AccueilLe verbe pour exprimer le temps. Quels apports pour une rénovation de la didactique de la grammaire ?

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Publié le mardi 24 janvier 2012 par Claire Ducournau

Résumé

Ce numéro de la revue Lidil se propose de revisiter des descriptions linguistiques de la notion de verbe pour contribuer à une approche didactique renouvelée. Les propositions (sous forme de résumé) sont à envoyer pour le 20 février 2012 et les articles rédigés pour le 1er juillet 2012. publication en juin 2013.

Annonce

Appel à contributions pour la revue Lidil

(numéro thématique)

Le verbe pour exprimer le temps. Quels apports pour une rénovation de la didactique de la grammaire ?

Argumentaire

Ce numéro de la revue Lidil se propose de revisiter des descriptions linguistiques de la notion de verbe pour contribuer à une approche didactique renouvelée.

La publication se situe dans la lignée d'autres études, comme par exemple la revue Diptyque n°2-2004 et n°4-2005: « Le verbe dans tous ses états », la revue Synergies France n°6-2010 : « Verbe, grammaire et enseignement : la prescription et l’usage », ou les journées d’étude Grammatica : « Le verbe : perspectives linguistiques et didactiques » (Arras 2011). L'école française utilise encore à propos du verbe une description très orientée par des considérations de correction orthographique (Chervel, 2006).

Cette approche morphosyntaxique perdure cependant que les sciences du langage progressent. Ainsi l'écart entre une description scientifique et une description scolaire du verbe s'accroit. Le besoin d'une approche rénovée de la notion de verbe est patente. Ce numéro de Lidil prend le parti d’une approche centrée sur le statut du verbe dans la construction et l’expression du temps envisagé du point de vue de la chronologie et de l’aspect.
Un survol des différents programmes de grammaire française montre une certaine hétérogénéité. La carte conceptuelle du verbe apparait comme composée de fragments de théories plus ou moins cohérents. Si l’on s’arrête sur quelques axes de cette carte, force est de constater une certaine dispersion conceptuelle :

  • La notion de temps, par exemple, est, dans les programmes de l’école élémentaire française, réduite aux divers tiroirs verbaux répartis dans une chronologie passé-présent-futur quand la grammaire de Charaudeau (1992) propose une dizaine de « visions » pour rendre compte de la situation dans le temps.
  • La notion de verbe auxiliaire, autre exemple, est le plus souvent ramenée à la simple construction de temps verbaux dits composés, négligeant totalement les autres acceptions du concept d’auxiliaire telles que proposées par Benveniste (1974) ou Creissels (2006).
  • La notion d’infinitif, dernier exemple, abordée à l’école comme une forme atemporelle du verbe, est pourtant considérée comme la forme modalisée du verbe par Benveniste (1974), ou comme une virtualité de réalisation du procès par Guillaume (1929).

Ainsi, les programmes scolaires tendent à réduire la situation temporelle à la chronologie et à assimiler le temps linguistique à la conjugaison. Or le « temps » est une catégorie conceptuelle qu’il semble nécessaire de traiter en tant que telle, dans ses rapports plurivoques avec les différentes catégories formelles qui servent à l’exprimer (Charaudeau, 1992). On ne s’intéressera dans ce numéro qu’à l’une de ces catégories : le verbe. On s’attachera toutefois à en décrire, de manière exhaustive et corrélée, les dimensions lexicales, syntaxiques, énonciatives et morphologiques, afin d’étudier leur mise en fonctionnement dans l’expression du temps.

On peut donc s’interroger sur les théories linguistiques susceptibles d’être transposées pour la classe et sur les bienfaits qu’en tireraient les élèves. Ce faisant, on risque toutefois de verser dans une linguistique appliquée qui ne prendrait pas en compte les apports de la psycholinguistique cognitive ou génétique, les apports des sciences de l’éducation, de la
didactique du français elle-même... Si l’on sait aujourd’hui que les acquisitions langagières jouent un rôle dans le développement du temps conventionnel et dans l’élaboration des cadres aspectuels et temporels (Tartas, 2009), l’impact des enseignements de et sur la langue demeure assez méconnu. La complexité linguistique inhérente au verbe français se trouve ainsi doublée d’une complexité théorique convoquant plusieurs disciplines.
Dans la perspective vygotskienne, selon laquelle les enfants utilisent des structures grammaticales correctes avant de comprendre les opérations logiques qu’elles supportent (Vygotski, 1985 ; Tartas, 2009), on pourra analyser les repères linguistiques sur lesquels s’appuient des élèves de différents âges et niveaux scolaires pour interpréter des relations temporelles ; on s’intéressera également aux procédés linguistiques qu’ils utilisent et développent pour exprimer, localiser et ordonner des évènements dans le
temps ainsi que pour en estimer la durée. À l’inverse, il conviendrait d’étudier les effets d’un
enseignement formel de la grammaire du verbe (au sens large) sur la construction des concepts convoqués pour accomplir différentes opérations et relations temporelles (chronologie, durée, simultanéité, antériorité).

Éditeurs du numéro

  • Jean-pierre Sautot LIDILEM/Grenoble 3 Université Claude Bernard, IUFM de Lyon
  • Solveig Lepoire ICAR/Lyon 2 Université Claude Bernard, IUFM de Lyon

Calendrier

  • Envoi d’une proposition d’article 20 février 2012

  • Notification d’acceptation de la proposition 20 mars 2012
  • Date limite d’envoi des articles rédigés 1 juillet 2012
  • Retour après évaluation par le comité scientifique 1 décembre 2012
  • Date limite d’envoi des textes révisés 1 février 2013
  • Publication juin 2013

Format de la proposition d’article

Les auteur(e)s devront soumettre un résumé puis un article. Le résumé comportera :

  • Nom de l’auteur
  • Appartenance institutionnelle
  • 5000 signes hors bibliographie

Format des articles

Les articles soumis devront faire 35000 à 45000 signes maximum, tout compris (espaces et notes inclus) et pourront être rédigés en français ou en anglais. Chaque article sera envoyé en version anonyme à deux relecteurs.

Adresse d’envoi des contributions

(merci d’utiliser en Objet de l’email : « LIDIL VERBE »)

jean-pierre.sautot@univ-lyon1.fr

Références

  • Benveniste E. (1974). Problèmes de linguistique générale. Paris : Gallimard.
  • Charaudeau P. (1992). Grammaire du sens et de l’expression. Paris : Hachette.
  • Chervel, A. (2006). Histoire de l’enseignement du français du XVIIe au XXe siècle. Paris : Retz.
  • Creissels D. (2006). Syntaxe générale, une introduction typologique. Paris : Lavoisier.
  • Guillaume G. (1929). Temps et Verbe. Théorie des aspects, des modes et des temps. Paris, H. Champion.
  • Leeman D. (dir) (2004). De la langue au texte. Le verbe dans tous ses états. Namur : Presses
    Universitaires de Namur.
  • Tartas V. (2009). La construction du temps social par l'enfant. Recherches en sciences de l'éducation. Vol. 143. Berne : Peter Lang.
  • Vygotski L. (1997). Pensée et langage. Paris : La dispute.

Catégories

Dates

  • lundi 20 février 2012

Fichiers attachés

Mots-clés

  • verbe, temps, linguistique, didactique, enseignement

Contacts

  • Jean-Pierer Sautot
    courriel : jean-pierre [dot] sautot [at] univ-lyon1 [dot] fr

Source de l'information

  • Catherine Brissaud
    courriel : Revue-Lidil [at] u-grenoble3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le verbe pour exprimer le temps. Quels apports pour une rénovation de la didactique de la grammaire ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 janvier 2012, http://calenda.org/207023