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Transformations des mobilités étudiantes Sud-Nord : approches démographiques et sociologiques

The transformations in South-North student mobility: demographic and sociological approaches

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Publié le jeudi 17 novembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Si la mobilité internationale des étudiants et son ancrage dans des réseaux transnationaux est un phénomène ancien, sa forme et ses modalités connaissent un infléchissement nouveau. Le projet du numéro est de faire dialoguer des démographes et des sociologues sur la mesure du phénomène et sur sa nouveauté. L’étude des déterminants des mobilités étudiantes Sud-Nord et des stratégies auxquelles elles peuvent correspondre, tant de la part des individus que de leur environnement familial ou encore des États, sera privilégiée. À titre indicatif, les contributions pourront mettre l'accent sur un des axes suivants : migrations pour études et insertion professionnelle au retour ; politiques d’immigration choisie : logiques d’action et enjeux géopolitiques ; inégalités sociales, discriminations et mobilisations.

Annonce

Proposition d'un numéro des Cahiers québécois de démographie sur le thème : transformations des mobilités étudiantes Sud-Nord : approches démographiques et sociologiques

Argumentaire :

Ce projet de numéro dans la revue Les Cahiers québécois de démographie prend sa source dans l’intensification de la mobilité étudiante dans le monde. Si la mobilité internationale des étudiants et son ancrage dans des réseaux transnationaux est un phénomène ancien, sa forme et ses modalités connaissent un infléchissement nouveau. La libéralisation des échanges de services avec notamment l’ouverture de l’enseignement supérieur à une économie de marché, la privatisation de grandes entreprises publiques nationales, et les réformes récentes des systèmes scientifiques et techniques des pays des Suds qui engendrent de nouveaux flux de personnels scientifiques et techniques qualifiés dans un espace géopolitique transformé, sont quelques-uns des facteurs qui transforment en profondeur ce processus d’internationalisation. Ces mutations économiques s’accompagnent généralement de politiques publiques de rapatriement des compétences et de politiques d’immigration choisie qui se développent aussi bien dans les pays industrialisés du Nord que dans les pays ou régions périphériques du Sud.

Dans ce contexte, le champ de recherche sur la mobilité internationale des étudiants s’est largement renouvelé. Il ne se limite plus à revisiter l’analyse de la fuite des cerveaux telle que développée dès les années 1960, mais ouvre le spectre de nouvelles pistes de réflexion touchant aussi bien aux parcours diversifiés d’études, aux questions du retour de compétence et au rôle de la diaspora scientifique, qu’aux modalités de transfert de savoirs entre le Nord et le Sud. Ce n’est qu’en élargissant le champ d’analyse et en croisant le point de vue de différentes disciplines que l’on peut appréhender l’ampleur et la qualité de cette nouvelle réalité.

Le numéro dans son ensemble s'inscrit dans une démarche comparative des transformations des champs universitaires Nord-Sud (ou centre-périphérie). Les contributeurs s’attacheront à mettre en évidence des recherches effectuées dans différents contextes nationaux des pays riches, des pays pauvres et des pays émergents.

Le projet du numéro est de faire dialoguer des démographes et des sociologues sur la mesure du phénomène et sur sa nouveauté. D’un point de vue méthodologique, les difficultés de l’appréhension du phénomène de la mobilité ne seront pas éludées mais au contraire discutées : difficulté quant à la variabilité des définitions de l’étudiant étranger ; difficulté liée à la possibilité d’envisager la mobilité par son origine et/ou sa destination ; difficulté due au fait que sa connaissance peut mobiliser divers appareils statistiques et que les connaissances démographiques diffèrent d’un pays à l’autre, de la rive Sud à la rive Nord ; difficulté liée enfin à la mesure des transitions, des moments de bifurcation ou des ruptures dans les trajectoires d’études.

L’étude des déterminants des mobilités étudiantes et des stratégies auxquelles elles peuvent correspondre tant de la part des individus (hommes, femmes), que de leur environnement familial ou encore des États, sera privilégiée. A partir de l’analyse de ces éléments, des pistes de réflexion pourront être proposées permettant de repenser les politiques de mobilité internationale des étudiants.

A titre indicatif, et afin de cerner différents aspects des transformations de la mobilité étudiante Sud-Nord, les contributions pourront mettre l'accent sur un des axes suivants :

1. Migrations pour études et insertions professionnelles au retour

Les approches démographiques et sociologiques pourront apporter des éléments de connaissance sur la demande de formation à l’étranger et l’intention déclarée des étudiants et de leurs familles. Elles le feront sur la base de nouvelles sources d’information et de nouvelles démarches d’enquête, et en fonction de déterminants tels que : la composition et le rôle de la famille, les trajectoires scolaires, le projet d’études. Des travaux mettant en évidence des bifurcations dans des trajectoires d’études non linéaires du Sud vers le Nord pourront compléter les analyses en termes de flux d’étudiants.

Par ailleurs, l’insertion professionnelle au retour se décline différemment selon la filière ou le niveau d’études, et selon la durée du séjour à l’étranger et le rôle des réseaux professionnels. Un regard porté aux parcours d’insertion professionnelle d’étudiants partis à l’étranger renseigne sur la valeur du diplôme au retour, sur le poids de la diaspora scientifique ainsi que sur les évolutions du marché de l’emploi du pays d’origine.

2. Politiques d’immigration choisie : logiques d’action et enjeux géopolitiques

De nombreux pays du Nord s’adonnent à une immigration sélective en vue d’accueillir les étudiants les plus solvables et de contrôler le risque migratoire. D’anciens pays de départ deviennent à leur tour pays récepteurs et font l’apprentissage de nouvelles politiques d’immigration choisie. Comment se mettent en place concrètement ces différentes logiques, parfois contradictoires, entre les pays pourvoyeurs et receveurs d’étudiants étrangers, mais aussi au sein d’un même pays?

Les politiques d’immigration choisie révèlent par ailleurs des enjeux géopolitiques à l’échelle nationale et régionale : comment le processus d’internationalisation de l’enseignement supérieur est-il approprié par les États, au regard de leur histoire nationale, de leurs interrelations avec d’autres États ? De quelles manières ce processus d’internationalisation traduit-il de nouvelles polarités régionales au Nord comme au Sud?

3. Inégalités sociales, discriminations et mobilisations

Les transformations des mobilités étudiantes entre le Nord et le Sud ne se réduisent pas à la seule question de la gouvernance institutionnelle et ses enjeux géopolitiques. Dans les pays du Sud, on assiste à des processus de classements sociaux entre les étudiants restés et ceux partis à l’étranger. Dans les pays du Nord, des processus de division sociale s’opèrent également entre les étudiants locaux et étrangers, mais aussi entre étudiants étrangers. Les démarches effectuées pour la mise en œuvre du projet d’études, les difficultés, voire les discriminations économiques et géographiques rencontrées, pourront être analysées au moment du départ comme au moment du retour. Cette perspective permet de mieux dévoiler les inégalités sociales de divers ordres qui ponctuent le parcours migratoire et professionnel des étudiants ainsi que les échecs du retour des compétences. Mettre au jour des pratiques de contournement des contraintes permet également de penser les articulations entre flux migratoires, réseaux transnationaux et mobilisations collectives, et de saisir les représentations et les stratégies des acteurs qui donnent sens aux dynamiques migratoires, tant au départ qu’au retour.

Calendrier

  • Date d’envoi des résumés (400 mots) au plus tard le 5 janvier 2012
  • Date d’envoi des articles au plus tard le 20 avril 2012
  • Date de publication : printemps 2013

Modalités de soumission

Les propositions d’articles, 11 000 mots, seront soumises à l’évaluation du comité scientifique de la revue (http://www.demographesqc.org/cahiers.html). Le délai d’envoi des textes doit être respecté de manière impérative.

Les propositions doivent être envoyées aux coordinatrices du numéro avant le 5 janvier 2012

Coordonnatrices du numéro :

Les Cahiers québécois de démographie sont une revue scientifique d’envergure internationale qui paraît deux fois l’an. Ils publient des articles originaux, des notes de recherches et des comptes rendus de démographes, de sociologues, de géographes et d’historiens. Les textes soumis font l’objet d’une évaluation par les pairs.

Dates

  • jeudi 05 janvier 2012

Mots-clés

  • mobilité internationale, migration, étudiants, Sud-Nord

Contacts

  • Sylvie Mazzella
    courriel : Mazzella [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr
  • Stephanie Garneau
    courriel : stephanie [dot] garneau [at] uottawa [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Sylvie Mazzella
    courriel : Mazzella [at] mmsh [dot] univ-aix [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Transformations des mobilités étudiantes Sud-Nord : approches démographiques et sociologiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 17 novembre 2011, http://calenda.org/206212