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Staging the land

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L’enjeu de la perception dans la création contemporaine in situ

Contemporary site-specific creation and the issue of perception

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Publié le jeudi 08 décembre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Ce colloque propose d’explorer le domaine particulier de la création artistique contemporaine in situ – Land Art, art environnemental, art public, performance – sous l’angle de l’analyse de la perception sensorielle, intellectuelle et esthétique, de l’étude de formes contextualisées / conceptualisées et de leurs modes de représentation. Nous analyserons les types de rapports que ces œuvres sur site entretiennent avec l’observateur, loin des lieux traditionnellement dédiés à l'art. Cette manifestation scientifique accompagne l’installation pérenne de la sculpture Avignon Locators de l’artiste américaine Nancy Holt dans les jardins du campus centre-ville de l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse. Cette œuvre in situ, adaptée au site, est une réactivation de Missoula Ranch Locators – Vision Encompassed (Montana, 1972), installation majeure de Nancy Holt démantelée au début des années 2000. L’inauguration de l’œuvre, en présence de l’artiste, se déroulera lors du colloque et célèbrera les quarante ans de la création de Missoula Ranch Locators.

Annonce

Appel à communications / Call for papers

(Please scroll down for English version)

Staging the land : l’enjeu de la perception dans la création contemporaine in situ

13-15 juin 2012, Avignon

Colloque international organisé par l’EA Identité Culturelle, Textes et Théâtralité

– Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Argumentaire

Ce colloque propose d’explorer le domaine particulier de la création artistique contemporaine in situ – Land Art, art environnemental, art public, performance – sous l’angle de l’analyse de la perception sensorielle, intellectuelle et esthétique, de l’étude de formes contextualisées / conceptualisées et de leurs modes de représentation. Nous analyserons les types de rapports que ces œuvres sur site entretiennent avec l’observateur, loin des lieux traditionnellement dédiés à l'art. Cette manifestation scientifique accompagne l’installation pérenne de la sculpture Avignon Locators de l’artiste américaine Nancy Holt dans les jardins du campus centre-ville de l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse. Cette œuvre in situ, adaptée au site, est une réactivation de Missoula Ranch Locators – Vision Encompassed (Montana, 1972), installation majeure de Nancy Holt démantelée au début des années 2000.

L’inauguration de l’œuvre, en présence de l’artiste, se déroulera lors du colloque et célèbrera les quarante ans de la création de Missoula Ranch Locators.

En 1967, le critique d’art Michael Fried ouvre le débat en évoquant ce qu’il perçoit comme une tendance à la théâtralisation dans la création artistique contemporaine. Sous l’influence de Merleau-Ponty, les artistes – minimalistes en particulier – commencent en effet à cette époque à explorer la place du public dans la construction de l’identité de l’œuvre et amorcent un passage d’un mode frontal et cérébral d’observation à un mode plus participatif et sensuel. Selon Fried, des artistes comme Robert Morris ou Donald Judd questionnent l’intégrité de l’œuvre en donnant à l’observateur le rôle, non d’un spectateur/œil, mais d’un acteur/corps.

Ce qui dérange le critique, c’est d’abord la difficulté à définir la catégorie à laquelle appartiennent ces créations. Ces artistes, qu’on hésite encore parfois à qualifier de postmodernes, s’attaquent aux étiquettes – Judd revendique le statut hybride de ses Objets Spécifiques, ni peintures ni sculptures. Entre la non-peinture et la non-sculpture, Fried identifie une voie moyenne, qu’il nomme objecthood, ajoutant de façon provocante: “the literalist espousal of objecthood amounts to nothing other than a plea for a new genre of theatre; and theatre is now the negation of art” (“Art and Objecthood”, Artforum, Juin 1967). Mais c'est aussi la question de l’introduction d’une temporalité dans l’expérience esthétique qui, selon lui, pose problème: “Literalist sensibility is theatrical because, to begin with, it is concerned with the actual circumstances in which the beholder encounters literalist work.” Alors que l’instant est pour le modernisme la base de l’expérience esthétique, l’artiste, performeur et critique Robert Morris affirme alors, “only one aspect of the work is immediate: the apprehension of the gestalt. The experience of the work necessarily exists in time.” (“Notes on Sculpture, Part 2”, Artforum, Oct. 1966)

Dans sa réponse à Michael Fried, Robert Smithson (“Letter to the Editor”, Artforum, Oct. 1967) invite ses contemporains à tourner définitivement le dos à l'approche moderniste. En sortant du studio et en explorant les pistes de l’hyper-contextualisation de l’œuvre sur le terrain, les artistes contemporains de la création in situ, du Land Art en particulier, s’engagent dans la voie de la théâtralisation. Non contents de décloisonner les disciplines – sculpture, architecture, vidéo, photographie – pour repousser les limites de l’expérience esthétique par des gestes qui tiennent autant de la sculpture/performance que du travail de terrassier, ils questionnent la place et le rôle du spectateur. En prenant en charge la documentation de leurs œuvres, ils mettent en scène leur démarche créative au point d’en faire un nouvel objet esthétique. Enfin, en élaborant des œuvres-outils qui requièrent la participation du spectateur-acteur – comme les Locators de Nancy Holt, emblématiques de cette approche – ces artistes invitent l’observateur à reconsidérer la perception qu’il a de son espace, intérieur comme extérieur, selon des modalités nouvelles.

Les domaines concernés sont en priorité ceux des arts plastiques et de la performance en contexte spécifique, sans limitation géographique. Les thématiques et domaines suivants, à titre d’exemple, pourront être explorés, sans que cette liste soit exhaustive :

  • stratégies de l’artiste dans la prise en charge sensorielle de l’observateur
  • développement de l’expérience esthétique dans le temps et l’espace
  • résonance des théories esthétiques (pittoresque, sublime...) dans la création contemporaine in situ
  • tensions médiation / non médiation, site / non-site…
  • réactivation d'œuvres in situ
  • dialogue œuvre / contexte / concept
  • documentation, représentation, transmission  de l’œuvre in situ
  • dialogue local / global
  • exploitation du territoire et nature environnementale, sociale, économique et politique de l’œuvre in situ
  • réhabilitation de sites par l’art
  • nouvelles technologies et création in situ
  • dimension performative des pratiques de création in situ, œuvres à protocoles
  • etc.

Modalités de soumission et de sélection

Les communications se feront en anglais ou en français et ne devront pas excéder 25 minutes.

Les propositions de communications (250 mots environ), en français ou en anglais, accompagnées d’une courte biographie (env. 80 mots), devront être envoyées

avant le 1er mars 2012.

Elles sont à adresser à

  • Laurence Belingard (laurence.belingard@univ-avignon.fr) et
  • Catherine-Emilie Corvisy (corviem@gmail.com).

Les communications feront l’objet d’une publication après avis du comité scientifique.

Call for papers

Staging the land: contemporary site-specific creation and the issue of perception

June 13-15, 2012, Avignon, France

International conference

Host lab: Cultural Identity, Texts and Theatricality – University of Avignon

Rationale

This conference will explore contemporary site-specific creation, including Land Art, environmental art, public art, and performance, focusing on the analysis of the sensory, intellectual, and aesthetic perception of the work outside of the museum walls, and the study of contextualized / conceptualized forms and their modes of representation. Avignon Locators, a site-specific work by American land artist Nancy Holt, will be unveiled during the event. Commissioned by the University of Avignon, the sculpture reactivates Missoula Ranch Locators – Vision Encompassed, one of the artist's major works built in Montana in 1972 and dismantled 30 years later. The creation of the work in the campus garden, within the city walls, will celebrate the 40th anniversary of the original creation.

In 1967, the art critic Michael Fried started a debate when he decried what he viewed as a drift toward the theatricalization of the object-viewer relationship in plastic arts. Influenced by Merleau-Ponty, artists – especially minimalists – had been highlighting the part played by the audience in characterizing the work of art, thus challenging the modernist frontal and cerebral approach by introducing more participatory and sensual modes of perception. According to Fried, artists such as Robert Morris and Donald Judd questioned the integrity of the artwork by turning the viewer/eye to an actor/body.

Fried was primarily troubled by the difficulty to categorize such creations. Still cautiously called postmodern, these artists addressed precisely the issue of categorization. Judd claimed the hybrid status of his “specific objects” which, he said, were neither paintings nor sculptures. Between non-painting and non-sculpture, Fried positioned what he called “objecthood,” provocatively stating that “the espousal of literalists Objecthood amounts to nothing other than a plea for a new kind of theater, and theater is now the negation of art” (“Art and Objecthood,” Artforum, June 1967). He also considered the introduction of time in the aesthetic experience as a problem: “literalist sensibility is theatrical because, to begin with, it is concerned with the actual circumstances in which the beholder encounters literalists work.” While modernists defended the idea that any form of aesthetic experience should be instantaneous, the artist, performer, and critic Robert Morris argued that “only one aspect of the work is immediate: the apprehension of the gestalt. The experience of the work necessarily exists in time.” (“Notes on Sculpture, Part 2”, Artforum, Oct. 1966).

In response to Michael Fried’s statement, Robert Smithson encouraged his fellow-artists to turn away from the modernist approach (“Letter to the Editor,” Artforum, Oct. 1967). From then on, the young avant-garde, led by earth and site-specific artists, began to leave the studios and explore the trails of hyper-contextualization, fully assuming theatricality in their approach to art. They broke down barriers between disciplines – sculpture, architecture, film, photography – and pushed the boundaries of aesthetic experience. Owing both to performance and earthmoving, their sculptural actions question the viewer’s status and involvement in their work. By documenting their own creations, they stage the creative process to the point of turning it into a new aesthetic object. Finally, by developing artworks that require the participation of the actor-spectator – like Nancy Holt's Locators, emblematic of this approach – these artists encourage the viewer to reconsider his perception of the physical environment, as well as his own inner space.

This conference will focus on visual arts and performance, without geographical limitations. Topics include, but are not limited to:

  • artists’ strategies to take over the viewer’s sensory field,
  • the perception of time and space in aesthetic experience,
  • the legacy of aesthetic theories (picturesque, sublime...) in contemporary site-specific creation,
  • tensions between mediation / absence of mediation, site / non-site…,
  • the reactivation of site-specific works,
  • interactions between work / context / concept,
  • the documentation, representation, transmission of site-specific production,
  • the local / global dialogue,
  • land use, and the environmental, political and economic weight of site-specific works,
  • new technologies and site-specific creation,
  • performing practices in site-specific creation,
  • etc.

Modalities of submission and selection

Papers will be delivered in English or French.

Please send an abstract of no more than 250 words for 25-minute papers, along with a short résumé (80-100 words), to

  • Laurence Belingard: laurence.belingard@univ-avignon.fr and
  • Emilie Corvisy: corviem@gmail.com

by March 1, 2012.

Papers selected by the scientific committee will be published.

Lieux

  • 74 rue Louis Pasteur (Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse)
    Avignon, France

Dates

  • jeudi 01 mars 2012

Mots-clés

  • land art, art in situ, perception, environnement, territoire

Contacts

  • Laurence Belingard
    courriel : laurence [dot] belingard [at] univ-avignon [dot] fr
  • Catherine-Emilie Corvisy
    courriel : corviem [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Laurence Belingard
    courriel : laurence [dot] belingard [at] univ-avignon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Staging the land », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 08 décembre 2011, http://calenda.org/206527