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Séminaire de recherche PragmaTIC

PragmaTIC research seminar

Apprentissages et savoirs

Learning and knowledge

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Publié le vendredi 09 décembre 2011 par Loïc Le Pape

Résumé

Pluridisciplinaire, ce séminaire n’est pas réservé aux spécialistes des TIC mais est ouvert à tous ceux qui croisent celles-ci sur leurs terrains sans savoir comment les prendre en compte. En effet, intimement convaincus que la question des usages est devenue transversale à tous les champs de l’activité humaine, il convient de diffuser et tirer les enseignements des multiples études déjà réalisées mais connues des seuls spécialistes du sujet. Le séminaire PragmaTIC entend donc proposer un lieu de réflexion générale sur ces technologies, les pratiques qui leur sont associées, et leurs incidences sociales.

Annonce

SÉMINAIRE DE RECHERCHE PRAGMATIC : SAISON 3 – 2011/2012

RESPONSABLES

  • roland.canu@univ-tlse2.fr
  • johann.chaulet@univ-tlse2.fr
  • caroline.datchary@univ-tlse2.fr

PRÉSENTATION DU SÉMINAIRE

L’ambition PragmaTIC de ce séminaire est triple :

  • a) des modalités de fonctionnement pragmatiques : plutôt qu'adopter un schéma classique de séminaire avec un seul "exposant", le séminaire sera construit autour de plusieurs contributions, préparées ou spontanées, et portant aussi bien sur des terrains d’enquêtes, que des analyses, théories ou références bibliographiques. Parce qu’il se veut un lieu d'échange d'idées et de parole libre, les interventions sont relativement courtes afin de ménager un temps de discussion suffisant.
  • b) la parole est également donnée à des acteurs, concepteurs, usagers ou administrateurs des dispositifs dont il est question, afin de confronter le point de vue académique avec les personnes directement concernées par l’introduction des TIC dans leurs pratiques.
  • c) une certaine filiation avec la théorie pragmatique au sens large, ses outils et ses concepts, ainsi que sa prédilection pour l’action en train de se faire.

Pluridisciplinaire, ce séminaire n’est pas réservé aux spécialistes des TIC mais est ouvert à tous ceux qui croisent celles-ci sur leurs terrains sans savoir comment les prendre en compte. En effet, intimement convaincus que la question des usages est devenue transversale à tous les champs de l’activité humaine, il convient de  diffuser et tirer les enseignements des multiples études déjà réalisées mais connues des seuls spécialistes du sujet. Le séminaire PragmaTIC entend donc proposer un lieu de réflexion générale sur  ces technologies, les pratiques qui leur sont associées, et leurs incidences sociales.

PROGRAMME DES SÉANCES (13-15H)

Vendredi 16 décembre

Apprentissage et savoirs (séance du méta-séminaire de l’axe innovation du LISST)

Mardi 17 janvier

Santé (séance commune avec le séminaire « sociétés numériques » du LISST)

Mardi 28 février

Multiactivité 

Mardi 27 mars

Risque

Mardi 24 avril

Sociabilités

Mardi 15 mai

Ethique

Mardi 12 juin

Pragmatique 

PRESENTATION DES SEANCES

APPRENTISSAGE ET SAVOIRS :

Les TIC, parce qu’elles favorisent le stockage et le transport de l’information, qu’elles équipent les communications ou recherches, renouvellent les modes de production et de diffusion des savoirs et ce, de trois façons au moins. D’abord, la médiation de ces technologies peut transformer les processus d’acquisition des connaissances, qu’ils s’opèrent dans un cadre collectif ou individuel. Ensuite, les processus d’apprentissage équipés par les TIC nécessitent de coupler aux savoirs véhiculés, une connaissance des TIC elles-mêmes et de leur fonctionnement. Enfin, les dangers et illusions endémiques à l’usage des TIC dans les domaines de l’enseignement et de la recherche (accessibilité et immédiateté des savoirs, illusion de complétude des données…), imposent aux praticiens de ne pas se laisser griser et aveugler par les opportunités qu’elles offrent par ailleurs (plateformes de ressources documentaires, publicisation et mutualisation des données…).

Comment se préserver de tels risques ? Comment les figures du maître (savant) et de l’élève (profane) sont-elles remodelées par l’usage de ces outils ? Quels regards porter sur les modèles d’enseignement autonomes que cet usage permet ? A quel point la délégation d’une partie du savoir aux TIC peut-elle conduire à l’abandon progressif d’une mémorisation humaine et à la redéfinition des compétences professionnelles ? Le fait de savoir n’est-il pas aujourd’hui rabattu sur la capacité à articuler des connaissances externalisées ?

SANTE

Les TIC équipent les relations de soin, qu’il s’agisse des interactions entre le patient et son traitement, le corps médical et/ou ses pairs. Elles fournissent ainsi des supports non seulement à la réalisation de pratiques médicales, mais aussi à une traduction de la maladie qui permet de « socialiser » le rapport à la pathologie en initiant des formes de partage d’expériences nouvelles. Les reconfigurations que cette traduction impose aux expertises du médecin et du malade semblent de ce point de vue procéder de deux logiques contraires : d’un côté, elle favorise la transparence de la pathologie aux yeux des non spécialistes (en la proposant en termes et traces intelligibles). D’un autre côté, elle engage de nouvelles opérations de décodage imposant des savoirs et des savoir-faire spécifiques à une profession et une expertise.

Dans quelle mesure les TIC participent-elles d’une redéfinition du patient et de sa maladie ? Quelles sont les nouvelles formes d’expertise, techniques et sociales, qui se développent autour de l’équipement du soin ? Comment s’opère, dans le cadre de ce décodage, la sélection des éléments qu’il importe de visibiliser ou à l’inverse de laisser dans l’ombre ? Comment les TIC modifient-elles concrètement les manières de pratiquer la médecine ?

MULTI-ACTIVITÉ

Il ne fait guère de doute que la prolifération des TIC encouragent la multi-activité en invitant aux engagements médiatiques multiples et en facilitant un accès synchrone à plusieurs mondes (professionnels, domestiques…). Certaines recherches soulignent combien elles permettent de gérer cette multi-activité, d’y faire face en l’anticipant, l’organisant, notamment par une configuration de l’écologie de l’activité. Dès lors, évoquer une multi-activité endémique à l’usage des TIC et rabattre ce rapport sur ces dimensions uniquement négatives n’est pas suffisant : la dispersion peut tout autant se révéler stratégique, contrôlée, voire même valorisée par/dans les organisations.

Est-il possible de multiplier les activités sans en diviser la qualité ? Cette dispersion est-elle « tenable » ? Comment se distribuent et s’articulent les compétences individuelles et écologiques nécessaires à la gestion de la multiactivité ? Peut-on identifier de nouvelles formes d’inégalité associées à ces modalités de distribution et d’articulation ? D’un point de vue méthodologique, comment enquête-t-on sur ces registres d’activité concomitants ?

RISQUES

Le rapprochement entre TIC et risques renvoie à la fois à des enjeux de mesurabilité, de visibilité et de gestion. Parce qu’elles permettent de les montrer, les TIC font exister les risques et leur confèrent une ontologie spécifique. Dès lors, elles modifient le rapport que l’individu entretient au monde et à son environnement. En effet, l’enrôlement des TIC dans des dispositifs métrologiques assure le glissement de l’incertitude au risque, voire même contribue à performer les phénomènes saisis. Ces outils participent également d’une ambition de maîtrise des risques en associant, à leur mesure, des systèmes d’alerte, de veille, de réaction. Tributaires de potentialités techniques, ces formes de visibilité sont modelées par les visions du monde de ceux qui les élaborent et les manipulent. Aussi, donnent-elles lieu à une maîtrise qui ne serait être que limitée et partielle.

Quelles sont les conséquences de l’automatisation des jugements sur la réalité ? Ne contribue-t-elle pas à déresponsabiliser les individus ? Quels sont les codages et les sélections qu’implique la saisie du risque et leurs éventuelles conséquences ? Quels sont les effets pervers de ces dispositifs dans ce qu’ils contribuent à figer la nature et le devenir d’un risque et à imposer une représentation entièrement sécurisée de la société ? L’obscurantisme associé à l’interface technique n’entraine-t-il pas une focalisation sur la mesure au détriment des soubassements idéologiques et axiologiques qui ont conduit à la mise en place de cette métrologie équipée ?

SOCIABILITÉS

Entre présence à distance, connexion quasi-permanente à son réseau relationnel, pluralité des modes de contact, ubiquité médiatique, les objets techniques bousculent les façons d’être – ou de ne pas être – en lien. Ils obligent, de fait, ceux qui entendent analyser le social à tenir compte de leur présence et à mesurer leurs effets. Avec la multiplication des dispositifs se multiplient également les formes d’échanges, les modes d’appartenance, les moments de « bruit » ou de silence.

Si les sociabilités privées sont à considérer, les sociabilités professionnelles se trouvent elles aussi en partie reconfigurées par l’arrivée massive des TIC. Outre le brouillage de plus en plus important entre sphère privée et sphère professionnelle que génère la continuité des communications, les échanges directs entre collègues et leurs formes se voient complétés par de nombreux échanges médiatisés.

Apres quelques années d’étude et d’analyse de ces outils et de leur impact sur les sociabilités, il convient d’ouvrir une discussion générale sur les connaissances mises au jour ainsi que sur les perspectives, tant sociales que scientifiques, que ces techniques contribuent à dessiner.

Avec les avancées technologiques récentes apparaissent des nouvelles façons de créer et de maintenir les liens sociaux. Sont-elles inédites ou ne sont-elles que le fruit d’un équipement nouveau de modalités relationnelles ancestrales ? Ces médiations nouvelles modifient-elles fondamentalement les modalités du vivre ensemble ? De quelle façon reconfigurent-elle nombre de ses modalités ? En quoi la substance des liens est-affectée par les modifications de ses cadres spatio-temporels ?

ETHIQUE

Que les TIC soient des « technologies invisibles » sous-tendues par des stratégies et des ambitions de contrôle et de domination semble aujourd’hui une idée largement partagée. Les théoriciens de Francfort, dès l’entre-deux guerres, avaient dénoncé l’usage politique des technologies, et montré à quel point leur instrumentalisation participait à la naturalisation des systèmes inégalitaires en place. Depuis, la vigueur de cette critique – toujours bien présente – a été confrontée aux enseignements d’études moins centrées sur la conception des TIC que sur leurs usages. Ce glissement de focale nous invite à associer aux interrogations classiques sur les rapports de force un questionnement sur les usages plus ordinaires et sur les conséquences (négatives autant que positives) de la prolifération des médiations au monde.

Comment décrire et mettre au jour les visions du monde portées par la technique ? Une critique peut-elle s’opposer à la naturalisation des nouveaux usages et des TIC qui les portent ? La connivence du public et son apparente intrusion dans les processus de conception  ne sont-elles pas des formes d’aliénation plus insidieuses encore que les précédentes ?

PRAGMATIQUE

Cette dernière séance de l’année sera l’occasion d’engager une réflexion sur l’ancrage pragmatique de ce séminaire. Cet ancrage traduit la volonté de comprendre la place occupée par les TIC dans nos sociétés en partant de situations concrètes d’usage. Plus précisément, il s’agit d’appréhender l’inscription sociale des TIC en réhabilitant l’individu et l’écologie de ses actions, en accordant une attention particulière aux pratiques et à leurs contextes, notamment matériels.

Cette volonté affichée soulève néanmoins quelques interrogations. La première renvoie aux contours même d’une approche qui se réclame de la pragmatique. Par quels protocoles méthodologiques s’assurer d’un grain empirique bénéficiant de ce label paradigmatique ? Quelles sont les ambitions sociologiques qui sous-tendent ce type d’approches ? Nous touchons là à une seconde interrogation : le recours croissant aux méthodologies de type ethnographique ou microsociologique permet-il l’internalisation d’enjeux macro-sociaux dans l’analyse ? Plus généralement, quels sont les liens qu’entretiennent approches « critiques » et « pragmatiques » ? Sont-elles exclusives l’une de l’autre ? Le passage d’une sociologie critique à une sociologie de la critique impulsé par Luc Boltanski permet-il de combiner ces deux ambitions ? Peut-on (et faut-il) renouer avec l’ambition critique d’une sociologie classique tout en privilégiant l’examen du social en train de se faire ?

Lieux

  • 5 allées Antonio Machado (salle SR8)
    Toulouse, France

Dates

  • mardi 17 janvier 2012
  • vendredi 16 décembre 2011
  • mardi 28 février 2012
  • mardi 27 mars 2012
  • mardi 24 avril 2012
  • mardi 15 mai 2012
  • mardi 12 juin 2012

Mots-clés

  • sociologie, TIC, usages, information, communication

URLS de référence

Source de l'information

  • Johann Chaulet
    courriel : johann [dot] chaulet [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Séminaire de recherche PragmaTIC », Séminaire, Calenda, Publié le vendredi 09 décembre 2011, http://calenda.org/206534