AccueilLes « ailleurs » de la politique (2011-2012)

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Publié le vendredi 18 novembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Ce séminaire prendra pour objet les arrière-mondes politiques : utopies, descriptions de voyageurs, commuautés hétérogènes logées au sein même de l'Etat ou à ses frontières, etc... - autrement dit, toutes les altérités indispensables par lesquelles on peut s'efforcer de mettre à distance le présent politique pour le penser, le justifier ou le critiquer.

Annonce

Les « ailleurs » de la politique – séminaire 2011-2012

"Il semble que le sentiment de l’humanité s’évapore et s’affaiblisse en s’étendant sur toute la terre, et que nous ne saurions être touchés des calamités de la Tartarie ou du Japon, comme de celles d’un peuple européen. Il faut en quelque manière borner et comprimer l’intérêt et la commisération pour lui donner de l’activité." Rousseau, Discours sur l’économie politique

Présentation

C’est presque devenu un lieu commun de la pensée politique que d’affirmer, à la suite de Michel Foucault, que toute institution, tout rapport de pouvoir s’inscrivent dans un espace, ou encore, que toute formation politique possède ses propres modes de spatialisation. Faisant un pas de côté, nous aimerions interroger, lors d’un séminaire qui se tiendra à l’Université de Paris I de novembre 2011 à juin 2012, non pas le rapport entre le pouvoir et sa localisation, entre l’État et son territoire, mais plutôt entre la politique et ses « ailleurs »  – par où nous entendons tous les lieux, espaces, théâtres, continents, à la fois distants et différents d’elle, d’un point de vue géographique et/ou historique, mais avec lesquels elle entretient un rapport plus ou moins étroit.

Ainsi, nous souhaiterions explorer l’hypothèse selon laquelle toute politique – entendue à la fois comme théorie et comme pratique – entretient des relations complexes avec des lieux autres, et que ces relations la travaillent et  la constituent essentiellement. Et ce même lorsqu’il s’agit, comme pour Rousseau, de « borner et comprimer » l’intérêt, plutôt que de l’étendre à ces « ailleurs » que sont la Tartarie et le Japon : pour « concentrer l’humanité entre ses concitoyens », encore faut-il avoir distingué la « patrie » de tous les autres lieux. Autrement dit, nous voudrions nous demander en quel sens la politique se fonde sur la construction de ces « ailleurs », dans un processus où s’entremêlent leur connaissance empirique, et leur usage comme moyen de justification ou d’élucidation théorique.

 L’objectif de ce séminaire sera ainsi, en interrogeant des textes issus de différentes traditions politiques et philosophiques, sans limitation de temps, ni d’espace,  de dresser une cartographie de ces « ailleurs » en posant notamment trois questions :

  1. Quels critères pouvons-nous utiliser pour identifier les « ailleurs » ? Si l’ «ailleurs» n’est pas nécessairement la zone qui se trouve au-delà de la frontière, s’il peut être tout à la fois dans les parages ou infiniment lointain, par quoi les critères géographiques peuvent-ils être complétés, remplacés ? Autrement dit, comment la distance, géométriquement mesurable, s’articule-t-elle avec la différence qualitative de la constitution, du régime, ou des mœurs ?
  2. Quelles sont les différentes fonctions théoriques des « ailleurs », qu’ils soient fictifs ou réels ? Autrement dit, pour quelles raisons les philosophes et les théoriciens ont-ils recours à des descriptions, ou à des constructions politiques à distance ? Et, inversement, pourquoi, tel Socrate sortant d’Athènes au début de la République, ont-ils parfois besoin de s’éloigner de la cité, de parler depuis un ailleurs, pour mieux la fonder ?
  3. Quels sont les différents types de projets politiques que les « ailleurs » suscitent ou occasionnent ? Et en quoi ces projets différent-ils spécifiquement de ceux construits pour ici ? Élaborer, par exemple, une constitution pour le peuple polonais, a-t-il le même sens, et s’effectue-t-il de la même manière, que la rédaction d’une charte pour le lieu où l’on demeure ? Mais encore, comment intervenir ou agir sur ces lieux autres en conservant leur altérité, en les maintenant à distance ?

Programme des séances

30 novembre 2011

29 févier 2012

28 mars 2012

25 avril 2012

16 mai 2012

Les séances auront lieu au Centre Thénard, amphithéâtre Eyrolles (1, rue Thénard) - le 30 novembre - et en Sorbonne, salle F609 (rue de la Sorbonne) - toutes les autres dates -, de 18h à 20h.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • mercredi 30 novembre 2011
  • mercredi 29 février 2012
  • mercredi 28 mars 2012
  • mercredi 25 avril 2012
  • mercredi 16 mai 2012

Mots-clés

  • Philosophie politique

Contacts

  • Aurélie Knüfer
    courriel : aurelie [dot] knufer [at] gmail [dot] com
  • Simon Gallegos Gabilondo
    courriel : simongallegosgabilondo [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Aurélie Knüfer
    courriel : aurelie [dot] knufer [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les « ailleurs » de la politique (2011-2012) », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 18 novembre 2011, http://calenda.org/206204