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« Thawra » – Les soulèvements arabes

"Thawra" – Arab uprisings

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Publié le mercredi 11 janvier 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

L’avenir des régimes autoritaires de la région reste placé sous le signe d’une incertitude qui incite à multiplier les regards sur les sociétés qui se mobilisent. C’est pourquoi, dans le moyen terme de l’observation, nous proposons d’organiser en collaboration entre l’IREMAM et le CHERPA de l’IEP d’Aix-en-Provence une série de tables rondes destinées à exposer, débattre, expliquer les mécanismes de ces mouvements tels que nous les comprenons. Plutôt que de produire des analyses ad hoc, il s’agit pour nous de saisir cette fenêtre d’opportunité pour reformuler d’anciennes questions, en proposer de nouvelles, ou nous interroger sur les ressorts possibles du comparatisme.

Annonce

« Thawra » – Les soulèvements arabes. Cycle de conférences IREMAM / CHERPA (Aix-en-Provence)

Présentation

Les dynamiques protestataires en cours dans le monde arabe ont déjà donné lieu à des réactions et analyses nombreuses et variées. Les institutions académiques ont commencé à se mobiliser pour « décrypter » les premières expressions de ce mouvement global puis pour les interpréter. Les chercheurs en science politique se sont investis pour leur part à différents degrés pour comprendre ce qui est en train de se jouer, et transmettre au public leurs analyses. C’est le cas pour les universités et centres de recherche d’Aix-Marseille où plusieurs réunions publiques ont déjà été organisées dans le cadre de conférences, de séminaires et de journées d’études, à l’IEP, à l’IREMAM et à la MMSH notamment. Les temps chaud d’une actualité toujours en marche appellent à la mise en contexte et à la prise de recul historique. Ils offrent des angles de comparaison renouvelés pour des pistes d’analyse à reformuler.

L’avenir des régimes autoritaires de la région reste placé sous le signe d’une incertitude qui incite à multiplier les regards sur les sociétés qui se mobilisent. C’est pourquoi, dans le moyen terme de l’observation, nous proposons d’organiser en collaboration entre l’IREMAM et le CHERPA de l’IEP d’Aix-en-Provence une série de tables rondes destinées à exposer, débattre, expliquer les mécanismes de ces mouvements tels que nous les comprenons. Plutôt que de produire des analyses ad hoc, il s’agit pour nous de saisir cette fenêtre d’opportunité pour reformuler d’anciennes questions, en proposer de nouvelles, ou nous interroger sur les ressorts possibles du comparatisme. Ces séances, introduites par un court texte assorti de questions, s’adressent à un large public parmi lequel en premier les étudiants de l’IEP et de l’Université d’Aix-Marseille, nos collègues et les « usagers » des sciences sociales...

Programme

12 janvier 2012, 18:00-20:00

Egypte, Tunisie, un an après : de la rue aux urnes

Lieu : Salle Duby, MMSH, 5, rue du château de l’horloge (bus n°6, arrêt Pablo Picasso).

Séance introduite par Myriam Catusse (IREMAM) et discutée par Stéphanie Dechezelles (CHERPA)

Intervenants :

  • Amin Allal, doctorant Cherpa/Iremam
  • Sarah Ben Nefissa, chercheure IRD
  • Olfa Lamloum, chercheure IFPO

Cette première conférence du cycle "Thawra - les soulèvements arabes", co-organisé par l'Iremam (Umr 6568) et le Cherpa (Iep d'Aix-en-Provence) s'organisera autour des interventions de A. Allal (Cherpa/Iremam), S. Ben Nefissa (Ird) et O. Lamloum (Ifpo). Ils se pencheront sur les enjeux et les enseignements de ces deux scrutins, premières élections « libres » et concurrentielles entre plusieurs partis et groupes politiques après deux longues périodes autoritaires, caractérisées notamment par une histoire d’élections fabriquées, très peu ouvertes, et sans impacts directs sur la désignation des gouvernants. Il s'agira notamment de questionner les interactions entre la politique de la rue et la politique des urnes.

  • Peut-on ici parler « d’élections fondatrices » comme on avait pu le faire pour les changements de régime en Amérique latine ou en Europe du Sud puis, de l’Est, dans un contexte où le temps de l’élection se situe ici autant dans celui de la destitution de l’ancien régime (l’œuvre de mobilisations sociales et de processus révolutionnaires) que dans celui de la réorganisation du champ politique de nouveaux régimes.
    • Comment lire les rapports de forces qui se dessinent dans « l’après révolution » :
    • Quelles lignes de clivages se dessinent, autour de quelles coalitions ? Quels profils sociologiques et politiques des nouveaux élus ? Quelles reconversions de capitaux et d’étiquettes, quelles carrières politiques singulières ou exemplaires ? Quelles réorganisations du paysage politique avec leurs insiders et outsiders ?
    • Mais encore quel devenir de la « coalition des frustrés » qui a fait, dans la rue (et en coulisses), la révolution : sous quelle forme survit, se délite ou se métamorphose l’exceptionnel décloisonnement de la mobilisation contre l’ancien régime ?
  • Quid des premiers enseignements de sociologie électorale de ces scrutins ? Peut-on esquisser une analyse des comportements électoraux ?
  •   Que dire de l’organisation même des scrutins, depuis les débats sur la loi électorale jusqu’aux politiques de l’élection par l’administration, par les concurrents politiques, par les électeurs, etc.

Ils discuteront également plus à froid, à partir des regards croisés de ses intervenants, des articulations complexes entre la « politique de la rue » et celle « des urnes », deux théâtres de luttes politiques – parfois érigés en lieux de pouvoir plus symboliques qu’effectifs – dont on perçoit ici la portée critique, dans un contexte de déstabilisation accrue de la règle politique et d’appel au changement de régime et à l’instauration de démocraties représentative.

  L’urne contre la rue ? Derrière l’appel au suffrage universel et au vote, la figure de l’urne est érigée en lieux d’expression et de consécration de la volonté générale du peuple, de la démocratie. Ceci soulève plusieurs questions relatives aux cens – voire aux violences – de la démocratie représentative, exacerbées ici par la confrontation rapide des mobilisations dans la rue et dans les urnes :

  • d’une part, peut-on faire fi d’une longue histoire de l’élection dans ces deux sociétés, où les pouvoirs institués ont usé de l’urne pour assoir leurs pouvoirs autocrates ?
  • d’autre part, le contraste est frappant a priori entre ces mobilisations « d’anonymes » sans leaderships organisés, sans avant-garde déclarée, et la constitution d’assemblées législatives remportées par des machines politiques souvent organisées de longue date, dans l’opposition (clandestine ou officielle, en exil ou sur place, radicale ou participationniste) ou au pouvoir (reconversions du RCD, du PND, poids des notables locaux, etc.) : entre la sociologie des mobilisations et celles de l’élection.

L’organisation des scrutins : l’institutionnalisation de l’incertitude et un mode non conflictuel de régulation des rapports de forces politiques ou au contraire un moment de re-fermeture de la société politique sur ces « élites », avec les effets de « confiscation de la révolution » que cela peut comporter ?

16 février 2012, 18:00-20:00

Egypte, Tunisie, Yémen : L’ancien régime et la révolution.

Lieu : IEP (Amphi bruno Etienne), 25, rue Gaston de Saporta.

Séance introduite et coordonnée par Marine Poirier (CHERPA/IREMAM)

Intervenants :

  • Tewfik Aclimandos, Chercheur, Collège de France
  • Michel Camau, Chercheur et professeur

12 avril 2012, 18:00-20:00

Activistes, combattants et insurgés. Les acteurs des soulèvements arabes

Lieu : IEP (Amphi bruno Etienne), 25, rue Gaston de Saporta.

Séance introduite et présentée par Amin Allal (CHERPA/IREMAM)

Intervenants :

  • Claire Beaugrand, post-doctorante, Institut français du proche Orient : Bahreïn, qui veut en découdre?
  • Arthur Quesnay, doctorant, Université Paris-1 Panthéon Sorbonne : Libye. Au cœur d’une Katiba (unité de combattants)
  • Youssef al-Chazli, assistant à l’université de Lausanne, doctorant à l’Institut d’études politiques de Paris (CERI – FNSP) et à l’Institut d’études politiques et internationales : Egypte. La nuit ou « tout fout le camp » au Caire
  • Sélim Smaoui, doctorant à l’Institut d’études politiques de Paris : Maroc. La coordination casablancaise du Mouvement du 20 février au péril des Baltajiyya

10 mai 2011, 18:00-20:00

La question islamiste dans le printemps arabe.

Lieu : IEP (salle à préciser).25, rue Gaston de Saporta.

Séance introduite et présentée par Alix Philippon (CHERPA)

Intervenants :

  • Jean-Pierre Filiu, ancien diplomate et professeur associé à Sciences Po Paris
  • François Burgat, directeur IFPO, chercheur au CNRS
  • Patrick Haenni, Chercheur, Institut Religioscope, Fribourg 

Lieux

  • 5 rue du Château de l'horloge (Maison méditerranéenne des sciences de l'homme)
    Aix-en-Provence, France

Dates

  • jeudi 10 mai 2012
  • jeudi 12 janvier 2012
  • jeudi 16 février 2012
  • jeudi 12 avril 2012

Mots-clés

  • Tunisie, Egypte, élections, révolutions, mouvements sociaux, soulèvements, partis politiques, mobilisations, régimes, démocratisation, changement politique

Contacts

  • Myriam Catusse
    courriel : m [dot] catusse [at] ifporient [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Myriam Catusse
    courriel : m [dot] catusse [at] ifporient [dot] org

Pour citer cette annonce

« « Thawra » – Les soulèvements arabes », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mercredi 11 janvier 2012, http://calenda.org/206788