AccueilLectures de Une scène primitive de Maurice Blanchot

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Publié le mardi 31 janvier 2012 par Claire Ducournau

Résumé

Nous préparons un ouvrage collectif consacré à plusieurs fragments de L'Ecriture du désastre de Maurice, autour de « La scène primitive », et d'approches pluridisciplinaire : littéraire, philosophique, psychanalitique. Informations complémentaires : http://www.mauriceblanchot.net

Annonce

Appel à contribution

Lectures de « Une scène primitive » de Maurice Blanchot

« On croit à un chagrin d’enfant, on cherche à le consoler.
Il ne dit rien. Il vivra désormais dans le secret. Il ne pleurera plus. »

Maurice BLANCHOT, L’Écriture du désastre

Argumentaire

La récente publication (ou réédition partielle, pour certains des textes) du livre de Philippe Lacoue-Labarthe, Agonie terminée, agonie interminable (Galilée 2011), nous invite, entre autres, à relire les fragments de Maurice Blanchot parus d’abord dans la revue du Nouveau Commerce en deux livraisons sous le titre « Une scène primitive » (février-mars 1976). Cette scène dont Lacoue-Labarthe dit qu’elle n’est ni une « scène primitive », ni même une scène (Blanchot réfute lui-même l’idée de « scène »), est avant tout une scène d’écriture, redoublée dans L’Écriture du désastre (p117, et p. 176-179) et se donnant à lire non plus comme une déclaration, mais comme un questionnement : (« Une scène primitive ? »). Il faudra, sans doute, s’interroger à propos de cette variation typographique : une parenthèse dont le rôle n’est jamais de s’inscrire sur le seuil d’un texte, d’un fragment, mais ici, étrangement, c’est la clôture qui ouvre.

Puis, paraît au printemps 1976, « On tue un enfant », tout à la fois commentaire du livre du même titre de Serge Leclaire, et réflexions dans les marges de pensées de D. W. Winnicott (les « agonies primitives », « la crainte de l’effondrement »). Ces fragments autour de « On tue un enfant », dans L’Écriture du désastre, tiennent lieu, au sens propre du terme, de pré-texte aux fragments « (« Une scène primitive ? ») », ils disent tout à la fois la fissure de l’enfance, « un enfant déjà mort se meurt », et celle de l’écriture. Cette « scène primitive » apparaît comme l’un des rares textes autobiographiques de Blanchot, mais aussi comme l’un des rares « micro récit » qui dévoile sa propre « exégèse ». Ce commentaire de la « scène primitive » apparaît dans un fragment (p. 176-179), dont l’écriture, conjugaison inédite de formes hétérogènes, demeure à interroger. Une « exégèse » était déjà présente, dans L’Entretien infini, à propos de la phrase : « Vivre avec quelque chose qui ne le concerne pas. ».

Au-delà de l’émotion suscitée par ces fragments énigmatiques – notamment, la présence de la figure de l’enfant –, nous pressentons que se joue-là, en dehors de toute vérité autobiographique supposée, l’énigme de la naissance d’un auteur.
Nous souhaiterions dans ce volume qui devrait paraître en 2013, à l’occasion du dixième anniversaire de la disparition de Blanchot, nous interroger sur la singularité, thématique et formelle, de ces quelques fragments privilégiés de L’Écriture du désastre, les mettre en perspective avec l’ensemble de L’Écriture du désastre, mais également avec d’autres textes de Blanchot comme L’instant de ma mort (voir Lacoue-Labarthe), voire, certains chapitres de L’Espace littéraire et de L’Entretien infini ou l’écriture fragmentaire du Pas au-delà.

Pistes d’études, non exhaustives :

1) Approches thématiques :

  • Blanchot lecteur et critique de Leclaire et de Winnicott
  • Blanchot et la déconstruction de la figure de Narcisse (Narcisse vs Orphée ?)
  • le vide du ciel, le Neutre
  • Blanchot et l’élémental (le ciel, la houle)
  • scène primitive et désastre
  • l’événement chez Blanchot
  • les manifestations du deuil (les larmes, la perte…)
  • « mort, tu l’es déjà »
  • l’enfance chez Blanchot (voir la 1ère version de Thomas l’Obscur)
  • Blanchot, la vitre et les lieux d’interface (fenêtre, couloir…)
  • la dimension blanchotienne de la question, de l’énigme, du secret

2) Approches formelles :

  • le dispositif textuel dans lequel s’organise les fragments liés à « On tue un enfant » et à « (« Une scène primitive ? ») »
  • la mise en scène textuelle : guillemets, italiques, parenthèses, points d’interrogation, fragmentation
  • la scène de l’écriture, la dramatisation du récit
  • l’écriture de l’exégèse, être exégète de son propre texte (p. 176-179)
  • la spécificité de cette écriture fragmentaire au sein de L’Écriture du désastre

Bien entendu, les approches peuvent être croisées, articulées…

Bibliographie indicative :

  • ABRAHAM Nicolas et TÖROK Maria, L’Écorce et le Noyau, Champs Flammarion, 1987
  • BLANCHOT Maurice, L’Écriture du désastre, Gallimard, 1980
  • COOLS Arthur, « D’une scène « primitive » à l’autre. L’écriture et la question de la singularité chez Maurice Blanchot », Textes rassemblés par A. Cools, N. Dewez, C. Halsberghe, M. Lisse, Maurice Blanchot et la singularité d’une écriture, Lettres Romanes, 2005
  • DOBBELS Daniel, « L’approchant / On sauve un enfant », Cahiers Blanchot n°1, Les Presses du réel, 2011
  • FREUD Sigmund, « Pour introduire le narcissisme » (1914), La vie sexuelle, P.U.F, 1972
  • FREUD Sigmund, L'Homme aux loups : À partir de l'histoire d'une névrose infantile, (1914), P.U.F., 2009
  • GREEN André, « Un, Autre, Neutre : valeurs narcissiques du même », Nouvelle Revue de Psychanalyse, n° 13, Gallimard, 1976
  • LACAN Jacques, Le Séminaire Livre VII, L’Éthique de la psychanalyse 1950-1960, Seuil, 1986
  • LACOUE-LABARTHE Philippe, Agonie terminée, agonie interminable, Galilée, 2011
  • LECLAIRE Serge, On tue un enfant, Seuil, coll. Points, 1975
  • NOUVET Claire, Enfances Narcisse, Galilée, 2010
  • RILKE Rainer-Maria, « Narcisse », Nouvelle Revue de Psychanalyse, n°13, Gallimard, 1976
  • ROSOLATO Guy, « Le narcissisme », Nouvelle Revue de Psychanalyse, n°13, Gallimard, 1976
  • WINNICOTT Donald Woods, « La crainte de l’effondrement », Nouvelle Revue de Psychanalyse, n°13 (1976), réédité avec une nouvelle traduction dans La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques, Gallimard, 2000

Modalités de participation :

Toutes les approches sont envisageables : critiques, stylistiques, philosophiques, psychanalytiques, métapsychologiques… Toutes les propositions d’articles, si elles peuvent faire appel à des œuvres périphériques, doivent être obligatoirement centrées sur les pages 117, 176-179, de L’Écriture du désastre.

Envoyer un résumé d’au moins 500 mots en français, comportant les références personnelles et institutionnelles ainsi qu’une brève bio-bibliographie.

Date limite d’envoi des résumés : 30 juin 2012.

Les résumés sont à envoyer à :

  • Eric Hoppenot (IUFM de Paris – Université Sorbonne Paris IV), ehoppenot@wanadoo.fr
  • Hugues Choplin (Université de Technologie de Compiègne) : hugues.choplin@utc.fr

Date de sélection des articles : octobre 2012.

Les propositions alors retenues devront faire l’objet d’un article à envoyer avant le 1er mars 2013.

Nombre de signes : 40 000 maximum.

(Il est possible qu’une journée d’étude, préparant cette publication collective, ait lieu à l’automne 2012).

Lieux

  • Bagneux, France

Dates

  • samedi 30 juin 2012

Mots-clés

  • Blanchot, scène primitive, désastre, écriture fragmentaire, littérature, psychanalyse

Contacts

  • Éric Hoppenot
    courriel : ehoppenot [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Éric Hoppenot
    courriel : ehoppenot [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Lectures de Une scène primitive de Maurice Blanchot », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 31 janvier 2012, http://calenda.org/207082