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Le cinéma allemand et la Guerre froide

German Cinema and the Cold War

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Publié le mercredi 08 février 2012 par Loïc Le Pape

Résumé

Dans le cadre de notre colloque sur « le cinéma allemand et la Guerre froide », nous comptons analyser les nombreuses facettes de ce choc idéologique majeur que le cinéma reflète et crée à la fois, et dont les échos continuent de résonner plus de vingt ans après la chute de son symbole le plus fort, le Mur de Berlin. Nous souhaitons élargir la discussion selon la perspective multipolaire des récentes Cold-War Studies. Celles-ci entendent la politique de la Guerre froide comme une « politique totale » qui fait irruption dans tous les domaines de la vie sociale, culturelle et économique de l’ensemble des pays concernés. Aussi nous aimerions aborder le sujet dans une perspective internationale et interdisciplinaire.

Annonce

LE CINÉMA ALLEMAND ET LA GUERRE FROIDE, Colloque international, Metz, 4 et 5 octobre 2012

Argumentaire

C’est dans l’entre-deux-guerres que s’affirme l’importance du cinéma comme arme politique. Ce sont notamment la Russie post-révolutionnaire et l’Allemagne nazie qui en font un outil de propagande. En 1917, Lénine évoque le rôle à venir du cinéma en affirmant « que le jour où il serait entre les mains des masses et des vrais chantres d’une culture socialiste, il constituerait le plus puissant instrument des Lumières ». Dès 1923, Staline tient des propos similaires. Sous le « Troisième Reich », le ministre de la propagande, Joseph Goebbels, prétend même au titre du « protecteur du film allemand ». Tandis que le public considère le cinéma tout d’abord comme moyen de divertissement, les dirigeants politiques des dictatures comprennent vite le rôle éminent que le « septième art » peut jouer pour leur politique respective et essaient de se l’approprier.

La Guerre froide étant avant tout une guerre idéologique, elle ne fait que renforcer le rôle du cinéma dans et entre les deux blocs opposés. Quand, à la fin des années quarante, se met en place un monde bipolaire, c’est le cinéma qui en devient le symbole, et il occupera bientôt une place stratégique. Il est un triple vecteur : de l’idéologie agissant sur les représentations et l’imaginaire collectif ; de la puissance technologique et industrielle du pays, et donc de sa modernité ; de la puissance économique.

Dans le cadre de notre atelier, nous comptons analyser les nombreuses facettes de ce choc idéologique majeur que le cinéma reflète et crée à la fois, et dont les échos continuent de résonner plus de vingt ans après la chute de son symbole le plus fort, le Mur de Berlin. Nous souhaitons élargir la discussion selon la perspective multipolaire des récentes Cold-War-Studies. Aussi nous aimerions aborder le sujet dans une perspective internationale et interdisciplinaire. Outre les exposés sur le cinéma allemand de l’Ouest et de l’Est, nous encourageons donc tout particulièrement les contributions à dimension comparative entre cinéma allemand et cinéma d’un autre pays impliqué dans la Guerre Froide.

Nous nous interrogerons sur le cinéma pendant la Guerre froide sous l’angle de l’« influence réciproque » (« wechselseitige Einflussnahme ») de tous les facteurs sociaux partant de deux questions :

  • 1. Quelles sont les conséquences des orientations politiques, idéologiques et militaires pour les sociétés concernées ?
  • 2. Dans quelle mesure les vecteurs sociaux tels que la culture, les mentalités, l’image de soi et l’image de l’autre ont-ils, de leur côté, influencé la « grande politique » ? 

S’ajoute à ces deux questions une troisième qui fait référence à la description de l’histoire des deux Allemagne comme « une histoire parallèle asymétriquement entrelacée» (Christoph Kleßmann) :

  • 3. Dans quelle mesure les productions d’un côté du rideau de fer ont-elles influé sur celles de l’autre ?

Un quatrième aspect de nos réflexions portera sur la question de la position particulière de l’Allemagne pendant la Guerre froide en tant que « pays du front » (« Frontstaat ») sur la frontière des deux blocs et séparé par ceux-ci.

  • 4. Dans quelle mesure, le cinéma des deux blocs en parle et quels sont ses moyens de mettre en scène l’Allemagne en tant que jouet des intérêts divergents ?

Pour mieux définir le lieu culturel du cinéma pendant la Guerre froide, ses formes et ses fonctions, son contenu et sa réception dans son contexte historique, nous nous interrogerons sur ces quatre questions qui serviront de fil conducteur à nos discussions.

Modalités de soumission

Notre invitation s’adresse explicitement à la fois à des chercheurs confirmés et des jeunes chercheurs en sciences humaines et sociales. Les communications peuvent être rédigées en allemand ou en français. Prévue pour une durée de 25-30 minutes maximum elles doivent inciter à la discussion. Le déroulement thématique du colloque s'organisera selon les contributions proposées ; il n'y a pas de sections préétablies.

Une publication est prévue et sortira en 2013. Les frais de voyage et d’hébergement seront remboursés en fonction des subventions obtenues.

Veuillez envoyer le titre de votre proposition, un exposé de 2500 signes indiquant les sources exploitées et un CV à Christin Niemeyer (christinniemeyer@hotmail.fr)

d’ici le 6 mars 2012

Le comité scientifique sélectionnera les propositions. Il est composé de Corine Defrance, Christin Niemeyer, Ulrich Pfeil et Stefanie Stockhorst.

Lieux

  • Ile du Saulcy (Université de Lorraine, CEGIL - UFR Lettres et Langues)
    Metz, France

Dates

  • mardi 06 mars 2012

Mots-clés

  • Cinéma, Guerre froide, Allemagne

Contacts

  • Christin Niemeyer
    courriel : christinniemeyer [at] hotmail [dot] fr
  • Ulrich Pfeil
    courriel : upfeil [at] orange [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Christin Niemeyer
    courriel : christinniemeyer [at] hotmail [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le cinéma allemand et la Guerre froide », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 08 février 2012, http://calenda.org/207183