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Espace public et sans domicile fixe. La recherche s'expose

Public space and Homelessness. Exposing research

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Publié le vendredi 10 février 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Le colloque-exposition « espace public et sans domicile fixe. La recherche s’expose » s’intéresse au phénomène social du sans-abrisme, à partir d’un point de vue original (ce qui se traduit par l’articulation sans précédent d’un colloque international et d’une exposition), puisqu’il s’agit de penser le phénomène comme un problème public et indissociablement comme un enjeu de recherche.

Annonce

Présentation

Le colloque-exposition « Espace Public et Sans Domicile Fixe. La Recherche s’Expose » s’intéresse au phénomène social du sans-abrisme, à partir d’un point de vue original (ce qui se traduit par l’articulation sans précédent d’un colloque et d’une exposition), puisqu’il s’agit de penser le phénomène comme un problème public et indissociablement comme un enjeu de recherche.  Cette double manifestation a pour objectif de faire le point sur l’histoire et les actualités de la recherche autour du sans-abrisme, dans ses différentes articulations avec l’action publique et dans un contexte de fragile urbanité.

Le colloque sera organisé autour de 3 axes et selon une dynamique comparative internationale :

1/ Généalogie et actualités de la recherche.

Le colloque-exposition s’intéresse aux questions actuelles qui touchent au phénomène social du sans-abrisme sous différentes entrées sociologiques liées à la démarche de recherche :

  • Les nouvelles politiques publiques mises en place (« Housing First » par exemple) ou les aménagements de l’urgence sociale, les effets des nouvelles catégories de l’action sociale (par exemple le « prêt à sortir »), l’application des dernières lois (DALO) et des droits afférents, la mise en œuvre des dispositifs de prise en charge et leur traduction actuelle au niveau local...
  • Les questions éthiques et politiques que posent ces situations-limites d’insécurité, de précarité et de pauvreté qui se sont installées dans le paysage urbain des pays riches jusqu’à produire une banalisation du phénomène, voire une remise en cause de la capacité des personnes à être autonome et à s’en sortir.
  • Les conséquences sociétales et sur les individus eux-mêmes d’un problème social devenu problème public et les résultats des luttes, résistances et mobilisations des personnes concernées.
  • La posture de recherche des chercheurs, leur engagement dans la recherche et dans l’action, face au développement des demandes institutionnelles.

Aborder les actualités de la recherche, c’est faire le point sur les travaux réalisés depuis une vingtaine d’années, en tracer la généalogie au regard des questions présentes dans l’espace public. L’objet si problématique de ce colloque et de l’exposition rencontre, de fait, l’espace public de l’opinion (la rue) comme celui quotidien des usages et des pratiques, partagé avec les personnes sans domicile (vivre dans la rue, à la rue, de la rue). C’est pourquoi le titre de l’exposition « la recherche s’expose » place les chercheurs en position de rendre compte de leurs travaux, de discuter, de se disputer. Il fait acte de manifeste. Cet axe de recherche permettra de poser plus fondamentalement la question de la fragilité de l’urbanité contemporaine sous ses trois dimensions anthropologiques : l’habitabilité de la ville, la citoyenneté de ses habitants les plus précaires et leur mobilité géographique autant que sociale.

2/ Formats de la connaissance: processus et représentations croisés.

Le deuxième grand axe de cette manifestation porte non seulement sur les contenus de connaissances engrangés depuis une vingtaine d’année, en France et dans le monde occidental,  mais, plus précisément, sur le rapport entre ces connaissances produites et les processus de recherche en sciences sociales. En quelque sorte il est proposé à la communauté scientifique (et plus largement au public invité) une relecture des travaux selon les objets de recherche constitués par les chercheurs, selon leurs terrains, les contextes, les modes d’observation… Les terrains de recherche  seront au cœur des échanges entre les chercheurs car ce sont bien souvent eux qui mettent à jour des écoles ou courants de pensée. La manifestation se propose de produire ainsi un effet de clarification des fondements scientifiques des différentes approches afin de les faire dialoguer, tout en marquant les points de convergences et de divergences et, enfin, d’en questionner leur portée dans le monde social. C’est pourquoi les temps et espaces de débats seront privilégiés tout au long des trois jours de la manifestation puis, tout au long des trois mois qui suivront. Au cours de ces trois mois, des visites guidées de l’exposition en direction d’un public élargi (étudiants, professionnels de la santé et de l’action publique, scolaires) seront organisées avec pour objectif de transmettre des connaissances scientifiques et la manière de les produire dans le champ des sciences humaines et sociales.

Aussi, la manifestation posera de manière ferme une épistémologie de la connaissance reposant d’une part sur la recherche de terrain et d’autre part sur la prise en compte d’autres points de vue que scientifiques. La manifestation ne s’en tiendra donc pas seulement à ces points de vue issus directement de l’enquête. En invitant des artistes, architectes, designers, documentaristes, photographes ou dessinateurs, elle considérera d’autres formes de présentations de ces réalités sociales, d’autres perceptions et savoirs constitués, mis en forme et médiatisés, à fort impact sur le grand public. Ce second axe sera enrichi par un travail de recension bibliographique, raisonnée et commentée. L’ouvrage sera présenté dans le cours du colloque.

3/ Enjeux politiques de la recherche : entre acteurs et chercheurs.

Cet axe entend faire l’état des lieux de la question du rapport entre la recherche et l’action à propos des situations de sans-abrisme, selon trois entrées problématiques principales : 1-recherche et expertise ;  2- recherche et mobilisation collective  3- recherche-action ou recherche et action.

En France, la question du rapport entre recherche et action est passée avant tout par l’expertise et le développement d’observatoires (Observatoire du Samu social de Paris, Mission Régionale d’Information sur l’Exclusion, Fondation abbé Pierre) produisant annuellement des rapports d’expertise ou des états des lieux, et occupant une place médiatique importante (par exemple le mouvement des « Enfants de Don Quichotte »). La question de l’expertise sera interrogée en parallèle avec les formes d’évaluation engagées ou souhaitées dans le champ de l’intervention sociale et sanitaire. Comment les chercheurs sont-ils mobilisés dans ces demandes d’expertise ? A partir de quels savoir-faire scientifiques : recueil de données, analyse, mis en œuvre de protocole comparatif ? La question de l’expertise sera enfin articulée avec la praticité et la performativité des catégories de l’action publique et des institutions ainsi qu’avec les représentations sociales institutionnalisées à l’appui de l’ingénierie sociale.

Cet axe s’intéressera ensuite à la manière dont les chercheurs ont suivi et accompagné les formes de mobilisations SDF, qu’elles empruntent à la lutte collective pour l’obtention des droits (en particulier du droit au logement) ou, plus individuelles, qu’elles s’attestent dans la  « sortie de la rue ». Comment les chercheurs se sont-ils engagés auprès des travailleurs sociaux et des SDF dans leurs mouvements de lutte (Lyon, 2010, Paris Samu-social 2010, Toulouse) ?

D’autres alliances entre chercheurs et professionnels de l’aide ont vu le jour de type recherche-action. Les situations contrastées entre les pays montrent tout l’intérêt d’une approche comparative. La dimension internationale des échanges permettra de mettre en perspective les travaux provenant de différents contextes : France, Europe, Canada, Québec, USA, etc.… L’empowerment, plus développé au Québec qu’en France avec l’intégration des pairs-aidants dans les programmes d’aide, sera abordé dans une dimension critique en prenant appui sur des expériences concrètes : quelles réussites, quelles conséquences ? Plus largement seront saisies les modalités du rapport entre recherche et action, ou encore du rapport de la recherche face à l’action.

La question qui s’ouvre plus particulièrement dans ce troisième axe -sans être étrangère aux deux autres axes- est celle de l’engagement du chercheur étroitement articulée avec sa posture de recherche. D’où provient la demande de recherche ? Comment se manifeste-t-elle ?  Par la voix de quels acteurs ? Pour quelles finalités ? Les réponses à ces questions sont essentielles pour analyser les enjeux de recherche et situer les possibles heuristiques dans le champ des connaissances.

L’exposition cherche à élucider ce qui se déroule habituellement dans les « coulisses » de la recherche et ce, dans le but de rendre intelligible tout à la fois le processus de recherche, ses contradictions et de révéler les liens qui se trament entre les coulisses et les résultats. Ce qui est présenté habituellement au public au travers des ouvrages, rapports de recherche, conférences, articles n’est pas exactement ce qui sera exposé ici, ou du moins pas seulement. Les résultats publics de la recherche seront confrontés à leur élaboration, permettront au spectateur de saisir par lui-même le moment où se sont entrelacés échecs, impasses, intuitions, et émergences des théories ancrées pour faire advenir les interprétations. La démarche sera exposée dans la temporalité propre de la recherche qui ne relève pas d’un processus linéaire mais se réalise dans les détours, impasses, chemins de traverse et aller-retour incessant entre le terrain, les échanges et confrontations des données et interprétations des chercheurs et le bureau du chercheur. L’implication dans le projet et l’engouement des chercheurs, français et étrangers, a enrichi le fond des matériaux exposés : chacun a accepté d’apporter sa contribution en fournissant des matériaux de recherche personnels, permettant de rendre plus humain et sensible le rapport du chercheur à son objet de recherche.

Le propos n’est pourtant pas de mettre à nu le processus de recherche, de le rendre transparent -ce qui ne serait qu’illusion- mais de le valoriser en le rendant préhensible par les visiteurs de l’exposition. Il y a bien sûr un objectif pédagogique qui semble aller de soi, cependant cette pédagogie n’ambitionne pas de passer par l’explication didactique -« comment se déroule une recherche ? »-, si tant est que cela soit possible, mais par l’immersion des visiteurs dans les matériaux de recherche. C’est là toute la pertinence de l’exposition : ne pas chercher à expliquer, mais faire comprendre par la sollicitation des sens du visiteur : dispositifs vidéo, dispositifs sonores, mises en scènes visuelles, tactiles, la recherche prend forme, consistance, devient palpable. Elle s’expose. Par le truchement d’extraits d’entretiens auprès des sans domicile fixe, par les interviews de chercheurs, la diffusion de documentaires, films, croquis, la mise en scène de photographies, chronotypes et situations, les résultats de la recherche deviennent saisissables par chacun.

Cette volonté (et ce risque) de rendre accessible la recherche et ses résultats est au cœur de la manifestation. La thématique - l’espace public et les sans domicile fixe- n’est pas étrangère à cet objectif auquel nous tenons fermement. Il y a là un double enjeu : celui que repère avec précision la philosophe américaine Martha Nussbaum concernant « la fragilité du bien commun », et  « l’intelligence des émotions » au coeur du partage de l’espace public contemporain et, celui des choix en matière de justice sociale et de politiques publiques.

Programme

Mercredi 7 mars : Généalogie et  actualités de la recherche

9h 00- Mots de bienvenue Personnalités officielles, Université Jean Monnet, Ville de Saint-Etienne, Cité du design.

  • 9h 30- Les enjeux de la mission interministérielle pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans-abri ou mal logés.
    Alain Régnier, préfet, délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans-abri ou mal logés.
  • 10h 00- Les actualités d’un problème public et l’engagement des chercheurs
    Pascale Pichon, sociologue, maître de conférence HDR à l’Université Jean Monnet, Centre Max Weber, Saint-Étienne.
    Les enjeux publics du colloque et de l’exposition de recherche au regard de l’actualité du phénomène.
  • 10h 20- Contextes et controverses. Les résonances liées au travail de recension
    Katia Choppin, sociologue, doctorante Lille1, membre du Clersé
    Edouard Gardella, sociologue, doctorant ISP Cachan.
    Suite à un travail de recension bibliographique en sciences sociales sur le sans abrisme et parallèlement à la constitution d’une genèse de la recherche sur cette question sociale, cette intervention abordera  les contextes de la recherche telle qu'elle s'est faite et les controverses qui l'ont traversée au cours des vingt-cinq dernières années en France. Les deux intervenants iront au-delà d’un état des lieux et proposeront en ouverture de ce colloque des pistes de réflexion qui seront travaillées au cours des journées suivantes.

Les conférences

Animatrice : Pascale Pichon, sociologue, maître de conférence HDR, Université Jean Monnet, Centre Max Weber, Saint-Etienne.

  • 10h 40- Critique sociale et situation limite
    Guillaume Le Blanc, philosophe, Université de Bordeaux
  • 11h 10- La construction du sans abrisme comme problème public au vingtième siècle
    Axelle Brodiez,  historienne, chargée de recheche, CNRS-LARHRA, Lyon.
  • 11h 40- Les enjeux d’une ethnographie de l’urgence sociale
    Daniel Cefaï, sociologue, directeur d’études, EHESS, Paris
    Daniel Cefaï montrera comment l’enquête rapprochée sur les maraudes du Samusocial de Paris, menée avec Edouard Gardella, va à l’encontre de certains préjugés et engage la réflexion sur la constitution du problème public de la « grande exclusion ». En étendant le propos à d’autres travaux ethnographiques sur les « sans-abri », il se demandera à quoi bon décrire : justifier le statu quo ou donner de nouvelles prises à l’action ?

DEBAT avec la salle

13h 00-  Buffet déjeuner sur place

Table ronde

14h 30- 16h 00-  Le rôle de la recherche dans la mise en œuvre des politiques du « Housing First ».
Présentation, animation du débat international:  Roch Hurtubise professeur à l’Université de Sherbrooke, et Christian Laval, sociologue,  Coordinateur national  du programme de recherche évaluative "un chez soi d'abord". Laboratoire de santé publique EA 3279, France.

Invités:

  • Stephen Gaetz, professeur associé à la York University, Toronto, Canada, directeur Homeless HUB, Canada.
  • Jean-Pierre Martin , psychiatre de service public, chef de service d’un secteur du centre de Paris.
  • Pauline Rhenter, politiste, CCOMS/EPSM Lille-Métropole.

DEBAT avec la salle

PAUSE

18h- Vernissage de l’exposition

  • Michel Rautenberg,  directeur adjoint du Centre Max Weber, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.
  • Gregory Lacoua, designer-scénographe de l’exposition et ses assistants vidéaste et graphiste : Matthieu Foulet, Sandrine Fonteneau.
  • Les commissaires scientifiques de l’exposition, les assistantes du commissariat scientifique.

Jeudi 8 mars : Mouvements de la recherche et formats de la connaissance

Matin : 8h 45- accueil des participants

Les conférences

Animateur : Numa Murard, sociologue, professeur à l’Université Paris VII, directeur du CSPRP.

  • 9h 00-  Présentation de l’état de l’art design, art et architecture.
    Elodie Jouve, ethnologue, chercheure associée Centre Max Weber, Saint-Etienne.
    Claire Lemarchand, chargée de recherche et de développement scientifique du pôle recherche de la Cité du design, Saint-Etienne
    C’est la réalisation d’un état de l’art, conformément à la charte développée par la Cité du design, qui sera mise en discussion. Seront présentés par les deux rédactrices, les significations que l’on peut tirer de l’élaboration même d’un état de l’art mêlant art, design et architecture, les questionnements qui surgissent à la lecture de cette compilation d’œuvres et de projets et les liens que l’on peut tisser avec les apports de la recherche en sciences sociales autour du sans-abrisme.
  • 9h 30- Exposer l’invisible : apparition et disparition des sans abri dans l’espace public.
    Etienne Tassin, professeur de philosophie politique, Paris 7, CSPRP.
    Le regard dit artistique porté sur la présence des sans-abri dans l’espace public, qui s’exprime au travers des objets, des constructions ou des images rencontre l’attention dite politique sur les formes d’apparition et de disparition d’existences confinées aux marges du social mais situées en réalité au cœur des espaces communs urbains. Ce croisement d’une interrogation artistique et politique prend la forme d’une réflexion sur l’esthétique au sens littéral, sur le partage du sensible (aisthesis) et ses enjeux sociétaux. Qu’est-ce que signifie « s’abriter » pour celles et ceux qui, sans demeure, sont dans la rue exposés aux regards, aux intempéries et aux injures et dont l’exposition défait le partage de la privauté et de la publicité ? Que signifie pour la communauté des abrités qu’elle s’efforce de s’abriter des sans abris ? De quelles divisibilités sociales et politiques est porteuse la question des partages du visible et de l’invisible ?

DEBAT avec la salle

Table ronde

10h30- 12h00- Conceptions partagées ? La place des arts dans la recherche
Présentation, animation du débat international:  Marie-Haude Caraës, directrice de la recherche de la Cité du design et Philippe Roux, enseignant en philosophie, Ecole d’art et design de Saint-Etienne, Musée d’art moderne.

Invités :

  • Thomas Anthoniaz, « les activistes de l'atelier vélo du Chat Perché à Lyon ».
  • Léonardo Antoniadis, photographe, réalisateur de vidéos documentaires et enseignant en photographie.
  • Stephen Mills, designer, New-York.

DEBAT avec la salle

12h30 Buffet déjeuner sur place

Conférence

  • 14h 00- Rencontrer les personnes sans abri : de la réflexivité dans un monde commun Claudia Girola, anthropologue, maître de conférence à l’Université Paris VII, membre du CSPRP.
    Claudia Girola réfléchira à partir de sa propre expérience de recherche aux pratiques quotidiennes des personnes sans abri dans des conditions de vie extrêmes. La rencontre entre chercheur et personnes sans abri repose sur deux points de tension : le  choc de la ressemblance et la reconnaissance ethnographique des traces singulières d'une expérience inédite malgré tout.

14h 30- accès aux salles des ateliers

Atelier 1/Recherche et situations : Implication du chercheur

  • Animateurs : Christophe Blanchard, sociologue, doctorant Université Évry-Val-d’Essonne, Laboratoire ETE et Marie Loison-Leruste, maîtresse de conférence en sociologie, Université Paris Nord Villetaneuse, CERAL, LISE, CNAM.
  • L’image comme outil anthropologique. Du reflex à la réflexivité., Yann Benoist, anthropologue (Ph.D), URSHS de l’IGR (Villejuif)/ Collectif « les morts de la rue ».
  • Interactions sous influence avec des fumeurs de crack sans domicile, Fabrice Fernandez, sociologue, IRIS CNRS UMR8156, Inserm U997, EHESS.
  • Lorsque le chercheur « s’expose ». Les affects de la recherche entre limites et vecteurs de connaissance., Carolyne Grimard, sociologue, assistante de recherche Université de Fribourg, membre de l’UQAM-CRI, Québec.

Atelier 2/ Recherche et situations : Considérations épistémologiques

  • Animateur : Edouard Gardella, sociologue, doctorant ISP Cachan.
  • L’effet de clan : Archéologie d’une enquête aux marges., Jérôme Beauchez, sociologue, maître de conférences, Centre Max Weber-UMR 5283 CNRS/ENS/Lyon II/Saint-Etienne.
  • De concepts-limites à l’usage de métaphores : quand la recherche s’expose aux frontières du social. , Dahlia Namian, PhD sociologie (UQAM, Québec), Post-doctorante au Centre Max Weber (Lyon-II).
  • De l'expérimentation médicale à l'expérimentation sociale : l'exemple du "chez soi d'abord"., Vincent Girard, Psychiatre, anthropologue, Christian Laval, sociologue,  coordinateur national  du programme de recherche évaluative "un chez soi d'abord", laboratoire de santé publique EA 3279,  Aurélie Tinland, médecin de santé publique, APHM.

Atelier 3/ Recherche et interventions : Vulnérabilités des compétences acquises dans la rue

  • Animateur : Rémi Éliçabe, sociologue, doctorant Centre Max Weber, membre du GRAC, Lyon.
  • Un passé qui ne passe pas : l'operatore pari dans les centres d'hébergement., Maurizio Bergamaschi, Dipartimento di Sociologia "Achille Ardigò", Facoltà di Scienze Politiche, Università degli Studi di Bologna
  • Les vertus supposées d’une « reconnexion » à la nature pour les précaires de l’espace public urbain : exposition(s) contemporaine(s)., Eric Doidy, sociologue, CR1 INRA LISTO, Dijon.
  • Les processus d’intégration des jeunes des rues., Maria Elia Capella, avocate, doctorante Universidad Nationale de General Sarmiento, Buenos Aires, Argentina.
  • Espace public, espace psychique : La visibilité des sujets SDF en question, Colette Pitici, psychologue clinicien, docteur en psychologie clinique, membre du Collectif Autour de l'Errance, Franck Mathieu, psychologue clinicien, docteur en psychologie clinique, membre du Collectif Autour de l'Errance.

Atelier 4/ Recherche et médiatisation : Compte-rendu public des situations sous tension

  • Animateur : Christophe Trombert, maitre de conférences en sociologie, Université Lyon 2, Centre Max Weber, UMR 5283.
  • La monoparentalité et le mal-logement : une forme de sans-abrisme dans des espaces invisibles., Martin Wagener, doctorant en sociologie, CRIDIS-UCLouvain/PRFB.
  • Les femmes sans domicile : entre invisibilité et visibilité. Une généalogie de la recherche., Marine Maurin, doctorante en sociologie,  Centre Max Weber, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.
  • Les médiatisations des sans papiers : le jeu dialectique du visible et de l’invisible., Marie-Thérèse Têtu, socio-anthropologue, Centre Max Weber.
  • Média/Multimédia : les Chroniques "Chez Francis" sur Rue89., Aurélie Champagne, journaliste.

PAUSE

Projection de films d’animation suivie d’un débat.

17h 30-  The « Art » of Community Building with street Youth Populations.
Jeff Karabanow,  Professor, School of Social Work, International Development Studies (cross-appointed), School of Health and Human Performance (cross-appointed) Dalhousie University, Canada.

Vendredi 9 mars : Enjeux politiques : milieux de recherches, milieux de pratiques

Matin : 8h 45- accueil des participants

Conférence

  • 9h 00- Transfert des connaissances et maillage entre chercheurs et milieux de pratiques.
    Stephen Gaetz, professeur associé à la York University, Toronto, Canada, directeur Homeless HUB, Canada.

9h 30- accès aux salles des ateliers

Atelier 5/ Recherche et médiatisation : Espace public sensible

  • Animateur : Laetitia Overney, sociologue, doctorante Centre Max Weber, Membre du GRAC, Lyon.
  • Le corps du SDF entre mobilisation et ségrégation. Le cas des Enfants de Don Quichotte., Lucas Graeff, Docteur en sociologie et ethnologie comparée, Université Paris 5 – Sorbonne, chercheur au Centre universitaire Unilasalle canoas/RS, Brésil.
  • Quand l’occupation de l’espace public par les sans domicile fixe devient militante. Le cas de la mobilisation des Enfants de Don Quichotte., Annamaria Colombo, Haute école fribourgeoise de travail social (Suisse), Noémie Pulzer, Haute école fribourgeoise de travail social (Suisse) , Michel Parazelli, Université du Québec à Montréal
  • Les copwatcheurs, la police, les « indésirables »., Christophe Trombert, Maitre de conférences en sociologie, Université Lyon 2, Centre Max Weber, UMR 5283
  • Signaler l'urgence sociale. Quand les particuliers appellent le 115 de Paris., Alexandra Bidet, chargée de Recherche en sociologie du CNRS, Centre Maurice Halbwachs CNRS-EHESS-ENS. et Erwan Le Méner, responsable du Pôle Sciences sociales de l'Observatoire du Samusocial de Paris, agrégé de sciences sociales, doctorant à l'ISP CNRS-ENS Cachan.

Atelier 6/ Recherche et interventions : Recherche participative

  • Animateur : David Grand, sociologue, doctorant au Centre Max Weber-UMR 5283, chargé de mission à la MRIE, Lyon.
  • La participation de familles sans chez soi à une enquête sur les enfants et familles sans logement : enjeux, difficultés et premiers enseignements. , Nicolas Oppenchaim, Sociologue, Observatoire du Samusocial de Paris – Laboratoire LVMT, Université Paris-Est et Erwan Le Méner, Responsable du Pôle Sciences sociales de l'Observatoire du Samusocial de Paris, agrégé de sciences sociales, doctorant à l'ISP CNRS-ENS Cachan.
  • La recherche « émancipatoire » comme moyen d’action politique., Éve Gardien, Sociologue, chercheure associée Centre Max Weber
  • Dépositions, Jean-Marc Cérino, Artiste

Atelier 7/ Recherche et situations : Paradoxes de l’habiter

  • Animateur : Dalhia Namian, PhD sociologie (UQAM, Québec), Post-doctorante au Centre Max Weber (Lyon-II)
  • Habiter l’espace public : Le cas des hômuresu à Tôkyô., Estelle Degouys, Architecte, Master 2 de sociologie générale EHESS-Paris
  • L'espace public en question : la cas des tentes et cabanes du bois de Vincennes., Gaspard Lion, Master 2, Territoires, Espaces, Sociétés, CEM-EHESS
  • Le temps de l’enquête sous l’œil du photographe., Benoît Eyraud, Sociologue, CEMS/EHESS et Siegfried Marque, Photographe
  • Installations dans l’espace public., Jean-Baptiste Sauvage, Professeur à l’école d’art de Marseille, artiste

Atelier 8/ Recherche et politiques publiques : Commande publique

  • Animateurs : Katia Choppin, sociologue, doctorante Université de Lille 1, CLERSE
  • Recherches sous tension. La place du chercheur dans le secteur de l’aide aux sans-abri à Bruxelles-capitale., Romain Liagre , Docteur en géographie, Lucie Martin , Master 2 en sociologie
  • Exposer ses recherches: présentation, prise de risque et réflexivité d’un travail sociologique sur les personnes sans domicile., Marie Loison-Leruste, Maîtresse de conférence en sociologie, Université Paris Nord Villetaneuse, CERAL, LISE, CNAM
  • Ecueils et apports cognitifs d’une enquête par observation participante transversale au sein des maraudes parisiennes auprès des sans domicile fixe., Caroline Arnal, ATER en sociologie, Laboratoire PRINTEMPS, Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines
  • Recherche de crise ou crise de la recherche ? Quand un précaire analyse le phénomène du sans-abrisme., Christophe Blanchard, Sociologue, doctorant Université Évry-Val-d’Essonne, Laboratoire ETE

Atelier 9/ Recherche et politiques publiques : Politiques gestionnaires

  • Animateur : Carolyne Grimard, sociologue, assistante de recherche Université de Fribourg, membre de l’UQAM-CRI, Québec
  • La répartition des SDF dans le bois de Vincennes entre des logiques de durabilité et des impératifs de survie., Etienne Grésillon, sociologue, maitre de conférence, Paris-Diderot, LADYSS, UMR 7533, Jean-Paul Amat, sociologue, professeur, Paris IV, ENeC, UMR 8185 et Aurélie Tibaut, docteure, ENeC, UMR 8185.
  • Les politiques publiques en faveur de la fluidité des parcours de l’hébergement vers le logement au prisme des trajectoires résidentielles de personnes hébergées, Marie Lanzaro, Doctorante Lab’Urba Université Paris Est
  • Quand on n’en veut rien savoir : la recherche face au déni collectif., Daniel Terrolle, Anthropologue, maitre de conférences en anthropologie/ Université Paris 8
  • L’impact de la réflexivité et les représentations du risque chez les jeunes itinérants, Sue-Ann MacDonald, Sociologue, professeure adjointe École de service social, Université de Montréal

Projection d’un film de recherche suivie d’un débat

11h 30- « Paroles d’intervenants »

présenté par  Claire Lévy-Vroelant, sociologue, professeure, Université Paris VIII, chercheure au Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris, CRESPPA - UMR 7217, et Nicolas Spengler, cinéaste.
Réalisé dans le cadre du programme « Vulnérabilités » de l'Agence Nationale pour la Recherche, et bénéficiant du soutien du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis et de l'université de Paris 8, le film de Nicolas Spengler sera présenté et mis en débat par le réalisateur lui-même et Claire Lévy-Vroelant, à l’origine du projet.
Résumé de l’œuvre : "Les vulnérabilités circulent, l’intervention sociale en est affectée. Quel en est  le sens ? Aux quatorze chercheurs qui ont mené l’enquête, il est apparu que le travail se menait d’abord avec les intervenants eux-mêmes. Ils ont donc cherché à recueillir et à mettre en dialogue les récits d’expériences. Le film, loin de donner des recettes, propose des rencontres…"

12h30 Buffet déjeuner sur place

Les conférences

Animatrice : Viviane Châtel, sociologue, Maître d'enseignement et de recherche, responsable du Master spécialisé « Ethique, responsabilité et développement » à l’Université de Fribourg.

  • 14h00- Recherche, rapport au(x) politique(s) et production du savoir.
    Shirley Roy, sociologue, professeure titulaire à l’Université du Québec à Montréal, responsable scientifique et membre du CRI ; Marcelo Otero, sociologue, professeur titulaire à l’Université du Québec à Montréal, responsable scientifique et membre du CRI.
    La co-production de connaissances entre scientifiques et acteurs-terrain suscite de nombreux enjeux qui font débats. Dans le cadre d'une programmation de recherche financée par l'État, cette alliance se complexifie et les positions de chacun bougent. Au Québec, la recherche partenariale constitue un véritable laboratoire qui permet de jeter une regard distancié et critique sur les rapports entre recherche, politique et savoir.
  • 14h 45- Recherche et l’action : débordements et réflexivité
    David Grand, sociologue, doctorant au Centre Max Weber-UMR 5283, chargé de mission à la MRIE, Lyon.
    Pour le GRAC, Rémi Éliçabe, sociologue.
    Cette intervention aura pour objet d'interroger la recherche dans un cadre professionnel extra universitaire : que signifie répondre à des commandes ou à des appels d'offre ? À quelles contraintes cela expose ? Comment faire face à l'enchaînement des travaux ? Comment continuer à tenir une posture réflexive ? Dans quelle mesure l'activité réalisée interroge à nouveau frais la recherche elle-même ?

DEBAT avec la salle

16h30 Clôture du colloque par Bertrand Ravon, sociologue, professeur à l’Université Lyon 2, Centre Max Weber.

Lieux

  • 3 rue Javelin Plagnon (Cité du design de Saint-Etienne)
    Saint-Étienne, France

Dates

  • mercredi 07 mars 2012
  • jeudi 08 mars 2012
  • vendredi 09 mars 2012

Mots-clés

  • espace public, sans domicile fixe, sociologie, ethnologie, méthodes et résultats, enquête de terrain, design, architecture, travail social

Contacts

  • Elodie Jouve
    courriel : colloque_expo [at] sciencesconf [dot] org

Source de l'information

  • Elodie Jouve
    courriel : colloque_expo [at] sciencesconf [dot] org

Pour citer cette annonce

« Espace public et sans domicile fixe. La recherche s'expose », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 10 février 2012, http://calenda.org/207180