AccueilObjets du quotidien. Profusion, usages, destruction, détournements

Objets du quotidien. Profusion, usages, destruction, détournements

Daily objects. Profusion, use, destruction, misappropriation

Appel à contribution à la revue MANA

Calls for contributions to the MANA journal

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Publié le mardi 15 novembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

La revue Mana, revue de socio-anthropologie à comité de lecture éditée par les éditions l’Harmattan, lance un appel à contribution pluridisciplinaire sur le thème : objets du quotidien. Profusion, usages, destruction, détournements.

Annonce

Présentation :

La littérature d'un Georges Pérec, dans Les choses (1965), a interrogé notre relation singulière aux objets de consommation qui structurent désormais nos intérieurs. Roland Barthes, dans ses Mythologies (1958), avait pour sa part montré en quoi les jouets, le plastique ou encore l'automobile, cristallisent d'abord un imaginaire social. Puis, dans les années 1970, Jean Baudrillard a été le théoricien du statut économique des objets manufacturés qui sont au cœur de nos modes de vie (Le système des objets - 1968, La société de consommation - 1970, Pour une critique de l'économie politique du signe - 1972). Mais peu de sociologues en réalité se sont essayés à penser dans leur globalité et dans leur profondeur les objets produits dans nos sociétés modernes. En 2006, Agathe Schwartz (Idées, 143) avait néanmoins dressé un état des lieux utile d’une sociologie du quotidien intégrant les objets. Elle relevait trois approches, quasi chronologiques : celle héritée de l’anthropologie de Leroi-Gourhan (l’homo-faber ou l’objet-témoin des sociétés sans écriture) –  approche prolongée par des réflexions sur la technique (Haudricourt, Ellul) – , puis l’objet vu comme révélateur du monde social ou indicateur des conditions d’existence (Roche, Elias, Bourdieu…) – analyses qui s’étendent, dans les années 1990, à « l’objet banal et social » (Bonnot, Desjeux, Gras et Moricot) ; enfin, un troisième courant (empreint des théories durkheimaussiennes – « l’objet comme médiateur des conduites motrices »), met l’accent sur la manière dont l’homme est lui-même façonné par les objets qu’il utilise (Warnier, 1999).

Il existe donc une littérature anthropologique et sociologique de notre relation aux objets produits, mais qui mérite selon nous d’être étendue, actualisée, revisitée à l’aune de notre contemporanéité. Des questions sociologiques et écologiques fondamentales de notre époque rencontrent là ces productions tant matérielles qu’humaines et sociétales que sont les objets de la vie quotidienne et que l'on pourrait énumérer dans un inventaire à la Prévert que viendrait conclure le dernier raton-laveur électronique proposé par l’industrie chinoise. Au sein de toutes les classes sociales (et peut être plus encore dans les classes les plus vulnérables de la société), les habitats des pays riches sont devenus de véritables dépot(oires ?) d'objets de consommation de masse dont l'obsolescence accélérée est la raison d’être (obsolescence technique mais aussi phénomènes de mode soutenus par le marketing). "La destruction des objets est l'alternative fondamentale à la production", avançait déjà Baudrillard, quoique précédé magistralement sur ce thème par Gunther Anders dans son second volume de L’obsolescence de l’Homme. Ainsi, dans l'histoire de l'humanité, la production d'objets n'a jamais été aussi importante, désirée même, en ce sens qu'elle est le moteur, pour l’heure, d’un modèle de développement majoritairement souhaité et répandu. Les sphères économiques et écologiques sont ici indissociables car cette profusion n'est évidemment pas sans conséquences : épuisement des ressources, stratégies d'accaparement des matières premières de la part des Etats et des multinationales, optimisation des coûts de fabrication au détriment de la santé des hommes et des milieux, pollutions diverses liées à l'exploitation, la production, le transport, l'usage et l'abandon d’objets constituant des montagnes de détritus (plus ou moins nocifs et contaminants) que les techniques dites de "recyclage" ne permettent pas - loin s’en faut - d'araser.

Pour ce numéro de la revue MANA, nous postulons qu’au-delà de l’objet qui nous « informe » (nous met littéralement « en forme », nous chosifie), il convient aussi de nous interroger sociologiquement sur le moment où les objets débordent, nous débordent. Comment le formidable excédent d’objets produit au nom de notre mode de développement est-il pris en charge, quels sont nos choix - et leurs enjeux – en matière de modes de dilapidation de cette part maudite dont Georges Bataille nous parlait ? On touche ici à toute la problématique des objets devenus déchets, leur traitement ou retraitement, par disparition-incinération, récupération-recyclage, prolongation de vie, détournements domestiques et artistiques… A partir d’un fil conducteur résolument ancré dans l’articulation entre le symbolique (du rapport aux objets) et l’observation sociologique et critique du système de production et de consommation des objets du quotidien, plusieurs axes sont retenus pour ce numéro :

  • Une orientation plus spécifiquement ethnologique et anthropologique, rappelant la place des objets dans les systèmes traditionnels et leur mise en relation avec les objets manufacturés venus de l'Occident.
  • Des usages  particuliers d’objets (boulimies de consommation, collections, phénomènes de mode…).
  • Une sociologie critique de la consommation (Baudrillard revisité...). 
  • Des aspects socio-économiques liés à la mondialisation (pour ce qui relève par exemple de la production massive chinoise et de ses effets).
  • L’objet devenu détritus, déchet plus ou moins problématique ou « recyclable » et engendrant diverses pollutions et débats publics.
  • La dématérialisation des objets (nouvelles technologies) ; enjeux et problèmes.
  • L’objet devenant véritablement « durable » (l’artisanat, les vide-greniers, le détournement artistique des objets…)

Ces orientations sont données à titre indicatif. Toutes les propositions reçues dans les délais prévus seront examinées par les responsables de ce numéro, en collaboration avec le comité de lecture.

Modalités de soumission

Note d’intention d’une page maximum à envoyer à mana.objets@gmail.com

avant le 10 février 2012

Responsables du numéro : Arnaud Morange et Salvador Juan

Calendrier :

  • Note d’intention d’une page maximum à envoyer avant le 10 février 2012 (réponses du comité à la mi-mars 2012).
  • Article à fournir pour la fin juin 2012 (35 000 signes environ).
  • Parution : premier semestre 2013.

Adresse d’expédition et contact : mana.objets@gmail.com

Informations revue :

Lieux

  • Esplanade de la Paix (Revue MANA, Université de Caen)
    Caen, France

Dates

  • vendredi 10 février 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • objets de consommation, déchets, vie quotidienne

Contacts

  • Arnaud Morange
    courriel : morange [dot] arnaud [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Arnaud Morange
    courriel : morange [dot] arnaud [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Objets du quotidien. Profusion, usages, destruction, détournements », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 15 novembre 2011, http://calenda.org/206121