AccueilLe Cameroun septentrional contemporain : figures, configuration et reconfiguration d’une région en mutations

Le Cameroun septentrional contemporain : figures, configuration et reconfiguration d’une région en mutations

Contemporary Northern Cameroon: Features, configuration and reconfiguration of a changing region

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Publié le vendredi 03 février 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Il s’agit pour les sciences sociales (histoire, sociologie, science politique, géographie, anthropologie, philosophie, etc) de faire une analyse profonde et critique, sur la longue durée, des transformations à la fois structurelles et conjoncturelles d’une région en pleine reconfiguration.

Annonce

Présentation

Le Cameroun septentrional  est la partie du pays qui, du point de vue administratif, couvre trois régions : l’Adamaoua (Ngaoundéré), l’Extrême-Nord (Maroua) et le Nord (Garoua). De prime abord, cette partie du pays est plus complexe qu’elle ne paraît. Au plan sociologique, le Cameroun septentrional s’est construit aux confluents de plusieurs rencontres entre les peuples, les cultures, les langues et les civilisations. L’histoire y a joué un rôle décisif dans la formation des identités mouvantes. A la période postcoloniale, cette partie fut érigée en une seule province (Nord), avec pour chef-lieu Garoua.  Elle amorce la dynamique de construction monolithique de la région, justement ajustée à l’idéologie de l’Etat-nation.

Depuis la fin des années 1980 et dans la mouvance de changement intervenu au sommet de l’Etat le 06 novembre 1982, qui a consacré la démission du premier président camerounais Ahmadou Ahidjo et l’arrivée de Paul Biya, le Cameroun septentrional a enregistré une série des transformations multisectorielles (administratives, politiques, socioculturelles, environnementales, développementalistes). Le décloisonnement administratif survenu en 1983, qui a provoqué l’éclatement du « Nord » en trois provinces, a incidemment œuvré à la démonopolisation de la société politique régionale qui a subi une véritable effervescence avec une forte constellation socio-idéologique. De même, la dynamique identitaire va donner lieu à une décompression du paysage socioculturel qui permet une expression plutôt plurielle au Cameroun septentrional. Désormais l’énonciation pluriethnique, pluri-religieuse, pluri-identitaire module de trait en trait la conduite des acteurs politiques.

A l’évidence, c’est une région en pleine renaissance/effervescence que rencontre le mouvement de démocratisation de la vie politique nationale en 1990.  Une élite largement diversifiée est en quête de nouveaux repères dans une perspective de redéfinition des lignes de rapport de force entre les différentes composantes sociales. Les groupes socio-idéologiques articulent des stratégies d’identification et de réinvention de tous ordres (politiques, social, religieux…). Les luttes politiques indiquent une réécriture de l’histoire d’une région en butte à des convulsions plurielles. Dans ce cheminement, l’espace socio-intellectuel a fait sa mue. La quête des savoirs universitaires qualifiés habite de plus en plus une région jadis en manque d’infrastructures et d’établissements universitaires. La production scientifique sur le Cameroun septentrional a pris du relief. L’espace universitaire est certes un facteur de productivité intellectuelle mais également un multiplicateur de développement socio-économique à l’échelle régionale.

La dynamique libérale a également favorisé l’éclosion du social. Dans ce sens, l’espace développementaliste a vu surgir des acteurs collectifs et organisationnels. La puissance publique (Etat, pouvoirs publics) n’est plus le seul acteur protecteur et dispensateur des biens collectifs auprès des populations. Aujourd’hui, la figure du « développeur » (GIC, ONG, collectifs, société civile…) est présente aussi bien dans les villes que dans les zones rurales du septentrion. Dans cette perspective, la décentralisation peut être une opportunité pour les communautés à la base, qui seront désormais appelées à s’impliquer dans les politiques de développement à implémenter. Elle peut être également un facteur de délocalisation des conflits d’autorité et d’intérêts à l’échelle périphérique en raison des rentes que le transfert des ressources va sécréter au sein des collectivités territoriales décentralisées (CTD).

Sur un autre plan, le Cameroun septentrional fait face depuis plusieurs décennies à la problématique de la sécurité qui met en exergue la question centrale des « coupeurs de route », qui sont au centre des dispositifs sécuritaires dans cette partie du pays. L’insécurité dans les localités septentrionales interroge la politique sécuritaire du Cameroun aussi bien à l’intérieur qu’en termes de viabilisation des espaces frontaliers et transfrontaliers. En somme, le Cameroun septentrional contemporain est marqué par une historicité caustique. Son évolution, toujours erratique, se module en termes de ruptures, de permanence et de reflux.

Il s’agit, pour les sciences sociales (histoire, sociologie, science politique, géographie, anthropologie, etc) de faire une analyse profonde et critique, sur la longue durée, des transformations à la fois structurelles et conjoncturelles d’une région en pleine reconfiguration.

Une série d’interrogations peuvent inspirer et orienter les différentes réflexions attendues : Comment se définit le Cameroun septentrional dont l’historicité se décline sous le mode de la complexité ? Quelles sont les traits et les figures de caractérisation de cette région en pleine mutation ? Quel sens peut revêtir la dynamique de reconstruction de l’identité régionale dans le contexte national ? À partir de quelle intelligibilité peut-on rendre compte des scènes de ruptures et de rémanence dans l’évolution erratique de la partie septentrionale ? Comment constituer le Cameroun septentrional en objet d’intérêt (s) épistémique (s)? Quels sont les sites (idéologiques, politiques, sociaux, culturels, identitaires, religieux, fonciers…) qui subissent le poids des bouleversements à l’œuvre ? Comment se modulent les identités et quelles significations accorder à leur régime de structuration et de restructuration ? Le rôle stratégique de l’élite dans la mouvance des temporalités en scène ? A quoi s’ajuste le développement local aujourd’hui ? Comment s’opère la construction médiatique de l’identité régionale ? Le Cameroun septentrional, réalité identitaire et/ ou identité régionale, fait-il toujours sens ?, etc.

Plusieurs sites d’observation devraient être explorés, parmi lesquels :

  • La société politique régionale en transformations
  • Le Cameroun septentrional dans  le circuit de l’économie sous-régionale
  • La dynamique du social
  • La décentralisation et le développement local
  • La question du genre et le développement
  • Sécurité et insécurité au Cameroun septentrional
  • Les nouvelles religiosités et enjeux pour le Cameroun septentrional
  • Le Cameroun septentrional à l’ère des savoirs universitaires
  • Tourisme et potentialités socio-économiques
  • Défis et opportunités de l’éducation
  • Le défi de la santé au Cameroun septentrional
  • Le Cameroun septentrional face aux crises écologiques
  • Les nouvelles formes de l’esclavage et de servitude au Cameroun septentrional
  • Le Nord-Cameroun et sa diaspora
  • Médias et Cameroun septentrional

Modalités de soumission

Les différentes contributions d’une portée à la fois théorique et empirique devraient s’inscrire dans l’une de ces articulations. Les réflexions combinant approche synchronique et diachronique sont la bienvenue.

Les résumés, en français ou en anglais, d’une longueur d’une page maximum avec trois mots clefs (police : arial 12), doivent parvenir au comité d’organisation du colloque  aux adresses électroniques suivantes : idrissoualioum@yahoo.fr. ; alazelao@yahoo.fr

avant le 29 février 2012

Les auteurs sont également invités à produire un CV d’une page maximum indiquant notamment leur(s) affiliation(s) institutionnelle(s) et leur (s) spécialité(s). Une brochure du colloque sera éditée à partir de ces données.

Comité scientifique :

ABWA Daniel (Université de Yaoundé I-Cameroun), BOYOMO ASSALA Laurent-Charles (Université de Yaoundé II-Cameroun), HAMADOU ADAMA (Université de Ngaoundéré- Cameroun), KENGNE FODOUOP (Université de Yaoundé I-Cameroun), KOLYANG D. T. (Université de Maroua-Maroua), MBIMA Bouba (Université protestante d’Afrique centrale-Cameroun), MBONJI EDJENGUELE (Université de Yaoundé I-Cameroun), MOTAZE AKAM (Université de Ngaoundéré-Cameroun), NGA NDONGO Valentin, Université de Yaoundé I-Cameroun), ONANA Janvier (Université de Douala-Cameroun), SAIBOU ISSA (Université de Maroua-Cameroun), SEIGNOBOS Christian (IRD, Montpellier-France), THIOUB Ibrahima (Université Cheikh Anta Diop de Dakar-Sénégal),

Lieux

  • Yaoundé (Cameroun)
    Yaoundé, Cameroun

Dates

  • mercredi 29 février 2012

Mots-clés

  • Nord-Camroun, politique, construction monolithique, pauvreté, médias, éducation, crise écologique

Contacts

  • Alawadi Zélao
    courriel : alazelao [at] yahoo [dot] fr
  • Idrissou Alioum
    courriel : idrissoualioum [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Gwoda Adder Abel
    courriel : gadder_a [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le Cameroun septentrional contemporain : figures, configuration et reconfiguration d’une région en mutations », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 03 février 2012, http://calenda.org/207121