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L’initiative « Yasuni- ITT » en Equateur

The initiative "Yasuni-ITT" in Ecuador

Quels enjeux pour les sciences sociales ?

What stakes for the social sciences?

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Publié le lundi 28 novembre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Cette journée d’étude a pour objectif d’introduire dans le champ académique une réflexion critique sur les enjeux de l’initiative « Yasuni – ITT », lancée en 2007 par le gouvernement équatorien et présentée comme une alternative post-Copenhague de développement. Les discussions s’inscriront dans une perspective pluridisciplinaire. Elles devront permettre à la fois de mieux saisir les débats actuels autour de cette initiative et de soulever de nouvelles perspectives d’étude.

Annonce

Date et lieu de l'événement : mardi 24 janvier 2012, Institut des Amériques (Paris)

Clôture de l’appel : vendredi 2 décembre 2011

Langues de travail : français, espagnol, anglais

Argumentaire

Le Président d’Équateur, Rafael Correa, fit l’annonce, en 2007, devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, de l’engagement de l’Équateur à conserver indéfiniment, sans les exploiter, les réserves de 846 millions de barils de pétrole du champ ITT (Ishpingo-Tambococha-Tiputini), soit 20% des réserves pétrolières nationales, situées dans le Parc National Yasuní.  En échange, le Président proposa que la communauté internationale contribue financièrement à hauteur d’au moins 3.600 millions de dollars (environ 50% des ressources que percevrait l’État s’il devait exploiter ces réserves). À cette fin a été créé un fonds de capitalisation, géré par le PNUD avec la participation de l’État d’Equateur, de la société civile équatorienne et de représentants des contribuables.

L’initiative Yasuni – ITT vise à lutter contre le réchauffement global, en évitant l’exploitation de combustibles fossiles dans certaines zones de pays en développement. Par ailleurs, le développement social, la conservation de la nature et la mise en œuvre de sources d’énergie renouvelables s’intègrent dans une stratégie destinée à consolider un nouveau modèle de développement équitable et durable en Equateur, qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle Constitution de l’Equateur (dans laquelle référence est explicitement faite à la notion de « bien vivre », Sumak Kawsay). Cette initiative a provoqué de nombreux débats, tant dans les milieux politiques et diplomatiques qu’au sein de la société civile équatorienne et internationale. Peinant à obtenir des engagements financiers auprès de la communauté internationale, le gouvernement équatorien à toutefois dû revoir ses stratégies d’action. Sans abandonner les objectifs de fond de l’initiative Yasuni – ITT, il cherche maintenant à sensibiliser d’autres acteurs susceptibles d’y contribuer financièrement (notamment les collectivités locales).

Dans un panorama marqué par une reconfiguration des capacités d’agir des acteurs sociaux face à des enjeux globaux, le projet Yasuni – ITT constitue une étude de cas intéressante, illustrant à la fois la possibilité d’expérimentation innovante et les limites auxquelles ils font face. Quels sont les acteurs qui le portent au niveau national et international, quelles stratégies déploient-ils et quels sont les enjeux qu’ils soulèvent? A l’inverse, quels sont les obstacles et les acteurs qui s’opposent à la réalisation et à la diffusion du projet ? L’initiative semble ouvrir un espace pour une gouvernance des biens communs à l’échelle globale et des relations internationales, dans lesquelles les collectivités territoriales jouent un rôle important. L’heure d’un premier bilan semble pourtant marquée par la realpolitik et par une coopération limitée. 

Au-delà des questions liées aux mobilisations pour porter ou défendre une cause sur la scène internationale, cette initiative soulève de nombreux enjeux pour les sciences sociales. Tout d’abord parce qu’elle comporte traverse les frontières disciplinaires. Les débats qui accompagnent l’initiative Yasuni – ITT touchent aussi bien au politique, à l’économie, à l’anthropologie et à la sociologie. Ensuite parce qu’il implique une multiplicité d’acteurs et touche simultanément plusieurs niveaux d’analyse (international, national, local). En ce sens, l’initiative Yasuni – ITT constitue un laboratoire pour les sciences sociales, qui reste encore à décrypter. Dans quelle mesure les sciences sociales peuvent-elles nous permettre de mieux saisir les implications (locales et globales) de l’initiative Yasuni – ITT ? Quels outils des sciences sociales peuvent être mobilisés pour en analyser les différentes dimensions et les différents acteurs? A l’inverse, en quoi l’initiative Yasuni – ITT et, plus largement, les mouvements autour de la notion de « bien vivre » en Equateur peuvent-ils contribuer à reformuler certaines théories et méthodes des sciences sociales ?

Cette journée d’étude a plusieurs objectifs : dresser un état des travaux en cours sur l’initiative Yasuni ITT et sur la notion de « bien vivre » en Equateur ; stimuler les échanges disciplinaires sur les enjeux de l’initiative Yasuni ITT ; faire émerger de nouvelles perspectives d’études à partir du cas Yasuni – ITT ; ouvrir un débat entre le milieu académique et les acteurs qui portent l’initiative Yasuni – ITT en Equateur et à l’étranger (mouvements sociaux, associations, collectivités locales, etc.)

Modalités de soumission et de sélection

Les propositions de communications (3.000 signes + 5 références bibliographiques sont à envoyer

avant le vendredi 2 décembre 2011

à l’adresse suivante : iheal-ri@univ-paris3.fr. Elles devront être accompagnées d’une notice biographique de 5 lignes présentant l’auteur (rattachement universitaire, fonctions, principales publications, etc.)

Après examen par le comité d’organisation de la journée d’étude, les résultats de la sélection seront communiqués par courrier électronique le jeudi 15 décembre 2011.

Comité organisateur

  • Jean-François Claverie (Observatoire des Changements de l’Amérique latine, LOCAL)
  • Frédéric Louault (IHEAL/Université Sorbonne Nouvelle & CERI-Sciences Po)
  • Geoffrey Pleyers (FNRS-Université Catholique de Louvain & CADIS-EHESS)
  • Soschanne Schurink (Université Catholique de Louvain)

 Institutions partenaires de l’évènement

  • Association Française de Sociologie – Réseau Thématique n°21 (« Mouvements sociaux »)
  • Association Viva Yasuni
  • Centre de Recherche Interdisciplinaire « Démocratie, Institution, Subjectivité » (CriDIS /Université Catholique de Louvain)
  • Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine (IHEAL/Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)
  • Observatoire des Changements en Amérique Latine (LOCAL)
  • Observatoire Politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC/Sciences Po)

Lieux

  • 175 rue du Chevaleret (Institut des Amériques (IdA), 8ème étage)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 02 décembre 2011

Fichiers attachés

Mots-clés

  • mouvements sociaux, environnement, relations internationales, action publique, Equateur

Contacts

  • Frederic Louault
    courriel : reformar2014 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Frederic Louault
    courriel : reformar2014 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L’initiative « Yasuni- ITT » en Equateur », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 28 novembre 2011, http://calenda.org/206360