AccueilL’évolution du mormonisme de la secte à l’Église, de l’Église aux sectes

L’évolution du mormonisme de la secte à l’Église, de l’Église aux sectes

The evolution of Mormonism from sect to Church and from Church to sects

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Publié le mercredi 01 février 2012 par Claire Ducournau

Résumé

Si l’histoire générale du mormonisme est relativement bien documentée, ce n’est pas le cas de toutes ces subtiles étapes qu’il a franchies en moins de deux siècles, étapes que la plupart de ses concurrents nés dans les mêmes conditions n’ont jamais pu dépasser. Comment a-t-il progressé de la séparation la plus absolue dans ses débuts à l’inclusion quasi aboutie en 2012 dans son pays d’origine et dans plusieurs autres pays, et au chiffre d’environ quatorze millions de baptisés dans le monde aujourd’hui ?

Annonce

Argumentaire

La typologie des groupes religieux actuellement reconnue inclut, schématiquement, le culte, la secte, la dénomination, l’Église, le mouvement. Tous ne vont pas forcément passer de l’un à l’autre, un certain nombre pouvant stagner, volontairement ou non, à chacun de ces niveaux, ou disparaître. C’est la qualité prophétique et organisationnelle du / des fondateurs et des successeurs qui dicte l’évolution ou non du dit groupe tout autant que le climat social et politique extérieur. Le mormonisme constitue une des religions les plus intéressantes à étudier dans ce cadre car depuis sa naissance en 1830 il opère des mutations constantes qui ont fait passer son institution principale, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, du statut de « secte », au sens de groupe se détachant d’une tradition majeure pour suivre un prophète radical, à celui de « dénomination », pour atteindre, dans son pays au moins, le couronnement de celui d’« Église ».

Si l’histoire générale du mormonisme est relativement bien documentée, ce n’est pas le cas de toutes ces subtiles étapes qu’il a franchies en moins de deux siècles, étapes que la plupart de ses concurrents nés dans les mêmes conditions n’ont jamais pu dépasser. Comment a-t-il progressé de la séparation la plus absolue dans ses débuts à l’inclusion quasi aboutie en 2012 dans son pays d’origine et dans plusieurs autres pays, et au chiffre d’environ quatorze millions de baptisés dans le monde aujourd’hui ?

Les participants se concentreront sur :

l’examen du statut d’Église de son institution principale : en effet si le type Église se définit notamment par un grand inclusivisme, une discipline libérale, une appartenance essentiellement par naissance…,

  • comment concilier l’exclusivisme, la discipline stricte, la dépendance sur le prosélytisme…, du mormonisme avec le dit statut, ou alors ne relèverait-il encore que du type dénomination ?
  • les stratégies charismatiques et organisationnelles déployées par le prophète fondateur, Joseph Smith, son successeur immédiat le prophète organisateur Brigham Young, et les prophètes présidents suivants afin d’élargir le noyau initial de disciples et obtenir la reconnaissance statutaire ;
  • les agents de l’interaction avec la société environnante et le gouvernement aux États-Unis ; la gestion des idiosyncrasies : s’agit-il de les minorer, de les maximiser ?
  • les modifications de la doctrine et/ou des rituels pour obtenir la reconnaissance ;
  • la participation des médias nationaux et des médias contrôlés par le groupe à l’opération de normalisation des rapports groupe religieux/extérieur.

Le début de 2012 démontrant la solidité de la candidature de Mitt Romney à la nomination républicaine :

  • quelles stratégies son équipe utilise-t-elle pour transformer son mormonisme en atout et non en handicap ?
  • Quel impact sa candidature peut-elle avoir sur les rapports entre Église et État, religion et politique aux États-Unis ?

En outre, il est bien évident que si les mutations du mormonisme s’élaborent essentiellement aux États-Unis, elles se manifestent également dans ses implantations internationales. On interrogera alors le statut dont il relève en dehors de son pays d’origine :

  • les modalités évolutives de la reconnaissance ou non du mormonisme par les sociétés et les gouvernements étrangers ;
  • les activités de relations publiques, médiatiques, à l’étranger…

Enfin, dès lors qu’un mouvement naguère minoritaire s’institutionnalise, il ne peut plus satisfaire tous ceux qui l’avaient (ou l’auraient) choisi pour son feu originel, et il s’expose par conséquent à de nouvelles ruptures. Le mormonisme n’a pas attendu la reconnaissance extérieure pour être sillonné de courants schismatiques puisqu’il les a suscités dès ses premières décennies (Église réorganisé, maintenant Communauté du Christ, entre autres…). Les participants examineront les mobiles exacts de ces scissions passées et actuelles (les divers mouvements fondamentalistes par ex.), et l’impact de celles-ci :

  • sont-elles le résultat de simples luttes internes pour le pouvoir ?
  • quel rôle jouent les modifications doctrinales et rituelles ?
  • ces groupes entretiennent-ils des rapports institutionnels et/ou humains avec l’institution majoritaire de Salt Lake ?
  • la pression que leur existence exerce, directement ou indirectement, sur celle-ci la fait-elle évoluer, et si oui comment ?
  • quels rapports les groupes dissidents entretiennent-ils entre eux ?
  • quelle évolution les groupes nouveaux ainsi constitués ont-ils suivie ou vont-ils suivre ?

Modalités de participation

Envoyer une proposition de 20 lignes et une biographie réduite à : bcellard@numericable.fr

avant le 15 septembre 2012

Comité scientifique

  • Bernadette RIGAL-CELLARD, PR, directrice Master Religions et sociétés, Université Bordeaux 3
  • Régis DERICQUEBOURG, CNRS : sociétés, religions, laïcités, UMR 85-82, axe religions en ultramodernité
  • Gordon MELTON. Distinguished Professor of American Religious History, Institute for Studies of Religion. Baylor University. Waco. Texas 76 712
  • Massimo INTROVIGNE, Director of CESNUR, Center for Studies on New Religions. 19 via Confianza, 10121 Torino, Italia.
  • Eileen BARKER. Professeur emeritus. Sociologue des religions. London School of Economics. Director of INFORM. London School of Economics, Houghton St, WC2A 2AE, London, UK
  • Jean-François MAYER. Directeur de l’Insitut Religioscope. Fribourg, Suisse. Case postale 83 CH 1705 Fribourg, Suisse
  • James BEVERLEY. Professor. Tyndale University College. Toronto. Canada
  • Clyde FORSBERG. Professor. Alethia University. Damshui-Taipei. Taïwan.

Lieux

  • Domaine universitaire (MSHA)
    Pessac, France

Dates

  • samedi 15 septembre 2012

Mots-clés

  • typologie, religions, mormonisme, secte, dénomination, Église, schismes, religion / politique / États, stratégies de reconnaissance, Mitt Romney

Contacts

  • Bernadette Rigal-Cellard
    courriel : bcellard [at] numericable [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Bernadette Rigal-Cellard
    courriel : bcellard [at] numericable [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’évolution du mormonisme de la secte à l’Église, de l’Église aux sectes », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 01 février 2012, http://calenda.org/207081