AccueilLa lettre de civilité, entre le manuscrit et l’imprimé, XVIe-XVIIIe siècle

La lettre de civilité, entre le manuscrit et l’imprimé, XVIe-XVIIIe siècle

Civility types : between manuscript and print, 16th-19th century

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Publié le vendredi 06 janvier 2012 par Claire Ducournau

Résumé

Conférence-débat consacrés à la lettre de civilité, un caractère typographique à l'histoire singulière, qui illustre les relations complexes entre culture de l’imprimé et culture du manuscrit. Inventée au milieu du XVIe siècle la lettre de civilité est une petite lettre gothique très souple, qui tire son nom de l’usage très fréquent qu’on en a fait jusqu’au XIXe siècle pour l’impression de manuels de savoir-vivre destinés aux enfants. Elle connait une diffusion rapide à la fin du XVIe siècle, disparaît entièrement au XVIIe siècle, puis réapparait au XVIIIe. La conférence débat, et l'exposition qui l'accompagne, exploreront les raisons de cette histoire discontinue et les rapports entretenus par cette invention avec les autres formes graphiques de la communication écrite à l'époque moderne.

Annonce

La lettre de civilité, entre le manuscrit et l’imprimé (16e – 18e siècle)

Conférence débat animée par Rémin Jimenes, à l'occasion de l'inauguration de l'exposition organisée par la Bibliothèque Mazarine et le Centre d'études supérieures de la Renaissance.

Argumentaire

La lettre de civilité est un caractère d’imprimerie qui imite la calligraphie cursive française du milieu du 16e siècle. Cette petite lettre gothique très souple, tire son nom de l’usage très fréquent qu’on en a fait jusqu’au XIXe siècle pour l’impression de manuels de  savoir-vivre destinés aux enfants.

Cette typographie apparaît à Lyon en 1557, lorsque Robert Granjon en grave les premiers poinçons et utilise ses caractères pour imprimer une traduction française du Dialogue de la Vie et de la Mort d’Innocenzo Ringhieri. La nouvelle écriture remporte alors un vif succès. Dès 1558, le caractère est contrefait par le graveur parisien Philippe Danfrie. On utilise la lettre de civilité dans tout le royaume de France pour l’impression d’œuvres poétiques, d’ouvrages scolaires, de recueils de chansons… La « lettre française » s’exporte vite hors des frontières du royaume ; on la rencontre dès les années 1560 en Écosse, en Suisse, et surtout dans les Pays-Bas.

Malgré cette réussite initiale, les caractères de civilité passent de mode. Moins employés depuis les années 1580, ils disparaissent totalement des presses typographiques françaises au cours du XVIIe siècle. L’évolution des pratiques calligraphiques et l’adoption des écritures italiennes dans l’imprimé comme dans le manuscrit peuvent expliquer cet échec : la cursive gothique apparaît désormais au public comme une écriture archaïque.

Pendant près d’un siècle, les caractères de civilité sont absents de la production imprimée en France. Ils réapparaissent pourtant en 1703, lorsque Jean-Baptiste de La Salle, fondateur de la congrégation des frères des Écoles chrétiennes, les utilise pour imprimer la première édition  de ses Règles de la Bienséance et de la Civilité chrétienne. À la suite de cette publication, on utilise les caractères cursifs pour imprimer de nombreux autres manuels, comme la Civilité Honnête « dressée par un missionnaire », la Civilité qui se pratique en France adaptée du’un texte d’Antoine de Courtin, ou la Conduite pour la bienséance civile publiée dans la région lyonnaise. Au total, plus de 200 éditions de ces différents textes, dans lesquels les élèves des petites écoles apprennent à lire et à écrire, sont publiées entre 1703 et 1860.

Cette histoire, irrégulière, fait de la lettre de civilité un remarquable objet d’étude. Née à la fin de la Renaissance, alors que l’imprimerie est déjà dominée par le romain et l’italique, les caractères de civilité sont atypiques : le public rejette vite cette écriture gothique, grasse, difficilement lisible. Mais, parce que ses formes sont proches des écritures manuscrites, elle fait office de modèle calligraphique dans les écoles jusqu’au XIXe siècle. Inséparable de l’évolution de la culture graphique française sous l’Ancien Régime, l’histoire des caractères de civilité illustre les relations complexes entre culture de l’imprimé et culture du manuscrit.

Informations pratiques

Exposition du 17 janvier au 16 mars 2012.

Entrée libre du lundi au vendredi de 10h00 à 18h00.

Conférence débat :

Le caractère de civilité : typographie et calligraphie sous l'Ancien Régime

Le lundi 17 janvier 2012 à 17h00

à la Bibliothèque Mazarine,

23 quai de Conti, Paris 6e.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Réservation conseillée : webmaster@bibliotheque-mazarine.fr

Lieux

  • 23 quai de Conti (Bibliothèque Mazarine)
    Paris, France

Dates

  • vendredi 16 mars 2012
  • mardi 17 janvier 2012

Mots-clés

  • histoire du livre, histoire de l'éducation, typographie

Contacts

  • Yann Sordet
    courriel : yann [dot] sordet [at] bibliotheque-mazarine [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Yann Sordet
    courriel : yann [dot] sordet [at] bibliotheque-mazarine [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La lettre de civilité, entre le manuscrit et l’imprimé, XVIe-XVIIIe siècle », Informations diverses, Calenda, Publié le vendredi 06 janvier 2012, http://calenda.org/206716