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Des mathématiciens et des guerres

Of Mathematicians and Wars

Histoires de confrontations, XIXe-XXe siècle

Histories of confontations (19th -20th centuries)

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Publié le vendredi 27 janvier 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

L’époque contemporaine a vu les mathématiques prendre progressivement une place centrale dans le développement des techniques de guerre, grâce au développement de domaines comme la balistique ou les méthodes de cryptage, mais aussi des recherches touchant à l’organisation ou aux choix stratégiques. Ce colloque entend analyser le positionnement des mathématiciens face aux guerres, et aux nouvelles sollicitations que le développement de leur science occasionne, entre repli sur une hypothétique « science pure » et implication directe pour répondre aux besoins militaires, à travers une étude comparée de différents conflits qui ont marqué les XIXe et XXe siècles. Conçu comme un lieu de rencontre entre historiens et mathématiciens, ce colloque ne requiert aucune formation mathématique préalable.

Annonce

Des mathématiciens et des guerres : histoires de confrontations (XIXe-XXe siècles), Mercredi 8 février 2011., Maison des sciences de la communication et de l'interdisciplinarité, 20, rue Berbier-du-Mets, Paris 13e

Présentation

En 1880, l’historien des mathématiques Pietro Riccardi dressait dans une note statistique d’histoire des mathématiques le constat que les périodes de guerre étaient généralement moins propices à la production mathématique que les périodes de prospérité et de paix. Pourtant, la période contemporaine voit le rôle des mathématiques et des mathématiciens dans les guerres s’accroître nettement sinon continûment. La présence des mathématiques est ainsi apparue de plus en plus décisive dans la technique scientifique exploitée au cours de la guerre. Cette présence relève d'abord des modélisations utilisées par la science des ingénieurs pour la balistique, le développement de l'aviation etc. Mais elle est perceptible aussi du côté des techniques d'organisation qui ont amené à l'exploitation de méthodes statistiques de plus en plus sophistiquées pour gérer les ressources en hommes et en matériel mobilisées par la conduite du conflit.

Par réaction, cette irruption de la guerre dans les pratiques mathématiques a contribué à relancer le débat sur la position des mathématiciens par rapport au pouvoir politique et militaire, entre repli dans une sorte de tour d’ivoire disciplinaire, et implication dans les recherches de balistique et de science appliquée. Cette tension entre la place de plus en plus centrale de certains mathématiciens dans le déroulement des guerres, et les réticences exprimées par d’autres sur une instrumentalisation parfois meurtrière de leurs résultats induit une grande diversité de positionnements des mathématiciens selon les périodes, les conflits, et les ères géographiques. Des mathématiciens qui s’engagent les armes à la main dans les guerres du Risorgimento à un Laurent Schwartz prêt à mettre en avant sa légitimité institutionnelle de mathématicien pour mener une lutte résolument pacifiste, les guerres ont toujours des effets directs sur les communautés mathématiques et sur leur activité, que ce colloque entend analyser.

S'il y a déjà eu des travaux consacrés aux mathématiciens dans les guerres, il convient de noter qu'ils se sont en général concentrés sur un conflit spécifique, ou sur les aspects les plus techniques de la question, qui ne favorisent pas nécessairement l'approche à voix multiples que nous proposons. L’ambition de ce colloque est en effet d’élargir doublement la perspective, d’une part en adoptant une approche générale abordant de manière comparative les guerres des XIXe et XXe siècle dans leur diversité, et d’autre part en confrontant l’approche d’historiens des mathématiques issus de formations scientifiques avec celle d’historiens généraliste.

Programme

Matin (9h-12h45)

9h : Laurent Mazliak (Université Paris 6) : Introduction.

  • 9h30 : Luís Saraiava (Université de Lisbonne) : « Mathematics research and dissemination in the context of a dictactorship : the Portuguese case (1936-1945). »
  • 10h : William Thomas (Imperial College, Londres) : « The Mathematical management of uncertainty in Britain and America in the Second World War and after.  »

10h30 : Discussion

11h : pause

  • 11h15 : Pierre Journoud (IRSEM) : « Schwartz et le Viêt-Nam, la perte de l’innocence »
  • 11h45 : Anne-Sandrine Paumier (Université Paris 6) : « Laurent Schwartz, un mathématicien face aux guerres. »

12h15-12h45 : Discussion

Après-midi (14h-18h)

  • 14h : François Plantade (Université de Nantes) : « Les batailles de Jules Houël. »
  • 14h30 : Jean-Guy Prevost (UQAM, Montréal) : « Statistiques, expertise et politique : les débats sur le coût de la guerre en Italie (1915-1925). »
  • 15h : Antonin Durand (EPHE) : « Mathématiciens en armes : la participation des mathématiciens aux guerres du Risorgimento. »

15h30 : Discussion

16h : Pause

  • 16h15 : Anne-Laure Anizan (Centre d’histoire de sciences po) : « Painlevé et la guerre (1908-1933). Science poliade et défense nationale. »
  • 16h45 : Rossana Tazzioli (Université Lille 1) :« Les mathématiciens italiens face à l’interventionnisme dans la Première Guerre mondiale. »

17h15 : Discussion

Lieux

  • 20 rue Berbier-du-Mets
    Paris, France

Dates

  • mercredi 08 février 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • guerres, mathématiciens

Contacts

  • Antonin Durand
    courriel : Antonin [dot] Durand [at] ens [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Antonin Durand
    courriel : Antonin [dot] Durand [at] ens [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Des mathématiciens et des guerres », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 27 janvier 2012, http://calenda.org/207020