fête des lumières”

We will consider the question of light in medieval occidental sacred architecture from all angles. Artificial light (candles, lamps, altar candles…) belongs to liturgy. It is closely associated to great ceremonies, funerals, prestigious graves, relics… Natural light belongs to architecture. But it can also create colored lightening atmospheres close to devotional practices, playing with enlighted and darkened spaces, becoming filled with colours of interior decors or with stained-glass windows it reaches.

How did medieval men receive these lights? Written sources give many informations on the relationship that link light, architecture, liturgical practices, forms of devoutness and spirituality. Thus, sunbeams reahing stained-glass window without breaking it evokes Mary’s virginity. As well, saints lied in a church show their power by sunny phenomenons, sometimes with intense illuminations as in Nantes cathedral at the 5th century. About architectural aesthetic, archeometric analysis of materials (glass, stone, colours…) and light provide physics datas, enabling to restore medieval reality. Pigmentation of stone, property of glasses, wave lengths of painting or mosaics: all of these goes into the composition of an coloured atmosphere.

As a matter of fact, a huge rank will be given to archeological studies and physics analysis of materials and light. For medieval architecture, these scientific approaches of light represent new releases opening to a huge research ground. Thanks to new technologies, they obviously lead to restoration of buildings studied in their ancient status, full of stained-glass windows and coloures decors. The recent 3D reconstruction of Cluny III and its luminous atmosphere (Major Ecclesia, movie realised by Arts et Métiers Paris Tech) offers a very rich observing matter. Because we share the natural light with medieval men. Carolingian stained-glass windows of Normandy, the gothic ones of Chartres or contemporary ones of Conques received and still receive the same luminous energy that produces same effects. Only change feelings and meanings: they are, above all, cultural.

Deutsch Version

Aus Glas und Stein Licht in der mittelalterlichen Architektur Das internationale Kolloquium Aus Glas und Stein: Licht in der mittelalterlichen Architektur (Institut Universitaire de France, in Zusammenarbeit mit der Universität Lyon 2, der Universität Lyon 3, der Stadt Lyon und der Abteilung für Archäologie der Stadt Lyon, und mit Unterstützung der Compagnie Saint-Gobain) wird im Rahmen der „Fête des lumières“ vom 6. bis 8. Dezember 2011 in Lyon stattfinden.

 Dabei wird die Rolle des Lichts in der religiösen Architektur des Okzidents im Mittelalter unter ganz verschiedenen Aspekten betrachtet. Im Mittelalter steht das künstliche Licht wie zum Beispiel Lampen, Kerzen oder Kandelaber ganz im Dienst der Liturgie. Das Licht ist mit den großen religiösen Feiern, der Osternacht, der Bestattung, wichtigen Grabmälern, den Reliquien verbunden. Dagegen ist natürliches Licht Teil der Architektur. Wenn es durch die Kirchenfenster scheint, dabei gleichsam die Farben des Raumes in sich aufsaugt und ein Spiel aus Halbdunkel und Helligkeit erzeugt, kreiert das natürliche Licht eine strahlende und farbenreiche Atmosphäre, die abgestimmt ist auf die religiösen Verehrungsformen in einer Kirche.

 Wie haben die Menschen im Mittelalter diese beiden Formen des Lichts wahrgenommen? Licht, Architektur, Liturgie, Verehrungsformen und Spiritualität sind eng miteinander verwoben, das zeigen uns zahlreiche schriftliche Quellen. Die Jungfräulichkeit von Maria wird zum Beispiel durch Sonnenstrahlen symbolisiert, die es schaffen, Glasfenster zu durchleuchten – und das, ohne sie zu zerbrechen. Oder die Ruhestätten der Heiligen, die sich in einer Kirche befinden. Sie tragen eine große Macht in sich, die sie zum Ausdruck bringen durch Licht, manchmal durch intensive Beleuchtung. Ein Beispiel dafür ist der Dom in Nantes aus dem fünften Jahrhundert.

 Die „physischen Fakten“ eines Bauwerks ergeben sich durch archäometrische Analysen des verwendeten Baumaterials, also der Steine, des Glases und der Farben. Aber diese Faktensammlung reicht nicht, um die Ästhetik der Architektur des Mittelalters wieder lebendig werden zu lassen. Das Licht spielt eine entscheidende Rolle beim Verständnis dieser Epoche. Nur, wer die gesammelten Fakten im Kontext des Lichts sieht, erhält ein Gesamtbild.

Denn erst das Zusammenspiel der Farben des Steins, der Beschaffenheit der Glasfenster, der Wellenlänge der Farben der Malereien oder der Mosaike komponiert und bestimmt die farbliche Stimmung des Raums.

 Die archäologische Forschung und die physische Analyse des Baumaterials und des Lichts werden deshalb in diesem Kolloquium eine große Rolle spielen. Der wissenschaftliche Ansatz bei der Untersuchung der Rolle des Lichts in der Architektur des Mittelalters ist ein Novum und eröffnet völlig neue Forschungsbereiche. Diese Herangehensweise lässt vor unseren Augen die Sakralbauten des Mittelalters wieder lebendig werden, in ihrer ursprünglichen Form, mit all ihren Fenstern und prächtigen Farben. Ein entscheidender Faktor sind dabei die neuen Technologien. Der Film „Major Ecclesia“ (Arts et Métiers Paris Tech) etwa schafft es mit seiner 3D-Technik, Cluny III für uns wieder erlebbar zu machen, mit sämtlichen Facetten des Lichts. Das verschafft Historikern ganz neue Einblicke und Erkenntnisse.

Wir leben mit dem selben natürlichen Licht wie die Menschen im Mittelalter. Die karolingischen Kirchenfenster in der Normandie, die gotischen Fenster der Kathedrale Notre Dame de Chartres, die zeitgenössischen Kirchenfenster von Sainte-Foy de Conques – sie alle werden von der selben Lichtintensität durchstrahlt, heute wie damals. Und diese sorgt für exakt die gleichen Effekte. Daran hat sich in all den Jahrhunderten nichts geändert. Aber etwas ist doch dem Wandel der Zeit unterworfen: Was wir beim Anblick dieser Lichtspiele fühlen und wie wir diese interpretieren, verändert sich. Denn unsere Gefühle und Gedanken sind kulturell bedingt.

Programme

6 décembre matin

Institutions - Discours inauguraux

Nicolas Reveyron - Introduction

Lumière donnée : Verre et vitraux, séance présidée par A. Timbert

  • Jean-François Lagier (directeur du Centre International du Vitrail de Chartres) Le vitrail : signe contemporain du verre ou de la lumière ?
  • Sylvie Balcon (Université Paris IV) - Vitrail et lumière dans l’architecture religieuse médiévale
  • Marie-Hélène  Chopinet – Le verre, une substance diaphane, blanche ou colorée, en suivant Georges Bontemps
  • Stéphanie Castandet (Doctorante,  Université Lyon 2) - Vitre et vitraux des fouilles de Cluny et de Paray-le-Monial, Apport de l’archéométrie à l’étude des verres archéologiques

6 décembre AM

Lumière donnée : Lumière et luminaire, séance présidée par G. Bürher-Thierry

  • Monique Goullet (LAMOP, CNRS), Raphaëlle Chossenot (LAMOP, CNRS), Philippe Bernardi (LAMM, CNRS) - Lux, lumen, claritas ... : le vocabulaire technique de la lumière dans l’architecture médiévale
  • Alain Dubreucq (Lyon 3)  - L'éclairement des lieux de culte: aspects normatifs
  • Cécile Treffort (Université de Poitiers)  A la recherche de la lux perpetua. Dispositifs lumineux et tombeaux privilégiés dans les églises médiévales (IXe-XIIe siècle)
  • Stéphanie Daussy (Docteur ès histoire de l'art médiéval) - Liminaire et lumière entre locus et iter : le tref de Noyon

7 décembre matin

Lumière donnée : Lumière et spiritualité, séance présidée par E. Palazzo

  • Evrard Delbey (Université Bordeaux III) - Paroles et lieux de lumière dans les Poèmes de Venance Fortunat
  • Jean-Paul Deremble (Université Lille 3) - La verrière traversée par l'Esprit d'incarnation, la métamorphose théologale du verre
  • Sumi Shimahara (Université Paris IV) - Exégèse et homilétique de la lumière à l'époque carolingienne
  • Magali Guénot (Doctorante, Université Lyon 2) - Les sources lumineuses dans les images de l’Ascension

7 décembre AM

Lumière reçue : Lumière et liturgie, séance présidée par A. Quintavalle

  • Hedwig Röckelein (Université de Göttingen) - De la lumière à l'obscurité : les modes de présentation des reliques
  • Geneviève Bührer-Thierry (Université Paris-Est Marne-la-vallée) - Lumière visible, lumière invisible : luminaire et prédication dans l'Eglise du haut Moyen Age
  • Brindusa Grigoriu (université de Iasi, Roumanie) - Du feu à la lumière: le spectre du filtre
  • Eric Palazzo (Université de Poitiers, IUF) - Lumière et synesthésie dans la liturgie de l'antiquité et du haut Moyen Age

8 décembre matin

Lumière reçue : Lumière et décors colorés, séance présidée par M. Jurkovič

  • Arnaud Timbert (Université Lille 3) - Les identités chromatiques de la lumière : la polychromie d’architecture
  • Benoît Decron (conservateur du musée Soulages, Rodez) - Soulages et les vitraux de Conques, l'invention d'une lumière
  • Christian Père (centre Arts et Métiers ParisTech de Cluny) et Jean-Michel Sanchez (On Situ) - restitution des ambiances colorées à Cluny
  • Patrick Callet (Ecole Centrale de Paris) - La cathédrale et ses lumières retrouvées. Propositions méthodologiques pour une restitution scientifique de la polychromie et des effets visuels

8 décembre AM

Lumière reçue : Les ambiances lumineuses dans l’architecture médiévale, séance présidée par C. Treffort

  • A. Quintavalle (Presidente della Associazione Italiana Storici dell'Arte Medievale) - La lumière dans les textes et les images sur les routes du pèlerinage
  • Dominique Barbet-Massin (docteure ès histoire médiévale) - Le Christ lumière du monde dans le domaine irlandais : de l’enluminure à l’architecture
  • Bruno Phalip (Université Blaise-Pascal) - La part d’ombre des gothiques. Des espaces Plantagenets aux affirmations du bas Moyen Âge
  • Nicolas Reveyron (Université Lyon 2) - Un quelque chose de spirituel dans la pénombre des églises

Lieux

  • 18 quai Claude Bernard (Grand amphithéâtre de Lyon 2)
    Lyon, France

Dates

  • mardi 06 décembre 2011
  • mercredi 07 décembre 2011
  • jeudi 08 décembre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Lumière, architecture, Moyen Âge

Contacts

  • comité d'organisation
    courriel : arnaud [dot] mias [at] dauphine [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Nicolas Reveyron
    courriel : colloquelumiere [dot] lyon2011 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« De verres et de pierres », Colloque, Calenda, Publié le lundi 21 novembre 2011, http://calenda.org/206005