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Engagement et désengagement

Engagement and disengagement

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Publié le jeudi 01 décembre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

« Les Cahiers du Travail Social » est une revue éditée par l’Institut régional du travail social de Franche-Comté. Son objectif principal et fondateur est de rendre compte aussi bien de recherches de professionnels ou d’universitaires, de présenter un point de vue personnel sur des aspects du travail social et de son évolution ou d’exposer une réflexion personnelle sur une étude de cas. Elle est destinée aux étudiants, professionnels et chercheurs de l’action sociale et est devenue un outil pédagogique ouvert aux réflexions scientifiques et aux témoignages professionnels. Pour son numéro du second semestre 2011, la revue s’attache à interroger la question de l’engagement et du désengagement.

Annonce

Argumentaire

Qu’est-ce s’engager et / ou se désengager veulent dire ? C’est à cette question que la revue les « Cahiers du Travail Social » souhaite apporter quelques réponses dans le cadre de son prochain numéro.

La question de l’engagement est régulièrement mise à l’épreuve des sciences humaines et sociales et mérite d’être actualisée. En revanche, celle du désengagement l’est moins et les études portant spécifiquement sur ce sujet restent rares.

Si l’engagement est entendu « (…) comme une conduite ou un acte personnel qui désigne un mode d’existence, de rapport au monde (…) et/ou une manière de se lier volontairement à d’autres (…) » (1), le désengagement ne semble pas pouvoir se définir à l’inverse de cette définition.

Les conditions sociales de production de ces deux phénomènes peuvent être analysées selon deux directions : d’une part, au regard des changements sociétaux. En effet, dans un contexte où les structures sociales sont mises à mal au profit de l’émergence de l’individu invité à devenir « acteur » de sa vie dans un « monde liquide » pour reprendre les termes de Zygmunt Bauman, l’engagement, tout comme le désengagement peuvent revêtir aujourd’hui des formes disparates et multiples.

D’autre part, il s’agit également d’analyser les bénéfices symboliques que peuvent en tirer, positivement ou négativement, les individus. En effet, Pierre Bourdieu( (2) ne rappelle-t-il pas qu’aucun acte n’est désintéressé . En partant de ce principe, l’engagement ainsi que le désengagement paraissent porteurs de sens pour peu qu’ils soient inscrits dans un contexte social. Si Jacques Ion a parlé d’ « engagement pluriel et distancié », il est possible d’interroger de nouveau ce modèle dans un contexte sociétal ou un atout peut rapidement devenir un handicap et l’engagement, sous toutes ses formes, une contrainte. Les liens entre les individus deviennent plus fragiles, et en même temps, cette fragilité invite à changer aussi régulièrement d’identité, voire d’activité. Et c’est sur ce principe qu’il paraît nécessaire de mettre en avant l’analyse de ces actions de la vie ordinaire.

À partir de ce point de vue, le comité de rédaction suggère de porter les réflexions, sur la production sociale de l’engagement et du désengagement à partir de trois axes qui s’appuieront sur des travaux de terrain touchant aussi bien le monde associatif, politique, syndical ou professionnel.

Axe 1 : les formes d’engagement et de désengagement

Il s’agit dans ce premier axe d’analyser les différentes formes d’engagement et de désengagement. Comment se construisent-elles ? Sur quelles valeurs reposent-elles ? Est-il possible de dégager objectivement des logiques et des figures d’engagement et de désengagement ?

En effet, il semble illusoire de penser qu’il n’existe qu’une seule manière de s’engager, tout comme à l’inverse, d’avancer que l’engagement ou le désengagement sont aujourd’hui particulièrement singuliers.

Par ailleurs, il sera pertinent de corréler ces deux modes d’action au regard des phénomènes de crise (financière, professionnelle, etc.) : sont-ils propices à l’engagement ou au contraire au désengagement, et sous quelles formes ?

Axe 2 : l’expérience de l’engagement et du désengagement

À travers ce deuxième axe, les auteurs réfléchiront sur ce qu’apporte, positivement ou négativement, l’expérience de l’engagement et/ou du désengagement. S’inscrit-elle dans une démarche philanthropique ? Est-ce un moyen de réalisation de soi ? Comment et dans quel contexte les individus valorisent-ils ces expériences et quels bénéfices en tirent-ils ? Existe-t-il des moments de rupture et comment sont-ils repérables ?

Par ailleurs, au regard des mutations sociétales et de l’affaiblissement des structures sociales, est-il possible de penser que l’engagement et/ou le désengagement s’inscrivent dans des processus de création, d’opposition, de résistance et de reconstruction ?

Axe 3 : profil d’engagés, profil de désengagés

Enfin, dans ce troisième axe, il s’agit de mettre en évidence les propriétés sociales et/ou psychosociales des personnes engagées et des personnes désengagées. Est-il aujourd’hui envisageable de dégager des idéaux-types ? Existe-t-il une forme de déterminisme de l’engagement mais aussi du désengagement ? Est-ce que s’engager nécessite des compétences particulières ou au contraire se construisent-elles au fur et à mesure de l’expérience de l’engagement ?

Ces trois axes n’étant pas exhaustifs, les propositions qui apporteraient une contribution sur la problématique de l’engagement et du désengagement seront examinées avec la plus grande attention.

(1) Bénédicte Havard Duclos, Sandrine Nicourd, Pourquoi s’engager ? Bénévoles et militants dans une association de solidarité, Paris, Editions Payot, 2005, p. 15
(2) Pierre Bourdieu, Raisons pratiques : sur la théorie de l’action, Paris, Éditions Seuil, 1994, p. 150-167.

Modalités de soumission

Les articles soumis au comité de lecture de la revue doivent être envoyé

pour le 1er avril 2012

à Gérard Creux (coordinateur du numéro) à l’adresse suivante : gerard.creux@irts-fc.fr

Ils inclureront vos noms, prénoms, votre fonction, le cas échéant votre rattachement institutionnel.

Consignes :

Le texte devra, dans la mesure du possible, faire référence à un travail empirique réalisé ou en cours de réalisation.

Ce texte comportera un minimum de 10 000 caractères et un maximum de 30 000 caractères, espaces compris, notes et informations bibliographiques incluses (soit entre 5 pages et 12 pages d’un texte en interligne simple)

Conventions bibliographiques

  • Livres : NOM Prénom (initiales), titre complet en italique, lieu d’édition, éditeur, année d’édition
  • Articles : NOM Prénom (initiales), « titre complet entre guillemets », titre de la revue (en entier et non abrégé), catalogue, actes... (En italique), date, numéro, pagination.
  • Contributions à des ouvrages collectifs : NOM Prénom (initial), « titre entre guillemets », dans NOM et Prénom (initiales) [dir.], titre de l’ouvrage, catalogue, actes, mélanges... (Initial), lieu d’édition, éditeur, année d’édition, pagination.

Pour tout renseignement complémentaire :

Gérard Creux : gerard.creux@irts-fc.fr

Lieux

  • 1 rue Alfred de Vigny
    Besançon, France

Dates

  • dimanche 01 avril 2012

Mots-clés

  • engagement, désengagement, militantisme, bénévolat, représentations, syndicat, politique, association, parcours

Contacts

  • Creux Gérard
    courriel : gerard [dot] creux [at] irts-fc [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Gérard Creux
    courriel : gerard [dot] creux [at] irts-fc [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Engagement et désengagement », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 01 décembre 2011, http://calenda.org/206421