AccueilLe patrimoine industriel : mémoire sociale ou produit innovant ?

Le patrimoine industriel : mémoire sociale ou produit innovant ?

Industrial Heritage : Collective Memory or Innovative Products ?

*  *  *

Publié le lundi 16 janvier 2012 par Claire Ducournau

Résumé

Le patrimoine industriel : mémoire sociale ou produit innovant ? Qu’est ce que le « patrimoine industriel » ? La réponse varie en fonction du pays et du niveau de compétence des institutions concernées. Il s’agit, dans ce numéro, de montrer selon quels critères se prennent les décisions visant soit à démolir tel vestige industriel, soit à le reconvertir, puis à le muséifier. Ou, mieux encore, à consacrer tel site à un nouvel usage. Ce qui prévaut dans la réinterprétation et permet de juger de l’importance de ces espaces est une vision de l’histoire, politique avant tout, destinée à répondre à une certaine attente publique. Laquelle ?Autrement, dit, comment, à travers la notion de « patrimoine industriel », établit-on un lien avec le passé de manière à faire revivre au présent une histoire forcément idéalisée ? C’est à ces questions que le présent numéro s’efforcera de répondre, ou du moins d’apporter de nouvelles façons de poser le problème.

Annonce

Revue L'homme et la société

Le patrimoine industriel : mémoire sociale ou produit innovant ?

Argumentaire

Depuis le début des années soixante-dix, la sauvegarde du bâti et d’autres installations de l’âge industriel occupe une place importante dans les politiques urbaines. L’Unesco confère le label de patrimoine mondial même à des complexes industriels muséifiés. Mines, gares de chemin de fer, châteaux d’eau, halles, manufactures, usines et autres ateliers de fabrication en déshérence sont devenus des objets dignes d’intérêt sur le plan local, national, et même international. À la dimension économique, prioritaire, d’une réutilisation se conjugue le besoin de créer de nouvelles identifications territoriales pour des citoyens et des visiteurs en mal de références pérennes.

L’archéologie industrielle n’est cependant pas une fin en soi. Au demeurant, il n’existe pas de consensus parmi les « experts » sur la nécessité de conserver ces constructions à l’abandon, ni même sur l’opportunité de leur « reconversion ». Et surtout, que peut-on savoir d’une technique de production ou de transport, et de ceux qui lui ont donné vie, alors que les procédés, obsolètes d’un point de vue économique, ne sont plus reliés à aucune pratique, à aucune vie.

Comment établir la liste des sites qui méritent d’être qualifiés de « monument historique » ? Le présent numéro propose de faire de la lumière sur les critères qui motivent aujourd’hui les choix des sites à conserver et qui seront convertis en « patrimoine industriel ». La localisation urbaine d’un bâtiment ou d’une infrastructure, les préférences en termes de style architectural entrent à coup sûr en ligne de compte, mais de quelle manière ? Comment se prennent les décisions de démolir tel vestige industriel, de le reconvertir/muséifier, de le consacrer à un nouvel usage ? Au lieu d’établir un énième inventaire, nous voulons interroger la vision de l’histoire qui prévaut dans la réinterprétation, politique avant tout, de l’importance de ces espaces à l’intention du grand public.

Le terme de « patrimoine » est-il adéquat pour rendre compte de la valeur sociale d’un site désaffecté, de ces installations industrielles, ferroviaires ou portuaires qui sont autant de coquilles vides que l’on peut remplir de ce dont on dispose ? Si la présentation de tels sites est toujours sélective, quelle place accorder à la mémoire populaire des lieux alors que travailleurs et usagers d’antan les ont désertés ? C’est pourquoi, autour de ce « patrimoine » des projets voient le jour qui sont censés contribuer à une meilleure cohésion sociale, locale, nationale, européenne, et devenir — par le tourisme (source d’emplois et de développement) ou enfin grâce aux techniques du numérique — un patrimoine industriel virtuel.

Les exigences de la conservation d’un site, et peut-être même de sa mémoire, peuvent-elles être conciliées avec les besoins en termes de marketing de ceux qui l’exploitent ? À chaque niveau de compétence, et dans chaque pays, une autre interprétation de ce qu’est ce « patrimoine » semble prévaloir. Les contributions de ce numéro doivent avant tout aider à comprendre comment la notion de « patrimoine industriel » établit un lien avec le passé et fait revivre au présent une histoire forcément idéalisée.

Modalités de soumission et de sélection

Les contributions, de 35 000 signes en moyenne, sont à envoyer (format word) au secrétariat de rédaction de la revue L'homme et la société : deldyck@univ-paris-diderot.fr,

avant le 15 septembre 2012.

Les références bibliographiques doivent apparaître en notes de bas de page et non en fin d'article.

Elles seront évaluées par deux lecteurs membres du comité de rédaction, voire un troisième si nécessaire.

Dates

  • samedi 15 septembre 2012

Mots-clés

  • patrimoine industriel, politique urbaine, monument historique, reconversion, muséification, mémoire populaire

Contacts

  • Margaret Manale
    courriel : manale [at] msh-paris [dot] fr

Source de l'information

  • Jean-Jacques Deldyck
    courriel : deldyck [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le patrimoine industriel : mémoire sociale ou produit innovant ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 16 janvier 2012, http://calenda.org/206830