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Eau, énergies renouvelables et environnement

Water, renewable energies and the environment

Revue du développement sans frontières n°1

Revue du développement sans frontières issue n°1

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Publié le mardi 10 janvier 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

L’Association du développement sans frontières (ADSF) consacre le dossier du premier numéro de sa publication au thème suivant : « eau, énergies renouvelables et environnement ». La Revue du développement sans frontières se veut un lieu de débat, de partage et de réflexion mûrement réfléchie, sereine et responsable. les contributions de spécialité, de vulgarisation ou de création sont vivement souhaitées. Envoi du texte intégral de votre contribution avant le 30 mars 2012.

Annonce

Appel à Contribution : Revue du développement sans frontières N° 1 : « Eau, énergies renouvelables et environnement »

Argumentaire

L’association « développement sans frontières » est une création récente. Elle réunit spécialistes et société civile. Elle se veut un lieu de réflexion, de débat et de partage. Le premier numéro de notre revue se veut plus qu’un diagnostic participatif, mais aussi, et surtout, une opportunité de mener une réflexion collective mûrement réfléchie, sereine et responsable, sur des questions relatives à l’eau, les énergies renouvelables et l’environnement. Autant de questions brûlantes que d’actualité, interpelant, chercheurs, scientifiques, administrateurs, société civile et élus locaux et nationaux.

Nous avons la conviction qu’à l’aube du XXIème siècle, la société internationale est plus que jamais interpellé pour faire face à des défis majeurs, en rapport avec les trois constituants de notre dossier, en l’occurrence, l’eau, l’énergie et l’environnement. Les batailles à venir, nous espérons qu’elles n’auront pas lieu, porterons sur ces ressources vitales et stratégiques. En fait, ces problèmes s’inscrivent dans la longue durée, et trouvent leur ancrage dans notre histoire. Est-il nécessaire de rappeler les quatre éléments consacrés et sacrés depuis l’antiquité grecque : l’eau, le feu, l’air et la terre. Des éléments qui ont fait couler beaucoup d’encre, dans divers domaines.

L'eau étant une ressource vitale et universelle, c'est-à-dire nécessaire à tous et que l'on doit partager. Depuis les années 1980, les rencontres internationales sur l'eau se sont multipliées, signe d'une inquiétude des États participants qui reconnaissent tous qu'il est important de gérer durablement cette ressource très précieuse.

Bien que ce débat touche de plus en plus de nations, jusqu'à présent toutes ces rencontres n'ont aboutit à aucun résultat concret, les Etats ne parvenant pas à définir une stratégie d'action commune.

Lors de la première conférence internationale sur l'eau qui se déroula à Mar del Plata en Argentine en 1977, l'eau fut définie comme un "bien commun", un bien auquel chacun devait pouvoir accéder pour ses besoins primordiaux. Mais à cette conception toute théorique s'est progressivement substituée, au fur et à mesure de sa raréfaction, une vision beaucoup plus pragmatique et marchande : en 1992 à la conférence de Dublin, l'eau fut cette fois clairement déclarée "bien économique".

En 1997, au cours du premier Forum mondial de l'eau qui s'est tenu à Marrakech au Maroc, 4500 représentants d'un peu plus de 100 pays exprimèrent leur crainte de voir l'eau devenir, comme le pétrole, une denrée monnayable et chère à courte échéance, et l'enjeu de nouvelles guerres.

Aujourd'hui le constat est unanime parmi les experts : une crise grave peut se produire si les gouvernements n'améliorent pas leur gestion des ressources en eau.

Quels sont les remèdes pour enrayer cette crise ? Les opinions divergent. Certains participants parlaient de privatiser le secteur de l'eau à l'échelle mondiale mais de nombreuses ONG condamnèrent cette vision "technico-économique et marchande" et relancèrent l'idée que l'accès à l'eau devait faire partie des droits fondamentaux de l'homme, l'eau doit être gratuite ou tarifé à prix coûtant.

Soulignons, par ailleurs, que l’irrigation, à elle seule, consomme déjà environ 70% de l’eau disponible. Pour atteindre l’objectif du Millénium pour le développement concernant la faim impliquera de doubler la production alimentaire d’ici 2050. L’eau douce diminue d’ici 2025, l’utilisation d’eau devrait selon les prévisions augmenter de 50% dans les pays en voie de développement. «Le fardeau croissant de la demande d’eau deviendra intolérable dans les pays qui connaîtront une pénurie d’eau.» On parle du « stress hydrique » qui façonnera à coup sûr notre avenir et devenir.

La qualité de l’eau décline d’une manière systématique et alarmante, car elle est polluée. Sa contamination demeure la cause la plus importante de maladies, d’épidémies et mortalité à l’échelle mondiale à l’échelle locale ; plusieurs questions nous interpellent. Comment faire pour réduire ou contrôler la surexploitation des eaux souterraines à des fins d’irrigation? Dans la plupart des cas gravitaires. Comment affronter le problème d’envasement des barrages? Comment préserver les ressources potables pour la vie humaine ?

Quant aux problèmes de l’environnement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement indique que les menaces les plus graves pour la planète, notamment le changement climatique, le taux d’extinction des espèces et le défi consistant à alimenter une population croissante figurent parmi les nombreux problèmes qui n’ont pas été résolus et qui mettent l’humanité en danger. «Au cours des 20 dernières années, la communauté internationale a réduit de 95% la production de produits chimiques qui abîment la couche d’ozone, elle a créé un traité de réduction des gaz à effet de serre ainsi qu’un commerce du carbone innovant et des marchés de compensation carbone, favorisé une hausse des zones terrestres protégées qui couvrent environ 12% de la Terre et créé de nombreux instruments importants qui couvrent des questions allant de la biodiversité et la désertification au commerce des déchets dangereux et à la modification des organismes vivants» comme l’indique le rapport GEO-4 de la PNUE.

En ce qui concerne le changement climatique, la menace est désormais si urgente que des réductions importantes des gaz à effet de serre sont nécessaires d’ici le milieu du siècle. Nous vivons bien au dessus de nos moyens. La population humaine est désormais si importante que «la quantité de ressources nécessaires pour la faire vivre dépasse les ressources disponibles... Le monde n’affronte pas des crises séparées... la «crise environnementale», la «crise du développement», et la «crise de l’énergie» ne font qu’une. Cette crise n’inclut pas uniquement le changement climatique, les taux d’extinction et la faim, mais d’autres problèmes liés à la croissance de la population, à la hausse de la consommation des riches et au désespoir des pauvres.

L'activité humaine, qu’elle soit industrielle (chimie, papeterie, industrie agroalimentaire, etc.), urbaine (usages domestiques, commerce, entretien des rues), ou agricole (utilisation d’engrais), produit quantité de substances polluantes de toute nature qui sont à l’origine de différents types de pollutions : des pollutions organiques (essentiellement d’origine animale), chimiques (fertilisants, pesticides, métaux, détergents…), biologiques (bactéries, virus et autres champignons), radioactives ou acides.

Ces polluants sont émis dans l’atmosphère, évacués dans les eaux usées ou épandus sur les sols, sous forme de gaz, de substances dissoutes ou de particules. La plupart finissent par rejoindre les milieux aquatiques. Comment font-ils ? Grâce à l’eau ! Capable de dissoudre quantités de substances, l’eau est en effet, au cours de son cycle. Selon la manière dont ils sont mis en circulation, les polluants mettent plus ou moins de temps pour atteindre les milieux aquatiques.

Même un simple orage en zone urbaine peut avoir des conséquences remarquables en termes de pollution. Les eaux de pluie ruissellent dans les rues où se sont accumulées poussières, détritus et hydrocarbures rejetés par les véhicules, et sur les toitures où se sont déposées, entre deux pluies, poussières urbaines et suies de combustion et d’incinération des ordures ménagères. Si l’agglomération est équipée d’un réseau d’assainissement unitaire, de loin le plus fréquent, qui collecte à la fois eaux usées et eaux de pluie, les pluies et leur charge polluante sont drainées jusque dans les égouts. Or, en cas d’orages, ceux-ci peuvent déborder, leurs eaux allant directement dans la plus proche rivière. Il en résulte une pollution brève mais intense qui provoque une désoxygénation des eaux pouvant conduire à une mortalité massive des poissons.

Pour l’énergie, jusqu’à l’ère industrielle (1850) les consommations énergétiques de l’humanité furent exclusivement d’origine renouvelable. Au cours du XXème siècle, les avancées technologiques ont donné lieu à la substitution progressive de ces énergies renouvelables par des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), peu couteuses et bien plus "performantes" : pour un même volume le pétrole dégage 3 fois plus d’énergie que du bois sec. Aujourd’hui tout ce qui nous entoure dépend plus ou moins directement du pétrole et de ses dérivés : le transport, le chauffage, l’alimentation (à travers l’utilisation d’engins agricoles, d’engrais), la fabrication du moindre objet, l’ensemble des technologies d’information et de communication etc. Le prix de l’énergie augmente de manière constante depuis 20 ans. si l’on prolonge la tendance actuelle, dans dix ans le prix du fioul aura augmenté de 70 %. A le vue de ce qui a été dit précédemment cette hypothèse peut être considérée comme optimiste. Si la tendance s’accentue, chose que tout énergéticien s’accordera à dire, il est plus probable que le prix du fioul double dans les 10 ans à venir. « 85 % de notre consommation d’énergie actuelle venant de stocks finis qui seront amenés à décroitre, dois-je craindre pour mon pouvoir d’achat ? »

En effet, les inégalités en terme de consommation et d’accès à la ressource sont génératrices de nombreux conflits : guerre en Irak, conflit entre la Russie et l’Ukraine, la Biélorussie, la Géorgie, nombreux cas de populations déplacées, spoliées, dans les pays pétroliers du Sud (Nigéria, Birmanie, etc). On parle même de malédiction de l’or noir pour certains pays exportateurs qui s’enfoncent dans la misère malgré leurs énormes richesses. Ces conflits liés aux ressources sont par ailleurs financés par les contribuables du Nord à travers les agences internationales comme la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, ainsi que les Agences de Crédit à l’Export comme la COFACE en France. Ces organismes garantissent en effet les investissements de nos entreprises énergétiques, en dépit de leur non respect répété des conventions internationales des droits de l’homme.

Par ailleurs, au niveau social, dans certains pays développés, l’accès à l’énergie est un droit, et passe surtout par des aides aux impayés d’énergie. La question de l’accès pour tous à l’énergie a été posée. Le droit au maintien pour toute personne, des services publics de base (eau, énergie, téléphone). Il repose sur l’idée que l’accès aux services publics de base constitue une condition nécessaire pour éviter une dégradation irréversible de la situation des personnes rencontrant des difficultés sociales extrêmes.

Des milliers de familles sollicitent, chaque année, une aide sociale pour le règlement de leur facture d’énergie. Plus de 46 millions d’Euros leurs sont ainsi versés en secours. Des estimations plus larges montent à plus de 100 millions d’Euros par an.

Rappelons aussi les retombées négatives des énergies traditionnelles, en termes de pollution, de coût et de rareté. On parle de plus en plus des énergies renouvelables, des énergies propres, fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées ou encore la croissance des végétaux. Les énergies renouvelables n’engendrent pas ou peu de déchets ou d’émissions polluantes. Elles participent à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, facilitent la gestion raisonnée des ressources locales, génèrent des emplois. Le solaire (solaire photovoltaïque, solaire thermique), l’hydroélectricité, l’éolien, la biomasse, la géothermie sont des énergies flux inépuisables par rapport aux « énergies stock » tirées des gisements de combustibles fossiles en voie de raréfaction : pétrole, charbon, lignite, gaz naturel. Entrez dans l’univers des énergies renouvelables : Quelles sources d’énergies ? Pour quels besoins ? Comment les capter, les transformer ? Sous quelle forme les utiliser ?

La situation mérite qu’on réfléchisse sérieusement sur ces questions ; il s’agit de fédérer les efforts, de créer les synergies qui s’imposent entre les autorités gouvernementales, collectivités locales, universitaires, la société civile et financière en vue d’apporter des solutions durables et efficaces et d’une manière décentralisée. Il s’agit d’une véritable bataille, d’autant de défis à relever, pour connaitre et comprendre d’abord, savoir, savoir-faire, et surtout s’avoir-agir. Un travail de recherche, de pédagogie et de longue haleine.

Le comité de rédaction tiendra compte de toutes les propositions s’inscrivant dans la perspective de la thématique retenue. Les articles retenus par le comité scientifique paraîtront dans notre revue vers le 30 juin 2012. Nous tenons à vous remercier pour votre collaboration.

Axes proposés

1. L’eau : une gestion efficace de la ressource

  • Assurer la quantité et la qualité de l’approvisionnement
  • Lutter contre les gaspillages et les pollutions en milieu urbain et agricole
  • Prévenir les risques d’inondation et de sécheresse
  • Aménager le territoire avec des ouvrages respectueux de l’environnement

2. Quelles énergies pour demain ?

  • Des énergies renouvelables au nucléaire
  • De l’hydroélectricité à l’hydrogène

3. Impacts environnementaux et développement durable

  • Des technologies propres et sobres
  • Des aménagements intégrés dans les milieux naturels
  • De la réduction des émissions de gaz à effet de serre au changement climatique
  • Une gestion des risques naturels et technologiques.

4. Eau, énergie, environnement : en littérature, cinéma, arts plastiques, création, contes, chants

Indications pour la soumission des abstracts et articles

  • Les articles peuvent être soumis dans les langues suivantes : Français, Arabe ou Anglais
  • Tous les articles doivent suivre un format de présentation précis, nous vous prions de le respecter.

Votre résumé doit comporter un titre et environ 300 mots (en français et en anglais) et cinq mots-clés

  • Styles : utilisez un modèle "normal"
  • Pagination : aucune pagination ; aucun en-tête ni pied de page.
  • Paragraphes : police taille 12, Times ou Times New Roman
  • Longueur maximum : 12 pages

Prière de bien vouloir accompagner les articles d'une page de garde fournissant les informations suivantes :

  • nom et prénoms ;
  • nom de votre institution ;
  • adresse postale complète ;
  • adresse électronique, éventuellement adresse de page d’accueil personnelle ou professionnelle sur Internet ;
  • brève notice biographique

Responsables : Tarik Hbid et Ahmed Hafdi

Comité scientifique:

  • Abdelghani CHEHBOUNI, Institut de recherché et de développement (IRD), France
  • Tarik HBID, Président de l’association développement sans frontières, Maroc
  • Leila Mandi, centre national d’études et de recherches sur l’eau et l’énergie, Maroc
  • Mohamed El ORAIBI, professeur de philosophie, Liban

Contacts :

Nous vous prions d’envoyer vos contributions par mail à a.hafdi@yahoo.fr et à crafs@menara.ma

avant le 30 mars 2012

Lieux

  • Béni-Mellal (Maroc)
    Beni Mellal, Maroc

Dates

  • vendredi 30 mars 2012

Mots-clés

  • eau; énergies renouvelables, environnement,

Contacts

  • Ahmed Hafdi
    courriel : a [dot] hafdi [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Ahmed Hafdi
    courriel : a [dot] hafdi [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Eau, énergies renouvelables et environnement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 10 janvier 2012, http://calenda.org/206748