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Quels modèles pour quelle histoire ? Néo-institutionnalisme et histoire économique

Which Models for which History ? The New Institutional Economics and Economic History

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Publié le lundi 21 novembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Ce séminaire s’inscrit dans le programme de recherche de l'UMR Ausonius (Bordeaux) « Les marchés dans le monde antique : concepts, conceptions et réalités ». Il s'agit de s'interroger sur les modèles utilisés en histoire économique pour éclairer les sociétés antiques, et notamment celui qui se dégage ces dernières années dans l’historiographie, le néo-institutionnalisme ou nouvelle économie institutionnelle.

Annonce

Journée d’étude du 25 novembre 2011 – 14 h à 18 h : Quels modèles pour quelle histoire ? : Néo-institutionnalisme et histoire économique

Salle de conférences de la Maison de l’archéologie (à gauche en rentrant), Université Bordeaux 3.

Organisation :

Présentation de la journée :

Si l'économie ne cesse d'élaborer des modèles pour rendre compte des activités de production et d'échange, l'histoire économique s'en est tenue pendant longtemps à une description, qu'elle voulait neutre, sur fond d'approche statistique. Depuis quelques décennies, d'abord par le biais d'une réflexion conceptuelle autour de notions comme le marché, les historiens se sont mis à chercher dans la modélisation une réponse aux incertitudes que la méthode quantitative n'avait pas levées. De leur côté, certains économistes ont pris conscience des limites de l'approche formelle et mathématique et n'ont eu de cesse d'interpeller leur discipline au nom de son appartenance aux sciences sociales et humaines. La rencontre devenait alors possible, mais elle imposait de poser à nouveau frais la question des modèles économiques utilisables en histoire. L'un d'eux semble se dégager aujourd'hui, le néo-institutionnalisme ou nouvelle économie institutionnelle. Les historiens de l'Antiquité y recourent de plus en plus. Si l'heure n'est certes pas encore au bilan, il est néanmoins d'ores et déjà possible de présenter les principaux apports de cette démarche interdisciplinaire et de questionner plus généralement le recours aux modèles en histoire économique.

Programme de la journée

Lieu : Maison de l'Archéologie, salle de conférences.

14 h – 14 h 20 : Présentation de la journée par A. Carrara et Chr. Pébarthe

  • 14 h 20 – 14 h 50 : Christel Müller, Professeur d’histoire grecque à l’Université de Reims, “Évergétisme et Nouvelle Économie Institutionnelle”
  • 14 h 50 – 15 h 00 : questions
  • 15 h – 15 h 30 : Antoine Deramaix, doctorant en histoire grecque à l’Université Bordeaux 3,
    “Le Néo-institutionnalisme, un nouveau modèle pour une histoire dynamique du monnayage samien ?”
  • 15 h 30 – 15 h 40 : questions

15 h 40 – 15 h 50 : Pause

  • 15 h 50 – 16 h 20 : Laetitia Graslin, MCF en histoire ancienne à l’Université Nancy 2,
    “Approches de l’Orient ancien et la Nouvelle Économie Institutionnelle”
  • 16 h 20 – 16 h 30 : questions
  • 16 h 30 – 17 h : Chr. Pébarthe,
    “D’un modèle à l’autre : Nouvelle Économie Institutionnelle versus Économie des Conventions”.
  • 17 h – 17 h 30 : Alain Bresson, Professeur émérite d’histoire grecque de l’Université Bordeaux 3, professeur à l’Université de Chicago,
    “Conclusions”

17 h 30 : discussion générale sur la journée.

Une seconde journée sera organisée au mois de mars 2012 sur le thème suivant : Modèles et catégories, méthodologie de l’histoire économique

Pour les historiens, l'économie invite au comparatisme. Il n'est ainsi pas possible de parler de marché sans comparer les institutions marchandes des sociétés passées et présentes entre elles. D'autres notions, à la frontière entre la sociologie et l'économie, invitent également à comparer. L'artisanat, dont la vocation conceptuelle première semble être de penser la production en dehors de l'industrialisation et des révolutions industrielles, en fournit un exemple. Le comparatisme invite aussi à emprunter une démarche compréhensive, c'est-à-dire à confronter des catégories anciennes et des concepts contemporains, non pour pointer des anachronismes, mais plutôt pour délimiter le recours à ces derniers.

Résumé des communications

14 h 20 – 14 h 50 : Christel Müller, Professeur d’histoire grecque à l’Université de Reims, “Évergétisme et Nouvelle Économie Institutionnelle”

L’évergétisme, tel que pratiqué dans les cités grecques de l’époque hellénistique, a fait l’objet de nombreuses analyses en termes sociologiques ou institutionnelles, sans que les ressorts économiques en aient jamais été analysés en profondeur à quelques rares exceptions près. L’analyse de la dimension financière des comportements évergétiques et, plus particulièrement, de l’articulation entre évergésies et prêts, permet de restituer à ceux-ci leur caractère transactionnel : par là même, se trouve justifiée l’application de la théorie néo-institutionnaliste de D. North à ce moment particulier de l’interaction sociale, pour en montrer la rationalité économique.

15 h – 15 h 30 : Antoine Deramaix, doctorant en histoire grecque à l’Université Bordeaux 3, “Le Néo-institutionnalisme, un nouveau modèle pour une histoire dynamique du monnayage samien ?”

Pour les sociétés anciennes et celles de l’Antiquité grecque notamment, le phénomène monétaire tend depuis longtemps à constituer un champ de réflexion et de convergence privilégié entre économistes et historiens. Rendez-vous ou acte manqué, la prégnance et le principe « a-historique » de la théorie néoclassique reportaient sine die ou galvaudaient pour le moins le dialogue annoncé.

Les conditions changent avec l’apparition du nouveau paradigme que porte l’ensemble théorique que nous appelons désormais la « Nouvelle Économie Institutionnelle » (NEI). Ce modèle place l’étude des institutions au cœur de l’analyse des organisations et des jeux de coordination économiques. De fait, ce « tournant » semble ouvrir la voie à un dialogue renouvelé entre économistes et historiens.

Pouvons-nous, grâce au modèle économique de la NEI, prétendre à une lecture intelligible et dynamique des économies anciennes ? C’est ce que nous proposons d’envisager à travers l’étude d’un phénomène économique précis, le monnayage samien du VIè siècle avant notre ère. Reconnus pour leur dynamisme et leur prospérité économiques quasi légendaires, les Samiens produisent à cette époque un monnayage important, mais dont les origines, les modalités de mise en œuvre et les évolutions soulèvent de nombreuses questions.

Dans le cadre de cette intervention, il s’agira donc de tester différentes hypothèses et autres concepts issus de ce nouveau corpus théorique pour lire et tâcher de donner corps aux informations concernant la production monétaire samienne pour la période archaïque.

15 h 50 – 16 h 20 : Laetitia Graslin, MCF en histoire ancienne à l’Université Nancy 2, “Approches de l’Orient ancien et la Nouvelle Économie Institutionnelle”.

Après avoir longtemps été séduits par les thèses de K. Polanyi, les historiens de l'Orient ancien sont actuellement à la recherche de nouveaux modèles, parmi lesquels ceux proposés par la Nouvelle Économie Institutionnelle. L'objet de cette communication sera dans un premier temps de montrer de quelle manière la nature très particulière de la documentation mésopotamienne a conduit à un usage des modèles assez différents de ce qui est pratiqué pour les autres domaines de l'histoire ancienne. Nous nous intéresserons ensuite au cas particulier des échanges à longue distance dans la Mésopotamie du premier millénaire, et montrerons, à partir de quelques exemples, en quoi l'analyse institutionnelle peut aider à mieux comprendre les réalités antiques.

16 h 30 – 17 h : Chr. Pébarthe, “D’un modèle à l’autre : Nouvelle Économie Institutionnelle versus Économie des Conventions”.

Depuis plusieurs décennies, la théorie économique dominante ne cesse d'être parcourue de débats la remettant plus ou moins en cause. À partir des années 1950, privilégiant l'étude des marchés concrets, les défenseurs de la Nouvelle Économie Institutionnelle ont mis en évidence leur imperfection par rapport au modèle théorique sans véritablement remettre ce dernier en cause. D'autres courants préfèrent proposer un changement de paradigme, comme celui de l'économie des conventions qui entend ouvrir une perspective unidisciplinaire, intégrant l'économie au sein des sciences sociales et humaines. Cette seule ambition suffit-elle à encourager les historiens à choisir la seconde au détriment de la première ? Une nouvelle querelle, celle des modèles économiques, doit-elle remplacer la plus ancienne opposition entre Primitivistes (les tenants du caractère primitif de l'économie antique) et Modernistes (qui défendaient au contraire sa modernité) ? Cette communication propose de réfléchir non pas tant au "bon" modèle qu'aux critères de choix d'un modèle pour faire de l'histoire.

Lieux

  • 8 esplanade des antilles (Maison de l' archéologie)
    Pessac, France

Dates

  • vendredi 25 novembre 2011

Mots-clés

  • Histoire économique, néo-institutionnalisme, convention, modèles

Contacts

  • Carrara Aurélie
    courriel : aurelie [dot] carrara [at] gmail [dot] com
  • Pébarthe Christophe
    courriel : christophe [dot] pebarthe [at] u-bordeaux3 [dot] fr

Source de l'information

  • Aurélie Carrara
    courriel : aurelie [dot] carrara [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Quels modèles pour quelle histoire ? Néo-institutionnalisme et histoire économique », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 21 novembre 2011, http://calenda.org/206239