AccueilConstruction de l’État-Nation et développement économique et social au Chili, 1811-1976

Construction de l’État-Nation et développement économique et social au Chili, 1811-1976

Nation & State : Economical & Social Development in Chile, 1811-1976

De la liberté de commerce au commerce de la liberté

De la libertad del Comercio al comercio de la Libertad

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Publié le mardi 13 décembre 2011 par Claire Ducournau

Résumé

Avant de devenir le symbole de l'ultra-libéralisme, le Chili a été le terrain d'interactions entre l'État et le monde des affaires. Elles ont provoqué tensions, conflits et réformes. Le Chili se transforme, dans le courant du XIXe siècle, en un producteur de minerais et exportateur de métaux. Afin de réduire volume et coût de transport, le produit de l'extraction minière est transformé in situ pour n'en transporter que sa valeur finie, ouvrant ainsi la voie à la naissance d'une industrie de transformation. La découverte de Chañarcillo et son exploitation, à partir de 1832, puis les conquêtes territoriales dues à la Guerre du Pacifique (1879-1884) provoquent le destin minier du Chili et son introduction dans le système capitaliste international. Les intérêts économiques influencent la vie politique au Chili en construisant des structures étatiques et même des conflits armés. Ce développement entraîne la création de partis, de syndicats, et a fait de « la question sociale », un véritable enjeu politique.

Annonce

Construction de l’État-Nation et développement économique et social au Chili (1811-1976). De la liberté de commerce au commerce de la liberté 

Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Centre de recherches ibériques et ibéro-américaines

Groupe de Recherches Ecole, Culture, Nation dans le monde ibérique, ibéro-américain et méditerranéen » (GRECUN)

Université Paris 8

Equipe Amérique Latine : littérature et socio-histoire. Axe ALHIM

Lors du colloque de juin 2011, nous nous sommes intéressés à la constitution de l'État-nation au Chili et aux résistances qui en ont découlé. Nous organisons en janvier 2013 un prolongement de cette réflexion autour du thème suivant :

Construction de l’État – Nation et développement économique et social au Chili (1811-1976). De la liberté de commerce au commerce de la liberté

Argumentaire

Volontairement large, la période étudiée est balisée par deux décrets importants, le décret autorisant la liberté de commerce (21 février 1811) et le décret de création de la CODELCO (1er avril 1976), aboutissement d'un processus de récupération par l'État chilien de la première richesse et source de revenus du pays, le cuivre.

Avant de devenir le symbole de l'ultra-libéralisme latino-américain, le Chili a été le terrain de nombreuses interactions entre l'État et le monde des affaires. Elles ont provoqué tensions, conflits et réformes. Marqué majoritairement à l'époque coloniale par la production agricole, le Chili se transforme, dans le courant du XIXe siècle, en un pays producteur de minerais et exportateur de métaux. La particularité de l'économie minière est, qu'afin de réduire le volume et le coût de transport, le produit de l'extraction minière doit être transformé in situ afin de n'en transporter que sa valeur finie, de sorte que l'extraction minière provoque forcement la naissance d'une industrie de transformation. La découverte des gisements de Chañarcillo et leur exploitation, à partir de 1832, ainsi que les conquêtes territoriales générées par la victoire dans la Guerre du Pacifique (1879-1884) ont provoqué le destin minier du Chili et son introduction dans le système capitaliste international. Cette activité économique parcourt et marque le XIXe et le XXe siècle, une époque caractérisée par la dépendance vis-à-vis des capitaux étrangers. Les deux productions majoritaires et emblématiques de la vie chilienne sont conditionnées par cette dépendance externe : le cycle du salpêtre est marqué par la présence du capital britannique, le cycle du cuivre déplace celui-ci et introduit le capital étasunien.

Dès lors, il convient de se demander de quelle façon le monde économique a déterminé la construction de l'État et de la nation chilienne. Quel rôle l'État - dit indépendant- s'est-il attribué dans le développement économique. Jusqu'à quel point, face au développement économique, en particulier minier, l'État finit-il par dépendre des conditions qui lui ont été imposées par les nécessités externes (marchés, capitaux, grandes compagnies...) ? Bref, jusqu'à quel point l'État est l'émanation de ces nécessités externes et les richesses apportées par les échanges commerciaux internationaux ? Les intérêts économiques ont largement influencé la vie politique au Chili au point de construire des structures étatiques et même de créer des conflits armés. Ce mode de développement a entraîné la création de partis, de syndicats, et a fait de « la question sociale », un véritable enjeu politique.

Par ailleurs, si l'économie influe sur les choix de l'État et son développement, l'inverse est tout aussi vrai. Il est légitime, dès lors, d'étudier l'impact du politique sur l'économique et vice versa. Il faudra aussi analyser les relations entre les périodes de forte croissance économique et le développement de l'État.

Il conviendra de s'intéresser à la relation dialectique entre « secteur privé » et « secteur public », au partage des initiatives et des modes de financement, mais aussi à la relation entre capitaux nationaux et étrangers dans les domaines stratégiques. Ce qui nous mène naturellement à explorer les relations commerciales entre le Chili et d'autres pays, celles-ci étant bien souvent le résultat de négociations entre États et dépendant par conséquent étroitement des relations diplomatiques.

On pourrait étudier les tentatives de l'État pour s'imposer malgré tout et garder une certaine forme de contrôle sur les activités économiques. Une hypothèse pourrait être que l'État s'est investi plus volontiers dans les activités économiques dans lesquelles il avait un intérêt stratégique direct (transports et communications) ou bien qui étaient liées à la « modernité visible », une modernité qui a sous-tendu tout le discours politique depuis l'indépendance, quelque soit la tendance politique des dirigeants.

L'État a-t-il été à l'initiative de changements urbanistiques, a-t-il développé les transports, les communications ou les infrastructures portuaires, a-t-il créé des institutions pour réguler les activités économiques et de nouveaux impôts pour profiter de leur essor ? Ou, au contraire, la création de ces infrastructures a-t-elle servi principalement les intérêts économiques ? L'État a-t-il mis en pratique une forme de colbertisme et tenté d'amorcer le développement en suppléant au manque de capitaux ? Il sera nécessaire de s'interroger sur les modèles de développement qui ont été utilisés au Chili pendant cette longue période et d'établir des comparaisons avec les modèles appliqués dans d'autres pays américains, notamment frontaliers : Pérou, Bolivie, Argentine.

Dans sa relation avec le monde des affaires, l'État a-t-il eu la volonté de s'imposer à l'intérieur des structures de production ou a-t-il abandonné le pouvoir aux responsables économiques, dans quelles conditions ? Il conviendrait de s'interroger sur sa capacité, au-delà de l'effort normatif, à affirmer son autorité, dans les cités minières comme dans les propriétés agricoles ou dans les entreprises. Les lois ont-elles toujours été appliquées ? Le pouvoir de coercition -la violence légale propre à l'État selon Max Weber- a-t-il été effectif. Quels moyens d'application ont été utilisés et comment ont-ils évolué ? Quelles ont été les réactions des autorités publiques face aux conflits entre capital et travail (prolétariat et propriétaire de mines, d'exploitations agricoles et d'industrie).

Y a-t-il eu un développement notable d'une bourgeoisie de prête-noms ? Quelle a été la nature des relations entre bourgeoisie locale et capital étranger ? Ces relations ont-elles provoqué la naissance d'intellectuels idéologues de ce nouvel État ?

Ces questions nous mèneront, au-delà des systèmes et des théories, à nous intéresser de près aux acteurs de l'économie. On accordera une attention particulière aux conditions de vie, notamment le logement des travailleurs, et aux initiatives aussi bien privées que publiques sur ce sujet ainsi qu'à l'intervention de l'Église dans la question sociale. La formation professionnelle, initiale et continue, sera au cœur des débats. Il serait pertinent d'étudier si des structures techniques spécialisées -École des Mines, Écoles-ateliers, cours du soir- ont été créées. Ont-elles été le résultat de mesures de l'État ou d'initiatives privées voire confessionnelles (Salésiens). Il conviendra aussi de s'intéresser au rôle et aux relations développées par le Chili au sein d'organisations internationales (OlT, etc).Par ailleurs, les mutations économiques entraînent toujours des migrations, qu'il s'agisse de migrations géographiques dictées par le changement des lieux de production, de migrations transnationales avec l'arrivée d'immigrants ou de migrations de genre. La spécialisation de la production a-t-elle provoqué un transfert d'emplois des hommes vers les femmes et dans quel contexte ?

Enfin, il serait souhaitable de s'interroger sur le regard, objectif ou non, porté par la littérature et la presse, par exemple par le romancier Alberto Blest Gana, le publiciste José Joaquín Vallejo (Jotabeche) et leurs héritiers, sur le monde des affaires et les luttes sociales. La description critique des activités minières, des changements sociaux et de la modernité, a-t-elle eu la faveur de la littérature et de la presse chilienne ? Des personnages-types ont-ils vu le jour sous la plume des publicistes, des écrivains, des caricaturistes ou des illustrateurs, ou sont-ils passés à la postérité grâce à la photographie ou au cinéma ?

Les approches comparatistes avec d'autres pays d'Amérique latine seront également les bienvenues.

Modalités d'organisation

Le colloque aura lieu à l'Université Paris Ouest Nanterre et à l'Université Paris 8 et donnera lieu à publication.

Dates du colloque : 24 et 25 janvier 2013

Modalités de soumission et de sélection

Propositions attendues

jusqu'au 1er mars 2012

Merci d'adresser par mail un résumé de 500 mots environ ainsi qu'un bref C.V. mentionnant vos coordonnées professionnelles aux trois organisateurs avant le 1er mars 2012, en précisant en objet « Colloque Chili II » :

Responsables :

  • Thomas Gómez (Pr – univ. de Paris Ouest Nanterre),
  • Perla Petrich (Pr - univ. de Paris 8)

Comité scientifique :

  • Maria Rosa COZZANI de PALMADA (Universidad Nacional de Cuyo, CONICET; Argentine)
  • Igor GOICOVIC (Facultad de Humanidades - Univ. de Santiago de Chile)
  • Itamar OLIVARES (Universidad de Valparaíso - Instituto de Historia y Ciencias Sociales)
  • Nuria TABANERA GARCíA (Universidad de Valencia, España)

Organisateurs :

  • Alvar de la Llosa (Mcf),
  • Nathalie Jammet-Arias (Mcf),
  • Enrique Fernández Domingo (Mcf)

Lieux

  • Université de Paris Ouest Nanterre La Défense
    Paris, France

Dates

  • jeudi 01 mars 2012

Mots-clés

  • Chili, Andes, mines, travail, économie, développement, commerce, représentation, droit, syndicats, formation, éducation, État, marchés, capital, grandes compagnies, influence étrangère

Contacts

  • Alvar De la Llosa
    courriel : alvar [dot] delallosa [at] univ-lyon2 [dot] fr

Source de l'information

  • Alvar De la Llosa
    courriel : alvar [dot] delallosa [at] univ-lyon2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Construction de l’État-Nation et développement économique et social au Chili, 1811-1976 », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 13 décembre 2011, http://calenda.org/206543