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Le sport face aux enjeux de la responsabilité sociale et du développement durable

Sport and the issues of social development and sustainable development

Appel à contribution de la Revue Européenne de Management du Sport

Revue Européenne de Management du Sport calls for contributions

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Publié le mardi 29 novembre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Appel à contribution de la Revue Européenne de Management du Sport pour un numéro Spécial « Le sport face aux enjeux de la responsabilité sociale et du développement durable », en mars 2013.

Annonce

Argumentaire

Les entreprises et les organisations de la filière sports-loisirs sont aujourd’hui confrontées au problème de l’impact environnemental et de la responsabilité sociale de leur activité. Qu’il s’agisse des marques, des clubs professionnels, des prestataires de service, des fédérations et des associations sportives… les bonnes pratiques en matière de développement durable (DD) et en matière d’éthique et de comportements citoyens, orientent de plus en plus les choix politiques et stratégiques des dirigeants. Tous les acteurs du sport sont concernés par les nombreuses facettes de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises). Si la naturalité, la réduction des rejets polluants, le recyclage, les économies d’énergie, l’empreinte carbone… mais aussi des conditions de travail dignes pour les salariés tendent à devenir des nécessités, la réalité du secteur, la mondialisation, la concurrence et les investissements nécessaires imputent souvent les meilleures des intentions managériales et/ou politiques. Par exemple, les entreprises peuvent être dissuadées par le coût important de la révision de leur processus de fabrication. Derrière les discours de façade et les promesses éco-environnementales séduisantes, les efforts réalisés sont parfois très minimes, les résultats obtenus souvent décevants. Il est vrai qu’en la matière l’optimisme est de rigueur. La vision d’un monde meilleur (plus sain, plus propre, plus équitable, plus durable, etc.) occulte profondément les difficultés et les obstacles de mise en œuvre. Quel que soit le secteur d’activités et quelles qu’en soit les intentionnalités, trois objectifs fixent les contours de l’organisation socialement responsable : une croissance socialement équitable, une croissance viable et une croissance soutenable (Combes, 2005). L’organisation socialement responsable joue dans la société un rôle éthique qui va cependant bien au-delà de sa vocation économique, sociale ou professionnelle (Lévy, 2003).

Sur le plan de la recherche, la RSE fait référence à une multitude de notions qui rendent complexe une mise en lisibilite theorique et pratique des actions engagées. Celle-ci ne connaît pas de consensus théorique dans ses définitions et caractéristiques, ce qui n’en facilite pas son acception et sa compréhension (Ziek, 2009). Sa mauvaise lisibilité provient pour une bonne part de l’amalgame fait avec le green marketing, l’éco-conception, l’empreinte et la compensation carbone, l’éthique citoyenne… Pourtant la RSE ne peut être confondue avec le commerce équitable, avec l’éco-design, ni même avec le greenwashing, le maquillage vert ! Mais si la RSE intègre de nombreuses dimensions (Coehlo et al., 2003), on peut en dégager au moins trois principales (Turker, 2008) qui en structurent nettement sa pertinence : la relation de la RSE avec la société, la relation de la RSE avec les employés et la relation de la RSE avec les fabricants. Au niveau de l’analyse, bien que certains cadres théoriques apportent désormais une bonne lecture conceptuelle (théorie de la dépendance à l’égard des ressources, théories sociologiques néo-institutionnelles...), la théorie des parties prenantes est devenue en quelques années une référence incontournable qui s’avère intéressant de privilégier (Reynaud et Dontenwill, 2005 ; Capron et Quairel, 2007).

L’objectif de ce numéro spécial de REMS est de faire un état des lieux de la RSE et de ses différentes facettes (DD, comportement éthique, éco-conception, réduction des déchets et des nuances environnementales, engagement citoyen, amélioration des conditions de travail, communication et identité "verte"…) dans l’univers des sports vu sous l’angle de la sphère marchande (entreprises, marques…), de la sphère associative et institutionnelle (associations, fédérations…), et de la sphère publique et territoriale (collectivités, direction des sports…). Il s’agit de voir comment les acteurs de la filière sont engagés (ou pas) dans des politiques volontaires, dans des actions justes et crédibles. Aujourd’hui, avec le recul, est-il possible, par exemple, d’en mesurer les effets ? Car pour l’heure, il semblerait que la question soit moins de savoir ce que les entreprises, les marques et toutes les autres formes d’organisations (associations, clubs, services des sportifs, collectivités territoriales…) ont à gagner a s’investir dans la RSE que de savoir ce qu’elles ont à perdre en s’y refusant ! Sont-elles seulement motivées par l’image qu’elles donnent d’elles-mêmes au sein d’une société de plus en plus vigilante et critique à cet égard ? Est-ce que le DD et l’éthique citoyenne ne seraient pas, dans le sport, une mode passagère qui serait à l’inverse d’un ancrage fort susceptible de modifier en profondeur la structuration interne de la sphère sportive dans les années à venir (Prostel et al., 2011) ? Faut-il y voir aussi une sorte d’obligation au risque de taxer les acteurs de la filière de bad-firmes, d’organisations politiquement incorrectes et irresponsables ? Au-delà des intentionnalités exposées dans l’Agenda 21, est-ce que les collectivités territoriales françaises font du DD un des leviers de leur politique effective de développement ? Dans un autre registre, est-ce que les fédérations sportives mettent tout en œuvre pour être à la hauteur de leurs ambitions ? Peut-on également mesurer les effets des stratégies RSE sur le brand equity des clubs ? Au niveau des marques de sport, assiste-t-on à l’émergence de nouveaux modèles d’entreprise dont le moteur de croissance s’adosserait fondamentalement sur la question du leg aux générations futures, sur le charity-business et/ou sur la fabrique d’une offre raisonnée et citoyenne ? Depuis, le comportement précurseur de la marque Patagonia, du militantisme pionnier de la communauté des surfeurs engagés dans des associations telles que la Surfer Foundation, il existe aujourd’hui en France et dans le monde des initiatives originales, innovantes et ambitieuses qui méritent le regard et l’analyse critique du chercheur.

Toutes les disciplines qui structurent le champ du management, et plus largement les sciences sociales, peuvent être mobilisées pour répondre aux problématiques abordées dans ce numéro spécial REMS : l’approche sociologique, l’approche économique, l’approche technologique, l’approche managériale et organisationnelle, l’approche marketing, l’approche culturelle et historique, l’approche politique, sans oublier l’approche législative et normative.

Modalités de soumission et de sélection

Longueur : jusqu'à 8 000 mots soit 20 pages. Pour la mise en forme du texte, se référer aux recommandations aux auteurs de la REMS.

Calendrier :

  • Soumission : avant le 15 avril 2012

  • Avis des rapporteurs : 15 juin 2012
  • Modifications selon recommandations des rapporteurs : 30 septembre 2012
  • Parution : 1er semestre 2013

Coordination du numéro

  • Dieter Hillairet
  • Yann Abdourazakou
  • Guillaume Richard

Contact & envoi des contributions :

Catégories

Dates

  • dimanche 15 avril 2012

Mots-clés

  • Revue Européenne de Management du Sport, sport, développement durable, responsabilité sociale, sciences sociales, juridiques, gestion

Contacts

  • Dieter Hillairet
    courriel : dieter [dot] hillairet [at] univ-bpclermont [dot] fr

Source de l'information

  • Ludovic Martel
    courriel : martel [at] univ-corse [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le sport face aux enjeux de la responsabilité sociale et du développement durable », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 29 novembre 2011, http://calenda.org/206412